110. Lambin Léopold-Florent (avenue). +/- 230 m.

Au milieu du XXème siècle, " Les Habitations et Logements à Bon Marché " (H.L.B.M.) mirent en chantier une deuxième cité-jardin dans le quadrilatère formé par les avenues J. Chaudron, J. Van Horenbeeck, R. Stevens et D. Boon. Les terrains achetés à cet effet étaient, pour ainsi dire, déjà entièrement construits à la fin des années 60. Désireuse de se développer davantage, la société se devait d'acquérir des surfaces nouvelles.

Pour agrandir la cité, les jardins avoisinants de l'Institut du Sacré-Coeur (voir rubrique Sacré-Coeur) devinrent la cible des autorités. Il ne leur avait nullement échappé que les coûts élevés induits par l'entretien de ces énormes jardins commençaient à peser lourd sur la gestion de l'Institut qui, en outre, était obligé de fermer sa division d'obstétrique. D'évidence, il paraissait affronter de sérieuses difficultés financières. Après de longues négociations, le couvent était disposé à vendre certaines parties de son domaine. Ainsi naquit l'opportunité de créer deux rues auxquelles le conseil communal (séance du 8 juin 1970, ordre du jour n° 8), donna le nom de deux victimes de guerre.

Mandatée par l'autorité communale, la société H.B.L.M. y réalisa des logements destinés avant tout à recevoir des retraités dans de très confortables appartements.

Léopold-Florent Lambin était né à Marche-en-Famenne (province de Lux.), le 31 juillet 1909. Il devint policier à Ixelles, était marié et habitait rue des Trois-Ponts, au n° 120. La Seconde Guerre mondiale à peine commencée, il se tourna vers la résistance et devint, en octobre 1940, membre du groupe Van Wassenhove. Il prit également part à des actes de sabotages, rassembla de l'armement et mena des actions contre les collaborateurs. Il distribua aussi des journaux clandestins et des pamphlets mais fut arrêté le 21 novembre 1942 par la Gestapo. Lambin fut enfermé à la prison de Saint-Gilles. Il fut déporté par la suite en Allemagne où il mourut, à Flossenburg, le 27 avril 1944.

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111. Lamey Louis Isidore (rue). +/- 50 m.

Elle a été tracée dans les jardins de ce que l'on nommait jadis le château Valduc, qui existe toujours. Paul de Cartier le fit ériger en 1870, non loin de sa fabrique de peinture (qui deviendra par la suite la S.A. Ligot). Avec les années, le château devint la propriété du docteur Cordier, un médecin réputé qui fonda dans les environs l'Institut de Puériculture de Bruxelles (voir rubrique Cordier).

Après la mort d'Edmond Cordier, en 1955, plusieurs pans de son domaine furent lotis et des rues y furent tracées portant les noms suivants (séance du conseil communal du 2.12.1960, ordre du jour n° 23) :
" avenue Docteur Cordier.
" rue Albert Krings.
" rue Louis Isidore Lamey.

Un premier permis de bâtir sur cette dernière fut délivré le 31.5.1961 pour l'immeuble n° 3.

Louis Isidore Lamey naquit à Schaerbeek, le 18 août 1919. Il devint porteur de dépêches et habitait rue Jansen, n° 24. Il fut incorporé au 1er régiment de Lanciers lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale. Il fut tué à l'ennemi le 27 mai 1940, à Menen (Fl. Occ.).

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112. Lebon Gabriel Emile (avenue). +/- 680 m sur 750 sont sur le territoire d' Auderghem.

Au milieu du XVIIIème siècle, tout le domaine entourant l'actuelle avenue Lebon était boisé (voir carte de de Ferraris, 1771). On l'appelait alors le Mesdaelbos que les couvents de Jericho, à Bruxelles, et le prieuré de Valduchesse, à Auderghem, se partageaient en grande partie (voir aussi Amblève et Paepedelle). L'édit de Joseph II et le régime français supprimèrent ces ordres " inutiles " ainsi que leurs domaines. C'est pourquoi ces propriétés furent loties et vendues, tombant entre les mains de diverses personnes qui les exploitèrent. Lorsque Auderghem se sépara de Watermael-Boitsfort, en 1863, il ne restait plus grand chose du Mesdaelbos sinon l'actuel parc de Woluwe qui en constitue la dernière trace.

