
27. Canaris (avenue des). Kanarielaan. +/- 90 m.
En fait, cette avenue aurait dû être deux fois plus longue
puisque, en 1931, le collège échevinal décida qu'elle
prendrait son envol de l'avenue des Paradisiers jusqu'au Kouter (point
n° 1113 de l'ordre du jour du 10.7.1931). L'atterrissage des "
Traquets " (Voir
aussi rubrique Traquets)dans les environs raccourcira singulièrement
le territoire de nos " Canaris ".
Voilà pourquoi la rue commence par les numéros 22 et 23.
Les premiers permis de bâtir ont été accordés
pour les maisons nos 41 et 43, le 31.7.1931. Que cet oiseau chanteur de
haute réputation, originaire des îles Canaries, ait trouvé
ici à pérenniser son nom, c'est dû, bien sûr,
au fait que, depuis la nuit des temps, le plateau s'appelle Chant d'Oiseau.
On peut cependant s'étonner que, sur les plaques émaillées,
le français " Canaris ", donc au pluriel, ne corresponde
pas au très singulier Kanarie.
28. Cattleyas (avenue des). +/- 50 m sur le
territoire d'Auderghem.
Le cattleya est une sorte de plante de la famille des orchidacées.
Ces fleurs admirables furent cultivées pendant un certain temps
dans les serres du château Lambeau, à hauteur du square de
l'Europe voisin (Woluwe-Saint-Pierre).
L'avenue est longue d'au moins 200 m, dont à peine 50 m sont
situés sur le territoire d'Auderghem. Sa jonction avec Auderghem
eut lieu vers 1960, lorsque l'avenue Lebon fut ouverte à la circulation.
Auderghem ne compte que trois habitations à l'avenue des Cattleyas.
29. Chant d'Oiseau (avenue). Vogelzanglaan.
+/- 210 m sur Auderghem.
Dans l'Atlas des Communications Vicinales de 1843, on découvre
un sentier portant le n° 45 et décrit comme Vogelenzangweg.
Il commence à l'ancien Duyvelskeulstraet (actuellement rue Valduc)
pour se terminer à Woluwe-Saint-Pierre.
L'avenue traverse, en droite ligne, un domaine que l'on a appelé
pendant des siècles Den vogelen sanc(Chant d'Oiseaux) ; il est
d'ailleurs mentionné de la sorte sur la carte de Van Werden, dans
l'uvre " Regiae Domus Belgicae " d'Antonius Sanderus (1586-1664).
Le chemin s'étend donc sur les deux communes contiguës mais,
à Auderghem, il fut dessiné comme rue et, à Woluwe,
comme avenue, bien que, partout, il porte le nom du domaine qu'il traverse.

