
1. Ablettes (avenue des -). Witvissenlaan. +/-210 m.
Elle est la plus grande des cinq avenues portant un nom de poisson et
qui furent tracées sur le « Kasteelveld » (décision
du collège échevinal n° 2.875 du 15.5.1937).
Au XVIIème, les terrains appartenaient au chevalier Corneille
de Man, seigneur dAuwerghem et des deux Lennick (Sander Pierron,
Histoire de la Forêt de Soignes). Sur ces terrains, il éleva
une résidence campagnarde dotée de jolies pelouses et de
jardins somptueux. Le bâtiment était partiellement entouré
par un étang et fut appelé le château de Watermael.
Celui-ci était donc situé, selon toute vraisemblance,
en contrebas de la rue des Ablettes, à peu près à
la hauteur de lactuelle rue des Pêcheries. La maison de campagne
fut démolie aux alentours de 1822. A lépoque, Auderghem
nétait encore quun hameau de Watermael. Elle naccéda
au statut de commune autonome quen 1863.
Le tracé des rues étant décidé, on leur
choisit des noms inspirés par la famille des cyprinidés
(famille des carpes) en lhonneur de létang de pêche
situé plus bas et très prisé à lépoque.
Avait-on perdu de vue quen 1928 ces chemins avaient déjà
dautres noms ? (Voir
aussi rubrique Barbeau).
Ce qui frappe ici cest que « ablettes » na pas
tout à fait le même sens que « witvissen » se
traduisant plutôt par menu fretin ou blanchaille. Les ablettes sont
de petits poissons blanchâtres, donc « blanchaille »,
terme utilisé par les pêcheurs, et il existe encore dautres
sortes de petits poissons, entre autres les vairons, qui font partie du
menu fretin que lon pêche surtout pour la friture.
Le 7.5.1937, un premier propriétaire reçut une autorisation
de bâtir sur cette avenue : cétait celui du n°
12.
2. Accent Jean (avenue). +/- 220m.
Contrairement à lavenue précédente, une partie
de cette voie existait déjà lorsque Auderghem accéda
à lautonomie. En ce temps-là, ce nétait
encore quun très ordinaire chemin champêtre commençant
à lactuelle avenue Van Horenbeeck pour mener vers létang
situé aujourdhui au coeur du parc Ten Reuken. Jadis, une
distillerie y était installée. De là, le chemin continuait
jusquaux Trois Tilleuls, à Watermael-Boitsfort, où
du reste on le nomma rue du Tilleul.
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Avant de recevoir le nom quil porte aujourdhui, le
chemin avait reçu les noms suivants (ou, tout au moins, sa
partie étroite) :
chemin n° 14, Lindestraet (1848) ;
chemin Ten Reuken (ca. 1900);
rue René Stevens (collège échevinal du 17/11/1933,
point de lordre du jour n° 5490);
avenue des Aquarellistes/ Waterverfschilderslaan (collège
échevinal du 24.8.1934, point n° 247) ;
rue Jean Accent/ Jean Accentlaan (collège échevinal
du 13.8.1946).
Jean Accent était né à Ixelles, le 13 novembre
1914. Lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale, il fut appelé
sous les drapeaux comme maréchal des logis au 14ème
régiment dArtillerie. Il mourut à Ixelles, le
12 juin 1940. Ses parents possédaient une propriété
dont le chemin daccès souvrait dans les environs
immédiats (Voir
aussi rubrique Vanderborght) .
Dans louvrage dAlphonse Wauters, Histoire des Environs
de Bruxelles (édition 1973), apparaît une carte sur
laquelle figure, tout au long de la partie étroite de lactuelle
rue Jean Accent nommée chemin Ten Reuken le
cabaret lEspérance, un lieu de détente ou estaminet
tel quil sen trouvait un grand nombre à la campagne,
à la fin du XIXème siècle. Larchitecte-sculpteur
renommé Jacques Moeschal, né à Uccle le 31
juillet 1913, sinstalla plus tard à cet endroit. Moeschal
enseigna à lAcadémie de Bruxelles. Il est mondialement
connu pour ses oeuvres monumentales abstraites parmi lesquelles
on peut en voir, e.a., deux servant de balises en Belgique : à
Groot-Bijgaarden, le long de lautoroute menant à la
côte, et à la frontière française, au-delà
de Mons, vers Paris. Auderghem senorgueillit également
de posséder lune de ses oeuvres exposée au boulevard
du Souverain, devant le Centre culturel.
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3. Amblève (rue de l). +/- 140 m.
