
78. Gardon (avenue du). Voornlaan. +/- 190 m.
L'avenue aurait tout aussi bien pu se nommer Cordeboeuf ou Montgen (voir
rubrique Barbeau), mais le collège échevinal
décida le 15.5.1937 (ordre du jour n° 2.875) de l'appeler avenue
du Gardon.
En lui donnant ce nom, les membres du collège étaient-ils
sous l'influence de la renommée des "Pêcheries Royales",
l'étang voisin, ou était-ce le pressentiment de voir nos
eaux affectées par l'éventuelle disparition de ce poisson?
Grâce au nom de cette voie publique, nous nous rappelons que le
gardon est un poisson de la famille des cyprinidés qui se plaisait
dans les eaux douces de nos contrées.
Le 2.6.1938, le premier permis de bâtir fut accordé au
propriétaire de la maison n° 22.
79. Genicot Jules (avenue). +/- 130 m.
A Auderghem, l'inauguration de la voie ferrée Bruxelles-Tervuren
en 1881 donna le signal d'une importante évolution. La gare d'Auderghem
avait été construite à l'actuelle place Govaert (voir
rubrique Govaert). Dès l'année suivante, un nouveau
quartier y fit son apparition. Il fut construit par la Compagnie Immobilière
de Belgique sur l'Auderghemveld, propriété de l'ancien bourgmestre
de Brouckère. Il s'agissait-là des travaux de voirie les
plus importants mis en chantier dans la jeune commune - autonome depuis
1863 seulement - car, pour l'époque, bâtir simultanément
rien moins qu'une place et quatre voies publiques, ce n'était pas
peu de chose.
L'un de ces chemins menait de la " place de la Station " (aujourd'hui
place Govaert) vers un petit pont enjambant la Woluwe, à l'actuelle
rue Steeno. C'était le chemin le plus court pour permettre aux
voyageurs du rail de se rendre de la station vers le bois. On l'appela
dès lors avenue de la Forêt (décision du collège
échevinal du 14.5.1882, n° 331). L'actuelle avenue Gobert en
faisait également partie puisque le boulevard du Souverain n'existait
pas encore. La longueur totale de la nouvelle avenue était d'environ
270 m.
Mais, le 1er janvier 1917, pas moins de 26 voies publiques d'Auderghem
changèrent de nom à la demande de la Conférence des
Bourgmestres de l'agglomération bruxelloise désireuse de
supprimer les doubles dénominations de rues. L'avenue de la Forêt
fut débaptisée en avenue Félix Govaert (décision
du collège échevinal n° 514 du 24.3.1916).
Après la Grande Guerre, le tronçon situé entre
le boulevard du Souverain - en service depuis 1910 - et l'actuelle rue
Steeno prit le nom d'une victime de la guerre, Hector Gobert (décision
n° 887 du 1.8.1925).
Dans le courant de l'été 1945, le collège fut saisi
d'une requête émanant de la fille de feu Jules Genicot (ancien
bourgmestre de la commune). Elle demandait que l'on donne le nom de son
père à l'avenue Félix Govaert, où se trouvait
la villa et d'autres bâtiments ayant appartenu à ses parents.
Il faut savoir qu'entre-temps l'ancienne " place de la Station "
avait été changée en place Genicot. Ce que proposait
Juliette Genicot, c'était tout simplement d'interchanger les appellations
de ces deux voies publiques et rencontrer de la sorte un voeu ardemment
émis par ses parents : débaptiser l'avenue Govaert en avenue
Genicot et la place Genicot en place Govaert. Le collège donna
son accord le 10.7.1945 et ces dénominations sont en usage depuis
le 1.8.1945.
La reconnaissance de l'impétrante se manifesta par un don au
service de l'assistance sociale et divers objets, dont une toile de son
père, furent cédés à la commune. En outre,
tous les frais induits par ces changements de noms furent supportés
par la famille.
Jules Genicot (1852-1929) était chef-comptable au quotidien bruxellois
" L'Etoile Belge " appartenant à la famille Madoux, d'Auderghem
(rubrique n°126). Il aboutit ainsi logiquement dans la commune où
cette famille fortement influente était également propriétaire
de la brasserie Chasse Royale (rubrique n° 32) et où il fut
pour la première fois élu conseiller communal, en 1890.
Auderghem comptait alors 3.200 habitants dont à peine 310 avaient
le droit de vote!