C'est pourquoi, en octobre 1953, Auderghem décida d'adapter ses
plaques de rues à celles de Woluwe. Depuis lors, cette voie publique
est qualifiée d'avenue de part et d'autre de la limite des deux
communes.
A une différence près, cependant : Woluwe mentionne sur
ses plaques émaillées, : " avenue du Chant d'Oiseau
". Mais, à Auderghem, l'article paraît s'être
envolé.
Le premier permis de bâtir (sur Auderghem) a été
accordé le 10.7.1926 au propriétaire de la maison n°
160.
30. Charlent Maurice (rue). +/- 340 m.
En 1926, le tronçon situé entre les actuels rue Jeuniau
et boulevard des Invalides a été aménagé par
l'entrepreneur Jacobs, bien avant le second tronçon de la rue.
On peut aisément le remarquer sur place par le style des immeubles.
Le 5 juin 1926, le collège échevinal décida de
donner à la rue le nom d'une victime de la guerre, Maurice Charlent
(rapport n° 437) et, le 19 juillet 1926, le premier permis de bâtir
échut au propriétaire de la maison n° 11.
Bien qu'à l'époque, il était déjà
question de prolonger la rue jusqu'au pont dit " de Belle Vue "
- situé à peu près à la hauteur de l'actuelle
station de métro " Beaulieu " -, ce n'est que bien plus
tard que l'administration communale procéda aux expropriations
des parcelles nécessaires pour achever l'entièreté
du chemin, à partir de 1963.
Maurice Charlent était né à Ciney (province de
Namur), le 23 avril 1885. En 1912, il est venu s'établir à
Auderghem avec ses parents au n° 46 du boulevard du Triomphe. Lorsque
éclata la Grande Guerre, il était sergent au 8ème
régiment de Ligne mais dut être rapidement admis à
l'hôpital de Namur, alors installé dans les bâtiments
du collège Notre Dame de la Paix. C'est là qu'il décéda,
le 18 septembre 1914.
31. Charlier Jean (avenue). A peine 20 m de longueur.
Sans doute l'avenue la plus courte de Belgique et probablement de toute
l'Europe. Une chose est sûre: il s'agit de la voie publique la plus
courte d'Auderghem.
Lors de sa séance du 18 avril 1966, le conseil communal avait
décidé de donner à la rue " prévue plus
loin que la rue Léopold Van Asbroeck, le nom de Jean Charlier,
militaire, mort à Creusen (All.), le 5 octobre 1943 " (point
9 de la séance). Il n'était alors probablement pas encore
question du " Centre sportif de l'ADEPS ". On suppose donc qu'à
l'époque, les autorités avaient songé à tracer
une rue plus longue, en même temps d'ailleurs qu'une rue Mereaux,
qui n'a jamais vu le jour.
Cependant, en 1968, on rendit public le projet de construction d'un
complexe sportif qui s'approprierait une large part du quartier la "
Corée " (Voir
aussi rubrique Christiaens). Il s'ensuivit une énorme
levée de boucliers chez les riverains décidés à
s'opposer à cette réalisation.
Mais, malgré le soutien de personnes haut placées et les
promesses de leaders de divers partis politiques - tant régionaux
que nationaux -, le comité de quartier ne put empêcher le
complexe sportif de l'ADEPS de sortir de terre. Par la suite, l'avenue
Charlier devint un canard boiteux qui resta en panne sur le terrain de
l'unique propriétaire de cette voie extrêmement courte. Sans
fanfaronnade, cette personne peut prétendre posséder une
avenue pour elle seule.
Jean Charlier était né à Coutisse (province de
Namur), le 17 juin 1903. Il exerça la profession d'employé
et habitait avenue Brassine, au n° 8, lorsque éclata la Seconde
Guerre mondiale et qu'il fut appelé sous les drapeaux. Charlier,
fait prisonnier de guerre et déporté en Allemagne, mourut
le 5 octobre 1943.
32. Chasse Royale (rue de la). Koninklijke
Jachtstraat. +/- 150 m.
Elle a été tracée au début du XXème
siècle, juste en face de la brasserie du même nom. La brasserie
existait depuis 1878, chaussée de Wavre. Elle avait repris le nom
d'un pavillon de chasse du XVIème siècle qui avait servi
de point de ralliement aux gouverneurs généraux de nos régions.
En réalité, ce pavillon était situé plus à
l'ouest, environ à mi-distance entre cette avenue et l'actuel quartier
de la Chasse, à Etterbeek qui se trouvait donc plus près
des environs immédiats dudit domaine de chasse. On doit remarquer
que, longtemps avant la naissance de la brasserie, ce quartier portait
déjà le nom de " Chasse Royale " (ainsi qu'il
est mentionné sur des cartes anciennes). Avec le temps, la brasserie
acquit une telle renommée que le lieu de sa construction prit lui-même
cette appellation. Dans la langue du peuple, le quartier d'Etterbeek devint
simplement " La Chasse " (de Jacht) et bien que le pavillon
en question relevât probablement du territoire d'Etterbeek, c'est
le quartier d'Auderghem qui s'est emparé de la royale appellation,
grâce aux activités de sa brasserie
Il s'agit ici d'un bel exemple de changement de dénomination
de quartier ou de rue par l'usage.

La brasserie a été créée par un homme d'affaire
hors du commun, Alfred-Casimir Madoux, à l'époque également
propriétaire du château "Les Orchidées",
situé sur la chaussée de Tervueren (Voir
aussi rubrique ch. de Tervueren). Il était également
propriétaire d'un journal, " L'Etoile Belge ", dont le
tirage atteignit 53.000 exemplaires, ce qui n'était pas mince pour
l'époque.

Pendant la première guerre mondiale, l'occupant réquisionna
les chevaux. La Brasserie de la Chasse Royale fut obligée de se
servir de boeufs pour livrer la bière.
La " Chasse Royale " a fourni pendant longtemps du travail
à plus de deux cent personnes. Sur le plan national, elle avait
acquis une solide réputation pour ses bières régionales
telles que le Bock, le Faro, le Lambic ou la Gueuze, mais tomba finalement
aux mains d'Artois (aujourd'hui Interbrew). Les bâtiments sont toujours
là (pour combien de temps encore ?), mais les brassins y ont depuis
longtemps disparu.
Charles Madoux (1874-1929), troisième fils d'Alfred- Casimir,
devint directeur de cette brasserie et fut le sixième bourgmestre
d'Auderghem. Il dirigeait en même temps une pépinière
établie à l'avenue de la Chasse Royale aux nos 12 et 14
de l'époque. (Voir
aussi rubrique Brassine) .(Voir
aussi rubrique Madoux)

Bien qu'Auderghem ne puisse s'enorgueillir de beaucoup de façades
anciennes décorées avec art, ainsi que la capitale a su
en conserver, il n'en est pas moins vrai que la rue en a séduit
plus d'un avec ses maisons de charme rehaussées de balconnets en
fer forgé. Elles évoquent des dames de haut rang parées
d'un bijou coûteux sur la poitrine.
Dans trois de ces maisons ont habité des victimes de guerre ayant
légué leur nom à une voie publique communale : Louis
Marcx habitait au n° 35 (guerre 14-18)(Voir
aussi rubrique Marcx), Gustave Timmermans au n° 3 (guerre
40-45)(Voir
aussi rubrique Timmermans) et Théo Vanpé au n°
27 (guerre 14-18)(Voir
aussi rubrique Vanpe).
33. Chaudoir Louisa (drève). +/- 120 m.
Dans le but de promouvoir la vente des terrains de ce quartier, M. A.
Van Acker, de Woluwe-Saint-Pierre, a réalisé peu après
la Première Guerre mondiale une jolie vue panoramique d'Auderghem.
On y distingue aisément les bâtiments connus d'hier et d'aujourd'hui
: Schoutenhof (Voir
aussi rubrique Prieuré), Valduchesse (Voir
aussi rubrique Valduchesse), chapelle Sainte-Anne (Voir
aussi rubrique Sainte-Anne), château Waucquez (Voir
aussi rubrique Vieux Moulin), collège Lutgardis (Voir
aussi rubrique Sablière), villa La Bruyère (Voir
aussi rubrique Bergoje), l'ancienne maison communale (Voir
aussi rubrique Verboven)
Auderghem comptait alors moins
de 10.000 habitants.

