47. Daumerie Colonel (avenue). +/-280 m (partagés avec Woluwe-Saint-Pierre).

" M. Verbruggen est autorisé à mettre au coin de l'avenue conduisant à sa demeure avenue des 3 Couleurs "; décision prise par le collège échevinal d'Auderghem le 5 janvier 1901.

Depuis la fin du XIXème siècle, Jef Verbruggen exploitait un café-restaurant-laiterie au coin de l'avenue de Tervueren et de l'actuelle avenue Daumerie, il l'appela " Aux Trois Couleurs " et décora l'ent-rée de son établissement avec des drapeaux tricolores belges. Il existe de jolies cartes postales illustrées dont il faisait usage pour le faire connaître. D'ailleurs, son restaurant était apprécié partout, par jeunes et vieux, pour sa kermesse aux boudins renommée qu'il organisait en même temps, e.a., que de petites promenades avec des poneys aux alentours. Ceci contribuait à l'amusement de tous.

Bref, le quartier était devenu un pôle d'attraction pour d'innombrables citadins. C'est pourquoi ledit quartier porta vite le nom de " Trois Couleurs ", que lui avait donné la population. L'homme fit habilement usage de cette appellation pour demander que le chemin où était situé son établissement portât ce nom, ce qui lui fut accordé en janvier 1901.

Au contraire de ce qui s'est passé avec le quartier entourant la brasserie Chasse Royale (voir rubrique Chasse Royale), ici c'est l'établissement qui a donné son nom au quartier et à l'avenue.

Précisons encore que le restaurant actuel portant le même nom n'est pas celui que créa Verbruggen. Le successeur des " Trois Couleurs " se trouve d'ailleurs un peu plus bas sur l'avenue de Tervueren, en territoire woluwéen.

Pendant quasiment la première moitié du XXème siècle, Auderghem a donc donné un autre nom à cette avenue. Dans le courant de 1945, Woluwe-Saint-Pierre décida de lui donner le nom d'un riverain, fusillé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Auderghem donna immédiatement son accord et, depuis le 1er janvier 1946, l'avenue s'appelle Colonel Daumerie.

Le côté pair de l'avenue est situé sur Auderghem, le côté impair est sur Woluwe-Saint-Pierre. C'est de ce côté qu'habitait Joseph Emile Daumerie, directeur de l'Aéronautique civile pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était aussi lieutenant-colonel aviateur de réserve. Ayant rejoint la résistance, il mit un service de renseignements sur pied ainsi qu'un réseau d'aide aux aviateurs alliés en Belgique. Il fut fait prisonnier et emmené en Allemagne où il fut condamné et fusillé, le 26 août 1942 à Berlin-Tegel.

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48. de Beaulieu (avenue). +/- 510 m.

Vers 1835, Pierre-Théodore Verhaegen, bourgmestre de Watermael-Boitsfort (dont Auderghem faisait toujours partie) acheta les champs et les prairies du Kasteelveld (voir Ablettes). Rappelons qu'il fut cofondateur de l'Université Libre de Bruxelles en 1834 et président de la Chambre en 1848.

Sa fille Marie-Anne épousa Adolphe le Hardÿ de Beaulieu et hérita du Kasteelveld à la mort de son père, en 1862. Les terrains demeurèrent dans le giron de la famille le Hardÿ de Beaulieu jusqu'à la construction des quartiers actuels.

Le 24.4.1931, le collège échevinal décidait (ordre du jour n° 1.172) de " dénommer l'artère reliant la chaussée de Watermael au Pont de Belle Vue avenue de Beaulieu " (jadis, la rue des Pêcheries s'appelait chaussée de Watermael). Le pont de Belle-Vue se trouvait à peu près à l'endroit où a été construite la station de métro Beaulieu.

Ce qui frappe dans cette décision, c'est que la première partie du nom, " le Hardÿ " soit passée à la trappe.

A propos de ce quartier et pour l'année 1965, l'ancien bourgmestre Paul Delforge écrit ce qui suit :
" Le quartier dit des Pêcheries était encore en friche. A l'angle de la rue des Pêcheries et de Beaulieu (qui n'existait pas), il y avait une cressonnière alimentée par les nombreuses sources des environs. Dans les sentiers qui serpentaient à travers les quartiers, se déroulaient de temps à autre des courses de cyclocross qui rencontraient un succès populaire certain.
En fait, il s'agissait d'un terrain presque vierge où il fallait tracer de nouvelles artères, élargir celles qui existaient, fixer les gabarits des immeubles à construire et sauvegarder l'étang des Pêcheries qui faisait le charme du quartier. "


Une partie du Kasteelveld en 1950. L'étang se reconnait à l'arrière-plan.

L'ancien bourgmestre voulait dire probablement que l'avenue n'existait pas sous sa forme actuelle. Lorsque, en 1966, la firme ETRIMO bâtit et aménagea le quartier, elle dut, en effet, rendre le double de son ancienne largeur à l'avenue avec trottoirs, pose d'égouts, éclairage et tutti quanti, à ses propres frais.

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49. de Brouckère Henri (avenue). +/- 440 m.

Très ancien chemin d'Auderghem qui partait jadis de Valduchesse. Il apparaît sur les cartes de Van Werden (1659) et de de Ferraris (1771).

Dans l'Atlas des Communications Vicinales (1843), il est décrit comme chemin n° 6, " chemin de la Chaussée de Bruxelles à Wavre au chemin dit Molenstraet " (voir rubrique Vieux Moulin). Sa longueur était d'environ 870 m et on l'appelait Schapenputstraet. Une partie de l'avenue du Parc de Woluwe (voir rubrique Parc de Woluwe) avec l'avenue de Waha (voir rubrique de Waha) relevait donc de cette voie ancienne.

Le chemin changea de nom le 5 juin 1874 (décision du collège échevinal, rapport n° 265) et s'appela désormais avenue de Brouckère, en l'honneur du premier bourgmestre de la commune. Quarante ans plus tard, on y ajouta le prénom Henri (décision du collège, ordre du jour n° 514) afin d'éviter toute confusion avec la place de Brouckère honorant son frère, à Bruxelles.

L'aménagement du boulevard du Souverain et de l'avenue du Parc de Woluwe cité ci-dessus changea la numérotation des maisons. On sait qu'il est d'usage de commencer avec les maisons les plus proches de la maison communale (centre) mais, on s'y prit autrement dans le cas qui nous occupe. Les numéros les plus petits commencent à la chaussée de Wavre, mais, puisque les numéros pairs sont toujours à gauche de la rue, il s'en suivit que les anciens numéros impairs furent changés en numéros pairs. Cette variation est encore perceptible de nos jours sur certaines maisons. Voyez la façade de l'immeuble n° 32 (bâti en 1903) sur laquelle on peut encore distinguer un n° 93 barré. Une métamorphose du même ordre frappa également la rue des Pêcheries (voir rubrique Pêcheries).