Il devint échevin en 1899, charge qu'il exerça jusqu'en
1904, lorsque son employeur, Charles Madoux, devint bourgmestre. Au sortir
des élections suivantes, en 1907, il fut lui-même nommé
septième bourgmestre d'Auderghem. Son premier échevin était
alors Félix Govaert, dont question ci-dessus.

Jules Genicot a habité plus de 50 ans à Auderghem. Il
mourut dans la villa qu'il s'était fait construire au boulevard
du Souverain au coin de l'avenue qui, aujourd'hui grâce à
sa fille, porte son nom.
80. Gérard Isidore (avenue). +/- 360 m.
Elle est située aux " Trois Couleurs ", un des quartiers
les plus huppés d'Auderghem, dont la naissance est expliquée
à la rubrique Daumerie (voir
rubrique Daumerie). De belles villas entourées de jardins
joliment décorés ainsi que l'un ou l'autre consulat y bordent
les approches de la forêt de Soignes.

Façade du n°4 de l'avenue Isidore Gérard, 1964
Rien ne laisse deviner qu'il fallut beaucoup de temps pour trouver un
nom à cette avenue, tant de la part de l'administration communale
que de ses concepteurs.
Voici comment les choses se sont passées :
" Le 3.1.1930, le collège échevinal (rapport n°
919) décide de donner le nom de Charles Madoux au chemin tracé
par les héritiers Gérard dans le quartier mentionné
ci-dessus.
" Mais le 15 avril 1930, l'administration communale est saisie d'une
requête émanant de l'expert géomètre R. Thiry
mandaté par la famille Gérard et responsable des travaux.
Il y demande de donner à la nouvelle avenue le nom d'Isidore Gérard
" parce qu'il a laissé beaucoup de terrains à bâtir
à ses héritiers sur le territoire d'Auderghem ". De
fait, Isidore Gérard était un industriel de Soignies et
un grand propriétaire terrien dans la commune. Il mourut à
Paris, le 10 juin 1929.
" Il lui est répondu le 6.5.1930 que l'avenue porte déjà
un nom mais que le collège envisage de nommer une autre voie publique
du nom souhaité.
" L'administration communale de Woluwe-Saint-Pierre fait savoir le
10.5.1930 que, sur son territoire il existe déjà depuis
plusieurs années une avenue Madoux, débouchant, par-dessus
le marché, sur l'avenue de Tervueren, non loin de l'avenue projetée
par Auderghem. On craint qu'une avenue homonyme, si proche, ne prête
à confusion à l'avenir.
" Ensuite, le 5.12.1930, le pouvoir de persuasion du sieur R. Thiry
aidant, on décide tout de même de donner à l'avenue
le nom d'Isidore Gérard.
" Nouvelle réaction, cette fois venue de la ville de Bruxelles.
Celle-ci constate que, tant à Etterbeek qu'à Woluwe-Saint-Lambert,
il existe déjà des rues portant le nom de Gérard.
" Auderghem, on n'hésite pas. Le sieur R. Thiry est avisé
par écrit que le nom de son avenue va devoir changer.
" Dans sa réponse datée du 22.1.1931, le géomètre
expert reprend la balle à la volée. Il ne comprend pas pourquoi
la ville de Bruxelles se mêle de faire des remarques à ce
propos, puisque quantité d'exemples de rues portant le même
nom peuvent être mis en exergue dans toute l'agglomération
bruxelloise. Et de citer quelques exemples.
Les choses vont en rester là. L'enfant préféré
de R. Thiry conservera le nom tant désiré : Isidore Gérard.
Cela a demandé bien plus de temps qu'un accouchement ordinaire.
Au fait, le premier propriétaire de l'avenue I. Gérard
(n° 25) a-t-il jamais éprouvé des difficultés
pour la réception de son courrier du fait qu'il existe trois voies
publiques portant ce nom dans l'agglomération bruxelloise?
81. Géruzet Pierre (rue). +/- 220 m.
Connaissez-vous la maison de style Art Déco de l'architecte Lacoste,
à l'avenue Van Horenbeeck ? En face commence l'avenue Géruzet,
qui se termine à la rue Lessire.
C'est là que se trouvait aussi la propriété de
M. Funck, fondateur à Bruxelles d'une école du même
nom. La rue a été tracée au moment de lotir cette
propriété. Le conseil communal approuva la décision
du collège de nommer la nouvelle rue d'après une victime
de la Seconde Guerre mondiale (séance du 7.12.1962, ordre du jour
n° 7).
