
125. Madones (drève des) Madonnadreef. +/- 190 m.
Les premières mentions de cette drève peuvent être
trouvées dans un rapport du collège échevinal daté
du 5.10.1915. A lorigine, on lavait appelée drève
des Dames Blanches. Le nom renvoyait alors clairement à lhabit
que portaient les soeurs du proche prieuré de Valduchesse (voir
rubrique Prieuré).
A lépoque, on songeait à faire commencer le chemin
à la drève de Putdael et de le laisser déboucher
sur la drève du Prieuré, à hauteur du bâtiment
Schoutenhof. Il resta inachevé durant des années malgré
la description quen a faite le Guide Officiel et Pratique des Rues
de Bruxelles et des Faubourgs, édité en 1939.

Faut-il croire que le propriétaire du Schoutenhof dalors,
ancien bourgmestre dAuderghem, fit obstacle au passage du chemin
le long de son domaine ? Ce nest pas impossible car sur le plan
Bruxelles en poche, 6ème édition (sans date, mais probablement
édité en 1950), le chemin est tracé jusquà
larrière du Schoutenhof. Après le décès
de lancien bourgmestre Herrmann-Debroux en 1965, les terrains situés
à larrière du domaine furent lotis et la drève
prit sa forme actuelle.
Le premier permis de bâtir fut délivré le 23.6.1967
à la villa portant le n° 12.
Il est possible que le nom de la drève ait été
modifié à cette époque ; on na pas retrouvé
de documents officiels à ce sujet. Pensait-on que les « Dames
Blanches » faisaient trop songer à des glaces délicieuses
? En tous cas, le nom néerlandais de la drève ne fait nullement
allusion à celui dune chanteuse mondialement connue aujourdhui
mais signifie ici : Madame, Sainte Vierge, Notre Dame. A-t-on voulu faire
allusion aux armes de la commune sur lesquelles la Vierge est représentée
?
126. Madoux Charles (avenue). +/- 280 m
A sa création, en 1913, on lui donna le nom dAlfred Madoux,
père de Charles (rapport n° 778 du collège échevinal
du 9.5.1913).
Les premiers permis de bâtir furent délivrés le
17.5.1913 pour les maisons numéros 1 et 3.
La raison du changement de prénom nest indiquée
nulle part. Le fait est quà Auderghem, en 1930, on a voulu
baptiser une autre rue du nom de Charles Madoux (voir
rubrique Gérard). La commune de Woluwe-Saint-Pierre
ne demeura pas sans réaction; elle fit remarquer quil existait
déjà une avenue Madoux sur son territoire et quune
autre voie publique homonyme prêterait à confusion.
On suppose que le prénom de la rue existant à Auderghem
(donc, en 1930) a été changé à cette époque
car lorsque la veuve de Charles Madoux demanda, en 1934, que lon
donne le nom de son mari à une nouvelle rue tracée dans
son ancienne propriété (voir
rubrique Keller), le conseil échevinal décida
ce qui suit : « Regrette de ne pouvoir réserver de suite
favorable à la demande de Me Madoux, tendant à voir débaptiser
lavenue Charles Madoux pour donner le nom de feu son mari à
la nouvelle artère créée dans sa propriété.
En effet la très grosse majorité des habitants de lavenue
Ch. Madoux, sans pour cela être hostiles à limpétrante,
sollicitant pour de multiples raisons dordre matériel, le
maintien de la dénomination actuelle (rapport n° 480 du 19.10.1934).
Le père, Alfred-Casimir Madoux, était né à
Tournai (Hainaut), le 29 mars 1838. En 1869, il épousa Maria de
Gomrée dont il a été question à la rubrique
Aubépines (n° 8). En 1878, il succéda à son père
à la direction de « lEtoile belge », un journal
bien connu dont le siège était établi à Bruxelles.
La même année, il créa les brasseries Chasse Royale,
dans les environs de lavenue (voir
rubrique Chasse Royale) et acheta un château situé
à lactuelle chaussée de Tervueren (voir
rubrique Tervueren). Le couple Madoux-de Gomrée eut
trois filles et quatre fils dont le troisième, Charles, devint
bourgmestre dAuderghem. Alfred-Casimir Madoux décéda
le 26 juin 1904.

Charles Madoux naquit à Bruxelles le 10 août 1874. Il devint,
le 31 décembre 1903, le sixième bourgmestre dAuderghem,
jusquaux élections suivantes, en 1907.
A la mort de son père, il reprit la direction de la brasserie.
Charles Madoux cultivait également des orchidées et sétait
assuré une belle réputation dans ce domaine. Sa pépinière
était située dans les environs immédiats de la Chasse
Royale, le long de la ligne de chemin de fer Halle-Vilvoorde (actuellement
aussi du métro). Il était fort apprécié dans
la commune et savait parler de tout, avec tout le monde; de plus, il avait
une stature de colosse.
On raconte à son sujet quun jour, il blaguait avec un consommateur
dans lun des nombreux cafés quAuderghem comptait encore
à cette époque. Lhomme à qui il parlait était
de petite taille on lappelait t Kannonierke, le petit
canonnier et Charles, accoudé au comptoir du stamcafé
(café familier à tout le voisinage), toisant lhomme,
dit : « Awel Kanonnierke, as gaa ma gat kunt kusse zonder a te rekke,
den kraagde gaa, n pint van maa » (Dis donc, Kannonierke,
si tu peux baiser mon c... sans tétirer, je toffre
une pinte). Ce à quoi, regardant droit dans les yeux de son compétiteur,
le petit bonhomme répondit : « Das good, Choerel, mo as gaa
het maan kunt kusse zonder a te bukke, den kraagde gaa er twie van maa.