Lors de son tracé, la drève reçut le nom Bergère
(Minnedreef), (rapport n° 706 du collège échevinal du
20.4.1928). Un premier permis de bâtir avait pourtant déjà
été délivré le 23.9.1921 pour la magnifique
villa n° 16.
La rentière Isabelle, Ghislaine, Maria, Louisa de Marotte de
Montigny, veuve de Charles Chaudoir, vint habiter au n° 7, en janvier
1935. Elle était née à Sint-Truiden (Limbourg), le
9 mars 1878.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fit partie des groupes de résistance
Comète et Clarence. Elle travaillait avec les services de renseignements
mais cachait aussi des aviateurs alliés. Elle fut capturée
avec sa servante par les Allemands et toutes deux furent déportées
à Ravensbruck (Allemagne), le 14 février 1943. Elles y trouvèrent
la mort en mars 1945.
En mémoire de cette dame qui mourut pour la patrie, le collège
échevinal décida le 11.11.1946 de changer le nom Bergère
en Louisa Chaudoir. D'accord, reconnaissons que le véritable nom
de cette courageuse personne n'était pas des plus courts, mais
était-ce une raison pour ne pas faire usage de son nom de jeune
fille ? Pour signifier à la postérité qu'à
Auderghem, il y a au moins une rue qui porte le nom d'une femme - excepté
naturellement sainte Anne -, il faut bien dire que la commune mérite
ici la mention "peut mieux faire".
34. Chaudron Joseph (avenue). +/- 480 m.
A la fin du XIXème siècle, Joseph Chaudron possédait
pratiquement la plus grande partie des terrains situés entre les
actuelles avenue Herrmann-Debroux, chaussée de Wavre, rue A. Meunier,
et les actuels cimetière d'Auderghem et boulevard du Souverain.
L'avenue Chaudron actuelle, tracée en 1925, traverse donc les anciennes
propriétés du quatrième bourgmestre d'Auderghem dont
le château était situé à hauteur du square
du Sacré-Coeur d'aujourd'hui (A la fin du XIXème siècle,
Joseph Chaudron possédait pratiquement la plus grande partie des
terrains situés entre les actuelles avenue Herrmann-Debroux, chaussée
de Wavre, rue A. Meunier, et les actuels cimetière d'Auderghem
et boulevard du Souverain. L'avenue Chaudron actuelle, tracée en
1925, traverse donc les anciennes propriétés du quatrième
bourgmestre d'Auderghem dont le château était situé
à hauteur du square du Sacré-Coeur d'aujourd'hui (Voir
aussi rubrique Sacré-Coeur).

Joseph Chaudron naquit à Gosselies (Hainaut), le 29 septembre
1822. Il était ingénieur des mines et administrait des charbonnages
dans la région de Mons. Il vint se fixer à Auderghem à
l'âge de 60 ans et, en 1884, il faisait déjà partie
du conseil communal. Deux ans plus tard, il succéda au fauteuil
de maïeur à J.B. Merjay (Auderghem comptait alors quelque
2.700 habitants). Il fut bourgmestre jusqu'en 1896. Il décéda
en 1905.
L'avenue portant son nom avait été, on l'a vu, tracée
en 1925. Deux ans plus tard, elle fut raccourcie pour permettre d'aménager
le square du Sacré-Coeur dont question plus haut.
Le propriétaire de la maison n° 100 reçut le premier
permis de bâtir le 14.11.1929.

