9. Balis Thomas (place).

Le 20.10.1933, le collège échevinal décida de créer cette petite place au croisement de la rue Demuylder et de l'allée des Colzas, à hauteur de la chaussée de Wavre. De la sorte, trois immeubles de l'allée des Colzas reçurent une nouvelle adresse et, nonobstant le fait que sur deux d'entre eux figure le millésime de leur construction - 1903 -, la place ne fut aménagée que trente ans plus tard !

Elle reçut le nom d'une victime de la Première Guerre mondiale bien que les parents de Thomas Balis aient demandé en 1928 de ne pas donner le nom de leur fils à une voie publique puisque, à cette date, sa dépouille n'avait toujours pas été identifiée. Sans doute changèrent-ils d'avis lorsque l'on découvrit avec certitude le lieu où le malheureux avait péri.

Thomas Balis était né à Auderghem, le 1er mai 1893 de parents vivant à l'époque au n° 9 de la rue du Moulin (devenue l'actuelle rue du Vieux Moulin) et y exerçant la profession de blanchisseurs. Il fut incorporé comme soldat au 1er régiment de Carabiniers. Le 28 septembre 1918, son régiment monta en ligne pour enlever Passchendaele (FL. Occ.) où périrenttant de braves. Des témoins purent déterminer plus tard le lieu où Thomas avait été tué mais, en dépit de nombreuses recherches, ses restes demeurèrent introuvables. Et ce, jusqu'au jour où, en 1938 à Passchendaele même, on découvrit au cimetière britannique de Tyne Cot, entourée par les restes de 12.000 soldats anglais, une humble croix de bois portant le nom d'un Belge, Thomas Balis…


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10. Barbeau (avenue du - ). Barbeellaan. +/- 120 m.

La plus petite des cinq rues tracées en 1937 sur le Kasteelveld. Elles reçurent toutes des noms de poissons de la famille des cyprinidés (voir Ablettes,
Brème, Gardon et Tanche), en exécution d'une décision du collège échevinal prise le 15.5.1937 (rapport n° 2.875).

La décision d'aménager ces voies avait déjà été prise le 6 juillet 1928. Par ailleurs, le collège échevinal de l'époque avait déjà choisi leurs noms. Fort curieusement, ceux-ci étaient différents des noms précités (avenue du Kasteelveld, avenue de Montgen, avenue de Beaulieu, avenue de Terlinden et avenue de Cordeboeuf - rapport n° 883 du collège échevinal du 13.7.1928). Le collège échevinal de 1937 avait-il oublié ce choix effectué neuf ans plus tôt ou l'a-til tout simplement négligé ?

Quoiqu'il en soit, le premier propriétaire à recevoir l'autorisation de construire sur l'avenue du Barbeau fut celui de la maison du n° 29. Ce fut le 20 juin 1947 (donc après la Seconde Guerre mondiale).

Rappelons que le Kasteelveld appartenait au XVIIème siècle à Corneille de Man (Voir aussi rubrique Ablettes) . La propriété s'étendait au nord de la vallée de la Veeweydebeek, ensuite, nommée Watermaalbeek. Elle passa plus tard aux mains de la famille de Kessel pour aboutir finalement en celles de la famille de Beaulieu dont il sera question à la rubrique du même nom.

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11. Baron Théodore (rue). +/- 80 m.

Elle relie la chaussée de Wavre à la rue des Paysagistes. Cette voie a été tracée en 1913 dans la propriété foncière de M. Plissart, ancien bourgmestre d'Etterbeek.

La rue fut d'abord nommée rue du Site (décision du collège échevinal du 9.5.1913, point de l'ordre du jour n° 778). Cette décision fut modifiée un mois plus tard puisque le 27 juin 1913 (rapport n° 832), le collège donna sa préférence à un peintre paysagiste belge renommé au XIXème siècle.

Les premières autorisations de bâtir furent déjà délivrées le 3 janvier 1913 pour les maisons numéros 20 et 22.