» (Ça va, Charles, mais si tu arrives à baiser le
mien sans te baisser, moi, je ten offre deux).
Charles Madoux épousa Marguerite Brassine le 28.11.1908 à
Auderghem. Elle était la petite fille de lancien lieutenant-
général J.J. Brassine. Le ménage Madoux-Brassine
habitait juste en face de la brasserie, sur la chaussée de Wavre,
à hauteur de la rue Keller. Charles Madoux est mort le 24 août
1929, à Auderghem.
127. Marcx Louis (rue). +/- 110 m.
Elle fut baptisée en même temps que lavenue du Paepedelle
et les rues E. Henrard, G. J. Leclercq et J. E. Raymond, le 6 décembre
1957 (ordre du jour n° 10a du conseil communal). Les rues étaient
alors encore en construction puisque le premier permis de bâtir
en ce qui concerne la rue Marcx ne fut accordé que
le 4 novembre 1959 au propriétaire de la maison n° 3. La naissance
du quartier est racontée à la rubrique Lebon.
Louis Marcx était né à Bruxelles le 4 juin 1890.
Il fut inscrit (sans la lettre c dans son nom) dans le registre de la
Population le 22 juillet 1914 (volume 10, page 2.726) comme passementier,
célibataire. Lorsque éclata la Première Guerre mondiale,
il nétait domicilié que depuis quatorze jours au n°35
de la rue de la Chasse Royale. Il fut mobilisé en qualité
de soldat au 1er régiment de Carabiniers. Il fut vraisemblablement
blessé et évacué vers la Grande Bretagne au début
de la guerre où il mourut à Tonbridge, dans le comté
de Kent, le 20 novembre 1914.
128. Martin Firmin (rue). +/- 150 m.
Deux ans après lavenue J. F. Leemans, on commença
à construire la rue Martin dans un quartier baptisé par
lentrepreneur « Parc des Princes ». A lunanimité
des voix, le conseil communal entérina encore, en juillet 1958,
la construction de quatre autres voies publiques ; elles reçurent
toutes les quatre le nom dune victime de la guerre 1914-1918. Il
sagit des rues F. Delincé, L. Savoir, L. Vande Woesteyne
et de lavenue P. Vanden Thoren. Les premiers permis de bâtir
dans la rue Martin furent accordés pour les maisons numéros
1 et 16, le 2 juillet 1958.
Firmin Martin était né à Ittre (Brabant wallon),
le 11 mars 1879. Il fut inscrit au registre de la Population en qualité
de forgeron, célibataire, et habita quelques temps avenue H. de
Brouckère. Lorsque éclata la Première Guerre mondiale,
on le retrouve à la chaussée de Watermael, n° 7. Mobilisé
et incorporé au 8ème régiment de Ligne, il était
en mission en France, à Graville / Havre, lors de lexplosion
de la poudrière belge et mourut le 11 décembre 1915 des
suites de ses blessures.
129. Martinets (avenue des). Steenzwaluwenlaan.
+/- 330 m.
En 1936, les frères Tedesco obtinrent lautorisation de
tracer deux nouvelles rues dans le quartier du Kouter à condition
daménager également la partie de lavenue du
Kouter située entre lavenue I. Geyskens et la dernière
voie publique en projet dans le prolongement de lavenue des Citrinelles
(voir Kouter). Il fut satisfait à cette condition lannée
suivante et le collège échevinal put donner des noms aux
deux nouvelles voies ouvertes par la firme Tedesco.
On choisit 1. avenue des Bécassines ; 2. avenue des Martinets
(rapport n° 2.855 du 7.5.1937). Il nest pas surprenant que lon
ait songé à des noms doiseaux eu égard à
la proximité immédiate et combien vénérable
de Den vogelen sanc (voir
rubrique Chant d'oiseau). Dès le 1er avril 1938, les
hirondelles pouvaient se préparer à nicher sur la façade
du n° 22 qui reçut un permis de bâtir aux « Martinets
».
La maison n° 14 abrita Victor Moreau, une autre victime de la Deuxième
Guerre mondiale, dont une rue dAuderghem conserve le souvenir.
130. Melati (sentier). +/- 30 m.

Le sentier doit son nom à la villa Melati située jadis
le long de la chaussée de Wavre, entre les avenues H. Strauven
et P. Vandromme. Au début du XXème siècle, la villa
et les vastes champs qui lentouraient étaient la propriété
de de Moerlose, un important courtier en assurances bien connu à
Bruxelles. Ces terres furent loties après la Première Guerre
mondiale et la villa Melati rasée en 1932 ; un nouveau quartier
allait naître qui porta bien vite le nom de quartier Melati. Et,
lorsque apparut le petit sentier joignant le boulevard des Invalides à
la nouvelle rue Vandersaenen, le conseil communal décida, le 2
octobre 1959, de lui donner le nom du quartier.
Existe-t-il un rapport entre « Melati » et le mot melaats,
lépreux ? Certains le pensent. Aux XIIème et XIIIème
siècle, les environs de Bruxelles comptaient de nombreuses léproseries
en fait, de simples huttes isolées assignées
aux malheureux qui devaient eux-mêmes veiller à leur entretien.
Selon A. Wauters (Histoire des environs de Bruxelles), Watermael
dont dépendait Auderghem aurait possédé une
telle léproserie non loin de la route Bruxelles Auderghem.
Watermael possédait en effet un terrain, le Zieckenhuysblock, aux
environs du Sloordelle (allée des Colzas, non loin de la villa
Melati décrite ci-dessus. (voir
rubrique Colzas)).