A présent, un autobus de la S.T.I.B. assure, via l'avenue Chaudron,
la liaison avec le centre de Bruxelles, mais, dès les années
30, cahotait là le tram 35 !
35. Christiaens René (rue). +/- 260
m.
Le 24 mars 1950, à l'heure où le conseil communal avait
décidé de donner à cette rue le nom d'une victime
de la guerre, la Société Coopérative BATICOOP tournait
à plein régime pour faire sortir de terre le nouveau quartier
- comptant une soixantaine de maisons - dont elle devait devenir l'axe
principal.
Ce quartier fut construit à la même époque où,
en Extrême-Orient, dans la péninsule de Corée, les
troupes Nord-Coréennes envahirent la Corée du Sud. Une grande
partie du monde était concernée par cette agression puisque
le Conseil de Sécurité vota immédiatement une résolution
d'aide à la Corée du Sud. Un détachement de troupes
belges prit également part au conflit.
Lorsque les premiers propriétaires vinrent s'installer dans leur
nouveau quartier, la pose des égouts n'était pas achevée
et la rue non pavée. Contraints et forcés, les riverains
durent affronter quotidiennement un marécage de boue vu qu'il faisait
alors particulièrement pluvieux. C'est pourquoi on comparait leur
sort à celui de nos héroïques compatriotes au Pays
du Matin Calme. Dès lors, la population donna le nom de "
la Corée " à ce quartier au demeurant, particulièrement
calme et agréable à vivre.
René-Joseph-Albert Christiaens naquit à Etterbeek, le
8 mai 1920. Il était militaire et habitait avenue des Paradisiers,
au n° 67. Blessé au troisième jour de la Seconde Guerre
mondiale, il mourut de ses blessures à Zevekerke, près de
Bruges, le 13 juin 1940.
36. Citrinelles (avenue des). Geelvinkenlaan.
+/-320 m.
De même que l'avenue des Canaris (Voir
aussi rubrique Canaris), l'avenue des Citrinelles ne fut jamais
complètement achevée. C'est pourquoi cette voie commence
actuellement à l'avenue des Martinets avec les numéros 47
et 52. On avait pourtant l'intention de la prolonger jusqu'à l'actuelle
avenue I. Geyskens (rapports du collège échevinal n°
634 du 30.12.1934 et 629 du 29.11.1935).
La section menant à l'avenue Geyskens fut aménagée
en forme de sentier de promenade sur lequel donnaient seuls les jardins
des rues avoisinantes. Pourquoi avoir fait choix d'un nom d'oiseau ? Parce
que l'avenue est située dans le quartier appelé depuis toujours
le Chant d'Oiseau.
A ce jour, le sentier n'a pas encore reçu de nom, comme d'ailleurs
plusieurs autres sentiers publics d'Auderghem.
Edmond Van Nieuwenhuyse reçut le premier permis de bâtir
sa maison sur l'avenue des Citrinelles (n° 61) le 13.2.1930. Il mourut
comme prisonnier politique pendant la Seconde Guerre mondiale ; une rue
porte son nom à Auderghem (Voir
aussi rubrique Van Nieuwenhuyse).
37. Claes Ernest (avenue). +/- 80 m.
Non. Ceci n'est pas une rue dédiée à l'écrivain
flamand Ernest Claes, l'auteur de "De Witte". C'est un autre
Ernest Claes que l'on honore à Auderghem.
Lorsque, en 1928, la " Soc. Immobilière, Financière
et d'Entreprises Industrielles ", aménagea la nouvelle voie
publique dans le quartier du Pré des Agneaux, le collège
échevinal décida le 13.7.1928 (point n° 883 de l'ordre
du jour) de lui donner le nom du deuxième secrétaire communal
du village.
Ernest-Joseph Claes était né à Watermael-Boitsfort-
Auderghem le 5 octobre 1853 (les trois hameaux formaient alors une entité).
Il succéda d'ailleurs à son père en qualité
de secrétaire communal, exerça sa fonction de 1885 à
1909 et décéda le 24 septembre 1909.
Le Comptoir National des Matériaux, établi alors rue de
Spa, n° 56, demanda le 29.12.1928 le permis de bâtir toutes
les maisons, à l'exception de celles figurant aux quatre coins.
L'ensemble offre un très bel aspect. D'ailleurs, la même
firme construisit aussi les premiers logements dans d'autres rues de la
commune. Le flâneur arpentant les rues Demuylder,
Schoonejans, Smets et les avenues Geyskens et des Paradisiers y reconnaîtra
les immeubles au style architectural de cette entreprise.
38. Clesse Louis (avenue). +/- 180 m
Commencés en 1938, c'est environ au milieu de la Seconde Guerre
mondiale que s'achevèrent les travaux d'aménagement de cette
avenue pour laquelle un autre nom avait été choisi.
A l'époque, le collège échevinal avait décidé
de l'appeler Egide Bouvier, du nom d'un échevin démissionnaire
(rapport n° 762 du 2.6.1938). Toutefois, l'homme refusa sèchement
(Voir aussi
rubrique Bouvier).
Le second choix s'était porté sur Louis Clesse (1889-
1961), artiste peintre renommé qui, sans avoir jamais habité
la commune y venait souvent planter son chevalet. Il est né et
mort à Ixelles. Lorsqu'il apprit la décision du collège
échevinal, il lui envoya, le 28 mai 1942, une lettre de remerciement
dans laquelle il décrivit comme suit l'environnement de la nouvelle
voie publique :
"... J'en suis d'autant plus heureux, que c'est à l'emplacement
même où vous avez créé ce nouveau quartier
qu'étant encore enfant - c'était au temps ou il n'y existait
que des champs et des briqueteries - j'ai fait mes premières études
d'après nature.
J'y passais des journées entières à dessiner les
briqueteries au travail, leurs cabanes, leurs charrettes, et je me souviens
que je rentrais chez moi le soir, avec de la boue d'argile jusque dans
les cheveux.
Puis, c'est au Rouge-Cloître, autour de ses incomparables étangs,
et dans sa somptueuse forêt que j'ai planté mon chevalet,
sites admirables, que depuis plus de quarante années je n'ai pas
désertés, et où plane toujours le souvenir de notre
grand paysagiste Jean Degreef, fondateur de l'Ecole d'Auderghem..."
Cet extrait nous rappelle qu'effectivement, Auderghem - alors un petit
village avec environ 1.600 habitants en 1863 - s'est développé
en 1938 en faubourg de capitale peuplé de 18.000 âmes. Les
maisons bâties dans l'entre-deux-guerres - mais aussi avant - étaient
construites à l'aide de briques cuites sur place. La commune comptait
alors plusieurs briqueteries dont l'une s'appelait Les Briqueteries Silico-calcaires
d'Auderghem en activité au Roodenbergveld. C'est à elle
que Louis Clesse faisait allusion.