Henri de Brouckère était né à Brugge, le 24 janvier 1801. Il devint un important homme d'Etat, de tendance libérale, qui siégea à la Chambre de 1831 à 1870. Il a non seulement oeuvré à la naissance d'Auderghem mais aussi à celle de la Belgique.

En avril 1831, il fit partie de la délégation de parlementaires chargés d'offrir la couronne de notre tout jeune royaume au prince Léopold de Saxe-Cobourg. Il devint ministre d'Etat en 1849 et dirigea, d'octobre 1852 à mars 1855, un cabinet libéral modéré dans lequel il détint également le portefeuille des Affaires étrangères.

Henri de Brouckère aimait le caractère rural d'Auderghem et était surtout séduit par les charmes de la forêt proche. Vers 1843, il entra en possession du château Sainte-Anne (dans l'actuelle rue du Vieux Moulin, (voir rubrique Vieux Moulin)) avec le domaine qui l'entourait. Celui-ci s'étendait jusqu'à la base de l'ancienne Schapenputstraet.

Avec d'autres personnalités, il a amené Auderghem à l'autonomie. Auderghem le choisit pour premier bourgmestre, en 1863. En 1872, il abandonna la politique communale pour raisons de santé. Il devint aveugle et mourut en 1891.

Son nom a donc été donné à la rue, déjà de son vivant.

Quant à la place de Brouckère à Bruxelles, elle doit son nom à son frère Charles qui en fut bourgmestre, de 1848 à 1860.

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50. Degreef Jean-Baptiste (square).

Le 3 janvier 1913, le collège échevinal (ordre du jour n° 663) décida de donner à ce square le nom de l'un de ses artistes peintres les plus réputés. La place fut tracée au carrefour de la chaussée de Wavre avec le Houtweg (à présent, rue des Trois-Ponts, (voir rubrique Trois-Ponts)).

D'ailleurs, ce quartier connaissait une période fertile en création de voies publiques nouvelles telles que la rue des Paysagistes (voir rubrique Paysagistes) et l'avenue de l'Église Saint-Julien (voir rubrique Eglise Saint-Julien), qui débouchèrent sur le nouveau square. La plupart de ces voies se trouvaient sur les propriétés de la famille Plissart (Nestor Plissart fut bourgmestre d'Etterbeek, de 1900 à 1907).

La place avait un tout autre aspect que celui qu'elle présente aujourd'hui. Elle faisait honneur à son appellation de square, car outre de petites pelouses, elle présentait sur son côté sud un jardinet bordé par un grillage bas. Le petit jardin public et tout l'agrément du square disparurent lorsqu'il fallut faire place à l'automobile reine, annexant les voies publiques.


Scène de la libération d'Auderghem saisie au square De Greef. Début septembre 1944.

" A l'Ancien Chasseur Vert ", un des derniers estaminets typiques d'Auderghem au XIXème siècle, fut sacrifié vers 1963-1964. A ce sujet, se référer à la rubrique Trois-Ponts, n° 201.
Jean- Baptiste Degreef (1852-1894) a été par excellence le paysagiste d'Auderghem. C'est grâce à ses toiles que l'image de la commune de ce temps-là a pu être conservée pour la postérité. Il est mort le 19 décembre 1894, au Rouge-Cloître, dans le bâtiment qui abrite aujourd'hui le Centre artistique. Nul autre qu'Alfred Bastien (voir n° 13) lui-même - autre artiste peintre d'Auderghem dont la renommée est établie - a écrit ce qui suit à son sujet dans " Les Editions des Cahiers de Belgique. Palais des Beaux-Arts, Bruxelles. 1932 " :
" Je parle en peintre à des peintres d'abord. Je ne sais pas faire de phrases. Mais j'ai appris mon métier grandement d'après lui. Et on lui accorda sans conteste tout de suite qu'il était un admirable ouvrier de son art....
... Combien de fois, quand je rôde comme lui jadis, tout seul dans cette incomparable forêt de Soignes, ne me suis-je pas dit : Lui seul a peint la forêt comme je la vois...
... Jean Degreef a peu voyagé, les environs immédiats de Bruxelles où il est né lui ont livré les meilleurs motifs de ses tableaux....
... Toutes ses grandes toiles ont été peintes " sur place ". Il n'aurait pas admis qu'on puisse donner un seul coup de brosse " de chic ", c'est-à-dire sans se camper en face de son sujet....
... En décembre, dans la neige, un tout petit cortège le porta au repos, près de la banale église du village où sa tombe est effacée. "


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51. De Gryse Gaston (avenue). +/- 80 m.

Il n'a pas été simple d'amener cette voie publique à la vie. Jugez-en vous-même.

Deux permis de bâtir sur cet espace furent accordés le 20.10.1928 (pour le n° 16) et 24.1.1929 (pour le n° 18). L'un des deux propriétaires insiste, le 16.2.1930 pour que l'on donne un nom à ce lieu " vulgairement dénommé place public " (sic), afin de pouvoir déclarer son changement d'adresse. Il lui fut répondu que le collège échevinal a décidé, le 4 janvier 1930, (!) de l'appeler " square Gaston De Gryse " en précisant toutefois que cette décision pourrait encore se prêter à une légère modification mais qu'une solution rapide était proche. Effectivement, le collège échevinal prit cette décision le 4 janvier mais, apparemment, il n'en fit pas part au propriétaire, eu égard à cette " légère modification " possible.

Finalement, on en fit une avenue et non point un square. L'on n'a trouvé aucun rapport qui puisse éclairer cette disposition.

Ce qui surprend également dans cette affaire, c'est que, à cette époque, Gaston De Gryse était secrétaire communal et, comme il était d'usage alors, il reçut une lettre lui annonçant cette décision (lettre signée par un chef de bureau). Le texte original dit: " ... en vue de rappeler à la postérité, les services que vous avez rendu à notre commune, en qualité de secrétaire communal et comme promoteur du développement du quartier Lammerendries, le collège échevinal .... ". L'homme s'occupait donc en même temps d'investissements immobiliers dans la localité dont il était le secrétaire communal et réussit, de plus, à convaincre les trois autres membres du collège de lier son nom à un square ou, mieux encore, à une avenue !

Gaston De Gryse (1883-1945) devint secrétaire communal, le 1er janvier 1909, à l'âge de 26 ans. Au début de 1933, âgé de 50 ans, il fit valoir ses droits à la retraite pour des raisons de santé. Sa demande s'appuya sur un certificat médical et fut discutée au conseil communal du 9.2.1933 (ordre du jour n° 11) d'où il appert que son infirmité ne lui permettait plus d'exercer ses fonctions.