Mereaux (rue Jean).

Jean-Hubert Méreaux, né à Bruxelles le 6 septembre
1916, était agent des postes à Bruxelles et habitait avec
son épouse Anna Verbinnen la maison portant le n° 40 de la
rue des Paysagistes (voir
rubrique Paysagistes) lorsque éclata la Seconde Guerre
mondiale. Il fut rappelé sous les drapeaux en qualité de
soldat au 1er régiment de Carabiniers. Jean combattit au canal
Albert lorsquil fut capturé par les Allemands. Libéré,
il sen retourna à la maison où il reprit son métier
de postier. En août 1943, loccupant voulant le contraindre
au travail obligatoire, à Koenigsberg, en Prusse, il devint réfractaire
et disparut à Majerotte, près de Tillet, dans la province
de Luxembourg, où il sengagea activement comme résistant,
membre du Front de lIndépendance.
Un jour avant la libération, il fut accroché avec sa patrouille
par une colonne ennemie dans une vallée. Durant la fusillade, un
maquisard trouva la mort. Méreaux et un autre camarade de combat
furent grièvement blessés. Un cultivateur de la localité
assista à la manière dont les Allemands traînèrent
les trois malheureux vers une étable, où ils demeurèrent
toute la nuit, sans assistance médicale. Le lendemain, les survivants
blessés furent battus à laide de barres de fer que
les soldats avaient retirés de la clôture. Il est probable
que Méreaux survécut encore à ces tortures car on
labandonna enfin après lavoir achevé dune
balle en plein front. La population locale transporta les trois victimes,
chacune dans un cercueil, à la fosse commune du cimetière
communal où elles furent inhumées. La dépouille de
Jean fut ramenée à Auderghem, le 17 octobre 1944 et enterrée
à la pelouse dhonneur.
Le 24 mars 1950, le conseil communal décida de donner son nom
à une rue encore à tracer, dans le quartier du Blankedelle.
Cette rue devait relier lavenue Schaller à lavenue
van der Goes mais limplantation dans ce quartier du Centre sportif
de l ADEPS (voir
rubrique Charlier) lempêcha à jamais de
voir le jour, sauf sur certains plans de rues datant de cette époque
131. Merjay General (avenue). +/- 120 m.
Des noms furent attribués à diverses nouvelles voies publiques
de la commune lors des réunions du collège échevinal
des 6 et 20 juin 1925. Certaines reçurent ceux danciens bourgmestres
afin dattirer lattention de la postérité sur
leurs mérites respectifs. Il en alla ainsi pour cette avenue longue
de 120 m où les premiers permis de bâtir furent attribués
le 16 janvier 1930 aux propriétaires des maisons numéros
24 et 26. La rue elle-même fut pavée au début de 1935.
On remarquera que lavenue commence au n° 12 ; il est vraisemblable
que quelques lots furent supprimés lors de la construction du viaduc
Herrmann-Debroux pour permettre le réaménagement de lavenue
Demey.

Jean-Baptiste Merjay était né à Echternach le 18
mai 1811. Il était originaire dune famille importante de
cette région du Luxembourg qui, à lépoque,
nétait pas encore partagé en deux mais entièrement
annexé par la France, comme la Belgique actuelle. En 1827, il est
jeune tambour volontaire dans larmée hollandaise. Au cours
de la révolution de 1830, il choisit de lutter pour lindépendance
de la Belgique. Il est sergent. En 1832, il est déjà promu
sous-lieutenant et en 1839, il signe la déclaration prévue
par la loi par laquelle il émet le voeu de rester Belge.
Il épouse en 1849 la baronne Marie-Ange de Martigny, également
originaire du Luxembourg. A ce moment, il est capitaine et poursuit sa
carrière militaire. Le général-major Merjay est promu
lieutenant-général une semaine avant sa retraite, le 19
septembre 1874.
Il ne demeura cependant pas inactif car il fut élu le 10 juin
1884 député de larrondissement de Bruxelles à
la Chambre et, le 14 février 1885, il devint bourgmestre de la
commune dAuderghem. Il démissionna un an plus tard.
Son fils, Franz Merjay, créa un service de renseignement durant
la Première Guerre mondiale mais fut capturé et exécuté
à lâge de 65 ans. Une rue dIxelles portera son
nom plus tard.
132. Mésanges (avenue des). Mezenlaan+/-
290m.
Malgré le fait que cette voie publique ait déjà
fait lobjet dun plan très ambitieux daté des
26.12.1908 et 29.10.1910, la date précise de sa création
est inconnue. On peut cependant affirmer que la construction de la partie
montante (côté avenue du Parc de Woluwe) commença
durant la Première Guerre mondiale ; on trouve effectivement dans
les archives des lettres relatives à la pose de canalisations de
gaz (30.6.1916) et à lassiette de la rue (8.12.1916).
Lautre partie allant de lavenue I. Geyskens à lavenue
des Martinets ne sera ouverte que beaucoup plus tard. On suppose que ladministration
avait déjà beaucoup de soucis durant cette maudite guerre
au point quelle en oublia même de donner un nom à lavenue,
dans un procès-verbal officiel.
Voilà donc pourquoi laccent est mis sur le fait que la
date exacte de la création de cette voie publique na pas
été trouvée. Un premier permis de bâtir a été
donné le 28 octobre 1922 pour la maison portant le n° 1.
Que ces oiseaux chanteurs de nos régions aient imposé
le nom de leur espèce à cette rue na rien détonnant
puisque cette dernière nest pas loin de ce que lon
nomme, depuis bien longtemps, le Chant dOiseau (voir
rubrique Chant d'oiseau).