Théodore Baron (Ixelles, 1840 - Saint-Servais, 1899) fonda avec L. Dubois la Société Libre des Beaux-Arts en 1868. Il a surtout peint des paysages le long des rives de la Meuse et en Campine anversoise, mais a aussi travaillé un bon moment à Hoeilaart. A Auderghem, il aurait peint diverses toiles ayant pour sujet les anciens étangs du Rouge-Cloître.

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12. Bassem Jacques (rue). +/- 400 m.

Croirait-on que, quasi jusqu'au milieu du XXème siècle, rien moins que trois ruisseaux confluaient paisiblement à l'air libre vers la Woluwe - jadis nommée Molenbeek - à l'actuelle rue J. Bassem ? La carte de de Ferraris (1771) nous montre les grands et petits étangs rencontrés par le ruisseau traversant la commune.

Jacques Bassem est le dernier nom donné au sentier n° 33 relevé dans l'Atlas des Communications Vicinales de 1843. Il formait en cet endroit une digue entre la Woluwe et un étang entre-temps asséché qui appartenait jadis au prieuré de Valduchesse. Même en un XXème siècle déjà avancé, les villageois nommaient encore ce chemin den dam (la digue) bien que le nom officiel en soit déjà rue de la Woluwe.

En suivant ce chemin-digue, on pouvait se rendre du moulin à eau situé dans l'actuelle rue du Vieux Moulin, (Voir aussi rubrique Vieux Moulin) au moulin à papier (Voir aussi rubrique Lemaire) . Grâce à l'appareillage des digues et écluses, les meuniers étaient à même de mieux contrôler le débit du ruisseau afin de disposer à tout instant de la force motrice nécessaire au fonctionnement des moulins.

Avec les années, on assécha quelques pièces d'eau permettant de la sorte l'apparition de prairies dans le site et den dam devint un véritable chemin le long duquel quelques familles vinrent s'installer à la fin du XIXème siècle. Certaines d'entre elles se servirent de l'eau du ruisseau pour exercer la profession de blanchisseur ; en 1900, on y dénombrait déjà cinq blanchisseuses et douze repasseuses. En ce temps là, le métier était la plus importante source de revenus pour les habitants d'Auderghem. Le lecteur en apprendra davantage à ce propos à la rubrique Vignette.

La rue de la Woluwe changea finalement de nom à la suite d'une requête introduite par un membre du conseil communal le 8 avril 1931, requête marquant combien Jacques Bassem, mourant, était estimé pour tout ce qu'il avait fait pour la commune et pour ses habitants. Le collège fut invité à donner son nom à une voie publique, scellant par ce geste le " témoignage perpétuel de la reconnaissance " de la population. Le collège acquiesça en raison du zèle et du dévouement apportés par ce magistrat dans l'exercice de ses fonctions (rapport n° 865 du 17.4.1931).

Jacques Bassem naquit en 1868. Il dirigea une importante entreprise de plomberie à Auderghem et fut conseiller communal de 1912 à 1921. De 1922 à sa mort, il fut nommé échevin des Travaux publics. Il décéda le 10 juin 1931, à l'âge de 63 ans. Il était donc encore en vie lorsque la rue de la Woluwe a été débaptisée.

Le ruisseau appelé Rookloosterbeek se jette dans la Woluwe entre les avenues Verheyleweghen et Devis. Ce murmurant ruisseau se laisse encore voir dans le joli parc dessiné en 1995 et dont la porte constitua jadis l'entrée de la propriété du peintre Pierre Devis (rubrique n° 64). La rue Jacques Bassem abrita aussi Franciscus Vandevelde (au n° 45) qui trouva la mort comme prisonnier politique pendant la Seconde Guerre mondiale. Une rue d'Auderghem porte son nom (Voir aussi rubrique Verheyleweghen) .

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13. Bastien Alfred (avenue).+/- 90 m.

Il fut décidé, lors de la réunion du collège échevinal du 10 juillet 1931, d'ouvrir deux nouvelles rues dans le quartier du Sloordelle (ordre du jour n° 1.133).

Une première autorisation de bâtir fut délivrée le 26.6.1931 pour l'immeuble du n° 20.