Cette rue attendit jusqu'au 20 juin 1947 l'enregistrement du premier
permis de bâtir, pour la maison n° 34 (La guerre a certainement
contribué à ce retard).
39. Cockx Jules (rue). +/- 360 m.
Ceux qui veulent en savoir plus sur la réincarnation des choses
de la vie trouveront ici matière à réflexion. Car
si l'actuelle rue Cockx est apparue en 1975, une autre rue Cockx avait
déjà péniblement vu le jour en 1931. Voyons les choses
dans leur ordre chronologique.
Le collège échevinal décida le 20.11.1931 (rapport
n° 301) de donner le nom de Jules Cockx à une nouvelle rue
qui relierait la rue d'Orjo de Marchovelette (Voir
aussi rubrique d'Orjo de Marchovelette) à la rue Lombaert
(Voir aussi
rubrique Lombaert).

Deux ans plus tard, il fallait encore toujours acheter des terrains
pour terminer la rue. Le rapport n° 332 du 30.9.1933 dit à
ce propos :
" Estime ne pouvoir donner suite pour le moment du moins, au rapport
déposé par le service de la voirie en ce qui concerne le
rachat à l'administration des chemins de fer, du terrain nécessaire
à la création de la rue J. Cockx ".
Encore deux ans plus tard, surgit un nouveau problème à
propos de terrains pour lesquels un particulier refuse l'offre de prix
de 65 F le m2.
Le rapport n° 1.534 du 26.6.1936 du collège échevinal
mentionne qu'on négocie à nouveau avec ce propriétaire
sur base du prix de 65 F.
Finalement, un accord à l'amiable sera conclu, à la fin
de 1937 : on paiera les terrains 90 F le m2.
Bien qu'il ne soit pas sûr que la rue a été entièrement
achevée en 1938, il est certain que, un peu avant la Seconde Guerre
mondiale, quelque cinq ménages avaient à patauger sur un
chemin non pavé pour arriver à leur domicile.
Mais cette " Cockx "-là va disparaître avec la
construction, fin des années 60, de la station de métro
Delta et du dépôt de la S.T.I.B.