Et pourtant, il devint, la même année encore, commissaire d'arrondissement (dans la province d'Anvers, il est vrai), un poste qui surclasse celui de secrétaire communal !

Il habitait Etterbeek mais, à sa mort, il fut enterré dans le cimetière… d'Auderghem !

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52. Dehoux Louis (avenue). +/- 460 m.

L'avenue ayant été tracée en 1986, au nord de l'autoroute E411, seul le côté impair a pu être bâti.

Elle commence en plein milieu de l'avenue Demey, là où on ne s'y attendrait nullement. Ceci est cause de confusions pour les automobilistes. En l'occurrence, les indications figurant sur les cartes de Bruxelles-Capitale, ne brillent également pas par leur clarté.

Louis Dehoux était né à Bruxelles, le 18 juin 1893. Il fut inscrit en qualité de serveur dans le registre de la Population d'Auderghem pendant la Grande Guerre et se maria à Paris, le 3 janvier 1918. Neuf mois plus tard, il fut tué à l'ennemi sur le champ de bataille de Westrozebeke (Fl. Occ.). Il était alors sergent au 4ème régiment de Chasseurs à pied. Un mois et demi plus tard, le clairon sonnait la fin des hostilités.

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53. Dekelver Guillaume (rue). +/- 190 m.

Le collège avait, tout d'abord, décidé de donner le nom de Thomas Balis au chemin situé entre la rue Charlent et l'avenue Clesse (rapport n° 706 du 20.4.1928). Mais, à la requête des parents de cette victime de la guerre, on y renonça vu que sa dépouille mortelle n'avait toujours pas été retrouvée sur le champ de bataille (voir rubrique Balis).

49 soldats auderghemois ne revinrent pas de la Grande Guerre. La liste des jeunes gens dont le nom serait associé à une voie publique était loin d'être achevée. On proposa donc le nom de Guillaume Dekelver dont les restes avaient été inhumés solennellement au cimetière communal, le 11 décembre 1921.

Guillaume Dekelver était né à Ixelles, le 19 avril 1864. Il épousa en 1898 une veuve ayant deux enfants et de ce mariage en naquirent encore cinq autres. Il gagnait son pain comme charretier.

Un de ses petits-fils raconta que, au début de la guerre, l'armée réquisitionna le cheval de son grand-père. Comme il refusait de se séparer de son animal lui assurant son gagne-pain, il ne put éviter l'incorporation comme " charretier militarisé ". C'est ainsi qu'il partit pour la guerre, à l'âge de 50 ans.

Il mourut à l'hôpital militaire de Hoogstade (Fl. Occ.), le 28 mai 1915.

La rue qui porte son nom est située dans ce que l'on appelait alors le Roodenbergveld où une briqueterie fut active pendant longtemps. (voir rubrique Clesse).

Il y a de grandes chances que les briques de la maison n° 51 qui reçut le premier permis de bâtir provenaient des " Briqueteries Silico-Calcaires d'Auderghem ", établies en cet endroit.


La rue Dekelver, vers 1941.

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54. Delforge Paul (clos). +/- 80 m.

A coup sûr, l'une des plus récentes voies publiques d'Auderghem puisqu'elle a été tracée en 1997.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, c'est ici que travaillait le pépiniériste De Pretre. Sa maison existe toujours, un peu à l'écart par rapport à la rue de l'Application où elle est toujours domiciliée, au n° 64. A première vue, elle devait faire partie du nouveau clos, mais son ancienne adresse a été maintenue.

Par la suite, la propriété passa à la maison Jolly, une entreprise familiale de transport, qui en revendra une partie comme terrains à bâtir. On en a beaucoup parlé en 1995, lorsque Auderghem voulut relier la rue de l'Application avec la fin de la rue Willame. Finalement, on se décida pour cette rue sans issue qui reçut le nom du treizième bourgmestre d'Auderghem.

Paul Delforge est né à Etterbeek, le 2 mai 1919. Il a suivi les cours de l'école normale Charles Buls, à Bruxelles, où il a décroché son diplôme d'instituteur en 1939.

Le 10 mai 1940, il faisait partie du 4ème régiment de Carabiniers lorsque les Allemands envahirent la Belgique qui capitula 18 jours plus tard. Il échappa à la capture, revint chez lui et entra dans la résistance.

Arrêté en avril 1942 par la Gestapo, il purgea un an de travaux forcés à la prison de Leuven.

La guerre terminée, il entra en politique sur la liste libérale. En novembre 1949, il succéda en qualité de conseiller communal à L. Berlaimont (voir rubrique Berlaimont). Il devint échevin de l'Etat Civil en 1956 et ceignit l'écharpe maïorale, de janvier 1959 à 1977.

Il a été élu député de 1963 à 1974, puis sénateur de 1974 à 1977. Paul Delforge mourut le 5 décembre 1989.

Il a fait paraître, e.a., les ouvrages suivants dont certains extraits ont été cités dans ce livre :
" Auderghem, le complexe communal. Sérigraphie Erna, Bruxelles.
" A Auderghem, un centenaire. 1882-1982. Impr. L. Bourdeaux-Capelle, Dinant.
" Histoire de quatre réalisations. Edité à titre posthume par sa veuve Nicole Rosy, en 1991.
" Journal d'un bourgmestre de 1959-1976. Editéaprès sa mort par Les Editions Copie Conforme, en 1994.

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55. Delhaye Joseph (rue). +/- 50 m.

Le 18.11.1922, le collège échevinal décida de donner à cette rue, qui traversait un nouveau quartier, le nom d'une victime de la guerre (rapport n° 1.384).

Il n'entrait pas dans les intentions de construire ici une cité-jardins comparable à celle que l'on avait commencée au quartier du Transvaal (voir rubrique Van Elderen), un an plus tôt. Ici, les maisons furent accolées les unes aux autres, sans jardinet à l'avant.

La plupart des immeubles de la rue ont été construits par le même entrepreneur qui en reçut l'autorisation, le 19.8.1922.

Joseph-Ghislain Delhaye naquit à Buzet (Hainaut), le 22 novembre 1893. Il était célibataire et habitait chaussée de Wavre lorsqu'il fut appelé sous les drapeaux. La guerre n'avait débuté que depuis un mois lorsque ce soldat du 1er régiment de Grenadiers mourut le 15 septembre 1914, à Berg.

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56. Delincé Félicien (rue). +/- 110 m.

En juillet 1958, le conseil communal remémora le nom de Félicien Delincé, quarante-trois ans après sa mort sur le champ de bataille. Une rue du Parc des Princes (voir rubrique Leemans) reçut son nom.