Les deux nouvelles voies reçurent chacune le nom d'un peintre de l'Ecole d'Auderghem. On faisait ainsi sans aucun doute référence aux artistes peintres qui vinrent s'installer à Auderghem, aux environs du Rouge-Cloître.

Alfred Bastien peut être compté parmi les peintres belges les plus importants du début du XXème siècle. Il naquit à Ixelles le 16 septembre 1873 et vint s'installer dans la " maison du Meunier ", au Rouge-Cloître appelée depuis, dans le langage populaire, " la maison de Bastien ". S'il prit aussi la plume de temps à autres, c'est sans conteste l'artiste peintre qui fut le plus apprécié, e.a. par nos souverains, le roi Albert Ier et la reine Elisabeth. Ses oeuvres à caractère monumental et impressionnant, le Panorama du Congo belge et le Panorama de l'Yser ont été fort admirés à l'époque. Existent-ils toujours?

Alfred Bastien mourut à Uccle, le 7 janvier 1955.

P.E. Lessire habita au n° 10 de cette avenue au moment où éclata la Seconde Guerre mondiale. Il a donné son nom à une rue d'Auderghem (Voir aussi rubrique Lessire) .

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14. Bécassines (avenue des). Watersneppenlaan. +/-290 m.

Les frères Tedesco, grands entrepreneurs auderghemois de travaux publics, furent autorisés au début de 1936 à ouvrir quelques nouvelles rues dans le quartier du " Kouter " à la condition d'aménager entièrement et à leurs frais la partie de l'avenue du Kouter située entre l'avenue Geyskens et l'avenue des Citrinelles.

Ils y tracèrent alors deux rues auxquelles le collège échevinal donna les noms suivants : avenue des Bécassines et avenue des Martinets (rapport n° 2855 du 7.5.1937).

Quand bien même la bécassine se montre rarement en Belgique, on comprendra l'orientation du choix du nom de cette avenue touchant le quartier de tous temps nommé Vogelzang ou Chant d'Oiseau (Voir aussi rubrique Argus) .

Il est possible que cet échassier soit venu régulièrement se poser ici lors des migrations d'automne, Auderghem ayant toujours été abondamment pourvue d'étangs et, jadis aussi, de marais et de prairies humides.

L'absence de maisons portant les numéros 9 et 11 n'échappera pas au promeneur attentif. L'enregistrement du n° 9 ne se fit sans doute jamais. Quant au n° 11, il fut dûment attribué le 6.8.1937, en même temps d'ailleurs que le n° 13. Elles furent enregistrées toutes deux comme habitations de concierges d'une propriété foncière entre-temps lotie et pourvue d'autres habitations. Les " pierres " des 11 et 13 y sont toujours, bien que ne portant qu'un seul numéro …13.

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15. Bekaert François (rue). +/- 100 m.

Elle fut tenue sur les fonds baptismaux par le conseil communal lors de sa réunion du 3 février 1950. Elle relie la rue Vandevelde à la rue du Moulin à Papier.

Les premières autorisations de bâtir furent accordées le 15.5.1950 aux propriétaires des maisons numéros 8 et 10.

La rue a reçu le nom d'une victime de la Seconde Guerre mondiale. François Bekaert naquit à Auderghem le 25 mai 1922 ; ses parents habitaient alors au n° 4 de la rue du Verger. François Bekaert, soldat dans la célèbre brigade Piron, tomba au champ d'honneur à Auberville (Fr.), le 21 août 1944.

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16. Bergoje (clos du). Bergoge. +/- 330 m.

Sans vouloir entrer dans une polémique linguistique, il faut tout de même admettre que les deux inscriptions sur les plaques de rue offrent quelque chose de frappant. " Clos du … " laisse entendre que cette voie publique - qui s'étend sur plus de 300 m - n'offre d'autre issue que celui de son origine, à la chaussée de Wavre. Il en va bien ainsi pour l'automobiliste mais, le piéton se voit offrir la possibilité de déboucher par un sentier public plus loin sur la chaussée de Wavre ou encore, par un autre sentier public, de descendre vers le petit parc s'ouvrant sur la rue Bassem et l'avenue Herrmann-Debroux. La voie n'est donc pas close.

