72. E411 (autoroute).

Paul Delforge, dans son livre "Journal d'un Bourgmestre", raconte ceci :
" Le 2 avril 1971, le conseil communal prenait acte d'un nouveau tracé de l'autoroute qui devait traverser la plaine des manoeuvres (maintenant campus U.L.B.-V.U.B.) et aboutir à l'avenue du 2e Régiment de Lanciers.
Cette autoroute allait encore énormément voyager sur la carte... Mais ne se réaliserait jamais...
En 1972, les quatre bourgmestres concernés, soit Janssens, Defosset, Wiener et moi-même concluront un protocole d'accord tendant à limiter cette autoroute au boulevard du Triomphe élargi. Cet accord fut ratifié par le conseil communal du 5 mai 1972. Il prévoyait également la construction de parkings de dissuasion en hauteur.
Ce fut le dernier acte concernant le tracé de cette autoroute qui, à un moment donné, devait aboutir à la gare du Quartier Léopold... "


Le viaduc en construction.

La construction de cette autoroute n'allait pas seulement faire disparaître toute une partie de la chaussée de Wavre, entre le carrefour Léonard et Notre-Dame-au-Bois (Jezus-Eik), mais aussi tout un pan de la merveilleuse forêt de Soignes. Par dessus le marché, elle amputa encore diverses autres voies publiques telles que l'avenue Demey, la rue de la Vignette, et autres.

Sur son territoire, la commune se vit attribuer également un cadeau, peu prisé, il est vrai : en passant, le viaduc Herrmann-Debroux de la E411 surplombe une de ses plus belles avenues, le boulevard du Souverain.

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73. Ecoliers (rue des). Scholierenstraat. +/- 160m.

Jadis, cette rue était bordée par un sentier ayant 1,65m de largeur décrit comme Weygaertsblokweg dans l'Atlas des Communications Vicinales (1843). Le sentier prenait son départ au Weygaertsweg (actuelle rue de la Vignette (voir rubrique Vignette)) pour finir à l'actuelle chaussée de Watermael. En ce temps-là, elle reliait un groupe de trois maisons situées sur ce Weygaertweg à l'endroit où se trouvait le four à chaux. Le sentier avait 290 m de long.

Le sentier fut fort amputé une première fois avec la construction de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Tervuren mais la rue reçut ses dimensions d'aujourd'hui après la construction du groupe scolaire d'Auderghem (voir rubrique Willame) et avec l'aménagement de la rue de l'Application (voir rubrique Apllication).

Le collège échevinal décida, le 11.12.1910 de lui donner le nom, très adapté, de rue des Ecoliers (ordre du jour n° 92).


La rue des Ecoliers en 1913.

Bien que l'école ait déjà été inaugurée en 1913, le premier permis de bâtir dans cette rue ne fut délivré qu'après la Première Guerre mondiale, le 28.03.1923, pour la maison portant le n° 28.

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74. Eglise Saint-Julien (avenue de l'). St.-Juliaanskerklaan. +/- 210 m.

En 1908, la famille Plissart fit don du terrain nécessaire à la construction de l'église Saint-Julien construite sur cette avenue à cette époque. Rappelons que Nestor Plissart était bourgmestre d'Etterbeek, de 1900 à 1907. Il possédait beaucoup de terrains dans les alentours. Ce don marqua le début du lotissement de sa propriété et la formation du quartier Saint-Julien.

Les archives communales demeurent muettes sur l'appellation officielle de la voie publique née à cette époque. On suppose que la population lui a fort logiquement donné le nom du saint tutélaire de l'église qui y fut bâtie puisqu'un avis à la population du 24.3.1916 en fait mention.

A ce moment, rien moins que 26 voies publiques d'Auderghem changèrent de nom afin d'éviter la double dénomination de voies publiques dans l'agglomération bruxelloise (il existe encore toujours une rue Saint-Julien, à Molenbeek). Du 1.1.1917 à 1932, cette avenue fut celle des Aquarellistes. Enfin, son nom définitif lui fut attribué le 8.1.1932 (décision du collège, rapport n° 431).

La première église Saint-Julien fut construite au n°10, sagement alignée dans l'axe de la voie publique, à l'instar des autres immeubles. La famille Plissart céda le terrain nécessaire à à la construction, selon le curé Thierry Kervyn, en remerciement pour la guérison de leur fils Julien.

Les services paroissiaux y furent exercés avec zèle durant près de six décennies, mais, en 1965, l'église fut remplacée par un bâtiment moderne sis à l'avenue G. Lebon et fut finalement démolie en 1989. On édifia à sa place un temple d'une tout autre nature : une succursale du Crédit communal- devenu depuis banque Dexia.

A la demande du curé De Schepper, les Soeurs de la Charité, de Gand, vinrent s'installer un peu plus loin dans l'avenue. Elles y fondèrent l'Institut Notre-Dame du Bon Conseil qui s'épanouit et devint l'une des meilleures écoles pour filles des environs. Elle fusionna en 1978 avec l'école des garçons de Saint-Julien et reçut un nouveau nom : Notre-Dame du
Bon Conseil-St.-Julien. Enfin, en 1981, par suite d'une fusion avec l'école du Parnasse à Ixelles, le nouvel établissement porta le nom de Saint-Julien-Parnasse.

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75. Ekelmans Jean (rue). +/- 110 m.

Dans le courant de l'entre-deux-guerres, on forgea des plans pour construire un nouveau quartier dans le quadrilatère formé par les avenues Van Horenbeeck, Stevens, Boon et Chaudron. Leur mise à exécution n'eut cependant lieu qu'après la Seconde Guerre mondiale, lorsque revint la paix ainsi que l'expansion et l'abondance.

La Société des Habitations et Logements à Bon Marché (S.H.L.B.M.) fit tracer les premières artères du quartier, bientôt suivies des autres voies de liaison.

Le 24 juin 1953, le conseil communal approuva la proposition du collège échevinal (ordre du jour n°16) de donner le nom d'un prisonnier politique à la rue en construction entre l'avenue Van Nerom et la rue F. Vandevelde.

L'autorisation de bâtir les maisons portant les numéros 1 à 24 fut demandée par la S.H.L.B.M., le 13.5.1953.

Jean Ekelmans était né à Auderghem, le 30 octobre 1910. Il devint facteur à la Poste et vint habiter Auderghem, rue des Trois-Ponts, au n° 41 (voir rubrique Trois-Ponts). Il entra dans la résistance en 1941 et sut mettre ses occupations à profit pour recueillir des renseignements sur les activités militaires et politiques de l'occupant. Avec l'aide de quelques amis, il veilla aussi à répandre la presse clandestine dont La Libre Belgique, Peter Pan, La Voix des Belges, le Front de l'Indépendance etc.

Il fut capturé, avec quatre autres membres de son groupe, quatre mois avant la Libération. Jean Ekelmans fut déporté en Allemagne où il mourut à Dora, le 29 novembre 1944.

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