A ce propos, laissons la parole à l'ancien bourgmestre Paul Delforge
avec cet extrait de son livre " Journal d'un bourgmestre 1959-1976
" :
" Lors de la construction de la station Delta et des dépôts
de la STIB, la petite rue Jules Cockx avait été supprimée.
Son nom rappelait un ancien combattant de 1914-1918 tué au front.
Aussi lorsqu'une nouvelle artère fut créée entre
le pont de Belle-Vue (maintenant station de métro Beaulieu) et
le boulevard des Invalides, le collège du 17 juin 1975 décida
de lui donner le nom de Jules Cockx. C'est le seul exemple de deux rues
d'Auderghem qui portèrent successivement le même nom ".
La rue Lombaert allait connaître un sort identique, en 1986.
L'actuelle rue Jules Cockx reçut donc un tout nouveau tracé,
en 1975. Elle va même s'emparer d'un segment de la rue d'Orjo de
Marchovelette et c'est ainsi que l'on mesure une distance de plus de 150
m entre les numéros pairs et impairs, ce qui la rend plus large
que la plus large des avenues de Paris, l'avenue Foch (120m).
Henri-Jules-Joseph Cockx était né à Saint-Gilles,
le 8 avril 1893. Il habitait boulevard du Triomphe, au n° 21, non
loin de la rue qui porte son nom, était célibataire et ouvrier-peintre.
En 1914, lors de l'entrée en guerre de la Belgique, il fut incorporé
au 11ème régiment de Ligne. Il devint la première
victime auderghemoise de ce conflit puisqu'il fut tué à
l'ennemi le 5 août 1914, à Queue-du-Bois (prov. de Liège).
Il ne se doutait sûrement pas que, après sa mort, et par
deux fois, on créerait une rue à son nom.
40. Coenen Hubert (rue). +/- 110 m.
Le 30 avril 1962, sur proposition du collège échevinal,
le conseil communal approuvait l'ordre du jour n° 17 donnant un nom
à trois nouvelles rues en construction.
A ce sujet, l'ancien bourgmestre Paul Delforge raconte ce qui suit dans
son livre "Journal d'un bourgmestre, 1959-1976" :
" ... le conseil communal créait les rues Hubert-Jean Coenen,
Maurice Poedts et Guy-Jean Verachtert, trois combattants morts au champ
d'honneur. Ces trois petites artères étaient situées
en bordure de la forêt de Soignes dans le quartier du Parc des Princes.
Ainsi s'achevait cette importante réalisation urbanistique. Elle
mettait aussi fin à une polémique entre partisans de l'édification
à cet endroit d'un complexe d'immeubles à appartements et
partisans de réserver ce quartier à la construction de villas.
La presse avait fait longuement écho à cette controverse.
"
Lire à propos de la création du quartier du Parc des Princes,
la rubrique
Leemans.
Le premier permis de bâtir dans la rue Coenen fut délivré
le 6 février 1963 au propriétaire de la villa n°6.
Hubert-Jean Coenen naquit le 4 décembre 1886. Il habitait rue
du Bocq, n° 17. Il était militaire et trouva la mort au début
de la Seconde Guerre mondiale, le 12 juillet 1940, à Montpellier
(France).
41. Colin Jean (avenue). +/- 160 m.
On a pu lire à la rubrique Clesse (Voir
aussi rubrique Clesse) que le collège, en mai 1942,
soit en pleine Seconde Guerre mondiale, avait donné un nom à
une rue du Roodenbergveld. Dans le but de faciliter l'échange de
correspondance entre les propriétaires de parcelles, les entrepreneurs,
les compagnies d'Électricité, de Gaz et d'Eau, le service
de la voirie de l'administration communale pria le collège de donner
également un nom aux deux autres rues du quartier en voie d'achèvement.
En conséquence, le collège décida d'octroyer à
ces deux voies publiques également le nom d'artistes peintres :
Jean Colin et Léon Houyoux.
Mais ici aussi, les premiers permis de bâtir ne furent accordés
que beaucoup plus tard, à savoir, le 27.11.1957, pour les maisons
numéros 14 et 16. Toujours la guerre ?
Contrairement à Houyoux, Jean Colin (1881-1961) était
un artiste moins bien connu. Auderghem n'en possédait pas moins
un tableau de sa main, " Paysanne bretonne". En ce temps-là,
l'oeuvre était exposée dans la salle du conseil de la maison
communale. La vieille dame bretonne a-t-elle fait une si forte impression
sur les messieurs du conseil pour que ceux-ci aient décidé
d'immortaliser le nom du peintre sur une plaque de rue ?
Par ailleurs, Jean Colin n'habitait pas à Auderghem. Il était
originaire de la rue de la Charité, à Saint-Josse-ten-Noode.
42. Colzas (allée des). Sloordelle +/- 270
m.
Dans son ouvrage Histoire des Environs de Bruxelles, A. Wauters écrit
: " Il a existé une léproserie (Domus leprosi, 1379;
't Sieckhuys), près du bois de Melsdal et du chemin conduisant
de Bruxelles à Auderghem ".
" Au XIIème et XIIIème siècles, il a existé
dans les environs de Bruxelles de nombreuses léproseries rurales
où les malheureux lépreux essayaient de survivre, abrités
le plus souvent dans des huttes ou des cabanes isolées où
l'on consignait les malades qui devaient pourvoir eux-mêmes à
leurs besoins.
Se basant sur ces données, J.Lorthiois a, dans son étude
" Heeft er een leprozerie bestaan op Ter Coigne? " montré
qu'une léproserie avait existé, il y a bien longtemps, à
l'actuelle allée des Colzas.
Les " Pauvres de Watermael " (une sorte de C.P.A.S. de l'époque)
possédaient, en effet, des terrains dans les environs. N'oublions
pas qu'Auderghem faisait partie de Watermael. "
Ces terrains étaient d'ailleurs toujours la propriété
de cette institution lorsque l'on rédigea l'Atlas des Communications
Vicinales, en 1843. On trouve là le sentier n° 48, le Kleynsloordelleweg,
qui correspond avec le tracé de l'actuelle allée des Colzas.
Kleyn signifie petit ; Sloor, colza ; delle, vallon et weg, chemin ou
allée. D'où le nom de la rue.
Les deux bâtiments les plus anciens datent de 1903
mais
ont été annexés par la place Balis (Voir
aussi rubrique Balis). Ceci explique pourquoi les numéros
impairs commencent par le n° 7.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Jules Verhoeven vivait au n° 25
de l'allée. Il était directeur de l'école n°
3, à la Chasse Royale. Deux de ses ouvrages sont mentionnés
dans la liste des ouvrages consultés, à la fin de ce livre.
Deux victimes de la guerre 1914-1918 habitaient également allée
des Colzas : Louis Dehoux au n°14 et Paul Vanden Thoren au n°
26. Tous deux ont donné leur nom à une voie publique d'Auderghem.
4 3 . Communale d'Auderghem ( p l a c e ) .
Gemeenteplein van Oudergem.
Comment une place appelée à la vie en 1989 (conseil communal
du 3.7.1989, point 22 de l'ordre du jour) pourrait-elle avoir une longue
histoire? A première vue, non. Pourtant, le lieu où la petite
place a été aménagée a déjà
un passé fort intéressant.
La place est à présent entourée de bâtiments
construits en 1989 par la firme Mercurius entre le n°4 de la rue J.
Bassem et la chaussée de Wavre. Là où apparaît
la façade nord existaient, au XVIIIème siècle, le
long de la chaussée de Wavre, d'importants estaminets parmi lesquels
Den Moriaen, Den Prins et Den Horen.