En 1882, la voie sappelait rue de Jéricho et cest
sous ce nom quelle est encore toujours mentionnée sur
une carte de 1910 portant les tracés des grands plans durbanisation
de la commune. Pourquoi avoir donné à une rue dAuderghem
le nom dune antique cité de Palestine ?
Jusquau XVIIIème siècle, le couvent de religieuses
Onse Lieve Vrouw ten Rosen gheplant in Jherico à Bruxelles
possédait dimportants domaines à Auderghem et
à Woluwe-Saint-Pierre, doù le nom de Jéricho.
De fait, la proche avenue du Paepedelle doit aussi son nom aux biens
possédés par cette communauté conventuelle.
Finalement, le chemin allait recevoir le nom de la rivière
belge, en 1913 (collège échevinal du 9.5.1913). Quatre
rues furent alors tracées sur ce que lon continuait
encore toujours dappeler le champ de Jéricho. Pourquoi
ces rues reçurent-elles chacune le nom dune rivière
wallonne ? Il faut savoir que, jusquà la fin du XIXème
siècle, leau potable devait toujours être puisée
aux pompes publiques. La distribution de leau courante telle
que nous la connaissons aujourdhui à Bruxelles et environs
date de cette époque. Cette eau, indispensable, provenait
de rivières wallonnes dont quelques rues à Auderghem
reçurent le nom (Voir
aussi rubrique Bocq).
LAmblève est le nom français dun affluent
de lOurthe qui prend sa source à Amel (Amblève,
en français), une commune germanophone de la province de
Liège. A Amel et environs, la rivière porte dailleurs
ce toponyme.
Le 19 avril 1946, le collège échevinal autorisa
linstallation du premier salon-lavoir à Auderghem,
dans cette rue.
Laffaire fit grand bruit à lépoque car
une grande partie de la population travaillait alors dans les blanchisseries
auderghemoises. En fait, lévénement allait marquer
le début de la décadence dune activité
importante qui, des années durant, avait soutenu lévolution
de la commune dAuderghem (Voir
aussi rubrique Vignette).
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4. Amitié (place de l). Vriendschapsplein.
Cette place fut aménagée en 1913, en même temps
que les rues avoisinantes, un peu avant que néclatait la
Première Guerre mondiale (collège échevinal du 9/5/1913).
A lépoque, Auderghem comptait quelque 8.000 habitants.
Pendant cette période, le quartier de la Chasse Royale connaissait
une extension importante grâce, e.a., aux Brasseries de la Chasse
Royale qui sétaient établies dans ce quartier (Voir
aussi rubrique Chasse royale).
La raison qui présida à la décision prise par le
Collège le 27 juin de la même année de choisir un
autre nom nest pas claire. On voulait rebaptiser le lieu place de
la Loyauté. Cependant la première appellation revint à
nouveau en usage, peut-être pour éviter des confusions avec
la rue de la Loyauté, à Jette.
Combien dhabitants du quartier se souviennent encore que, depuis
le 1er mai 1926, on autorisa la pratique du jeu de balle pelote dans lenceinte
de cette place ? Et le rapport communal dajouter à titre
précaire et révocable. Une autorisation provisoire qui a
pourtant bien tenu le coup jusquaux lendemains de la Seconde Guerre
mondiale !
5. Application (rue de l). Vlijtstraat.
+/- 280 m.
Le 7 janvier 1911, le collège échevinal décida
de tracer une rue dans la propriété foncière dun
M. Ghenne proche du nouveau complexe scolaire alors en construction
(voir rubriques Ecoliers
et Willame).
Faut-il croire que la pédagogie du temps, fort préoccupée
par le « zèle » de la jeunesse scolaire, a influencé
le choix du nom de la nouvelle rue ? On peut le supposer car la nouvelle
artère fut nommée rue de lApplication.
Mais les riverains allaient également travailler avec application
à leur subsistance. Dans son livre, « A Auderghem, un centenaire
» lancien bourgmestre Paul Delforge relate que, en date du
17 janvier 1949, le conseil communal donna encore lautorisation
à un propriétaire dinstaller une bergerie pour chèvres
et moutons. Lélevage dun bouc ou de porcs restait toutefois
proscrit. Ceci nallait pas de soi dans une rue à lhabitat
aussi dense, Auderghem comptant déjà à lépoque
19.000 habitants. Cest vers ce moment que la commune troqua son
visage de commune rurale contre celui dun faubourg de la capitale.
Le zèle avec lequel les habitants «appliqués»
de la rue manifestèrent, vers 1978, leur opposition à la
construction dun grand immeuble à appartements forme un autre
exemple de leur assiduité à rendre honneur au nom de leur
rue. Lautorité, non sans sagesse, enterra le projet.