Certaines parties de l'ancien Mesdaelbos furent également acquises par l'autorité et utilisées comme lieu d'épandage après la Première Guerre mondiale. Le rapport n° 304 du collège échevinal du 15.11.1924 mentionne qu'une autorisation temporaire de surveillance a été accordée à un certain De Bruycker Joseph. Il avait le droit de percevoir auprès des particuliers une taxe de 1 F par tombereau, de 0,50 F par charrette et de 0,25 F par brouette. Une nouvelle décision fut prise, encore en 1935, d'y poursuivre les épandages durant un an (n° 496, du 25.10.1935). La guerre de 40-45 à peine finie, le "steut" (ou décharge publique) fut abandonné et l'on y toléra les romanichels ou gitans, souvent au grand déplaisir des habitants des environs. Des garçons du quartier Saint-Julien venaient encore assez régulièrement jouer dans ce voisinage. L'un d'entre eux raconta que, un jour, allumant du feu, celui-ci s'étendit à la vitesse de l'éclair dans les herbes sèches. Les flammes passèrent des champs vers l'ancien lieu d'épandage où séjournaient des gitans. Ces gens durent en toute hâte sauver leurs maigres effets. Il fallut déployer maints efforts pour circonscrire le sinistre et ils ne furent pas rares ceux qui disaient haut et fort que l'incendie avait été provoqué par la faute des gitans. Ils n'hésitèrent donc pas à exiger l'interdiction de leur présence sur ces lieux. Par crainte des représailles, les garnements surent sagement garder le silence sur leur méfait mais, depuis, les romanichels n'y vinrent jamais plus.

Entre-temps, en 1930, la zone avait été destinée à l'urbanisation. L'expropriation de plusieurs parcelles alla bon train. Ce n'est qu'en 1938 que l'on trouva dans les cartons des solutions techniques pour les problèmes que ne manqueraient pas de créer l'aménagement de l'avenue Lebon et de ses voies latérales (égouts, conduites de gaz et d'électricité…). Le début des travaux fut entravé par la mobilisation et dut être finalement tout à fait arrêté. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que les plans d'urbanisations purent être remis sur la table.

Le premier permis de construire fut accordé pour la maison n° 144, le 27.5.1952. Le 18 juillet 1954, le bourgmestre Lebon lui-même ne laissa à personne d'autre le soin d'inaugurer l'avenue. Depuis lors, on y a construit de nombreux immeubles à appartements. En 1965, sur cette avenue, fut construite la nouvelle église Saint-Julien (voir rubrique Eglise Saint-Julien).

Gabriel-Emile Lebon était né le 28 janvier 1882 à Wanfercée-Baulet (Hainaut). Il y épousa Valentine Wauthion avec qui il vint habiter Auderghem en 1913. Il se lança assez rapidement dans la politique communale pour être élu une première fois le 1er janvier 1927. En s'alliant aux socialistes, il devint bourgmestre en 1933. Son parti libéral avait alors enlevé 6 sièges, comme les catholiques et l'arbitrage des socialistes (1 siège) fut décisif. Il fut à chaque fois réélu lors des scrutins qui suivirent et, bien que son parti accusait un certain effritement, il demeura premier magistrat en sa commune jusqu'à sa mort, en 1956.


G. Lebon, en costume foncé, quatrième à partir de la gauche au prmier rang, au cours d'une cérémonie de commémoration, vers 1950.

A ce jour, c'est lui qui a porté le plus longtemps l'écharpe maïorale à Auderghem. Durant cette période, deux faits remarquables :
" En 1938, le mensuel " Concordia ", de tendance catholique, mit l'autorité du bourgmestre en doute. Le périodique remarqua que le secrétaire communal de l'époque était aussi le président de la section locale du parti libéral à Auderghem. De cette manière, Lebon est bien le patron de son secrétaire à la maison communale mais, en réunion de parti, il doit lui répondre de ses actes politiques.
" Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1942, l'occupant instaura le " Grand Bruxelles ". De la sorte, tous les collèges échevinaux des communes concernées furent obligatoirement dissous et leurs membres élus légalement ne pouvaient plus siéger. G.E Lebon reprit sa charge le 5 septembre 1944, deux jours après la libération d'Auderghem. Lebon allait encore devenir conseiller provincial, de 1949 à 1956.

Après sa mort, on inaugura son buste sur l'avenue qui porte son nom.

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113. Lechat Charles (rue). +/- 80 m.