Deux d'entre eux ont hébergé la "maison commune",
local où les conseils communaux devaient se réunir et où,
depuis le régime français, tous les devoirs officiels devaient
être accomplis. Leurs jardins donnaient donc sur l'actuelle place
communale.
Ces événements officiels avaient le plus souvent lieu
une fois par semaine. Un secrétaire communal et un receveur suffisaient
alors pour assurer l'administration de la commune. L'autorité louait
le plus souvent un vaste local - ou celui-ci était mis gratuitement
à sa disposition - dans une taverne ou estaminet. Ceci suffisait
amplement à sa tâche et ce local était accessible
à tous.
" DEN HOREN " et " DEN MORIAEN " : " la maison
commune ".
Dans le n° 7 d'HISCIWAB (septembre 1996), Roger Nevens et Philippe
Smeulders sont allés à la recherche de la situation des
anciennes maisons communales de Watermael-Boitsfort dont Auderghem faisait
partie jusqu'en 1863.
Ils ont établi que, de 1800 à 1810, les séances
s'étaient tenues à l'auberge Den Horen, sur l'actuelle chaussée
de Wavre (un peu plus bas que l'actuel Bergoje). En ce temps-là,
Boitsfort et Watermael étaient des entités séparées
et Auderghem relevait de cette dernière. Elle comptait alors le
plus de mandataires, ce qui explique le choix d'un local de réunion
à Auderghem, Den Horen (Le Cor). Watermael et Boitsfort furent
à nouveau réunis en 1811 mais, le bourgmestre habitant Auderghem,
les séances se poursuivirent au Den Horen jusqu'en 1826.
De 1827 à 1834, la " maison communale" a émigré
vers une auberge boitsfortoise (d'ailleurs, le nouveau bourgmestre n'était
autre que Pierre-Theodore Verhaegen, de Boitsfort).

Jean Goossens, un ami de Verhaegen exploitant l'auberge Den Moriaan
- située au coin de la chaussée de Wavre et de la rue J.
Bassem -, s'était entre-temps converti à la politique locale.
Il veilla à ce que les séances aient lieu dans son auberge,
de 1834 à 1839. Celle-ci recevra plus tard le nom de " Restaurant
du Vieux Bruxelles " qui apparaît sur d'anciennes cartes postales
du début du XXème siècle. Le bâtiment a été
démoli pour faire place à une succursale des grands magasins
Delhaize venue s'implanter là, vers 1960.
Jean Goossens ayant acheté l'ancienne auberge Den Hoorn en 1839,
la " maison communale " déménagea avec lui et
revint ainsi dans son ancien local, situé quelques 6 à 7
maisons plus haut. En 1848, la " maison communale " de Watermael-Boitsfort
- et donc toujours d'Auderghem - élut définitivement domicile
à la Maison Haute, à Boitsfort. Lorsque Auderghem accéda
à l'autonomie, en 1863, elle fit construire sa propre maison communale,
entre l'actuelle rue Idiers et le boulevard du Souverain (voir rubrique
n° 227).

" DEN PRINS " (LE PRINCE) devient garde-barrière.
L'auberge Den Prins était située entre Den Moriaen et
Den Hoorn. Les trois furent construites à peu près à
la même période, vers 1730, lorsque les grand'routes de Bruxelles
à Tervuren et à Wavre ont été tracées
(Voir aussi
rubriqueTervueren ch.) (Voir
aussi rubrique Wavre).
Notre gouverneur Charles de Lorraine empruntait régulièrement
cet itinéraire pour se rendre de Bruxelles à son château,
à Tervuren. A la rubrique
Tervueren ch., est repris un avis publié dans un journal
de cette époque. On suppose que c'est d'alors (+/- 1749) que l'enseigne
Den Prins a été changée en " Au Prince Charles
".
Une première barrière à péage fut placée
sur la chaussée de Wavre, à peu près entre l'actuelle
rue Idiers et le boulevard du Souverain jusqu'à ce que Napoléon
supprime l'octroi en 1806.
En 1814, la barrière sera remise en service. Le péage
fut installé à l'estaminet " Au Prince Charles "
(dont le propriétaire était également le gardien
de la barrière), jusqu'à sa suppression définitive,
en 1867.
L'auberge exista jusqu'en 1910 dans une partie du bâtiment d'origine
(il en existe aussi des cartes postales illustrées). Après
la Première Guerre mondiale, Sabin Depuydt acheta cette aile et
y installa sa boulangerie. Elle fut démolie en même temps
que Den Moriaen.