Le nom néerlandais Bergage étonne également. La colline sur laquelle s'élève le clos du Bergoje s'appelait jadis " Loozenberg ", une appellation que l'on retrouve d'ailleurs sur la plupart des cartes postales du début du XXème siècle. On y construisit des habitations des deux côtés de la chaussée de Wavre - déjà localisées sur la carte de de Ferraris (1771) - où habitaient principalement de grandes familles dans de très petites maisons. Le bourgmestre Gustave Demey aurait utilisé le premier le terme berghuizen (maisons construites sur une hauteur) lors d'une allocution pour qualifier ce noyau d'habitation très dense. Dans le dialecte auderghemois, ceci se traduit par berg-hose ou bergoje. Depuis lors, le Loozenberg devint le Bergoje.

Lors de l'aménagement du nouveau clos, derrière les vieilles maisonnettes subsistantes du Bergoje, le conseil communal décida d'utiliser ce nom (réunion publique du 3.3.1987, 11éme point). Les deux noyaux d'habitation ont depuis lors réalisé leur jonction grâce au petit sentier mentionné plus haut, tel le cordon ombilical reliant la mère à son enfant.

Deux bons siècles séparent les deux ensembles…ce que l'on peut constater aisément sur place. En fait, le nouveau quartier a été construit sur la propriété de la Villa de la Bruyère, ornement du lieu au début du XXème siècle. La porte d'entrée en était à la chaussée de Wavre. La longue drève qui y menait devint la voie publique du clos du Bergoje.

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17. Berlaimont Louis (avenue). +/- 220 m.

Sur proposition du collège échevinal, le conseil communal décida, le 3 février 1950, de donner à a voie ouverte entre l'avenue H. de Brouckère et 'avenue I. Geyskens le nom de l'ancien échevin Louis Berlaimont.

La première autorisation de bâtir fut attribuée le 17 avril 1950 au propriétaire de la maison n° 17.

Louis-Joseph Berlaimont était né à Charleroi le 22 mars 1881. Il devint architecte-géomètre et habita au n° 197 de la chaussée de Watermael, dans la partie devenue plus tard rue des Pêcheries. Il fut élu en qualité de conseiller communal libéral le 1er janvier 1933 et devint échevin des Travaux publics le 21 mai 1938, une fonction qu'il exerça jusqu'au 31 décembre 1946. Réélu conseiller communal, il démissionna le 9 novembre 1949. Paul Delforge prit sa succession.

Berlaimont mourut en février 1950.

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18. Blankedelle (clos du). Blankedellegaarde. +/- 130 m.

L'origine de cette rue sans issue est liée à une belle maison de maître, la villa " Les Alouettes " construite au début du XXème siècle au centre d'une propriété de deux hectares.


L'observateur attentif remarquera que, à l'endroit ou commence le clos du Blankedelle, le n° 40 de l'avenue Schaller n'existe pas. Après la Première Guerre mondiale, la villa servit de maison de repos privée, sans doute la première du genre à Auderghem. Le bon air et la proximité de la forêt de Soignes étaient fort appréciés en ce temps-là.

La villa " Les Alouettes " fut abattue au début des années 80 ; on lotit la propriété et on traça cette nouvelle voie publique.

Le 1er mars 1985 (point n° 6 de l'ordre du jour), le conseil communal décida de lui donner le nom du chemin ayant mené jadis vers un vallon dans le bois où poussaient des plantes parfumées à fleurettes blanches (Voir aussi rubrique Schaller). Ce vallon s'appelait le Blankedelle (blanke, blanc ; delle, vallon).

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19. Bocq (rue du). +/- 110 m.

Auderghem compte encore trois autres voies publiques portant le nom d'une rivière belge : Amblève, Houyoux et Molignée.

Il n'est pas surprenant que les autorités communales aient songé spontanément à ces cours d'eau wallons au moment de la construction de ce quartier. A la fin du XIXème siècle, les familles auderghemoises devaient encore puiser l'eau à la pompe publique. Pour ravitailler l'agglomération bruxelloise en eau potable, on avait creusé à l'époque des galeries dans les formations calcaires regorgeant d'eau de la région de Spontin, sur les versants de la vallée du Bocq.