F. Delincé était originaire de la province de Liège. Il naquit le 23 octobre 1881 à Rotheux Rimière, un village de 900 habitants.

Avec sa femme et sa fille, il vint habiter Auderghem, avenue de Brouckère, au n° 53 (les numéros ont changé depuis). Il était employé commercial. Au début de la Première Guerre mondiale, il fut incorporé en qualité de soldat volontaire au 3ème régiment du Génie. Il tomba rapidement malade et fut admis à l'hôpital où il fut soigné jusqu'au 27 juin 1915. Guéri, il retourna au front où il fut tué par l'ennemi à Avekapelle (Fl. Occ.), le 5 juillet 1915, lors de l'accomplissement d'une mission.

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57. Demey Gustave (avenue). +/- 640 m.

Jadis, l'avenue courait sans interruption depuis le boulevard du Souverain jusqu'à l'avenue de la Houlette. Elle fut tracée le long de terrains marécageux pendant le maïorat de Gustave Demey.

Il est à noter que son nom avait été donné à cette voie publique alors qu'il exerçait encore les fonctions de bourgmestre. Son collège échevinal prit cette décision le 20.6.1925 pour la raison suivante : " en vue de rappeler à la postérité les services rendus, à notre commune, en qualité de Premiers Magistrats d'Auderghem. " (texte extrait d'une note du service Population datée du 25.6.1925).

N'oublions pas d'ajouter que, par la même occasion, on octroya cet honneur à ceux de ses prédécesseurs dont le nom ne figurait pas encore sur une plaque émaillée. Touchant, n'est ce pas ?

Gustave Demey était né à Auderghem, le 23 février 1881. Il exerçait la profession d'entrepreneur en bâtiments. En 1912, il devint conseiller communal sur la liste catholique et devint bourgmestre de 1921 à 1932. En 1920, Auderghem comptait quelque 9.300 habitants. Gustave Demey devint le premier bourgmestre non-libéral de la commune. Par la suite, il siégea à nouveau, en qualité de conseiller communal mais, cette fois, dans l'opposition. Il mourut en 1950.


Les terrains de tennis avec, au-dessus, l'avenue Demey.

Qui se souvient encore des terrains de tennis rencontrant alors un certain succès ? Ils étaient situés au coin de l'avenue de la Houlette, où se trouvait également l'accès au " clubhouse ". Les terrains étaient disposés en contrebas de l'avenue Demey d'où les spectateurs avaient une vue dégagée sur eux. L'ensemble des terrains était, bien entendu, entouré d'une haute clôture pour éviter que les balles n'atterrissent sur la voie publique. Ce qui arrivait pourtant de temps à autre, car certains joueurs maladroits essayaient de compenser l'adresse technique dont ils étaient dépourvus par une force de frappe mal contrôlée. Il n'était donc pas rare qu'une balle tombe sur la route, à une vitesse de 10 Beaufort. Les jeunes spectateurs donnaient alors chaque fois leur jugement : set pour l'adversaire et balle de match … Celle-ci ne se retrouvait d'ailleurs jamais, en dépit des supplications des joueurs, enfermés derrière leur clôture. Et, lorsque l'un de ces puissants sportifs, venus d'on ne sait où, s'apprêtait à se joindre aux recherches pour retrouver l'objet indispensable, celui-ci était déjà soigneusement dissimulé, bien avant qu'il arrive à la sortie. Parmi les jeunes spectateurs du quartier, aucun ne possédait un ballon de football. Par contre, ils ne manquaient nullement de balles de tennis. Ce qui leur suffisaient amplement.

Mais la construction de l'E411 priva l'avenue de beaucoup de ses attraits. Depuis lors, les accès et sorties de l'autoroute, ainsi que les parkings, ont rendu la traversée de l'avenue impossible aux piétons à ces endroits. Pour compliquer les choses, on décida d'interrompre l'avenue du côté impair : à hauteur de la maison n° 47, on se retrouve dans l'avenue Dehoux qui commence là, sur le côté nord de l'E411 et se poursuit dans l'alignement de l'avenue Demey. Pour atteindre les numéros impairs suivants, on est obligé de retourner sur ses pas ou d'effectuer un détour considérable.

Si l'on veut déterminer à l'aide d'une carte, la longueur de l'avenue actuelle, on risque de tomber dans la confusion. Disons que le côté aux numéros pairs compte une longueur de 640 m et l'autre côté, qui se compose de deux tronçons, mesure environ 200 m (du boulevard du Souverain à Dehoux), plus les 400 m restants de l'autre côté de l'E411.

Une autre vision des cicatrices laissées dans le paysage par la création de l'E411 apparaît dans la numérotation des immeubles.

Le numéro 2 n'existe plus et on a l'impression que les numéros 4, 6 et 8 ont déménagé à présent au boulevard du Souverain. Au contraire, le côté impair commence sur la partie courte, de 21 à 47 et recommence avec un 93 sur la partie la plus longue de l'avenue !

Malgré la violence de ce, littéralement parlant, " glissement de terrain " de la E411, la maison n°70 - qui avait reçu le premier permis de bâtir, le 23 avril 1927 - a pu tenir le coup jusqu'à présent.

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58. Demuylder Guillaume (rue). +/- 220 m.

En 1913, la famille Plissart avait donné le coup d'envoi du lotissement de cet environnement. Les rues des Paysagistes et Théodore Baron avaient déjà pu être aménagées sur ses terrains.

La Première Guerre mondiale allait ralentir la poursuite du développement du quartier. Le conflit terminé, on releva qu'Auderghem avait payé un tribut de 49 soldats tués et, parmi ceux-ci, Guillaume Demuylder. C'est pourquoi, en exécution d'une décision du collège en date du 16.4.1927, rapport n°1.083, l'on donna son nom à cette nouvelle rue.

La place Thomas Balis n'existait pas encore et la rue courait par conséquent jusqu'à la chaussée de Wavre où elle rejoignait l'allée des Colzas.

Il faudra encore trois ans (30.1.1930) avant que le Comptoir des Matériaux, de Bruxelles, n'introduise une demande de permis de bâtir pour les maisons numéros 20, 22, 24, 26, 28, 29, 31, 33 et 35. Cette société construira encore d'autres immeubles, dans le même style, aux avenues Claes, Geyskens et des Paradisiers, ainsi que dans les rues Smets et Schoonejans.

Guillaume Demuylder naquit à Etterbeek, le 9 décembre 1879. Il était donc âgé de 34 ans au commencement de la guerre. Marié et père de 3 enfants, il exerçait la profession de légumier rue Valduc, n° 82, où il habitait avec sa famille. L'armée l'incorpora comme ouvrier civil militaire (sic) et l'envoya en service à l'hôpital militaire de Bourbourg (France) où il décéda, le 24 mars 1918. Sa dépouille mortelle fut ramenée en Belgique le 3 septembre 1922 et, comme celle d'autres soldats de la Grande Guerre, elle fut inhumée solennellement près du monument, au cimetière d'Auderghem.