Au XXème siècle, avant la crise économique des années 30, on construisit une petite cité ouvrière entre la rue Valduc et l'avenue du Kouter. Le quartier forme un triangle pour lequel la S.A. Les Logements Economiques reçut un permis d'y bâtir des maisons dès le 7 mars 1925. Au début de 1928, cette firme avait terminé sa tâche et, puisque la rue ne portait pas encore de nom, on suggéra de lui donner celui de son administrateur délégué. La requête de la S.A. Les Logements Economiques était rédigée comme suit :
" ...En raison des services éminents et dévoués que notre administrateur délégué, monsieur Lechat, rend journellement à notre société, nous aimerions perpétuer son nom acquis à la reconnaissance des braves ménages ouvriers qui doivent leurs demeures à son initiative et à son esprit d'organisation toujours en éveil.... "

Le collège échevinal ne pouvait que tomber sous le charme d'une telle argumentation et donna donc ce nom à la rue (décision n° 574 du 2.3.1928).

Charles Lechat n'a donc rien à voir avec l'histoire d'Auderghem si l'on excepte qu'il eût l'opportunité d'y défendre non sans brio les intérêts de son entreprise. Cinquante ans plus tard, un autre entrepreneur immobilier connaîtra, lui aussi, la consécration en donnant son nom à une voie publique (voir rubrique Hankar).

D'autres rues dans les environs immédiats du Chant d'Oiseau (voir rubrique Argus), reçurent des noms d'oiseaux : Canaris, Paons, Citrinelles, Traquets, Paradisiers, et autres. C'était donc, si l'on ose dire, des oiseaux pour Lechat !

Charles Lechat n'habita jamais la commune. Il serait né à Liège, le 18 mars 1870 et décédé à Woluwe-Saint-Pierre, le 31 juillet 1959.

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114. Leclercq Gustave (rue). +/- 160 m.

La naissance de ce quartier a été expliquée plus haut (voir rubrique Lebon). Les cinq rues ouvertes à l'ouest de l'avenue Lebon furent baptisées à la même date. Le 6 décembre 1957, le conseil communal approuva la proposition du collège échevinal (ordre du jour n° 10a) de donner les noms suivants à ces voies publiques en cours d'aménagement : rues J.E. Raymond, E. Henrard, L. Marcx, G. Leclecq ainsi que avenue du Paepedelle.

Les premiers permis de bâtir pour la rue Leclercq furent accordés le 24 août 1960 pour les immeubles numéros 21, 23 et 25.

Gustave-Jean Leclercq naquit à Auderghem, le 10 décembre 1890. Il travaillait aux " Tramways Bruxellois " et vivait avec sa famille, dont un petit garçon âgé d'un an, chaussée de Wavre, au n° 903. Il fut appelé sous les drapeaux en qualité de soldat au 9ème régiment de Ligne. Il n'a jamais connu sa petite fille née pendant qu'il était au front. Il mourut quelques jours après elle, le 15 février 1915, à Oostkerke (Fl. Occ.).

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115. Leemans Jean-François (avenue). +/- 600 m.

Quelques années avant la Première Guerre mondiale, le conseil communal s'était prononcé favorablement sur un projet ambitieux visant à créer de nouvelles voies publiques. L'une d'elles était appelée à remplacer un ancien chemin de traverse de la forêt de Soignes dans la zone du " Triage du Tambour " (voyez la carte de de Ferraris). Son tracé correspond à peu près à l'actuelle avenue Leemans.

La guerre allait laisser ce projet dans les cartons.

La majorité des terrains des environs étaient alors la propriété des familles Morel, de Boitsfort, et Gérard, de Soignies (voir rubrique Gérard). Une petite briqueterie vint s'y installer entre les deux guerres, à hauteur de l'actuelle école maternelle, car Auderghem et Watermael-Boitsfort développaient alors de nouveaux quartiers. A l'époque, les briques étaient le plus souvent cuites non loin des chantiers. De plus, la terre argileuse locale paraissait convenir à merveille pour la cuisson de briques, ce que l'on savait à Auderghem puisque diverses briqueteries y ont été à l'oeuvre. Le chemin d'accès vers la petite manufacture commençait à l'auberge " Au Repos des Chasseurs ", d'où, plus tard, l'avenue Leemans allait prendre son envol mais beaucoup plus tard, car déjà, derrière la porte, nous attendait une nouvelle guerre…


Mise en chantier des premières constructions de l'avenue Leemans.
On voit l'ébauche de la rue Vandercammen à l'avant-plan.