L'actuelle place Communale a donc été tracée sur
le parking du grand magasin Delhaize mentionné plus haut qui s'était
installé dans les locaux de la blanchisserie Rema dont question
à la rubrique n°239. Comme Auderghem n'avait pas encore de
" place Communale ", il fut décidé, en 1989, de
lui donner ce nom sans savoir qu'au siècle précédent,
la " maison commune" y avait déjà eu sa place

Cyclistes sur le Dam, en 1913 (à présent place Communale)
44. Cordier Edmond (avenue). +/- 190 m.
Peu de temps après son décès, une grande partie
de la propriété du docteur Cordier fut lotie pour y tracer
trois rues nouvelles. Lors de la séance du 2 décembre 1960
(ordre du jour n° 23), le conseil communal décida de donner
à la plus grande d'entre elles le nom du docteur Edmond Cordier,
" en reconnaissance des grands services rendus, pendant une cinquantaine
d'années, à l'humanité. "
Edmond Cordier était né à Montignies s/Sambre (Hainaut),
le 13 novembre 1876. Il épousa Marguerite Parmentier, une parente
(fille ?) d'Edmond Parmentier, l'entrepreneur connu dans la commune pour
avoir exécuté la construction de l'avenue de Tervueren et
du boulevard du Souverain. De ce mariage naquirent 11 enfants. Edmond
Cordier fonda en 1906 l'Institut de Puériculture de Bruxelles,
avenue du Chant d'Oiseau, 45-47, non loin de son château.
 
Ce château existe toujours, au n° 1 de la rue qui porte actuellement
son nom. En ce temps-là, l'entrée du bâtiment se trouvait
avenue des Paradisiers. Il a été construit en 1870 par Paul
de Cartier - fils de l'ancien bourgmestre Amour de Cartier - non loin
de sa fabrique de peintures. Cette fabrique deviendra plus tard la firme
Ligot (voir rubrique n° 239). Le bâtiment fut ensuite acheté
par August Van Maldeghem (1841-1911) qui fut président de la Chambre
des Représentants, en 1903.

Après sa mort, le château, quelquefois aussi appelé
" Château Valduc ", devint la propriété
d'Edmond Cordier. Il mourut à Auderghem, le 13 août 1955.
A part le château, qui est indiscutablement le plus ancien bâtiment
de la rue, c'est à la maison n° 31 que fut attribué
le premier permis de bâtir, le 5.7.1961.
45. Coulbaut René (avenue). +/- 60 m.
Aménagée en 1966 sur l'ancien cimetière d'Auderghem,
l'avenue n'est pas bâtie et on peut le comprendre. En effet, qui
voudrait être domicilié dans un cimetière ?
Quand on parle d'une avenue, on songe la plupart du temps à un
chemin planté d'arbres. Ce n'est visiblement pas le cas de l'avenue
Coulbaut et il y en a d'autres dans ce cas à Auderghem ! La commune
présente plus de 240 voies publiques dont 111 avenues, soit 46%.
Près de la moitié des dites voies publiques.
La " Coulbaut " est située entre la ruelle de la chaussée
de Tervueren et la rue des Deux-Chaussées, à l'arrière
de l'église Sainte-Anne.
Après la construction de l'église Sainte-Anne (1843),
sur la Schietheyde, on avait prévu d'aménager autour d'elle
un cimetière. Auderghem y a enterré ses défunts jusque
peu après la guerre 1914-1918.
Dès le début des années 20, un nouveau cimetière
fut mis en service, avenue Van Horenbeeck. Les anciennes sépultures
à concession perpétuelle furent déplacées,
e.a., celle de Henri de Brouckère (voir
rubrique de Brouckère) et celle de la famille Madoux
(voir rubrique
Madoux). C'est ainsi que l'ancien cimetière allait doucement
à l'abandon, se transformant de la sorte en une plaine de jeux
de choix pour les enfants du voisinage qui bravaient l'interdiction d'y
pénétrer. Jusqu'aux années 40, il n'était
pas rare que l'un ou l'autre garnement arrive à exhumer quelque
tibia, inspirant une sainte frousse à ses compagnons de jeu.
On y mit finalement bon ordre en 1966 en aménageant cette avenue
et
une nouvelle plaine de jeux.
René Coulbaut était né à Anderlecht, le
25 décembre 1902. Il était receveur de tram lorsqu'il vint
s'installer à Auderghem, rue Valduc, n° 32. Réquisitionné
par le Travail Obligatoire en Allemagne (S.T.O.), il mourut à Berlin,
le 23 novembre 1943.
46. Crock Guillaume (avenue). +/- 270 m.
Le 16.4.1927, Auderghem (collège échevinal, rapport n°
1083) rendit hommage au dernier soldat auderghemois mort pendant la Grande
Guerre en donnant son nom à l'avenue reliant la place Pinoy à
l'avenue de la Houlette.
Auderghem est l'une des rares communes - sinon la seule - à avoir
rendu hommage à presque toutes ses victimes de guerre en donnant
leur nom à une rue. Elle en fera de même pour celles tombées
pendant la Seconde Guerre mondiale.
Guillaume Crock naquit à Auderghem, le 2 avril 1883. Il devint
plombier, habitait avec son épouse et ses enfants à (l'ancien)
Bergoje, chaussée de Wavre, au n° 1597, lorsque éclata
la Première Guerre mondiale. Il fut incorporé comme soldat
et monta au front. Tandis que se déroulaient les contacts ayant
préludé à l'armistice, l'espoir de la famille Crock
de revoir son cher absent grandit. Hélas, il fut admis à
l'hôpital Cabourg, à Adinkerke, où il s'éteignit
en novembre 1918.

La laitière Clara Simons à l'avenue Crock, n°58, vers
1931.
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