En revanche, on lotit les terrains dune ancienne pépinière
et une nouvelle voie publique vit le jour en 1997. Le clos Paul Delforge
était né.

"Jeanneke Tik" de la rue de l'Application, quelque part à
Auderghem vers 1950.
6. Argus (avenue des). Argussenlaan. +/-140 m.
Elle est proche de ce que, depuis la nuit des temps, on nomme Den vogel
sanc (Le chant des oiseaux) qui apparaît déjà sur
la carte dessinée par J. Van Werden, en 1659.
Il est donc naturel que bon nombre de chemins des alentours aient reçu
des noms doiseaux, principalement indigènes. Lavenue
des Argus fait exception à cette règle puisque largus-faisan
est un gallinacé originaire de Malacca (Malaisie).
Les travaux de voirie débutèrent en 1952 (décision
du conseil communal du 25.4.1952, point n° 10 de lordre du jour).
Létablissement dun premier nid fut autorisé
le 13mai 1953, au n° 18 de lavenue. Depuis lors, ses heureux
habitants ayant ou non des yeux dargus se plaisent
à observer le va-et-vient de leurs petits protégés.
7. Arums (avenue des). Aronskelkenlaan. +/- 160
m.
Lorsque la Société coopérative de Locataires Floréal,
fondée en 1921, termina son chantier en 1954, elle demanda à
la commune dAuderghem de pouvoir attribuer le nom dune fleur
à cette avenue sur laquelle souvraient les jardinets de nombreuses
maisons du quartier formant la limite entre Auderghem et Watermael-Boitsfort.
A son extrémité, un chemin anonyme la relie à lavenue
Vanpé.
Puisque toutes les rues du quartier « Le Floréal »
portent des noms de fleurs, la société suggéra de
lui donner le nom des arums toujours non utilisé dans la région
bruxelloise.
Le collège échevinal accepta la proposition le 15 avril
1955.
Omer Lepreux (1856-1927), ancien vice-gouverneur de la Banque Nationa
le, avait habité au préalable dans les environs. Au début
du siècle, il y possédait un château, le long de lactuel
boulevard du Souverain.
A Auderghem, lhomme était apprécié pour son
engagement et son soutien indéfectible au sanatorium Prince Charles,
dans le quartier du Blankedelle (Voir
aussi rubrique Vannypen).
Les Eglantines, château d'Omer Lepreux
8. Aubépines (sentier des). Hagedoornpad.
+/- 50 m.
Fut créé en 1958 lorsque lon traça les rues
entourant le sanatorium Prince Charles.
Dans son livre « Journal dun bourgmestre », Paul Delforge
raconte que les trois rues reçurent les noms danciens échevins,
un par parti politique existant alors. Il fait observer du reste que cette
mesure avait été prise pour aplanir les difficultés
entre les factions car on était à lavant-veille dune
échéance électorale.
Les deux sentiers trop modestes pour porter le nom dun
politicien local devinrent donc sentiers des Aubépines et
des Lilas.
Dans les faits, le sentier passait au beau milieu dune propriété
que Maria de Gomrée avait léguée à la commune,
avant la Première Guerre mondiale. Son intention était dy
établir un home pour vieillards (Voir
aussi rubrique Vannypen) mais les bâtiments qui y furent
construits reçurent une autre affectation puisquon y ouvrit
un sanatorium, sous la direction de Marguerite Brassine, la belle-fille
de Maria de Gomrée.
On ne saurait compter le nombre denfants qui, pendant plusieurs
décennies, y furent parfaitement soignés contre la tuberculose
et ce, dans un environnement sanitaire de choix. Pendant la Seconde Guerre
mondiale, elle accepta dy abriter des enfants juifs afin de les
soustraire aux poursuites des nazis. Le sanatorium ferma ses portes dans
le courant des années 50. La commune saisit cette occasion pour
le racheter en 1961 et y ouvrir, huit ans plus tard, la maison de repos
Reine Fabiola. Les désirs exprimés naguère par Maria
de Gomrée trouvèrent ainsi leur aboutissement.
Pour identifier la voirie environnante, le choix du nom de lune
de ces dames na vraisemblablement pas effleuré lesprit
des politiciens locaux.
Lorsquil fallut donner un nom au sentier qui relie le Bouvier
(un libéral) au Huygens (un catholique), on préféra
une plante épineuse qui, visiblement na pas dû constituer
une épine dans le pied des mandataires au pouvoir à lépoque.
Maria de Gomrée
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