Une première autorisation de bâtir fut donnée le
21.10.1964 pour l'immeuble n° 1.
Non loin de là, en direction de l'avenue Leemans, on s'activait
durant l'entre-deux-guerres dans une petite briqueterie (voir
rubrique Leemans). Ces terrains, entre-temps également
lotis, appartenaient à la famille Morel, de Boitsfort.
Pierre-Jules-Paul-Raymond Géruzet naquit à Ixelles, le
29 janvier 1908. Il vint habiter à Auderghem où il fut inscrit
au registre de la Population comme importateur-exportateur habitant avenue
du Parc de Woluwe, n° 46.
Il fut déporté par l'occupant comme prisonnier politique.
On peut supposer qu'il réussit à s'évader vu que
le service communal de l'Etat Civil fait, le 6.4.1950, état d'un
jugement rendu par le tribunal de première instance de Bruxelles
avisant du décès en mer de Géruzet, le 7 décembre
1942.
82. Geyskens Isidore (avenue). +/- 560 m.
Combien de rues n'ont-elles pas subi les outrages du temps par un raccourcissement
ou une amputation ? Il en va ainsi, par exemple, des avenues des Canaris
(voir rubrique
Canaris), d'Orjo de Marchovelette (voir
rubrique d'Orjo de Marchovelette), Genicot (voir
rubrique Génicot) et de bien d'autres citées
dans le présent ouvrage. Par contre, l'avenue Geyskens put s'agrandir
avec succès.
A sa naissance, en 1925, la Société Valduc Extension avait
oeuvré de sorte que l'avenue Geyskens relie la chaussée
de Wavre à la rue Valduc (voir
rubrique Valduc). Le collège échevinal lui donna,
le 6 juin 1925, le nom d'une victime de la guerre de 14-18. Bien vite,
la nouvelle avenue reçut une première prolongation avec
l'avenue du Kouter (voir
rubrique Kouter), le long de terrains encore non bâtis
et eût, en 1934, sa longueur actuelle. Le collège échevinal
décida de suivre l'avis du service de la Voirie (décision
n° 383 du 28.9.1934) et de donner le même nom à cette
prolongation jusqu'à l'avenue des Mésanges (voir
rubrique Mésanges). On peut suivre cette évolution
en se rendant sur place: le style des habitations diffère d'un
tronçon à l'autre.

Avenue Isidore Geyskens, n°20
Les premiers permis de bâtir furent délivrés le
29.5.1926 au Comptoir National des Matériaux, de Bruxelles, pour
les numéros impairs de 3 à 17. Signalons que la même
société a laissé sa signature dans d'autres rues
de la commune. Voir à ce sujet les rubriques avenues Claes et des
Paradisiers, rues Demuylder et Schoonejans.
Dans la première partie de l'avenue Geyskens, les maisons sont
mitoyennes et alignées, comme c'était encore la règle
en ce temps-là.
Dans la deuxième partie, entre la rue Valduc et l'avenue du Kouter,
elles sont précédées d'un jardinet, et, quelquefois,
ne touchent pas l'immeuble voisin.
Enfin, la troisième partie, de l'avenue du Kouter à l'avenue
des Mésanges, montre des villas spacieuses entourées de
grands jardins. A quelques exceptions près, cette partie de l'avenue
Geyskens a été construite après la Seconde Guerre
mondiale.

Isidore-Léon Geyskens naquit à Schaerbeek, le 24 juin
1893. Il exerçait la profession de charretier, était célibataire
et n'était âgé que de 21 ans lorsqu'il partit pour
la guerre, en 1914, en qualité de soldat au 11ème régiment
de Ligne. Il habitait rue Valduc, n° 174 (les numéros ont changé
depuis). La guerre faisait rage depuis un peu plus d'un mois lorsqu'il
fut tué à Wespelaar (actuel Brabant flamand), le 12 septembre
1914.
83. Gobert Hector (avenue). +/- 90 m.
On ne lui donnerait pas son âge, mais cette avenue est une dame
respectable âgée de 120 ans. Lorsqu'elle vint au monde, en
1882, on l'avait baptisée avenue de la Forêt (Woudlaan).