133. Mésanges (clos des) Mezengaarde.
+/- 250m.
Déjà en octobre 1933, la propriétaire de deux hectares
de terrain situés le long de lactuelle avenue des Mésanges
avait demandé dy tracer une voie publique pour valoriser
son bien. Les travaux nont pu être entamés avant le
Seconde Guerre mondiale ; ils commencèrent seulement fin 1949 /
début 1950.
La nouvelle voie dessine une large boucle commençant et finissant
à lavenue des Mésanges et on lui a simplement donné
le même nom.
Le premier permis de bâtir fut délivré le 11 octobre
1950 pour la maison portant le n° 4.
134. Meunier Albert (rue). +/- 280 m.
La rue fut créée à peu près à lépoque
où U. Marga (voir
rubrique Rouge-Cloître), installa une fabrique de munitions
dans le quartier de Ten Bruxken, en 1898. Plusieurs ouvriers de cette
entreprise y furent logés. Comme on y fabriquait des cartouches
pour les Boers du Transvaal, le quartier fut désigné par
les autochtones sous lappellation « Ceux du Transvaa l ».
Plus tard, on dira simplement «Transvaal» et les autorités
communales retinrent ce nom lorsque, en 1901, le chemin relia la chaussée
de Wavre au chemin menant dAuderghem à Boitsfort (actuelle
avenue Van Horenbeeck).

Déjà pavée en 1903, la rue du Transvaal changea
encore deux fois de nom :
- une première fois lorsquil fut décidé, à
dater du 1er janvier 1917, de lappeler rue de lHomme de Bien
(Goedmenschstraat). La Conférence des Bourgmestres de lagglomération
bruxelloise avait supprimé les doubles dénominations de
voies publiques dans la région en vue déviter les
risques de confusion. Il faut savoir quil existe effectivement à
Anderlecht une rue portant le même nom. Un bienfaiteur qui aurait
fait don à des nécessiteux de quelques immeubles de la rue
aurait fourni motif à la rebaptiser sous le nom de lHomme
de Bien.
- enfin, une seconde fois, en octobre 1946. Désormais la rue porte
le nom dAlbert Meunier, une victime de la Seconde Guerre mondiale
(décision du collège échevinal du 13.8.1946).
Albert-Hubert-Joseph Meunier était né à Saint-Gilles,
près de Bruxelles, le 6 avril 1898. Il était employé
et habitait dans cette rue, au n° 110, où il exploitait un
café avec son épouse lorsque éclata la Seconde Guerre
mondiale. Il fut membre du groupement de résistance « Incomparable
» et participa à la diffusion des journaux clandestins La
Libre Belgique, Peter Pan et La Voix des Belges. Il cacha aussi du matériel
et donna temporairement lhospitalité à un responsable
de la résistance. Il fut arrêté le 14 juillet 1942
et expédié comme prisonnier politique en Allemagne où
il fut exécuté par décapitation à Wolfenbuttel,
le 17 juin 1944.
Dans cette rue ont également habité, aux débuts
de la Première Guerre Mondiale, Hector Gobert (au n° 16) et
Antoine Van Lindt (au n° 5) qui ont aussi donné leur nom à
une rue dAuderghem.
Mais ici également sétablirent plusieurs petites
blanchisseries familiales, comme dailleurs un peu partout à
Auderghem. La rue comptait en 1931 rien moins que trois laveuses et quinze
repasseuses. Et en ces années-là habitait au n° 32 une
figure remarquable. Lhomme était un célibataire endurci
vivant près de sa famille qui exploitait également une petite
blanchisserie. Il sétait proposé de passer un beau
dimanche dété en compagnie de quelques amis, dans
les Ardennes. Ce jour-là, tôt le matin, il saperçut
quil navait pas de chemise propre à se mettre. Ceci
nétait certes pas un problème insoluble pour un membre
dune famille de blanchisseurs et, de fait, sans hésiter,
il en avait soustrait une dune pile de linge bien repassé,
prête à être livrée au client. Cette chemise
portait une petite couronne brodée ainsi que lon en voit
beaucoup actuellement mais marquées, elles, dune petite tulipe
noire. La couronne indiquait clairement que le propriétaire dune
telle lingerie faisait partie de la noblesse. Ses amis sen étaient
vite aperçus et le taquinèrent toute la journée,
labordant à tout propos en lui donnant du Monsieur le vicomte
de Pétange. Ce dernier nen prit nullement ombrage et se piqua
volontiers au jeu.
Laubergiste du petit hôtel où les amis sarrêtèrent
pour le repas avait, lui aussi, remarqué le petit emblème
(mis à plaisir en évidence par le porteur). Il avait aussi
entendu quon sadressait à lui avec des « Monsieur
le vicomte ». Rien détonnant donc quil fit de
même en pensant avoir affaire à un véritable vicomte.
Le vicomte de Pétange fut donc servi selon son rang. Notre célibataire
était aux anges

Après le retour à Auderghem, laffaire fut vite connue
de tous. Dun jour à lautre, le peuple décerna
le titre de vicomte à notre héros. Pour la vie et pour léternité,
amen. Hier encore, on aurait pu demander aux vieux Auderghemois sils
connaissaient Alphonse Vanhaelen (1905-1985), ils auraient sans doute
répondu par la négative mais, le Vicomte, ah oui ! Celui-là,
ils savaient qui cétait.
135. Meuniers (avenue des) Mulderslaan. +/- 480m.
Nous sommes ici sur un petit tronçon dun vieux chemin séculaire
qui traversait les champs de Watermael et le petit village dAuderghem.