On posa une conduite d'environ 80 km pour amener l'eau à la région bruxelloise. L'eau du Bocq était une bénédiction pour la population de la capitale où elle fut aussitôt reconnue comme telle car la ville de Bruxelles a érigé à l'époque un monument commémorant le fait. Auderghem donna des noms de rivières à quatre voies publiques (conseil échevinal du 9.5.1913, n° 778). Le pipe-line passait d'ailleurs par la forêt de Soignes, non loin des limites de la commune. Il ne fait aucun doute que ces travaux aient attiré nombre de curieux.

L'architecte Arthur De Zangré fit construire sa maison au n° 9 de la rue du Bocq : c'est un rare exemple de style Art nouveau à Auderghem. Il reçut, en même temps que le propriétaire du n° 15, une des premières autorisations de bâtir dans cette rue.

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20. Boon Daniel (avenue). +/- 540 m.

Le 17.7.1936, le collège échevinal décida de donner le nom de Daniel Boon à la nouvelle voie tracée par les frères Demey dans leur sablonnière (rapport n°1.598). Gustave Demey fut bourgmestre de la commune de 1922 à 1932 (Voir aussi rubrique Demey) .

Pour lotir leur propriété, ils devaient eux-mêmes assumer les frais d'aménagement des égouts, des conduites d'eau et du raccordement au réseau de l'électricité et du gaz. Le premier permis de bâtir fut accordé le 24.1.1936 au propriétaire de la maison n° 7. La voie relierait l'avenue Chaudron au nouveau quartier dont la construction était prévue sur des terrains appartenant à la Société des Logements à Bon Marché d'Auderghem. La Seconde Guerre mondiale reporta la réalisation de ce projet à bien plus tard, au début des années 50.

Daniel Boon était né à Auderghem, le 18 août 1872. Il habita dans la rue de la Vignette au n° 23 (la numérotation a changé depuis lors). Le 1er janvier 1912, il fut élu pour la première fois conseiller communal sur la liste libérale. Son parti disposait alors de la majorité. En 1921, les premières élections au suffrage universel rejetèrent les libéraux dans l'opposition, les catholiques ayant conclu un accord avec l'unique conseiller élu sur la liste des Anciens Combattants. Détail piquant : le leader de cette majorité n'était autre que Gustave Demey qui, au demeurant, devint bourgmestre.

A cette époque, Auderghem connaissait des campagnes électorales houleuses. Daniel Boon devint l'un des ténors de l'opposition. Les libéraux ne réussirent pourtant pas à reprendre le pouvoir en 1926, les catholiques ayant obtenu 6 sièges pour 5 aux libéraux. La situation se retourna aux élections de 1932. Les libéraux ayant fait un accord avec le seul élu socialiste, une équipe bleu-rouge parvint aux commandes. Auderghem comptait alors quelque 15.000 habitants et l'entrepreneur-menuisier Daniel Boon, animateur de son parti, reçut l'écharpe des Travaux publics.

Il était donc échevin - le collège n'était composé que de quatre élus - lorsqu'il fut décidé de donner son nom à une artère tracée dans la propriété de son rival politique. Vengeance politique mûrement menée ? Gustave Demey ne pouvait certainement rien lui reprocher puisque aussi bien il avait donné son propre nom à une rue lorsqu'il était bourgmestre en fonction (Voir aussi rubrique Demey).

Daniel Boon fut encore réélu mais présenta néanmoins sa démission le 9 janvier 1939, vraisemblablement pour des raisons de santé. Il mourut à la veille de son anniversaire, le 17 août 1939.

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21. Borlé Joseph (avenue). +/- 90 m.