Le chemin courait d'une traite depuis la gare située à
l'actuelle place Govaert, jusqu'à un petit pont jeté au-dessus
de la Woluwe, à hauteur de l'actuelle rue Steeno (voir
rubrique Génicot). La respectable jeune dame invitait
à prendre la direction de la forêt, d'où son nom.
L'actuelle avenue Genicot en faisait donc aussi partie jusqu'à
la construction du boulevard du Souverain, en 1910. Les deux bras du chemin
gardèrent leur nom initial jusqu'à ce que la Conférence
des Bourgmestres de l'agglomération bruxelloise eut émis
le voeu d'éviter les doubles dénominations de voies publiques
dans la région et, dès le 1er janvier 1917, notre brave
dame poursuivit son petit bonhomme de chemin sous le nom d'avenue F. Govaert.
Lorsque la commune se mit à commémorer ses victimes de
guerre en donnant leur nom à des voies publiques, l'avenue changea
à nouveau d'appellation. Le tronçon situé entre le
boulevard du Souverain et l'avenue de Waha porte désormais le nom
d'avenue Hector Gobert (décision du collège échevinal
du 1.8.1925, n° 887)
Hector Gobert était né à Laeken, le 7 août
1894. Il apprit le métier de cordonnier et, à l'âge
de 18 ans, il remplaça son frère dans l'accomplissement
de ses obligations militaires. Il habitait rue du Transvaal, n° 16
(aujourd'hui rue A. Meunier) lorsqu'il partit pour la guerre dans les
rangs du 12ème régiment de Ligne. Il prit part à
la bataille de l'Yser, tomba malade et quitta le front le 13 décembre
1914. Admis à l'hôpital militaire d'Avon (France), il succomba
à la tuberculose, le 2 septembre 1916.
84. Goemaere (avenue des Frères). Gebroeders
Goemaerelaan. +/- 360 m.
L'avenue faisait partie d'un des plus vieux chemins d'Auderghem renseigné
tant sur la carte de Van Werden (1659) que sur celle de de Ferraris (1771).
Ce dernier le nommait " Route de Boitsfort à Auderghem ".
Pour se rendre d'un village à l'autre, la population faisait
usage de la rive orientale de la vallée de la Woluwe, évitant
de la sorte de patauger dans le ruisseau, ses étangs et ses marécages.
Le chemin était formé en ce temps-là de ce qui devint
les actuelles avenues des Frères Goemaere, Van Horenbeeck et Ch.
Albert. Il était alors encore entouré par la forêt
et servait surtout aux bûcherons qui y passaient avec leurs charrettes
lourdement chargées pour atteindre la chaussée de Wavre.
Le chemin porte le n° 8 dans l'Atlas des Communications Vicinales
de 1843. Il a été pavé en 1844 afin de faciliter
la vie des transporteurs à qui on réclamait un péage.
Il portait également le nom de Houtweg (voir
rubrique Van Horenbeeck).

La route " chaussée " de Boitsfort changea de nom au
1er janvier 1917 car on voulait éviter les doubles dénominations
des voies publiques (Il existe encore toujours une chaussée de
Boitsfort à Watermael-Boitsfort et on l'appela avenue des Quatre-Maries
/ Vier Mariekeslaan en souvenir des quelques maisonnettes existant jadis
aux environs de l'actuel square du Sacré-Coeur et où habitaient
quatre femmes prénommées Marie. En langage populaire, ce
nom était déjà usité depuis tout un temps
pour désigner cet environnement et, en agissant de la sorte, l'autorité
avait simplement officialisé une dénomination courante.
La Grande Guerre terminée, on songea à en commémorer
les victimes, e.a., en donnant leur nom aux voies publiques et spécialement
à celles que l'on avait tracées près de la cité-jardin
proche (voir
rubrique Van Elderen). Une de ces rues reçut le nom
de deux fils du propriétaire dont le bien formait l'angle de la
chaussée de Wavre et de l'avenue des Quatre-Maries. On suppose
que c'est à la demande du père Goemaere, important éditeur
bruxellois et fournisseur de la Cour, que le nom de l'avenue des Quatre-Maries
changea en Frères Goemaere (collège échevinal du
19.12.1925, point n° 4 de l'ordre du jour).