Cétait la voie de liaison entre Hof ter Coigne qui
existe toujours à Watermael et le prieuré de Valduchesse,
à Auderghem. Il apparaît clairement sur la carte de Van Werden
(1659) publiée dans le « Regiae Domus Belgicae », oeuvre
de lhistorien flamand Antonius Sanderus et évidemment aussi
sur la carte de de Ferraris (1771). Inutile de dire quen ces temps
là, les chemins nétaient pas encore pavés et
que cétait toute une affaire de déplacer les lourdes
charrettes dans les ornières sablonneuses. Telle était cette
route que les habitants de la région et, bien entendu, aussi les
agriculteurs dHof ter Coigne empruntaient pour se rendre au prieuré
de Valduchesse, propriétaire du moulin à eau dAuderghem
où était moulu le grain de la région (voir
rubrique Vieux Moulin).
Il nest donc pas étonnant quune partie de ce long
chemin ait été nommée chemin des Meuniers dans lAtlas
des Communications Vicinales de Watermael-Boitsfort de 1843 (Auderghem
nest devenue une commune autonome quen 1863). Ce chemin des
Meuniers commençait alors à lactuelle rue des Brebis,
à Watermael-Boitsfort, et se terminait 2.152 m plus loin au Kalkoven,
à lactuelle chaussée de Wavre à Auderghem.
Il comprenait donc une partie de lactuelle chaussée de Watermael,
la rue Roodenberg et des parties des avenues des Meuniers et Michiels
ainsi que de la rue des Brebis.
Le vieux chemin des Meuniers fut coupé en deux une première
fois par la ligne de chemin de fer Bruxelles-Namur (inaugurée en
1854), une seconde fois par la ligne Bruxelles-Tervuren (inaugurée
en 1881) et enfin par la création du boulevard des Invalides (1924).
Pour éviter les doubles dénominations des voies publiques
dans la région bruxelloise, ladministration communale de
Watermael-Boitsfort en débaptisa la partie située sur son
territoire en 1910. Auderghem allait également supprimer cette
ancienne dénomination la rue des Meuniers ne commençait
alors quà la chaussée de Watermael pour en
faire, le 1er janvier 1917, la rue Roodenberg.

Il faut croire que la disparition de lancienne dénomination
avait été regrettée car, lorsque la « S.A.
Grands Immeubles », de Bruxelles, se mit à construire de
nouvelles maisons le long de ce chemin (très modifié, il
est vrai), le collège rappela lavenue des Meuniers à
la vie, le 30.5.1930. On peut voir nettement combien cette avenue dévie
de lalignement du vieux chemin des Meuniers à hauteur du
n° 40: on peut se représenter le léger virage que prenait
là lancien chemin pour continuer vers la chaussée
de Watermael via lactuelle rue Roodenberg. Inutile dajouter
que cette maison n° 40 fut la première à se voir délivrer
un permis de bâtir, le 23 décembre 1927.
Depuis mai 1979, le bout de lavenue accueille The Japanese School
of Brussels. Tout comme 95 établissements similaires de par le
monde, elle a été créée pour permettre à
la jeunesse nippone présente en Belgique de suivre le même
enseignement que dans la mère-patrie. Lécole est subsidiée
par le Gouvernement japonais et par lAssociation japonaise de Belgique.
De ce fait, Auderghem comptait à la fin du XXème siècle
quelque 500 habitants japonais qui constituaient le groupe étranger
le plus important en dehors des ressortissants de la Communauté
européenne.
136. Micara (avenue Cardinal). +/- 580 m.
Lorsque, peu de temps après la Première Guerre mondiale,
une partie du parc entourant le château Madoux fut lotie
ce château était situé à la chaussée
de Tervueren Auderghem a donné à la nouvelle avenue
qui y fut tracée le nom de notre archevêque de Malines, le
cardinal Mercier. Le cardinal était venu en personne à Auderghem,
en 1917, pour y inaugurer la chapelle Sainte-Anne restaurée.
Mais après la mort de ce prélat belge, le 23 janvier 1926,
la Ville de Bruxelles pria Auderghem de changer cette dénomination
afin de pouvoir la donner à une voie publique dans la capitale
même. Le collège échevinal accepta cette demande et
décida que cette avenue porterait désormais le nom du nonce
apostolique de lépoque, monseigneur Micara. Celui-ci était
archevêque titulaire dApamée et, depuis 1923, représentant
diplomatique du Pape auprès du Gouvernement, donc, ambassadeur
du Vatican à Bruxelles. Il exerça cette fonction jusquen
1946.
La voie qui relie le rond-point Sainte-Anne au chemin de Putdael sappela
donc avenue Monseigneur Micara depuis le 29.5.1926. Le premier permis
de bâtir fut délivré le 31 août 1928 à
la villa n° 75.
Une nouvelle modification allait être apportée au nom de
cette artère, le 30 juin 1950, après que le bourgmestre
eut donné au conseil communal lecture dune lettre du Ministère
des Affaires étrangères :
« Monsieur le Bourgmestre,
Il existe sur le territoire de la commune que vous administrez, une
avenue dénommée Avenue Monseigneur Micara en lhonneur
de lancien nonce de Bruxelles (1923-1946).
Comme ce prélat était fort connu ici en Belgique, notamment
à titre de Doyen du Corps diplomatique, certains diplomates me
demandent de vous suggérer de modifier quelque peu lappellation
de cette artère pour tenir compte de la nouvelle dignité
à laquelle lancien Doyen du Corps diplomatique a été
élevé en quittant son poste à Bruxelles et cela en
nommant désormais cette avenue « Avenue Cardinal Micara».
Si, comme je lespère..... »
Le conseil vota ce changement à lunanimité des voix.