Joseph Borlé était né à Bruxelles le 25 janvier 1877. Il devint chancelier au consulat de Belgique à Rosario de Santa Fé, en Argentine. Ses parents s'étaient établis avenue du Blankedelle, au n° 41 (actuellement avenue Schaller, rubrique n° 178). Lorsque éclata la Première Guerre mondiale, il s'engagea comme volontaire à l'armée avec le grade d'adjudant dans le Génie. Il dirigea sous la mitraille la construction de nombre de passerelles et caillebotis. Lors d'une mission défensive, il perdit stoïquement la vie à Lo (Fl. Occ.), le 12 juin 1915.

L'artère relie l'avenue Chaudron à celle des Frères Goemaere ; elle fut construite en 1927 et le collège échevinal lui donna son nom le 16.4.1927 (rapport n° 1083).

Les propriétaires des maisons numéros 10 et 12 reçurent ce même jour leur permis de bâtir.

 

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22. Bouvier Egide (rue). +/- 60 m.

Elle vit le jour en 1958 dans une propriété ayant appartenu jadis à la famille Madoux (Voir aussi rubrique Aubépines) (Voir aussi rubrique Madoux) .Le propriétaire de la maison n° 7 avait reçu le premier permis de bâtir le 23.9.1959.

Egide Bouvier, né à Saint-Gilles, le 8 juin 1872, était lieutenant-colonel retraité lorsque, à l'âge de 59 ans, il fut attiré par la politique communale. Il habitait alors avenue des Volontaires. E. Bouvier fut nommé échevin de l'Etat civil, le 1.1.1933.

Son mandat courut jusqu'au 31.12.1938, mais curieusement, il donna sa démission comme conseiller communal - et donc également d'échevin -, le 21.5.1938, à l'heure où de nouvelles élections allaient avoir lieu. Des malentendus surgirent probablement à cette époque au sein de son parti libéral, car lorsque le collège lui proposa le 2.6.1938 de donner son nom à une voie publique en reconnaissance des services rendus, il émit un refus catégorique en lui écrivant une lettre pleine d'amertume.

Vingt ans plus tard - l'homme est déjà mort -, on traça deux nouvelles rues et deux nouveaux sentiers, à la limite de l'ancien Home Prince Charles (actuellement Home Fabiola) auxquels il y avait lieu de donner des noms. Mais, devant une nouvelle échéance électorale, on préféra éluder la difficulté en décidant de nommer ces voies publiques d'après le nom d'anciens échevins. Le parti libéral fit choix d'Emile Bouvier, bien que ce dernier ait décliné sèchement cet honneur en 1938.

Un bel exemple d'acharnement politique pour faire passer à tout prix une décision prise. Et dire que la bienfaitrice des lieux, sur les terres de laquelle ont été tracées ces voies publiques, ne reçut pas même un modeste sentier à son nom (Voir aussi rubrique Aubépines).

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23. Brassine Charles (avenue). +/- 200 m.

Aménagée en 1927, elle traverse de part en part la propriété de l'ancien bourgmestre Charles Madoux, qui y possédait une pépinière. Madoux avait épousé une petite-fille du lieutenant-général Brassine, ancien ministre de la Guerre.

Son petit-fils Charles Brassine (1882-1918), était volontaire pendant la Première Guerre mondiale. Il obtint le grade de lieutenant chez les Grenadiers et mourut à l'hôpital d'Amersfoort (Pays-Bas), le 3 janvier 1918.

Ses parents étaient propriétaires du terrain sur lequel la rue fut tracée et à laquelle on a finalement donné son nom (rapport n° 912 du collège échevinal).

En 1928, Louis Van Cutsem y bâtit sa villa, au n° 38. L'immeuble se transforma rapidement en une petite usine où étaient construites les machines à laver L.V. C. dont il détenait le brevet. Au fil du temps, le bâtiment est devenu aujourd'hui un immeuble à appartements qui porte encore toujours les traces inhérentes de sa fonction antérieure. Un bel exemple d'adaptation d'immeubles à d'autres finalités.

Selon le journal Le Soir du 5.4.1976, l'avenue présente encore un autre aspect remarquable : lors de sa construction de la maison n° 17, l'architecte L. De Koninck y adapta pour la première fois la technique dite du voile de béton (couche peu épaisse de béton coulé entre deux coffrages), ce qui, en 1928, était une primeur pour notre pays.