Finalement, un nouveau quartier y naquit en 1956. Le promoteur immobilier ETRIMO le nomma " Parc des Princes " eu égard, semble-t-il, à la proximité du château " La Solitude " construit par Marie Ludmille Rose de Croÿ, princesse et duchesse d'Arenberg, descendante de cette famille aristocratique bien connue (voir rubrique Schaller). Jadis, cette riche et influente noblesse possédait des domaines étendus un peu partout. D'où l'appellation " Parc des Princes ", une manière commercialement subtile de faire référence au château.

L'ancien chemin menant à la briqueterie devint l'axe central du quartier. Le 5.10.1956, le conseil communal lui donna le nom d'une victime de la guerre 1914-1918, Jean-François Leemans.

Les premiers permis de bâtir furent délivrés le 29.8.1956 pour les maisons numéros 14, 16 et 18.

Bien vite, l'aménagement du quartier apparut comme un franc succès puisque, à la fin de l'année 1959, le conseil communal approuva la proposition de créer un petit centre commercial dans l'avenue Leemans. Les jeunes ménages, et leurs enfants, furent nombreux à venir s'y installer. Il fallut aussi songer à accueillir ces bambins dans une école maternelle de proximité. L'on y songea si bien que la firme ETRIMO elle-même céda à la commune un terrain de 4 a 82 ca sur lequel s'élevait auparavant l'ancienne briqueterie et où la firme avait placé ses locaux de chantier et de vente. Le conseil communal accepta ce don le 31.7.1961, fit transformer les lieux et les équipa de locaux scolaires tandis que sa reconnaissance s'exprima en donnant à cette petite école le nom de l'administrateur délégué d'ETRIMO. Ainsi naquit l'école J.F. Colin.

Jean-François Leemans naquit à Bonheiden (province d'Anvers), le 9 janvier 1891. Il devint domestique, était célibataire et habitait Auderghem, avenue de la Forêt, au n° 4 (à présent avenues Genicot et Gobert). Il fut incorporé en qualité de soldat au 1er régiment des Guides lorsque éclata la Première Guerre mondiale. Il fut tué à l'ennemi à Nieuwerkerke, près de Sint-Truiden (Limbourg), le 14 août 1914.

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116. Lefever Guillaume (avenue). +/- 110 m.

La naissance de ce quartier date de 1908, année où la famille Plissart fit don de quelques terrains pour y bâtir une église (voir rubrique Eglise Saint-Julien). L'avenue ne fut aménagée qu'après la Première Guerre mondiale dont l'une des victimes fournit le nom sur décision de collège échevinal du 6.6.1925.

Le premier permis de bâtir fut demandé le 10.4.1926 pour l'immeuble n° 8.

L'histoire de Guillaume Lefever est celle d'un jeune Flamand de la commune qui donna sa vie pour la patrie. Ses parents s'étaient mariés en 1887 et vinrent habiter au coeur d'Auderghem, rue du Moulin, n° 2, actuellement rue du Vieux Moulin. Cinq de leurs dix enfants - dont Guillaume, le quatrième - y naquirent. Il vit le jour le 17 juillet 1893. La famille émigra temporairement au Berensheide (Watermael-Boitsfort) où le père, chiffonnier-brocanteur, arrivait à nouer les deux bouts et apportait même une certaine aisance à la famille puisqu'il possédait un cheval et une charrette. Le père était considéré comme un brave et pieux père de famille et la famille Lefever allait encore connaître quelques années de bonheur et la naissance de cinq autres enfants dont, hélas, une fillette mourut en bas âge à dix-sept mois.

Un destin funeste rattrapa cette humble famille en 1905. La mère, âgée de 36 ans, et une soeur, âgée, elle, de quinze ans, moururent en moins de deux mois. Les huit enfants survivants trouvèrent en la fille aînée, Florence (17 ans) une nouvelle mère. Guillaume était alors âgé de douze ans et venait de faire sa communion solennelle. Le cadet de la famille était âgé 'environ un an. Mais qu'est-il passé par la tête du père dans les semaines et les mois qui suivirent ? Dieu seul le sait. Toujours est-il qu'il laissa tout son petit monde en plan pour filer avec une Française à Roubaix où il décéda dans un institut, après la Grande Guerre.