Clemente Micara était né à Frascati (Italie) le
24 décembre 1878. Son départ de Bruxelles coïncida
avec son accession à la pourpre cardinalice le 18 février
1946. Depuis lors, il porta aussi le titre dévêque
titulaire de Veletri. Il mourut à Rome, le 11 mars 1965.
137. Michiels Charles (avenue). +/- 430 m partiellement
sur Auderghem.
Lavenue Michiels faisait partie dun très vieux chemin,
le chemin des Meuniers, décrit à la rubrique Meuniers (voir
rubrique Meuniers). La construction des lignes de chemins de
fer Bruxelles-Namur (inaugurée en 1854) et Bruxelles-Tervuren (inaugurée
en 1881) tronçonna ce vieux chemin et le dévia partiellement
par un pont surplombant le chemin de fer (à peu près au
lieu de lactuelle station de métro Beaulieu). De là,
on jouissait dune belle vue sur le paysage, fort appréciée
en son temps dans lune des promenades du Touring Club de Belgique.
Le pont prit rapidement le nom de « pont de Belle Vue ».
Lors de la réunion du collège échevinal du 22 juin
1928 (point n° 849), il fut décidé de donner le nom
dune victime de la Première Guerre mondiale, Charles Michiels,
à la partie de la voie située entre lavenue dOrjo
de Marchovelette et ce pont.
Un premier permis de bâtir fut délivré le 15 juin
1928 pour limmeuble portant le n° 211.
En 1933 et 1934, malgré diverses requêtes émanant
dhabitants pour en revenir au nom habituellement en usage dans la
population (Belle Vue), le collège échevinal refusa de revenir
sur sa décision. Pourtant, il existait déjà un quartier
portant le nom de Charles Michiels, à Anderlecht.
Notre Charles Michiels était né à Auderghem, le
26 décembre 1894. Il était célibataire, exerçait
le métier de plafonneur et habitait chaussée de Watermael
au n° 63, lorsque éclata la guerre. Il fut incorporé
comme simple soldat au 3ème régiment de Carabiniers et fut
tué à lennemi à Langemark (Fl. Occ.), le 28
septembre 1918, donc, pas même deux mois avant larmistice.
138. Molignée (rue de la -). +/- 280 m.
La rue fut tracée avec dautres en 1908 et baptisée
le 9 mai 1913. Ce jour-là, le collège échevinal dénomma
encore sept autres voies publiques dans le quartier de la Chasse Royale
fraîchement aménagé: il sagit des rues Henri
Schoofs, du Bocq, du Houyoux, de la Molignée, et de lAmblève,
de lavenue Alfred Madoux (plus tard Charles Madoux) et de la place
de lAmitié. Il faudra cependant attendre lannée
1938 pour voir la rue dans son aspect actuel: par manque de fonds, les
travaux pour laménagement de la seconde partie de la rue
durent être remis à 1936 (rapport n° 633 du collège
échevinal) et son pavement, à 1938 (rapport n° 175 du
collège échevinal).
La raison pour laquelle les autorités firent choix du nom de
quatre rivières secondaires de Wallonie peut être retrouvée
à la rubrique Bocq.
Le Molignée est une petite rivière de la rive gauche de
la Meuse dans laquelle elle se jette, à Anhée (prov. de
Namur).
Le propriétaire de la maison n° 64 reçut le premier
une autorisation de bâtir, le 9 septembre 1932.
139. Montagne de Sable. Zavelberg. +/- 90 m.
Ce sentier existait déjà lorsque, en 1863, Auderghem accéda
à lautonomie. Il joignait la chaussée de Wavre au
chemin n° 31 de lépoque appelé rue de la Bruyère,
aujourdhui rue du Villageois. Dans lAtlas des Communications
Vicinales (édité en 1843), le sentier est mentionné
avec le même numéro que le chemin mentionné ci-dessus,
mais plus large et accessible aux charrettes.
La carte montre que le coin du haut était occupé par un
(ou plusieurs) bâtiment(s). Il entrait dans lordre des choses
que les habitants désireux de se rendre au centre du village par
la chaussée de Wavre aient cherché un chemin plus court
en choisissant cette pente assez raide. Le nom actuel fut attribué
lors de la réunion du collège échevinal, le 17 septembre
1932 ; toutefois, dans le rapport, la venelle était dénommée
Zavelbergske (petite Montagne de Sable). Avec les années, le diminutif
cessa dêtre en usage. Les deux maisons dont senrichit
la rue reçurent le permis de bâtir le 8 janvier 1932.

Avec ses marches larges et raides, le Zavelberg nous fait un peu songer
à la Montagne de Bueren bien connue à Liège, quand
bien même à Auderghem, le lieu ne soit pas chargé
dhistoire comme dans la Cité Ardente et quil ne compte
quune trentaine de marches. Ce qui nen fait, au demeurant,
quune petite montagne de sable
Les anciens Auderghemois se souviendront que, durant des années,
il existait une pissaainke ou urinoir public au bas des escaliers, dont
seuls les hommes pouvaient faire usage, si nécessaire. Tant en
hiver quen été, il se dégageait de cet édicule
une désagréable odeur durine incommodant les abords
immédiats de la venelle. Cet unique urinoir ayant jamais vu le
jour à Auderghem fut sagement démoli dans le courant des
années 60.
140. Mont Saint-Jean (route de). St.-Jansbergsteenweg.
Cette chaussée fut aménagée aux alentours de 1831-1836
par la Société Générale de Belgique, alors
propriétaire de la forêt de Soignes. Auparavant elle nétait
encore quune route étroite reliant Mont Saint-Jean (Waterloo)
à Tervuren. Dans le langage populaire on lappelait «
le chemin de la Banque ». Le chemin est devenu aujourdhui
une partie du Ring qui traverse la forêt de Soignes.