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59. Denis Eugène (rue). +/- 150 m.

Un an après que fut projetée la rue Delincé voisine, le conseil communal décida (ordre du jour n° 5a, du 2.10.1959) de donner à cette rue le nom d'une victime de la guerre 1914-1918.

Elle est située à la lisière de la forêt de Soignes, dans la zone appelée jadis Triage du Tambour, dont une drève forestière porte encore le nom. C'est la société immobilière ETRIMO qui donna un autre nom à ce quartier : le Parc des Princes (voir rubrique Leemans) .

La première autorisation de bâtir dans cette rue a été accordée le 10.11.1959 au propriétaire de la maison n° 17.

Eugène Denis naquit à Bruxelles, le 28 août 1881. Il était célibataire, exerçait la profession de receveur de tram et habitait boulevard du Triomphe, au n° 129. Il fut incorporé au 1er régiment d'Artillerie et portait le grade de premier maréchal des logis-chef lorsqu'il fut tué à l'ennemi à Zarren Linde (Fl. Occ.), le 2 octobre 1918.

L'armistice fut signé quelques semaines plus tard. Sur sa carte mortuaire on peut lire : " Et vous, très chère et bien-aimée mère et membres de ma famille, ne pleurez pas, je suis tombé pour une noble cause. "

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60. Deraedt Henri (rue). +/- 130 m.

Alors que l'on en était à la veille d'élections communales, il y avait lieu de donner un nom à trois nouvelles rues situées dans le quartier né autour du sanatorium " Prince Charles ". Dans le but de ne pas créer de désordres pendant la campagne électorale, le collège échevinal proposa le nom de trois anciens échevins issus des trois familles politiques. (cfr. l'ouvrage de Paul Delforge, Journal d'un Bourgmestre, p. 51). Le conseil communal entérina cette décision en décembre 1957. Quoique sise dans cette zone résidentielle, la rue Deraedt se compose uniquement de jardins. Personne n'y est domicilié.

Le sanatorium ouvrit ses portes peu après la fin de la Première Guerre mondiale. Il a servi pendant de longues années et jusqu'en 1956 à prodiguer des soins à des milliers d'enfants menacés par la tuberculose. Des parties du domaine en furent loties pour y tracer, en 1958, les voies publiques mentionnées plus haut (voir rubrique Aubépines) et (voir rubrique Vannypen) .

Henri Deraedt était né à Gent, le 23 décembre 1888. Il était enseignant et habitait avenue Isidore Geyskens, n° 120. Les élections du 24.11.1946 le portèrent au conseil communal en tant que mandataire socialiste. Il réunit suffisamment de voix de préférence pour se voir proposer l'échevinat de l'Etat civil, un mandat qu'il exerça jusqu'en 1952. Il mourut en mars 1956.

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61. Detroch Guillaume (avenue). +/- 100 m.

Le mensuel catholique " Concordia Auderghem ", n° 6-7 de juin-juillet 1931, nous apprend que le conseil communal décida à l'unanimité ce qui suit : " le plan général d'alignement en vue de créer, à l'intervention de la Société Immobilière Bernheim, une artère joignant la rue Jacques Bassem (ancienne rue de la Woluwe) au Boulevard du Souverain. "

Le 28 novembre 1931, le collège échevinal a donné à cette rue le nom d'une victime de la Grande Guerre (rapport n° 321).

La première autorisation de bâtir y fut délivrée le 6.5.1932 au propriétaire de la maison n° 3.

Né à Auderghem, le 11 novembre 1885, Guillaume Detroch était célibataire, habitait chaussée de Wavre, au n° 1389 (la numérotation a changé depuis) et gagnait sa vie en cultivant des champignons.

Pendant la guerre, il rejoignit l'armée en qualité de volontaire et fut incorporé, le 17 janvier 1915, au 1er régiment de Carabiniers. Par la suite, il fut affecté comme soldat mitrailleur au 11ème régiment de Ligne et envoyé au camp d'Auvours (France). Il se noya accidentellement dans la rivière l'Huisne, à Champagnée, le 24 juillet 1915.

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62. Deux Chaussées (rue des). Tweesteenwegenstraat. +/- 230 m.

Après avoir accédé à l'autonomie, en 1863, Auderghem s'appliquera à la construction de nouvelles rues. La première allait relier ses deux chaussées en partant de l'église Sainte-Anne pour aboutir au ruisseau du Rouge-Cloître. Les travaux furent terminés en 1866 et le collège échevinal pouvait, dès lors, porter le nouveau chemin sur les fonds baptismaux, le 22.6.1866 (rapport n° 108).

Le chemin longeait la façade de l'église vers la vallée où il absorba partiellement les sentiers n° 80 (voir rubrique Piété) et n° 81, ce dernier qualifié dans l'Atlas des Communications Vicinales (1843) sous le nom Jagerspadvoetweg.

Il paraît vraisemblable que les premières maisons de la rue furent construites dans la partie haute. Quant à celles du bas, elles sortirent de terre à l'époque où le quartier ten Bruxken vit se déployer des activités industrielles, e.a., celle créée par U. Marga (voir rubrique Rouge-Cloître) .

En ce temps-là, il n'était pas encore question d'égouts et le rapport annuel du collège et des sections réunies au sein du conseil communal de 1896 nous apprend que " Nous ne disposons pas de conduites d'eau et l'écoulement des eaux usées dans la rue constitue un danger pour la santé publique ". Les habitants de la rue des Deux Chaussées durent attendre 1930 pour pouvoir se raccorder à un égout public.

Dans le langage populaire, la rue reçut quelquefois le nom de Kerkweg ou " chemin de l'église " parce que, entre les deux guerres, de nouveaux quartiers étaient apparus et qu'un nouveau cimetière avait été construit dans le quartier du Transvaal (voir rubrique Coulbaut) , (voir rubrique Meunier) , (voir rubrique Van Elderen) et (voir rubrique Van Horenbeeck) . Le paroissien habitant là et qui désirait remplir son devoir dominical devait grimper la " Deux Chaussées ". Le Kerkweg menait aussi les défunts vers leur dernière demeure.

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63. Deux Moutiers (drève des). Tweekloostersdreef. +/- 200 m.

Longtemps, ce ne fut qu'un sentier tout à fait ordinaire pour se rendre d'un prieuré (Valduchesse et chapelle Sainte-Anne) à un autre (Rouge-Cloître). Il porte le n° 34 dans l'Atlas des Communications Vicinales (1843) qui le qualifie d'Annaprocessieweg, large de 1,65m.

