102. Jacques (boulevard Général). Generaal Jacqueslaan. +/- 70 m en partie sur Auderghem.

La naissance du boulevard est liée à la construction des casernes, en 1875, à compléter par un champ de Manoeuvres (devenu aujourd'hui le campus de l'U.L.B.-V.U.B.). A l'origine, le boulevard s'appelait le boulevard Militaire. La petite section auderghemoise appartenait alors à la commune d'Ixelles.

Pour aménager la plaine des Manoeuvres, il y avait lieu de rassembler des parcelles sises tant sur Auderghem que sur Ixelles. En outre, pour ne pas dépendre de plusieurs corps de police, les terrains militaires devaient être placés sous un seul règlement de Police. C'est pourquoi les deux communes procédèrent à l'échange de parcelles dont la section située entre les actuels boulevards du Triomphe et du Général Jacques ainsi que la Chaussée de Wavre furent attribués à Auderghem, en 1890. Là se déploya une activité industrielle entre-temps entièrement disparue.

LES GLACIÈRES

En 1875, l'entrepreneur-maçon J.P. Sommereyns acheta des terrains situés à une dizaine de mètres du boulevard Militaire, entre la chaussée de Wavre et le boulevard du Triomphe. Il y creusa une énorme glacière d'environ 140 m2 dans laquelle on pouvait stocker de la glace naturelle durant une dizaine de mois. En hiver, on découpait la glace dans les étangs du voisinage pour l'y stocker afin de répondre, durant les mois d'été, aux besoins des militaires et des abattoirs. De même, les brasseries Chasse Royale avoisinantes, fondées à cette époque, utilisaient beaucoup de glace.

Pour satisfaire à la demande croissante de glace, des techniques nouvelles virent le jour petit à petit et permirent la création de glace artificielle à l'aide de machines à vapeur (surtout en Allemagne).

Sommereyns acheta, en 1894 un vaste terrain jouxtant le sien dans le but d'y construire une seconde glacière. L'année suivante, ses fils construiront au-dessus des glacières souterraines " Les Glacières Royales " où, à l'aide d'une machine à vapeur de 30 CV, on put atteindre une production quotidienne de 20 tonnes de glace.

Les glacières souterraines demeurèrent en usage jusqu'à la Première Guerre mondiale. Par la suite, la production traditionnelle de glace à l'ancienne commença sa descente aux enfers. L'invention de nouvelles armoires frigorifiques, les nouvelles techniques du froid utilisées dans les brasseries et les premiers frigos destinés aux ménages rendirent les glacières obsolescentes. Et malgré cela, elles sont toujours là. Lorsque l'université entra en possession de ces terrains dans lesquels elles furent creusées, elle se rendit compte de la valeur archéologique industrielle de ces espaces et entreprit dès lors de les protéger, ce qui a été fait depuis 1993.

A LA CLEF D'AUDERGHEM, CHEZ EMILE, BECQUEVORT ET AUTRES.

Sur le nouveau territoire récemment acquis par Auderghem et dans les parages immédiats des casernes se fixèrent encore, chaussée de Wavre, deux savonneries, de petits commerçants - parmi lesquels le charbonnier Becquevort - et les inévitables petits cafés.

Au coin de la chaussée de Wavre, Mme Haenen- Lambert exploitait son café " A la Clef d'Auderghem" pour lequel elle demanda en 1917 une licence dans la catégorie " hôtel-café ". A côté, le maréchal-ferrant Emile Vercauteren (voir rubrique Vercauteren) ouvrit en même temps son café " Chez Emile " que sa veuve continua d'exploiter après la Seconde Guerre mondiale, jusque dans les années 50.

Mais la fermeture des casernes n'a pas laissé subsister grand-chose de cette activité commerciale. La plupart des immeubles disparurent même dès les années 80 puisque la proche V.U.B. les achetait progressivement pour les offrir à la pioche des démolisseurs.

Entre-temps, le 15 décembre 1928, la commune d'Ixelles sur le territoire de laquelle se trouvait la plus grande partie du boulevard Militaire rebaptisa ce dernier du nom du Général Jacques. Auderghem adopta forcément aussi cette nouvelle appellation.

Alphonse Jacques naquit à Stavelot (prov. de Liège), le 24 février 1858. Il devint officier à l'âge de vingt ans et, sur ordre du Gouvernement, voyagea plusieurs fois au Congo. Il y fonda Albertville.

Il était colonel au début de la Première Guerre mondiale et exerça le commandement du 12ème régiment de Ligne. Il retint l'armée allemande devant Diksmuide, d'où son nom devenu Jacques de Dixmude. Il fut promu lieutenant-général en 1916 et anobli. Le baron Alphonse Jacques de Dixmude mourut à Ixelles, le 24 novembre 1928.