Avec la construction du Ring autour de Bruxelles, cette chaussée
devint lautoroute bien connue par laquelle transitent quotidiennement
les innombrables véhicules traversant notre pays du nord au sud
et vice-versa. Pour induire une relative sécurité du trafic,
on creusa un tunnel sous lautoroute E411 (autrefois chaussée
de Wavre). Celui-ci fut inauguré le 23 juin 1983 (voir
rubrique Léonard).
Faut-il ajouter que « le chemin de la Banque » et ses adaptations
ultérieures jusquau stade dautoroute ont coûté
maints hectares à notre belle forêt de Soignes?
141. Moreau Victor (avenue). +/- 50 m.
Devant le succès de la première cité-jardin à
Auderghem entre la chaussée de Wavre et lavenue des
Frères Goemaere (voir
rubrique Van Elderen) et (voir
rubrique Van Lindt), la société Les Habitations
et Logements à Bon Marché (H. L. B. M.) reçut le
feu vert pour la construction dun nouveau quartier. Au début
des années 30, elle fit lacquisition des terrains nécessaires
délimités par les actuelles avenues Van Horenbeeck, Stevens,
Boon ainsi que par le cimetière. La crise économique des
années 30 et la Seconde Guerre mondiale approchant, ces projets
durent rester durant de nombreuses années dans les cartons.
La construction du quartier commença au début de 1950
et, le 25 avril 1952, le conseil communal décida de donner à
trois des rues en cours daménagement les noms de prisonniers
politiques de la guerre, morts pour la patrie : V. Moreau, F. Vandevelde
et G. Van Nerom. Dans la rue V. Moreau, les H.L.B.M. avait déjà
commencé la construction dhabitations par les numéros
4, 6 et 8, le 3 avril 1952.
Victor Moreau était né à Kain (Hainaut) le 12 août
1886. Lors de la Première Guerre mondiale, il avait déjà
choisi la résistance à la tête dun groupe transmettant
des renseignements aux services secrets britanniques basés aux
Pays-Bas ; il reçut une distinction britannique pour ces faits.
Il travaillait comme ingénieur à la firme ASEA, à
Bruxelles, lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale. Il avait
épousé Emma Wattiez. Le ménage habitait une maison
avenue des Martinets au n° 14, dont la construction avait commencé
le 4 mai 1939. Victor Moreau décida très vite de constituer
une cellule qui rassemblerait des informations dordre militaire.
Le hasard voulut, hélas, que son épouse connaisse depuis
1931 une certaine Florentine Giralt ; à lépoque, les
deux femmes étaient voisines et des liens damitié
sétaient établi entre elles. En lisant un livre
prêté par Emma Giralt apprit par hasard le passé
de résistant de Moreau durant la guerre précédente.
En 1938 ou 1939, elle présenta à Emma Wattiez son ami De
Zitter qui se faisait passer pour Américain. Dès le début
des hostilités, De Zitter se conduisit comme un véritable
traître à la solde de loccupant. Ne se doutant de rien,
Emma allait encore rencontrer le couple à diverses reprises et,
lors dune visite aux Moreau, De Zitter prétendit quil
aidait à faire fuir des personnes vers la Grande Bretagne. Il soupçonna
Victor Moreau de cacher des aviateurs alliés et de les faire sortir
du pays, au moment opportun, afin de rejoindre lAngleterre. De Zitter
et Giralt nhésitèrent pas à communiquer ces
renseignements à larmée allemande qui arrêta
aussitôt le couple Moreau-Wattiez, le 12 mars 1942. Tous deux furent
déportés en Allemagne. Emma Wattiez fut condamnée
à deux ans et demi de prison. La condamnation de Victor Moreau
à la peine de mort eut lieu à Berlin, le 3 juillet 1942.
Il fut fusillé à Berlin-Tegel, le 13 octobre 1942. Après
la guerre, le couple De Zitter-Giralt fut à son tour condamné
à mort (voir
rubrique Drouart).
142. Moreels Henri-François (rue). +/-
40 m.
Cest sans aucun doute la plus courte des rues de la première
cité-jardin dAuderghem dont lhistoire peut être
retrouvée à la rubrique Van Elderen (voir
rubrique Van Elderen). Elle relie le coeur de la cité-jardin,
le square Van Lindt, au quartier du Transvaal dont il a déjà
été question à la rubrique Albert Meunier, n°134.
Le 4 décembre 1922, le collège échevinal décida
de baptiser les quatre nouvelles rues et la petite place de la cité-jardin
du nom de soldats auderghemois tués à lennemi pendant
la guerre 1914-1918. Cependant, la société Habitations et
Logements à Bon Marché nintroduira une demande de
permis de bâtir que le 11 juillet 1929 pour les maisons numéros
4 et 5 de la rue Moreels.
Henri Moreels était né à Ixelles le 19 décembre
1892. Il était célibataire et habitait chez ses parents
lorsque, le 4 août 1914, lAllemagne entra en guerre contre
la Belgique. La famille habitait chaussée de Wavre au n° 1.183.
Bien que non appelé au service militaire, il se porta volontaire
pour servir la patrie. Il mourut le 28 septembre 1918, pas même
deux mois avant la fin de la guerre, le même jour et dans la même
localité de Langemark (Fl. Occ.) que Charles Michiels dont une
rue dAuderghem porte également le nom (voir
rubrique Michiels).