C'est dans ces pénibles circonstances que Guillaume grandit, sous la houlette de sa soeur aînée qui continuait à soigner toute la progéniture. C'était un garçon malin et bon élève à l'école. On pouvait lui demander n'importe quoi, il arrivait toujours à se débrouiller et à répondre à ce que l'on attendait de lui. Entre-temps, la famille revint habiter Auderghem, au Pré des Agneaux. La soeur aînée se maria en 1913, un an avant que n'éclate la plus grande des guerres que le monde ait connues. Le clan Lefever demeurait soudé. Guillaume fut incorporé en qualité de soldat au 12ème régiment de Ligne. Le conflit ne durait que depuis six semaines lorsqu'il tomba, avec six autres camarades, dans une embuscade tendue le long du canal Nimy-Blaton, non loin de la route de Pommeroeul (Hainaut). Il mourut le 27 septembre 1914 et fut enterré sur place avec ses camarades dans une fosse commune.

Après la guerre, sa soeur exprima le voeu de voir sa dépouille rapatriée à Auderghem mais ne pouvant elle-même assumer les frais de ce retour, les autorités auderghemoises s'en chargèrent. Guillaume Lefever fut enterré solennellement à Auderghem, le 21 juillet 1922, le jour où la Belgique commémorait son indépendance.

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117. Lemaire Charles (rue). +/- 230 m.

A l'endroit où la Woluwe coule sous la rue Lemaire se trouvait jadis un moulin à eau. Nous sommes ici en présence d'une section d'un très ancien chemin qui commençait à la chaussée de Watermael, à hauteur de Hof te Schoonenberch (voir rubrique Houlette) et aboutissait à l'actuelle avenue des Frères Goemaere. Avec les actuelles avenues de la Houlette, du Pré des
Agneaux et Vanpé ainsi qu'avec les rues du Moulin à Papier et Schoonejans, il formait un chemin de terre permettant de franchir le vallon de la Woluwe. Il est signalé sur les cartes de L. Van Werden (1659) et de de Ferraris (1771). Dans l'Atlas des Communications Vicinales (1843), il est décrit sous le n° 24, porte le nom de Papiermolenstraet (rue du Moulin à Papier) et a encore une longueur de 1.805 m.

Il portera ce nom jusqu'en janvier 1950, lorsque le conseil communal décida de donner à un tronçon de cette rue le nom d'une victime de la Seconde Guerre mondiale.


Le Moulin à papier au début du XIXème siècle, dessiné par Vitzhumb et conservé au cabinet des Estampes.

L'origine du moulin à eau remonterait à la fin du XIIIème siècle. On l'appelait alors le Neermeulen. Il apparaît en 1647 dans le texte d'une convention de location sous l'appellation de Papiermolen van Oudergem (d'où le nom de la rue) où l'on fabriquait du papier à partir, e.a., de vieux chiffons. Il conserva cette qualité jusqu'en 1836, lorsqu'un certain Albert Seny en devint le propriétaire.

Dès lors, le moulin servit à la fabrication d'indiennes et à la teinturerie de coton. Vers 1894, la firme Vanden Broeck & Cie reçut l'autorisation d'y installer une fabrique de produits antiseptiques à base de rembourrages de coton (ouate thermogène). Les matières premières étaient lavées et blanchies sur place.

Il s'agissait d'une opération passablement malsaine. Les vêtements des gens qui y travaillaient étaient imprégnés des odeurs nauséabondes émanant des produits de blanchiment des ouates. On les nommait les "stinkoeten" (les puants). Plus tard, lorsque fut tracé le boulevard du Souverain, la firme émigra à Gastuche, près de Wavre, l'initiateur du projet du boulevard ayant exprimé le voeu de ne pas voir déparer sa création par une industrie. On pense que les ruines du vieux moulin furent démolies durant la Grande Guerre. Le 13.8.1937, le collège échevinal approuva un projet de construction d'un bassin de natation sur les terrains de l'Etat. L'affaire n'alla pas plus loin et, à la place, dans le courant des années 60, on créa le joli parc Seny comprenant aussi une ère de jeux pour enfants et où il fait bon flâner.

Charles-Camille Lemaire était né à Rochefort (prov. de Namur), le 16 mars 1902. Il était ingénieur, marié et habitait avenue Madoux, au n° 12, lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale. Il ne tarda pas à rejoindre le groupe de résistance Incomparable mais fut capturé le 17 juillet 1942. Il fut condamné en tant que prisonnier politique et exécuté à la prison de Wolfenbuttel (Allemagne), le 7 juin 1944.