Il n'y avait qu'un an de différence entre les deux frères
célibataires. Tous deux étaient nés à Saint-
osse-ten-Noode : Henri-Adolphe, le plus âgé, le 7 mai 1895
et Joseph-Valentin le 24 novembre 1896. Henri Goemaere fut incorporé
en qualité de soldat au 9ème régiment de Ligne. Il
fut tué à l'ennemi à Slijpe (Fl. Occ.), le 8 octobre
1914. Son frère puîné mourut trois ans plus tard,
le 16 juillet 1917, en essayant de franchir la frontière belgo-néerlandaise,
à Achel (Limbourg). Voulait-il rejoindre l'armée belge par
les Pays-Bas ?
85. Golinvaux Georges (square).
En 1922, la première cité-jardin ayant rencontré
beaucoup de succès (voir
rubrique Van Elderen), on s'attela sans délai aux plans
d'une seconde. En vue de sa réalisation, la S. A. Les Habitations
et Logements à Bon Marché acheta les terrains dans le quadrilatère
formé par les avenues Chaudron, Van Horenbeeck, Stevens et Boon.
Les années de crise de l'entre-deux-guerres et la Seconde Guerre
mondiale empêchèrent ces projets d'aboutir à ce moment
et, nécessité faisant loi, on dut patienter jusqu'au début
des années 50 pour les réaliser.
Ce square sympathique, bâti au beau milieu du quartier fut baptisé
le 3.10.1959 du nom d'une victime de la guerre.
Georges-François-René Golinvaux était né
à Boussu (Hainaut), le 1er mai 1915. En 1932, il vint à
Auderghem avec ses parents. Le ménage habitait avenue Vanpé,
au n° 77. Georges devint gendarme et partit en cette qualité
pour la guerre. Il perdit la vie, deux semaines après le début
des hostilités, le 24 mai 1940, à Roulers (Fl. Occ.). Il
était âgé de 25 ans.
Quatre jours plus tard, l'armée belge déposait les armes.
86. Gorges Bleues (avenue des). Blauwborstjeslaan.
+/- 60 m sur Auderghem.
Au début de 1932, on relia l'avenue des Paradisiers avec l'avenue
du Chant d'Oiseau, à Woluwe-Saint-Pierre en traçant un chemin
le long de la propriété du docteur Cordier.
Puisque, de mémoire humaine, les alentours s'étaient toujours
nommés " Chant d'Oiseau ", il allait de soi que le collège
échevinal choisit, le 1er avril 1932, un nom d'oiseau pour cette
avenue : ces Gorges bleues appartiennent à la famille des merles.
On suppose que les années de crise et la Seconde Guerre mondiale
sont responsables de l'achèvement inhabituel de cette voie car,
sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre, le trajet des Gorges Bleues
est remplacé par un étroit sentier qui, sur les plaques
émaillées, n'en a pas moins l'importance d'une avenue. A
Auderghem, l'avenue est sans issue pour les véhicules mais un passage
pour piétons via le sentier décrit ci-dessus, permet la
liaison initialement prévue entre les deux communes.
Le premier permis de bâtir a été accordé
le 9.7.1946 à la maison n° 40 dont le style diffère
de celui des immeubles construits plus tard.
87. Gossiaux Joseph-Jean (avenue). +/- 80 m.
Lors de l'aménagement de l'avenue, en 1955, il ne reste pas grand
chose des briqueteries et des champs que l'artiste peintre Clesse avait
décrits dans la lettre de remerciement rédigée lorsqu'une
rue fut appelée à porter son nom (voir
rubrique Clesse). Dans l'avenue Gossiaux, les premiers permis
de bâtir furent déjà délivrés le 25.5.1955
pour les maisons numéros 3 et 5.
Auderghem était alors en pleine expansion. Afin de répondre
à la croissance de la population, la commune traça de nouvelles
artères, partout où elle le pouvait. Juste après
la Seconde Guerre mondiale, elle comptait environ 18.000 habitants et,
en 1955, il y en avait déjà 23.000. L'Expo 58 était
préparée dans la fièvre et les Golden Sixties s'annonçaient
Toutefois, Auderghem n'oublia pas ses victimes des deux guerres. En
avril 1955, le conseil communal donna à ce chemin le nom d'une
victime de la guerre 40-45.
Jean-Joseph Gossiaux naquit à Bruxelles, le 10 novembre 1910.