Grâce à laménagement de dizaines de rues durant
lentre-deux-guerres, Auderghem, qui nétait quun
village de moins de 8.000 habitants en 1911, se transforma en un faubourg
à part entière de Bruxelles. En 1938, Auderghem comptait
déjà 18.000 âmes tout en conservant encore durant
tout un temps le caractère rural de jadis, celui-là même
qui disparaît lentement aujourdhui dans le tourbillon de notre
monde moderne.
Cest ainsi que le hameau du Transvaal avait, encore durant les
années 60, son propre « bourgmestre » élu durant
les fêtes populaires et ajoutant ainsi à la joie des kermesses.
En ces années-là, une saine atmosphère campagnarde
(van de « buiten ») régnait encore au Transvaal.

Le Kwat, "Bourgmestre du Transvaal", avec son chapeau haut-de-forme,
à gauche.
Cétait le temps où lun de ces « bourgmestres
» habitait au n° 2 de la rue Moreels. On lappelait le
Kwat, et non Victor ni Van der Maelen, comme mentionné sur son
carnet de mariage. Il avait vu changer le quartier du Transvaal
qui ne se composait que de quelques maisons et du château Chaudron
en ce quil est devenu aujourdhui. Lui-même, âgé
de plus de quatre-vingt ans, aimait encore bavarder, raconter, boire et
samuser comme personne. Il exerça durant soixante-deux ans
le métier dimprimeur-typographe et nétait jamais
sorti dAuderghem. Lorsquon lui demandait combien denfants
il avait, il répondait: zes, mo na zen er al vuil Kwattekes
ba » (six, mais maintenant il y a beaucoup de petits kwattekes
petits-enfants, pour lui : kwattekes en plus). Il était
fier daffirmer quil navait jamais été
malade excepté, de temps à autres, des crises de «
mal aux cheveux», « mo da was den van gruten duist »,
(mais cétait alors dû à une grande soif), comme
il disait. Il joua longtemps dans lune des deux fanfares de la commune,
probablement sans même connaître une note de musique. A ce
propos, il racontait volontiers quun soir, après une sortie
avec la fanfare, il lui arriva de ségarer, seul et avec un
coup dans laile, dans le bois tout proche et dy jouer un petit
air de trompette pour que les écureuils viennent danser près
de lui, au clair de lune. Il se voulait également poète
car il disait volontiers « ik em vuil leekes gemokt » (jai
« fait » beaucoup de chansons) et lui, sans se faire prier,
den entamer une dau moins quarante couplets quil avait
« faits » lui-même. Il faut regretter que ces textes
naient jamais été mis sur papier par notre imprimeur-typographe.
Mais où donc est le kwat ?
143. Moulin à Papier (rue du). Papiermolenstraat.
+/- 480 m.
Environ la moitié de lactuelle rue du Moulin à Papier
(de lavenue Chaudron à lavenue Lemaire) est une toute
petite partie dun chemin de terre séculaire, long de quelque
2 km. Ce chemin, parfaitement visible sur la carte de de Ferraris (1771),
commençait à lactuelle avenue des Frères Goemaere
et finissait à hauteur de la rue de la Vignette, à la chaussée
de Watermael. Il comprenait donc les actuelles rues Schoonejans, du Moulin
à Papier, Lemaire ainsi que les avenues Van Pé, Pré
des Agneaux et de la Houlette. Il porte le n° 24 dans lAtlas
des Communications Vicinales de 1843 où il est mentionné
sous la dénomination Papiermolenstraet, un nom quil a porté
en souvenir du moulin à papier qui y fut construit à la
fin du XIIIème siècle, à lendroit où
la Woluwe croise la rue Lemaire. Pour plus de détails sur ce moulin
à papier, le lecteur est invité à se référer
à la rubrique Lemaire (voir
rubrique Lemaire).
La rue du Moulin à Papier fut réduite de moitié
et natteignait plus que le boulevard du Souverain au moment où
celui-ci fut aménagé. Depuis lors, elle a été
lobjet de plusieurs changements de nom :
Le 7 janvier 1911, le collège échevinal décida
de nommer rue des Brebis le tronçon situé entre le boulevard
du Souverain et la limite de Watermael-Boitsfort. Cette appellation sera
encore plusieurs fois modifiée par après.
En vue déviter toute confusion avec la rue du Vieux Moulin,
le collège décida, à la mi-septembre 1934, de débaptiser
la rue du Moulin à Papier en lui donnant le nom dun artiste
peintre, A. Keller.
Deux semaines plus tard, ce nom changea en P. Schoonejans.
Le 17 juillet 1936, on allait revenir partiellement sur cette décision
et reprendre le nom de rue du Moulin à Papier pour le tronçon
reliant lavenue Chaudron au boulevard du Souverain.
Le 13.12.1949, le conseil communal décida que le tronçon
reliant le boulevard du Souverain à la rue Daniel Boon prendrait
le nom dune victime de la guerre, Charles Lemaire.
Et lorsque lon traça une nouvelle rue joignant la rue Lemaire
à la rue du Grand Forestier, dans la prolongation de la rue du
Moulin à Papier encore existante, ce tronçon portera aussi
ce dernier nom. Ainsi, notre rue du Moulin à Papier fut définitivement
(?)fixée sur le papier.
Après la Première Guerre mondiale, la commune transforma
en décharge les terrains marécageux situés entre
le boulevard du Souverain, lavenue Chaudron et la rue du Moulin
à Papier ; en juillet 1931, le service technique du Génie
reçut même lautorisation dy effectuer les versages
dimmondices autres que les déchets de cuisine provenant de
la caserne dEtterbeek. On arrivait à ces décharges
par la rue du Moulin à Papier.
|