En 1908, des plans grandioses furent établis en vue de doter la commune de voies meilleures, en ce compris le petit sentier appelé à s'épanouir en une belle drève de 15 m de large. La Première Guerre mondiale mit un terme provisoire à ces aspirations.

Cependant, Charles Dietrich, le nouveau propriétaire de Valduchesse, mit des sommes considérables à disposition pour aménager les chemins entourant son domaine. On put ainsi mettre au travail des dizaines d'ouvriers, les sauvant de la sorte de la déportation.

Le chemin reçut son nouveau nom, drève des Deux Moutiers, le 5 octobre 1915 (décision du collège échevinal).

Elle demeura longtemps non-bâtie. Après la Seconde Guerre mondiale, le 2.4.1951, le propriétaire de la maison n° 23 sollicita le premier un permis de bâtir.

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64. Devis Pierre (avenue). +/- 110 m.

Cette avenue a été tracée lorsque, en 1910, le boulevard du Souverain fut ouvert à la circulation. Elle a donc environ 20 ans de plus que les deux autres artères reliant la rue J. Bassem au majestueux boulevard.

Les premiers permis de bâtir furent accordés le 29.4.1911 pour les maisons nos 10 et 12.

L'avenue reçut d'abord le nom de l'entrepreneur Parmentier, qui avait réalisé les travaux tant au boulevard du Souverain qu'à l'avenue de Tervueren. Ces grandes artères doivent beaucoup à l'initiative du roi Léopold II (voir rubrique Souverain) mais aussi que l'achèvement des travaux au boulevard du Souverain a demandé quelque neuf années (de 1901 à 1910). La commune avait été littéralement coupée en deux et la population en avait assez de se heurter quotidiennement pendant toutes ces années et à cette boue et à ces gravats. Les autorités communales menacèrent d'ester en justice jusqu'à ce que, fort opportunément, un accord à l'amiable put être trouvé et que les travaux puissent enfin être menés à leur terme.

Ces tensions ont peut-être inspiré au collège échevinal de rebaptiser l'avenue en avenue Pierre Devis (rapport n° 832 du 27.6.1913) ? Ou bien peut-être tout simplement parce que la commune voisine avait aussi une avenue portant le nom Parmentier ?

Pierre Devis (1846-1919) était né à Auderghem. Il devint artiste peintre et fut nommé maître-décorateur au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles. Il y réalisa de magnifiques décors lyriques répondant merveilleusement aux besoins du théâtre d'alors. C'était un artiste très apprécié dans sa branche et fut même honoré de commandes pour des théâtres parisiens.

P. Devis était propriétaire d'un domaine dans la rue J. Bassem transformé aujourd'hui en un joli parc dont l'entrée se trouve à hauteur de l'avenue Verheylewegen.

Après la Grande Guerre, La maison portant le n° 7 de l'avenue Devis a longtemps abrité un autre artiste peintre, René Stevens (1854-1937). Celui-ci avait surtout la réputation d'un infatigable défenseur de la forêt de Soignes et fut d'ailleurs cofondateur et premier secrétaire général de la " Ligue des Amis de la Forêt de Soignes ". Auderghem a donné son nom à l'une de ses voies publiques (voir rubrique Stevens) .

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65. de Waha (avenue). +/- 200 m.

C'est un fragment d'une voie plus importante reprise tant sur la carte de Van Werden (1659) que sur celle de de Ferraris (1771). En ce temps-là, le chemin allait de manière ininterrompue de Valduchesse située à l'actuelle rue du Vieux Moulin jusqu'à la route de Bruxelles (aujourd'hui chaussée de Wavre) et plus loin encore, vers Watermael.

L'Atlas des Communications Vicinales (1843) lui donne le n° 6 avec la mention Schapenputstraet. Le 5 juin 1874, il devint l'avenue de Brouckère. (voir rubrique de Brouckère) .

Avec l'aménagement du parc de Woluwe et du boulevard du Souverain, un tronçon de ce vieux chemin allait se voir décerner le nom du second bourgmestre de la commune. " de Waha " ne renvoie donc pas à cette localité de la province de Luxembourg, ainsi que ce fut le cas pour d'autres voies d'Auderghem (e.a., Wavre, Tervueren …).

Les travaux du boulevard du Souverain entraînèrent la démolition des rares immeubles bâtis sur cette partie du chemin.

François de Waha naquit le 23 mars 1839, à Bruxelles. C'est aussi dans la capitale qu'il épousa sa cousine Louise de Waha, le 15 novembre 1864. Leur tante était l'épouse de Henri de Brouckère, premier bourgmestre d'Auderghem.

François de Waha devint directeur de la Caisse d'Epargne et succéda comme bourgmestre à son oncle en 1872, charge qu'il allait remplir jusqu'en 1884. Il reçut le titre de baron en 1872. Le baron François de Waha décéda à Tervuren, le 31 mai 1900.

Pourquoi le second bourgmestre a-t-il été commémoré de manière si peu respectueuse, sans même mentionner son prénom sur les plaques émaillées ? Mystère. Comme dit plus haut, la mention paraît faire référence à un nom de lieu.

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66. Dewinter Antonius (rue). +/- 190 m.

La rue fut baptisée le 25.4.1952 (ordre du jour n° 10 du conseil communal), en même temps que quatre autres voies publiques de la commune. A. Dewinter était un prisonnier politique de la Seconde Guerre mondiale.

La rue reliait alors l'avenue Schaller (voir rubrique Schaller) à l'avenue Van Horenbeeck (voir rubrique Van Horenbeeck) mais, trois ans après sa création, elle dut céder une petite partie de sa surface dans le but de pouvoir aménager l'avenue des Héros. Les propriétaires des maisons numéros 10 et 12 s'empressèrent de mettre en poche leur permis de bâtir, le 6.6.1952.

A. Dewinter naquit à Woluwe-Saint-Lambert, le 18 mai 1914. Il apprit le métier de typographe et habitait avenue de l'Eglise Saint-Julien, au n° 10, lorsque l'occupant l'arrêta et l'expédia en Allemagne.

Il mourut à Hambourg, le 25 juillet 1943, où il a été inhumé dans une fosse commune.

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67. Dierickx Charles (avenue). +/- 190 m.

En 1928, La Société Immobilière, Financière et d'Entreprises Industrielles, construisit trois voies nouvelles dans le quartier Pré des Agneaux. Pour figurer sur les petites plaques émaillées, on choisit le nom de deux maîtres d'école et d'un secrétaire communal (décision du collège du 13.7.1928, rapport n° 883).