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118. Léonard (carrefour).

Incontestablement, c'est l'un des carrefours les plus animés de Belgique. Il vit le jour entre 1831 et 1836, lorsque l'on traça un chemin traversant la chaussée de Wavre, en forêt de Soignes. Cela se fit sur l'initiative de la Société Générale qui était alors propriétaire de la forêt. Ce chemin reliait Mont Saint-Jean (Waterloo) avec le chemin de Tervuren qui mènerait aussi à Mechelen. On l'appela route de Mont St. Jean (voir rubrique Mont St-Jean) mais fut souvent surnommé " la route de la Banque ". On trouvait donc un carrefour au beau milieu de la forêt, à hauteur de la borne kilométrique 10, sur la chaussée de Wavre.

Le carrefour demeura sans nom durant un siècle et finalement, s'il en reçut un, ce fut de manière très singulière.

En 1884, dans le voisinage immédiat du carrefour, un certain Léonard Boon avait installé sa roulotte. Il naquit le 23 octobre 1842 et était l'aîné d'une famille prolifique d'agriculteurs de Notre-Dame-au-Bois. Il vécut seul durant des années à ce carrefour où il vendait sans licence et illégalement, des boissons aux passants. La roulotte avait pour enseigne " A l'Ambulance. Estaminet - Léonard Boon ". Il avait deux chiens de garde et une dizaine de poules qui lui permettaient, si nécessaire, de préparer une délicieuse omelette pour les promeneurs. Dans son estaminet, on pouvait lire sur un écriteau :
"Ik woon hier in het bosch
Waar kan ik beter wenschen
De zegen van de Heer
En de toevlucht van de menschen."
(" J'habite ici dans le bois
Où puis-je mieux attendre
La bénédiction du Seigneur
Et être le refuge des gens ? ").

Léonard put exercer ses talents en toute sérénité jusqu'à la mort, en 1891, de son protecteur, le prince Baudouin, comte de Flandres et héritier du trône de Belgique. Il avait un jour eu l'occasion de fournir aide et assistance au prince égaré et put, de la sorte, compter sur sa protection contre d'éventuelles poursuites qu'appelait l'exploitation clandestine de son commerce.

Il se maria ensuite avec Catharina Debecker. Le couple s'installa dans une maison sur la chaussée de Wavre, à peine à 400 m du lieu où il avait vécu seul si longtemps. Le ménage y exploita - le plus légalement du monde, cette fois - un café et eut trois enfants. Léonard Boon mourut en 1912.

Le carrefour, situé plus loin dans la direction de Notre-Dame-au-Bois n'avait toujours pas reçu de nom officiel et la population locale l'appela d'abord " Les Quatre Bras d'Auderghem ". Plus tard, lorsque Léonard vint s'y installer avec sa roulotte, certains dirent aan Leonard (chez Léonard ou jusque chez Léonard).

Avec la densification de la circulation automobile, le carrefour devint cause de nombreux accidents mortels et l'on y plaça un feu clignotant. Du coup, pour les régionaux, le nom du lieu changea en de pinker (feu clignotant).Ce n'est qu'en 1983, lors de l'inauguration d'un second tunnel sous le carrefour, que le bourgmestre Outers parla pour la première fois d'un carrefour Léonard.

Depuis lors, nous entendons ce nom tous les jours à la radio. Voilà comment une figure typique d'Auderghem a pris une place importante dans le guidage de la circulation.

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119. Lessire Paul-Emile (rue). +/- 140 m.

Avec l'arrivée des excavatrices aux avenues des Héros (voir rubrique Héros) et Leemans (voir rubrique Leemans), le développement du nouveau quartier du " Parc des Princes " dont cette rue fait partie prit enfin son essor.

Lors de sa séance publique du 3 mars 1961, le conseil communal approuva la proposition du collège échevinal de donner à cette rue le nom d'une victime de guerre.

Touchant à l'avenue Lessire, non loin de la briqueterie mentionnée à la rubrique n° 115, il existait un grand terrain dont les élèves des écoles catholiques d'Etterbeek et d'Ixelles pouvaient disposer entre les deux guerres, pour y faire du sport. Après la Seconde Guerre mondiale, ce terrain fut de moins en moins utilisé et, eu égard à l'extension que prenait le nouveau quartier, le curé Dereymaeker souhaitait y construire la nouvelle église du Blankedelle mais on dut finalement renoncer à cette option. La troisième église paroissiale d'Auderghem sera érigée, in fine à l'avenue des Héros.