Il devint employé à la Poste, était célibataire
et habitait avenue Herrmann-Debroux lorsque éclata la guerre (la
maison a été démolie entre-temps). Il adhéra
au parti communiste et entra dans la résistance en mai 1941. C'est
grâce à lui que plusieurs lettres de collaborateurs dénonçant
des compatriotes n'arrivèrent pas entre les mains de la police
allemande. Il prit également part à des actes de sabotage
contre des véhicules ennemis mais fut capturé, le 14 septembre
1941, à la rue de Laeken. Il était en possession de pamphlets
communistes et de libelles anti-nazis. Gossiaux fut condamné à
7 ans de travaux forcés et déporté à Dachau
où il mourut le 24 décembre 1942.
88. Govaert Félix (place).
En 1877, la ligne de chemin de fer Bruxelles-Auderghem fut mise en chantier.
Plus tard, elle fut prolongée jusqu'à Tervuren. C'est à
partir de ce moment que des perspectives nouvelles s'ouvrirent pour la
commune qui n'était alors qu'un village de 2.000 âmes. La
seule liaison entre la localité et la capitale était la
chaussée de Wavre. Les transports publics étaient alors
totalement inexistants, - excepté quelques passages de diligence.
En bref, la vie quotidienne des habitants était appelée
à connaître une importante évolution. L'inauguration
de la ligne de chemin de fer fut largement commentée dans la presse
de l'époque.
" On a inauguré la ligne de Bruxelles à Auderghem le
jour même du centenaire de Georges Stephenson, l'inventeur de la
locomotive. C'est ainsi que la Belgique a fêté l'anniversaire
séculaire du célèbre ingénieur anglais (1781-1848).
" Le National, samedi 11/6/1881.
" Les habitants d'Auderghem s'en donnaient à cur joie,
hier et avant-hier, en voyant arriver dans la localité plusieurs
milliers de Bruxellois qui avaient pris le train à la gare du Luxembourg.
" L'Etoile Belge, mercredi 15/6/1881.
" Des fêtes et réjouissances publiques auront lieu à
Auderghem, les dimanches 26 juin, 3, 10, 17 et 24 juillet, à l'occasion
de l'inauguration du chemin de fer. L'administration communale d'Auderghem
est en instances auprès du gouvernement pour obtenir, les dimanches
des fêtes, un train spécial d'Auderghem à Bruxelles,
vers minuit. " La Gazette, samedi 25/6/1881.

La gare fut construite à l'actuelle place Govaert. En 1882, on
créa ici un nouveau quartier à l'Auderghemveld qui était
la propriété de l'ancien bourgmestre de Brouckère
(la majorité des terrains situés le long du chemin de fer,
entre la chaussée de Wavre et la gare, lui appartenaient). La Compagnie
Immobilière de Belgique mit alors en chantier les actuelles place
Govaert, avenues des Nénuphars, Genicot, Tedesco ainsi que la rue
du Railway. Depuis l'accès à l'autonomie d'Auderghem, c'était
la première fois que tout un quartier sortait de terre sur son
territoire. Les voies publiques reçurent alors d'autres noms.
La place devant la station reçut successivement les noms suivants
:
" place de la Station, décision n° 331 du collège
échevinal, le 14.5.1882 ;
" place Félix Govaert, décision du collège échevinal
n° 514, le 24.3.1916. Ce changement entra en application à
dater du 1.1.1917. Il en a été fait ainsi conformément
au voeu exprimé par la Conférence des Bourgmestres de l'agglomération
de Bruxelles qui voulait éviter les doubles dénominations
de voies publiques dans la région ;
" place Jules Genicot. Félix Govaert ayant déjà
une rue portant son nom, le collège échevinal décida,
le 6.6.1925, de nommer la place d'après un ancien bourgmestre ;
" place Félix Govaert, depuis le 1.8.1945, ceci faisant suite
à la demande de la fille Genicot de donner le nom de son père
à l'avenue où il avait habité (voir
rubrique Génicot)
A l'origine, la place occupait une surface plus importante. La gare
était située sur le côté ouest de la place,
là où s'élève à présent "
L'Autre Ecole ". La gare a brûlé en 1972. Lorsque l'école
fut construite en 1997, elle s'empara aussi d'une partie de la voie publique.
C'est pourquoi cette petite place charmante, a connu le même sort
que bien d'autres voies publiques à Auderghem en étant raccourcies,
interrompues ou, tout simplement, supprimées.