Ce fait souligne l'esprit de ce temps-là : en choisissant des noms de maître d'école et de secrétaires communaux pour désigner les rues, on commençait à s'intéresser à la base du noyau des notables de la commune. Les deux autres rues qui sortirent de terre à cette époque, reçurent les noms d'E. Claes (secrétaire communal) (voir rubrique Claes) et F. Verboven (maître d'école) (voir rubrique Verboven).

La " Dierickx " sera vite bâtie puisque, le 10.11.1928, le propriétaire de la maison n° 23 reçut le premier permis de bâtir.

Avec Charles Dierickx fut commémoré le premier directeur du complexe communal scolaire (voir rubrique Willame). Curieusement, l'homme lui-même n'habitait pas la commune, étant domicilié à Bruxelles, rue E. Tollenaere, n° 12, lorsque le collège échevinal songea à lui. On sait qu'il était membre de la fanfare " L'Union ".

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68. Docteur (rue du). Dokterstraat. +/- 90 m.

La rue prit successivement les noms suivants :
" rue des Travailleurs, Arbeidersstraat, 1910.
" rue du Docteur prolongée, Verlengde Dokterstraat, 1916.
" rue du Docteur, Dokterstraat.1952.

Que s'est-il passé ?

Longeant la ligne de chemin de fer Bruxelles- Tervuren, la rue figure déjà sur un plan approuvé par le conseil communal, le 26.12.1908. Il est vrai qu'elle n'était pas achevée en 1910. L'intention était de la prolonger jusqu'à la chaussée de Wavre, par le tracé de l'actuelle rue Willame. Ensemble, les deux tronçons eussent constitué une grande rue du Docteur, mais la liaison ne vit jamais le jour.

C'est pourquoi la plus grande partie reçut le nom de rue du Docteur (entre-temps déjà appelée rue Willame,(voir rubrique Willame)) tandis que la partie la plus petite - donc l'actuelle rue du Docteur - devint la rue des Travailleurs (décision du collège échevinal du 11.12.1910, rapport n° 92). On peut supposer que des maisons ouvrières y avaient été déjà bâties, d'où sa dénomination.


Ancienne sablonnière longeant la rue du Docteur. A l'arrière-plan,on reconnaît les immeubles de la rue de l'Application.

La rue des Travailleurs étant dans la prolongation de la rue du Docteur de l'époque (actuelle rue Willame) et étant donné l'existence à Bruxelles d'une impasse des Travailleurs, le collège changea son nom, le 16.6.1916 (rapport n° 613). Elle devint la rue du Docteur prolongée.

La Seconde Guerre mondiale terminée, on songea à rendre hommage à ses victimes et la rue du Docteur de l'époque devint la rue Robert Willame, ce qui eût pour effet de rendre inutile l'adjectif " prolongée" ajouté au nom de sa jumelle qui devint donc l'actuelle rue du Docteur, le 8.12.1952.

Emile Rotiers habitait au n° 36 lorsqu'il mourut en 1945. Il était échevin de l'Instruction publique et une rue porte son nom (voir rubrique Rotiers).

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69. d'Orjo de Marchovelette Charles (avenue). +/-90 m.

Bien que l'avenue soit à présent ramenée à un simple accès desservant des hangars, elle n'en fut pas moins une magnifique drève de 500 m de long.

Elle est mentionnée dans l'Atlas des Communications Vicinales (1843) comme n° 22 sous la dénomination Terconiëndreef. Elle commençait au chemin des Meuniers (à présent avenue Charles Michiels) et finissait sa course au Houtweg (à présent Trois-Ponts, (voir rubrique Trois-Ponts)), au beau milieu de l'actuel campus de l'U.L.B.-V.U.B.

Au début du XXème siècle, la drève connut une première et très importante modification lors de la construction de la ligne de chemin de fer Halle-Vilvoorde. Depuis lors, le chemin suit la ligne vers un pont où se trouve aujourd'hui la station de métro Delta. On pense que son nom passa à ce moment de la qualité de drève à celle d'avenue de Tercoigne.

Ce nom sera à nouveau modifié le 12.2.1927, lorsque le collège échevinal décida de rendre hommage à un soldat d'Auderghem tué à l'ennemi lors de la Grande Guerre. L'avenue compta jadis une dizaine de maisons dont une seule subsiste encore aujourd'hui.


L'avenue d'Orjo de Marchovelette en 1941, là où se trouve l'actuelle avenue Cockx.

Charles d'Orjo de Marchovelette naquit à Aix-la-Chapelle (Allemagne), le 14 octobre 1898. Il habitait chaussée de Wavre, n° 1079 (les numéros ont changé entre-temps) lorsque éclata la Première Guerre mondiale. Il partit pour le front en qualité de soldat au 1er régiment de Grenadiers. Ce jeune homme mourut, âgé de 16 ans à peine, le 19 novembre 1914, à l'hôpital de Dunkerke (France).

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70. Drouart André (avenue). +/- 210 m.

" Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance que notre Collège échevinal, réuni en séance le 28 novembre 1947, désireux de glorifier la mémoire de ceux des enfants de la commune qui ont donné leur vie pour la Patrie, a décidé de dénommer avenue André Drouart mort pour la Patrie décapité à Cologne le 25.10.43 la nouvelle artère créée au bld des Invalides, en prolongement de la rue Demuylder, vers le Pont de Belle-Vue ". Par cette note datée du 9.12.1947, l'administration communale exprimait sa volonté d'honorer ses victimes de guerre en donnant leur nom à des voies publiques. L'Association des Industriels de Belgique (A.I.B.) y éleva les premières constructions. Elle prit possession de ses bureaux et laboratoires le 26.10.1949.

André Drouart entra dans la résistance en octobre 1941, fit partie du groupe Zéro et distribua les journaux clandestins interdits tels La Libre Belgique, Peter Pan et La Voix des Belges, fut arrêté chez lui, le 7 juillet 1942 et exécuté en 1943.