A la rue Lessire, les premiers permis de bâtir furent accordés aux maisons numéros 5 et 8, le 21.6.1961.

Paul-Emile Lessire était né le 25 mars 1901 à Braux Levrezy (France). Il était employé, marié et père d'un garçonnet lorsqu'il vint habiter Auderghem avec sa famille, le 1er avril 1940, quelques semaines avant que la Seconde Guerre mondiale entra dans sa phase active. Le ménage habitait avenue A. Bastien, au n° 10, lorsqu'il fut incorporé dans l'armée. Militaire, iI mourut dans son pays natal, à Mèze, le 2 juillet 1940.

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120. Lilas (sentier des). Seringenpad. +/- 50 m.

Le sentier assure la liaison entre la rue Huygens et la chaussée de Wavre. Son origine coïncide avec celle du très proche sentier des Aubépines (voir rubrique Aubépines).

Les Lilas fleurissent (?) aujourd'hui dans le domaine que Maria de Gomrée donna à la commune avant sa mort. A ce sujet, (voir rubrique Aubépines), (voir rubrique Madoux) et (voir rubrique Vannypen).

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121. Linottes (avenue des). Vlasvinkenlaan. +/- 40 m.

Pourquoi ce nom ? Trois rapports du collège échevinal ont été retrouvés.
" Le rapport n° 356 du 4.12.1931 qui fait mention d'une requête de la Société Coopérative Les Villas du Vogelzang relative au placement de plaques de rue. Le collège estime ne pouvoir décider tant qu'un accord définitif n'a pu être conclu entre la commune et la société en matière d'aménagement de l'avenue.
" Un second rapport (n° 634 du 30.12.1934) montre que le collège approuve la création des avenues des Citrinelles et des Linottes sans dire où ces voies publiques commencent ni où elles doivent aboutir.
" Enfin, le 29.11.1935 (rapport n° 629) on décide que le nom de Linottes sera réservé à la seule partie de la voie qui débouche directement sur l'avenue des Traquets à partir de l'avenue des Citrinelles et que cette dernière s'étendra sur le virage entier faisant suite à l'avenue des Linottes.

Cet expédient aidant, l'avenue a été visiblement maintenue à une longueur minimale, ce qui est plutôt un bien pour ses habitants parlant la langue de molière. " Tête de Linotte ", sans être décoiffant, n'assure pas la raie au milieu. Et pourtant, elles chantent.

Cette appellation convient à merveille dans un environnement qui, de mémoire d'homme, s'est toujours appelé Den vogelen Sanc (voir rubrique Argus).

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122. Lombaert Joseph (rue).

Interrogez donc chiens et chats, nul ne sait où se trouve cette rue où passent pourtant tous les jours des centaines de véhicules et où les piétons risquent leur vie. Plus fort encore : aucune plaque ne vous indique cette rue.

Au moment de sa création, en 1922, la rue Lombaert avait un tout autre tracé. Aujourd'hui, on pourrait l'imaginer traversant l'actuel parking des bâtiments de la S.T.I.B., de la station Delta vers l'autre côté de la rue Cockx. Une quarantaine de maisons existaient autrefois à l'ancienne rue Lombaert !

La rue fut entièrement rayée de la carte en 1974 lors de la construction du métro et du dépôt de la S.T.I.B à ladite station Delta. Lors de l'achèvement de la ligne de métro 1A et de l'autoroute E411, le conseil communal décida, le 5.5.1986, (huitième point de l'ordre du jour) " de dénommer : rue Joseph Lombaert, l'accès vers le parking de dissuasion Delta et trémie, entre son début souterrain et l'entrée du parking. "

Ainsi, un très insignifiant accès souterrain à un parking porte aujourd'hui le témoignage des faits de guerre de la première victime auderghemoise de la guerre 14-18 ! mais où sont donc les plaques émaillées ? Introuvables !

Joseph Lombaert naquit à Etterbeek, le 16 janvier 1891. Il était ébéniste. Ce célibataire habitait chez ses parents, avenue de Brouckère, au n° 107 de l'époque. Aux débuts de la Grande Guerre, il fut incorporé en qualité de soldat au 9ème régiment de Ligne, lequel fut accroché à Ougrée (prov. de Liège) au lendemain de la déclaration de guerre, le 5 août 1914. Il y trouva la mort.