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24. Brème (avenue de la). Brasemlaan. +/- 130 m.

Elle est l'une des cinq avenues portant un nom de poisson tracées en 1937 (collège échevinal du 15.5.1937, rapport n° 2875). La brème vit en eaux calmes ou à écoulement lent.

Un an plus tard, le 15.12.1938, fut attribué le premier permis de bâtir pour l'immeuble n° 10.

Le quintette Ablettes, Barbeau, Brême, Gardon et Tanche émergea dans les riches eaux du Kasteelveld (Voir aussi rubrique Ablettes), propriété de la famille de Beaulieu (Voir aussi rubrique de Beaulieu) au moment de son lotissement, en 1937.

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25. Bûcherons (rue des). Houthakkersstraat. +/-110 m.

La limite avec Overijse, et donc de la Flandre, se trouve dans le coin oriental de la commune.

Il y a bien longtemps, s'y élevaient le long d'un étroit chemin sur le territoire d'Auderghem, une chapelle et quelques maisonnettes. Depuis lors, la commune y possède encore - largement compté - une seule maison tandis que la chapelle a disparu depuis belle lurette.


Notre-Dame aux Bois, la rue des Bûcherons.1926.

La rue des Bûcherons s'appelle ainsi depuis 1917, lorsqu'il fut décidé de supprimer les doubles dénominations dans l'agglomération bruxelloise (rapport n° 514 du collège échevinal du 24.3.1916).Auparavant, on parlait de chemin de la Procession, d'après les pèlerinages à et vers Notre-Dame-au-Bois (Jezus-Eik). Anderlecht a toujours une rue de la Procession.

Cet aspect religieux fut encore souligné dans le chemin de la Procession d'Auderghem par l'existence de cette petite chapelle, dédiée à saint Roch qui, selon la croyance populaire, guérissait de la peste et des maladies contagieuses. Il faut se souvenir que, à partir du XVème siècle, ce saint était l'un des plus populaires d'Europe occidentale, même s'il ne fut jamais canonisé.

Au début de 1935, la commune commença à exécuter des travaux dans cette rue. On en arriva bien vite à la conclusion qu'il fallait démolir la chapelle Saint-Roch tombant en ruines. Entre 1935 et 1937, pas moins de huit rapports émanant du collège - composé d'élus libéraux et socialistes - ont traité de la petite chapelle que l'on voulait abattre. En effet, les édiles de ce temps ne cessèrent d'hésiter avant de la sacrifier sur l'autel de l'urbanisation (une grande partie de la population, d'ailleurs encore très croyante, y était fort attachée).

Ainsi que l'on peut en juger, les défenseurs de l'automobile l'ont emporté puisqu'une autoroute côtoie à présent les " Bûcherons ". Depuis lors, au même endroit, a été érigé un autre sanctuaire typique de ce pays, mais appelé, lui, à satisfaire d'autres besoins de l'homme de la rue : une friterie.

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26. Buntincx Mathieu (rue). +/- 80 m.

Le 24.4.1950, l'heureux propriétaire du n° 18 recevait, le tout premier, un permis de bâtir son logis… dans une rue qui n'existait pas encore. Il devra s'armer de patience jusqu'au 22 décembre avant que le conseil communal n'ait discuté de son aménagement et la nomme rue Mathieu Buntincx d'après un ancien échevin, (8ème point de l'ordre du jour).

M. Buntincx était né à Auderghem, le 30 mars 1888. Il était employé à la brasserie de la Chasse Royale et habitait à l'actuelle avenue Tedesco, au n° 4, lorsqu'il céda au démon de la politique communale. Il a été élu conseiller communal du 2.5.1930 au 31.12.1946 et fut échevin de l'Etat civil du 1.1.1939 au 31.12.1946.

Son parti (libéral) ayant perdu 2 sièges aux élections communales de 1946, il ne fut pas reconduit dans sa charge.

Mathieu Buntincx mourut le 5 novembre 1963.

Début septembre 1944. Les Allemands en pleine débâcle sur la chaussée de Wavre, à hauteur de la future rue Buntincx.

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