Retour

103. Jansen Benjamin Louis (avenue). +/- 90 m.

En juin 1930, l'entrepreneur L. Crollen, de Boitsfort, reçoit le permis de tracer cette voie (décision du collège échevinal du 13.6.1930, point n° 50). L'avenue reliera l'avenue H. de Brouckère avec le sentier n°43 (la future rue Vandergoten) et elle reçut son nom le 28 mars 1931. Dans la foulée, l'entrepreneur obtint le permis d'y bâtir les immeubles numéros 7, 11, et 13.

Louis Lamey vint habiter dans cette rue. Le nom de cette victime de la Seconde Guerre mondiale sera également donné à une rue d'Auderghem (voir rubrique Lamey).

Benjamin Louis Jansen naquit à Bruxelles, le 15 juillet 1887. Il vint s'installer à Auderghem, rue du Villageois, n° 65. Il était célibataire et avait une formation d'ingénieur civil des Mines. Lorsque éclata la Grande Guerre, il fut appelé en qualité de lieutenant de réserve au 1er peloton Télégraphiste. Vers la fin du conflit, le 3 octobre 1918, il fut blessé par une grenade et mourut à Oostnieuwkerke (Fl. Occ.). Un mois plus tard, la sonnerie des clairons annonçait l'armistice et la fin de la guerre…

Retour

104. Jeuniau Alderson (rue) +/- 130 m.

Vers 1960, Auderghem s'active pleinement à construire de nouveaux quartiers. Les voies publiques sont le plus souvent nommées d'après des victimes des guerres apparaissant sur une liste portant pour titre " Morts pour la Patrie ". Le bourgmestre du moment, Paul Delforge, lui-même ancien combattant de la guerre 1940-1945, veillait à ce que l'ordre de la liste fut respecté.

Le 3 juillet 1964, le conseil communal put donner son approbation au nom donné à la voie publique reliant l'avenue Drouart à la rue Charlent.

Le premier permis de bâtir pour la rue Jeuniau fut demandé par le propriétaire de la maison n° 10, le 29 avril 1968.

Alderson Jeuniau était né à Jumet (Hainaut), le 2 mai 1910. Lorsque commença la Seconde Guerre mondiale, il habitait Auderghem avec sa famille, chaussée de Wavre n° 1009. Le ménage avait une fille de deux ans lorsque Alderson Jeuniau fut capturé et déporté en tant que prisonnier politique vers une destination inconnue. On suppose qu'il a réussi à s'évader car les documents officiels annoncent son décès à Cestona, en Espagne, le 25 avril 1943.

Retour

105. Jolé (avenue). +/- 150 m.

Inutile de chercher le mot Jolé dans les dictionnaires. Vous ne trouverez aucune explication car Jolé est effectivement un nom de famille. Alors, pourquoi les plaques de rues sont-elles muettes quant au prénom de la personne en question ?

Cela s'est pourtant bien passé, le 16.4.1927, lorsque le collège échevinal (ordre du jour n° 1083) décida de donner au chemin le nom d'Auguste Jolé, une victime de la Grande Guerre. Mais, en janvier 1956, c'est Fernand Jolé, neveu du précité et mort durant la Seconde Guerre mondiale, que l'on veut également honorer. Dès lors, on a songé que le nom de famille seul serait suffisant pour commémorer le sacrifice suprême subi pour la patrie par deux membres de la même famille. Il s'est produit la même chose avec l'avenue Tedesco (voir rubrique Tedesco) et l'avenue Vandromme (voir rubrique Vandromme).

Tout de même, n'aurait-on pas pu indiquer les prénoms Auguste et Fernand Jolé sur les plaques de leur avenue ?

Le 20 mars 1930, les premiers permis de bâtir furent délivrés aux maisons numéros 6 et 8.

Auguste Jolé naquit à Auderghem, le 8 septembre 1887. Il avait épousé Jeanne-Marie Caron et le ménage habitait rue du Moulin, au n° 87 (aujourd'hui, rue du Vieux Moulin). Ils avaient un petit garçon de deux ans, Pierre. Le père, Auguste, fut incorporé en qualité de soldat au 2ème régiment de Ligne. Il fut blessé et transporté à l'hôpital militaire d'Elisabethville (Birtley-Durham, Royaume-Uni) où il décéda, le 3 décembre 1917.

Fernand Jolé naquit à Watermael-Boitsfort, le 23 décembre 1923. Il n'avait donc pas encore 17 ans lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale. Il habitait chaussée de Wavre, n° 1835. Il fut requis par l'occupant pour le service du Travail Obligatoire et déporté en Allemagne. Il mourut à Cassel-Bettenhausen, le 26 août 1943.

Retour