Jacques Drouart, fils du précité, a écrit ce qui suit à propos de l'arrestation de son père et sur les années d'occupation :
" Mon père, André Drouart, est né français à Drocourt (F) le 19 juin 1896. En 1913 mes grands-parents viennent s'installer avenue du Roi, à Forest. André termine alors ses humanités au collège Saint-Louis à Bruxelles.
C'est là que la guerre 14-18 le surprend. Considérant que la France et la Belgique défendent une cause commune, André, resté français, s'engage dès les premiers jours d'août dans l'armée belge au 2e régiment de Chasseurs à pied de Malines. Il sera fait prisonnier à Melle le 7 septembre et passera toute sa captivité en Allemagne à Alten-Grabeau. Durant cette période, la France le recherchera en vain, et pour cause, et finira par le considérer comme déserteur ce qui lui occasionnera pas mal de problèmes longtemps encore après la fin du conflit. A son retour il décide de ne pas entreprendre d'études, travaille quelques temps avec son père et rentre ensuite au siège central de la Banque de Bruxelles.
En sa qualité de volontaire de guerre il a pu bénéficier de ce qu'on appelait alors "la grande naturalisation" et devint belge.
Deux souvenirs d'enfance très précis me reviennent en mémoire. Je pense d'abord à son engagement dans la lutte contre le Rexisme, plus particulièrement lors de la fameuse campagne électorale de 1936 ou 1937 (?) durant laquelle Degrelle était opposé à Van Zeeland. Je me vois tout enfant l'accompagnant pour aller distribuer des tracts et coller des affiches.
Je le vois aussi écoutant à la fois inquiet, impuissant et rageur les discours d'Hitler diffusés par la radio. Je peux donc affirmer que c'est parce qu'il s'est toujours opposé à l'extrême droite, au nazisme et autres fascismes que mon père s'engagea très tôt dans la résistance.
Son arrestation résulte de l'infiltration dans son réseau du trop célèbre traître De Zitter et de sa maîtresse Giralt. Cette dernière habitait à l'avenue Léon Vandromme, rue parallèle à l'avenue Henri Strauven où nous demeurions depuis quatre ans. L'avenue Strauven est une artère normalement calme. Aucune voiture n'y passe, surtout depuis la guerre. Durant les vacances les enfants du quartier y jouent sans danger. Aussi ma surprise est-elle grande ce 7 juillet, à 6 heures du matin, lorsque je suis réveillé par un bruit de moteur et des claquements de portières. Je dors en façade et mon divan-lit est flanqué le long de la fenêtre. Je ne dois pas sortir de mon lit pour voir ce qui se passe : une voiture allemande, dans mes souvenirs il s'agit d'une Mercedes, entourée de soldats en uniforme stationne devant notre maison. Je devine l'inéluctable, mais ne veux encore y croire : on vient arrêter mon père. Je me recouche et me cache sous les couvertures, moments interminables d'attente, rythmés par les battements incontrôlés de mon coeur de treize ans.
Les activités du traître De Zitter étaient bien connues de Londres qui n'est malheureusement jamais parvenu à le faire éliminer. Ce n'est qu'après la guerre qu'ils furent tous deux condamnés à mort et exécutés. Je me souviens que mon coiffeur un brave homme à la jambe de bois qui officiait chaussée de Wavre entre les deux rues susmentionnées, avait mis ma famille en garde contre une invitation à déjeuner qui m'aurait été faite par ce couple " pris de pitié par ma situation d'enfant privé de père ".
André Drouart est transferé de Bruxelles à destination de Bochum le 19 décembre 1942, d'où il sera conduit à Bonn le 29 juin 1943 pour passer en jugement. L'acte d'accusation mentionnera l'action d'avoir prêté assistance à l'ennemi et porté préjudice à la force militaire du Reich dans le territoire belge occupé, d'avoir secrètement rassemblé des renseignements et de les avoir communiqués à l'ennemi ou à son profit.
Une dernière question lui est posée, avant que tombe la sentence. "Qu'avez-vous à ajouter pour votre défense?". "Rien, je ne regrette pas ce que j'ai fait".
Il fut condamné à deux peines capitales sans recours en grâce le 9 juillet 1943 et, ironie du sort, condamné avec ses coaccusés aux frais du procès. Transféré dans l'établissement d'exécution de Cologne le 7 octobre 1943, il y sera guillotiné le 15 du même mois à 16h45. Un surveillant consigne qu'il écrivit deux lettres à sa femme - sa chère Jeannette, présente dans toutes ses correspondances - et sa soeur, lettres qui ne seront jamais retrouvées. Ses proches ne seront mis au courant de son décès qu'un an et demi plus tard (le 6 juin 1945). Jeannette décède moins d'un mois plus tard (le 13 novembre 1943) des suites d'une tuberculose pulmonaire qui la minait depuis de longues années. Leur petite Mady, atteinte d'une affection hématologique maligne, les rejoindra sept mois plus tard. L'épouse courageuse d'André devait répondre un jour à une amie lui faisant valoir qu'avec une femme malade et quatre enfants à charge son mari n'aurait pas dû s'engager dans un tel combat : "Je n'ai qu'un seul regret, c'est que mon état de santé ne m'ait pas permis de faire la même chose ".

La dépouille d'André Drouart fut rapatriée le 11 avril 1947. Auderghem a organisé son inhumation solennelle quelques jours plus tard. Il reçut diverses décorations à titre posthume.

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71. Duchêne André (place).

Avant de planter " Duchêne ", il convenait d'abord d'élaguer l'avenue des Héros (voir rubrique Héros). Le 2.2.1962, le conseil communal unanime décida de donner à la place le nom d'André Duchêne.

La place fut tracée de la même manière que la place Thomas Balis : au croisement de trois voies existantes.

Là où l'avenue des Héros croise l'avenue Dewinter, à hauteur de l'avenue Van Horenbeeck, nos "Héros" firent une petite place pour honorer le douzième bourgmestre d'Auderghem.


André Duchêne était né à Mont-Saint-Guibert (Brabant wallon), le 26 janvier 1896. Jeune instituteur, il vint à Auderghem en 1919 où il a enseigné dans les trois écoles communales. Il devint, en 1936, le premier directeur de la nouvelle école du Transvaal, située juste en face de la petite plaine à laquelle il a donné son nom.


Le directeur André Duchêne (rang supérieur, 2ème à partir de la gauche) entouré d'enseignants et d'écoliers.

L'instituteur talentueux et estimé commença à tâter de la politique en 1922. Il devint rapidement la cheville ouvrière du parti socialiste à Auderghem qui, dès lors, continuera sa progression en enlevant, en 1932, son premier siège de conseiller communal (voir rubrique Rotiers). Les socialistes obtinrent deux sièges aux élections de 1938, par la suite, quatre en 1946 et cinq en 1952. Le parti socialiste était alors devenu le parti le plus puissant à Auderghem. Entre-temps, à la mort d'Emile Rotiers, A. Duchêne, devenu le président de son parti, lui succéda au conseil communal.

Il devint premier échevin lors du scrutin de 1946 et exerça cette charge jusqu'à la mort du bourgmestre G. Lebon (libéral), à qui il succéda le 21 juin 1956, devenant ainsi, le premier bourgmestre socialiste de la commune. Aux élections suivantes, les socialistes poursuivirent leur progression en enlevant 7 sièges contre 6 pour les catholiques et 2 pour les libéraux.
Le groupe formé par les socialistes était le plus important du conseil communal mais dut néanmoins siéger dans l'opposition vu la coalition formée par les deux autres partis en présence.

A. Duchêne décéda le 31 octobre 1961. Son parti ne devait plus jamais retrouver l'éclat qu'il sut lui donner.

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