Au nord se trouvait, la S.A. Ateliers de constructions d'Auderghem,
une fonderie qui employait régulièrement plus de 100 personnes.
Elle fut l'une des rares firmes industrielles venues s'installer dans
la commune, le long du chemin de fer.

Construction de style Art Nouveau, rehaussée d'éléments
mauresques.
En face du bâtiment de la gare, du côté est de la
place, fut érigé à la même époque un
bâtiment remarquable qui a quasi toujours abrité une institution
d'enseignement, privé ou de l'Etat. Avec son style Art Nouveau
d'inspiration mauresque, le bâtiment peut être considéré
comme une curiosité dans la région bruxelloise. L'Autre
École y était installée avant qu'elle n'occupe, en
1997, ses nouveaux locaux en face.
Félix-Romain-Marie-Ghislain Govaert vit le jour à Melle
(Fl. Orient.), le 22 septembre 1847. Il était le fils du juge de
Paix Romain Govaert qui construisit son château en 1872 (démoli
depuis) près de l'étang Langengrachtvijver, au Rouge-Cloître
(voir rubrique
Rouge-Cloître).
Félix Govaert fut élu conseiller communal sur la liste
libérale en 1903. Il fut réélu en 1907 et devint
même premier échevin. Son parti fut à nouveau majoritaire
en 1911 et Govaert reçut l'écharpe maïorale. Il mourut
à peine quatre mois après sa nomination, le 30 mars 1912.
C'est lui qui avait pris l'initiative de la construction du complexe
scolaire de l'actuelle rue R. Willame (voir
rubrique Willame), qui a d'ailleurs reçu son nom. Félix
Govaert habitait dans l'avenue de la Forêt proche, au n° 6 (aujourd'hui
devenue avenues Genicot et Gobert), qui a porté son nom pendant
quelques temps.
89. Grand Forestier (avenue du). Woudmeesterlaan.
+/- 310 m.
Grand forestier ? Un nom si archaïque évoque irrésistiblement
une époque très ancienne. Pourtant, cette avenue fut tracée
juste après le boulevard du Souverain et le creusement de l'actuel
étang de Ten Reuken.
Auderghem avait opté pour avenue du Panorama (décision
du collège échevinal du 11.12.1910, point de l'ordre du
jour n° 92) et le 4 juin 1910, un permis de bâtir était
déjà délivré pour le " chalet "
n° 22.
On peut supposer que les édiles furent impressionnés par
la splendide vue panoramique que l'on avait du petit parc longeant l'avenue
sur l'étang de Ten Reuken, à hauteur de l'actuelle avenue
J. Accent.
Le collège échevinal de la commune voisine, Watermael-Boitsfort,
voyait les choses différemment. Il choisit résolument, le
28.2.1911, un autre nom : avenue du Grand Forestier.
On peut voir sur les cartes de la commune que l'avenue du Grand Forestier
commence et finit à Watermael-Boitsfort mais que sa plus grande
partie est située à Auderghem. Cette voie aurait-elle été
l'un des points litigieux nés entre les deux communes lors de la
fixation définitive de leurs limites ? Notons que ce n'est qu'en
1970 qu'elles signèrent un accord à ce sujet
soit
107 ans après qu'Auderghem se soit détachée de Watermael-Boitsfort
!
Précisons encore qu'une toute petite partie du chemin s'appelait
jadis Lindestraet (voir
rubrique Accent).
Auderghem fit preuve de sagesse en adoptant l'appellation donnée
par la commune voisine.
Au coin de l'avenue J. Accent, on peut voir, maçonnée
dans le trottoir, une pierre bleue dans laquelle fut gravée une
croix (semblable à une croix de Lorraine). La pierre indiquait
sans doute la limite du bois et que le nom de l'avenue se réfère
à une fonction en rapport avec l'administration des forêts
ne tombe donc pas du ciel. D'ailleurs Watermael-Boitsfort compte plusieurs
voies publiques dont les noms font allusion à la forêt de
Soignes : rue du Grand-Veneur, avenue du Cor de Chasse, avenue de la Héronnière,
e.a. Dans le but de maintenir la forêt de Soignes sous surveillance,
les ducs du moyen âge avaient déjà formé un
corps de gardes-chasse placé sous la direction d'un " grand
forestier ". Ce n'était donc pas qu'un titre honorifique mais
bien une fonction importante impliquant une réelle responsabilité.
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