106. Keller Adolphe (rue). +/- 70m.

La propriété de l'ancien bourgmestre Charles Madoux fut lotie en mars 1933. Un permis d'y aménager une rue fut introduit. Les travaux s'achevèrent un an plus tard.

Le 28.9.1934, le collège échevinal (rapport n° 382) lui donna le nom de l'artiste peintre Keller. La veuve Madoux souhaitait que la nouvelle voie publique porte le nom de son mari, mais cette requête ne put être prise en considération puisque ce nom avait déjà été donné à une autre rue de la commune (voir rubrique Madoux). L'usage du nom de Keller pour baptiser une rue avait déjà entraîné des difficultés antérieurement : on avait d'abord songé à le donner à l'actuelle rue P. Schoonejans (voir rubrique Schoonejans). Il est probable que le collège a craint le ridicule de devoir se mettre une troisième fois à la recherche d'une autre voie publique pour la baptiser du nom de cet artiste au demeurant très apprécié.

Le bâtiment n° 3 reçut le premier permis de bâtir, le 28.6.1935.

Adolphe Keller (1880-1968) a habité longtemps à Auderghem, avenue Vanpé, au n° 19. Il était né à Bruxelles dont il fréquenta l'Académie des Beaux-Arts. La renommée, tant en Belgique qu'à l'étranger, lui vint des paysages admirables qu'il sut fixer sur la toile. On trouve ses oeuvres à peu près dans tous les musées du monde. Ses vues d'Auderghem sont les témoins silencieux de l'ancien caractère rural de notre commune.

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107. Keyen Guillaume (avenue). +/- 90 m.

En 1925, on en était à inaugurer une nouvelle rue par mois. Dans ce lot apparaît le chemin reliant la chaussée de Wavre et le Sloordelleveld (champ de colzas) que le collège, en sa séance du 6 juin 1925, nommera avenue Guillaume Keyen " en souvenir de Guillaume, mort au champ d'honneur. "

Le propriétaire de la maison n° 16 reçut le premier permis de bâtir le 30.1.1926.

Dans le période de l'après-guerre, la population d'Auderghem ne cessa de croître, d'où la création de nouveaux quartiers proches des grandes voies de circulation empruntées par les transports publics (l'automobile n'étant pas encore développée au stade que nous connaissons). Avant la Grande Guerre, le nombre d'habitants de la commune atteignait les 8.000 ; en 1925, 11.000 !

Guillaume Keyen naquit à Auderghem, le 17 août 1889. Il devint employé, était célibataire et habitait encore chez ses parents rue du Verger, n° 2, lorsque la guerre éclata. Il fut incorporé en qualité de soldat au 8ème régiment d'Artillerie et mourut au front, à Hoogstade (Fl. Occ.), le 9 octobre 1915.

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108. Kouter (avenue du). +/- 800 m.

Lors de l'élaboration de l'Atlas des Communications Vicinales de 1843, un sentier champêtre courait entre les terres cultivables de l'actuelle avenue de Brouckère vers la chaussée de Wavre. Cet Atlas lui avait donné le n° 40 et il y était décrit sous l'appellation (c)laeverstraetje (petite rue du Trèfle) menant de la chapelle Sainte-Anne vers Bruxelles. Avec les années, le chemin devint l'actuelle avenue du Kouter.


L'avenue du Kouter avec, à droite, le sentier n°43 qui serpente derrière les maisons.

Dans la partie basse, là où furent construites les premières maisons, l'assiette du chemin était plutôt large. Cette partie fut pavée en 1906. Elle arrivait à peu près à l'étroit chemin n° 43 qui existe encore (voir rubrique Vandergoten).

Dès 1917, la rue du Trèfle devint la rue du Cauter, suite à la décision n° 514 prise par le collège en date du 24.3.1916 relative à la suppression des doubles dénominations des voies publiques dans l'agglomération. Une nouvelle décision n° 1.263 du 8.7.1927 allait en corriger la teneur : l'avenue du Cauter devint l'avenue du Kouter-Kouterlaan.

Kouter signifie, champ, terre arable, terre agricole. En conséquence, le nom de la rue a conservé sa signification flamande, dans les deux langues.

Au début de 1936, un important entrepreneur de travaux publics demanda l'autorisation de tracer quelques rues dans les environs (voir rubrique Bécassines). La firme Tedesco reçut cette autorisation à condition qu'elle termine à ses propres frais les travaux encore inachevés de l'avenue du Kouter. C'est ainsi que le vieux sentier champêtre n° 40 a reçu à cette époque et sur une longueur de 800 m sa physionomie actuelle.

10 mai 1940 : la Seconde Guerre mondiale vient d'éclater. Ce fut l'un des jours les plus noirs pour la Belgique et, en particulier, pour Auderghem car, ce jour-là, la rue fut secouée par un bombardement qui détruisit la maison au n°38. C'est ainsi que mourut à Auderghem la première victime civile de cette guerre. Voici le rapport du collège, appelé en réunion d'urgence :
" Monsieur le Bourgmestre fait part à ses collègues que la commune a eu à déplorer, au cours du bombardement de ce matin, la mort de Mr. Sturbois Emile, âgé de 18 ans, demeurant avec ses parents, avenue du Kouter, no. 38.
Ces derniers, grièvement blessés, ont été transférés d'urgence à l'hôpital d'Etterbeek, après avoir reçu les premiers soins sur place.
M. le Président souligne que, dirigeant lui-même l'équipe de secours, il n'a que des éloges à adresser aux agents de police et aux ouvriers de la voirie pour le courage et le dévouement avec lesquels ces hommes ont travaillé pour dégager les victimes se trouvant sous les décombres de la maison et ce malgré le grave danger d'un effondrement général des maisons contiguës.
Dès que les victimes ont été dégagées, des mesures ont été prises pour assurer une sécurité parfaite des lieux.
M. le Bourgmestre fait part à ses collègues des dispositions qu'il a prises pour assurer la marche normale des services communaux. "

Autre victime de la guerre, Guillaume Van Nerom habitait au n° 363. Il mourut en détention politique en Allemagne et son nom a été donné à une rue d'Auderghem. (voir rubrique Van Nerom).

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109. Krings Albert (rue). +/- 50 m.

Dès sa prise de fonctions, le bourgmestre Paul Delforge a eu le singulier privilège de baptiser annuellement quatre ou cinq nouvelles voies publiques. C'est ainsi que de nouvelles possibilités étaient mises à la disposition de citoyens désireux de s'installer à Auderghem.

Avec deux autres rues, la rue Krings fut tracée dans l'ancienne propriété Cordier ((voir rubrique Cordier) et (voir rubrique Lamey) ) et elles reçurent leurs noms respectifs le 2 décembre 1960 (conseil communal, ordre du jour n° 23).

Albert Krings était âgé de 24 ans lorsque commença la Seconde Guerre mondiale. Il était marié et père d'une petite fille, née l'année précédente. Le ménage habitait au n° 1279 de la chaussée de Wavre. Il fut rappelé en qualité de sergent au 3ème régiment du Génie, à Liège. Il était extrêmement malade lorsque l'armée belge dut abandonner le fort d'Eben-Emael mais sut puiser dans ses dernières forces pour conduire un camion à Angers (France). Avec ses compagnons d'équipée, il y prit un bain rafraîchissant dans une rivière et mourut quelques jours plus tard, le 31 mai 1940.

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