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123. Loriot (avenue du). Wielewaallaan. Max. 40m sur Auderghem.

En 1925, la société Les Villas du Vogelzang s'était mise à construire un nouveau quartier entre la chaussée de Wavre et le parc de Woluwe, sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre.

Tout l'environnement n'avait jamais connu qu'un nom : le Chant d'Oiseau (voir rubrique Chant d'Oiseau). Dès lors, pourquoi s'étonner qu'un nom d'oiseau chanteur ait été retenu pour nommer l'avenue ? La principale section de cette avenue est située sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre mais une petite partie appartient à Auderghem, avec trois immeubles.

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124. Luxor Parc. +/- 230 m.

Le 2.6.1924, le responsable du service Population fait savoir au secrétaire communal qu'un petit parc est en cours d'aménagement entre le boulevard du Souverain et la ligne du chemin de fer Bruxelles-Tervuren. Il souligne qu'un permis de bâtir avait été délivré le 15.9.1923 pour une villa (l'actuelle n° 20), déjà habitée. Il supposait que, sur ce site, d'autres bâtiments pouvaient être construits et que, dès lors, il était indispensable de donner un nom à ce quartier, puisqu'il paraissait impossible de numéroter ces immeubles en concordance avec ceux du boulevard du Souverain. Afin que nul n'en ignore, il faisait savoir que le propriétaire du domaine l'appelait " Luxor Parc ".

Le cas fut soumis au collège échevinal qui valida ce nom le 7.6.1924 (rapport n° 975).

Roger Lebrun nous en dit plus à propos du Luxor Parc dans cet extrait d'une lettre datée de fin 1995:
" Mon père René Lebrun, qui était architecte, avait acheté au boulevard du Souverain, en face de Val Duchesse, à Auderghem, un terrain pentu, d'environ deux hectares, avec sa part dans l'héritage paternel. Son idée était de le lotir pour des villas. Il fit dresser les plans de la voirie par le géomètre du cadastre d'Auderghem, Monsieur Berlaimont. Mon père m'avait raconté qu'il avait du faire stopper le travail des ouvriers terrassiers et paveurs alors qu'ils avaient commencé l'amorce de la nouvelle voirie à partir du boulevard du Souverain. "Si vous continuez ainsi, vous n'arriverez jamais au-dessus" avait-il dit. Ils répondirent : "Si nous augmentons la pente, votre auto n'arrivera jamais en haut".
Ils durent cependant l'écouter et augmenter le degré de la pente. A peine le tracé du chemin fut-il praticable, il se mit au volant de sa voiture (une Essex), et du premier coup, il arriva en haut du terrain. Il en était fier et les ouvriers aussi. Cela fut arrosé comme il se convient.
Les cartes postales que vous possédez datent de l'époque du Luxor Tennis Club, environ 1925. A l'époque, on parlait beaucoup de Louxor. Cette appellation avait été trouvée par ma mère, ainsi que les couleurs du fanion du club, orange et bleu d'outremer. "

Précisons que c'est bien la ville touristique de Louxor, en Egypte, où s'alignent les temples prestigieux de Karnak et d'où provient l'obélisque décorant la place de la Concorde, à Paris.
" Mon père créa ce club de tennis pour mettre en valeur ses terrains, croyant ainsi en favoriser la vente. Ce ne fut peut-être pas une idée géniale, car s'il put réaliser ses dons d'architecte urbaniste (les photos sont là pour le prouver), il était maigre calculateur. Il devait rémunérer un secrétaire et un comptable, mais les gros frais étaient l'entretien du club house, des tennis et des jardins par une équipe à plein temps. Les cotisations des membres étaient élevées, mais toujours insuffisantes à équilibrer les comptes et, dans le meilleur des mondes, il y avait des resquilleurs qui venaient jouer sans être en règle de cotisations...
Vint ensuite la crise immobilière qui dura dix ans, la vente des terrains étant devenue impossible, le recrutement des membres difficile. Noyé par les charges, mon père dut abandonner l'affaire à une société hypothécaire, laquelle revendit ensuite la propriété à l'Union Minière du Haut Katanga.
Le Luxor Tennis Club devint alors l'Albert Ier Tennis Club. L'exploitation en fut toujours déficitaire, ne retrouva jamais sa splendeur d'antan et périclita également. Mais l'avenue avec ses marronniers, plantés par mon père, a toujours gardé son appellation Luxor Parc. "

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