191. Tahon Victor (avenue). +/- 150m.

Aux débuts du XXème siècle, Victor Tahon (1845-1937), né à Bruxelles était connu comme historiographe, archéologue et aussi comme écrivain de talent. Il publia, entre autres, diverses œuvres sur l’industrie métallurgique du Hainaut, le voûtement de la Senne à Bruxelles, la rue Isabelle également à Bruxelles (à présent revenue dans l’actualité), Steenokkerzeel, Berzée …ainsi que des articles biographiques dans les journaux et périodiques.

Sur Auderghem, il écrivit « Le prieuré de Val-Duchesse », « La Chapelle Sainte-Anne à Val-Duchesse », imprimés chez J. Goemaere, Bruxelles, 1917 (Goemaere avait sa propriété dans la commune, (voir rubrique Goemaere)) et plus tard encore « La chapelle Sainte-Anne à Auderghem », imprimé par E. Secelle – Anvers, en 1921. En 1924, il écrivit dans le périodique du Touring Club de Belgique l’article « Le village d’Auderghem ».

Bien que Victor Tahon n’ait jamais habité Auderghem, il n’en demeura pas moins un hôte apprécié par la haute bourgeoisie locale. C’est du moins ce que l’on peut déduire de la lecture des titres de quelques unes de ses œuvres. Pendant la Grande Guerre une fête de bienfaisance fut organisée au profit des orphelins de guerre belges et français. La cérémonie fut présidée par, le marquis de Villalobar, ambassadeur d’Espagne. A cette occasion, le 8 septembre 1917, le Valduchesse fut gracieusement mis à disposition par le châtelain Charles Dietrich. C’est ainsi que, durant toute une journée, un morceau d’Auderghem se trouva neutralisé par les drapeaux espagnols flottant dans le domaine. Les grandes familles nobles de l’époque, de même que le cardinal Mercier, les bourgmestres de Bruxelles et des environs – et, naturellement, aussi Carl Herrmann-Debroux, maïeur d’Auderghem –, les principaux représentants du monde des Lettres, des Arts, des Sciences, de l’Industrie et des représentants du peuple français étaient présents. Le but était de recueillir des fonds par la vente d’œuvres d’art, de meubles de valeur, de fleurs magnifiques ou même de coûteuses friandises. Ceci ne s’adressait aucunement au malheureux porte-monnaie de l’Auderghemois moyen.

On y prononça plusieurs discours et Victor Tahon y alla d’une tirade remarquable au nom du cercle des Amis de Valduchesse.

Et lorsque l’on ouvrit, en 1926, une nouvelle voie publique reliant l’avenue Cardinal Mercier (devenue aujourd’hui avenue Cardinal Micara) à la chaussée de Tervueren, le collège échevinal lui donna le nom de cet homme qui avait écrit sur Auderghem avec tant de savoir et d’autorité.

La première autorisation de bâtir ne fut accordée que treize ans plus tard, le 13 juillet 1939, pour la villa portant le n° 11.

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192. Tanche (avenue de la). Tinklaan. +/- 140 m.

Elle fait partie d’un groupe de cinq avenues aménagées en 1937 sur le Kasteelveld (voir rubrique Ablettes). Toutes reçurent un nom de poisson mais auraient pu, tout aussi bien, s’appeler Kasteelveld, de Montgen, de Beaulieu, de Terlinden ou de Cordeboeuf puisque tels étaient les noms choisis, le 6 juillet 1928, par le collège échevinal de l’époque (rapport n° 883). Oubli ? Nouveau choix consciemment avancé ? Qui pourrait le dire ?

Quoiqu’il en soit, c’est un autre collège échevinal qui décida que les avenues en question porteraient des noms de poissons. La tanche est une espèce relevant de la famille des cyprinidés.

L’heureux propriétaire de la maison n° 6 est bien celui qui demanda le premier permis de bâtir, le 18 juin 1937.

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193. Tedesco (avenue).+/- 150 m.

De manière assez logique, on pourrait penser que la rue qui mène d’une gare de chemin de fer au centre d’un village possède tous les atouts pour s’épanouir et devenir l’une des plus opulentes artères commerciales de la localité. Ce ne fut pas le cas ici !

Avec cinq autres voies publiques (voir Genicot, Gobert, Govaert, Nénuphars et Railway), l’actuelle avenue Tedesco fut aménagée en 1882. Et, effectivement, en ce temps-là, elle descendait de la gare vers le centre d’Auderghem, là où se situe actuellement le carrefour « boulevard du Souverain / chaussée de Wavre ». L’avenue avait donc une longueur de quelque 350 m. On l’appela d’ailleurs avenue de la Station – Statielaan (!) (point n° 331 de l’ordre du jour du collège échevinal du 14 mai 1882). Remarquons en passant que, tant le petit mot français « station » usité à l’époque que le statie néerlandais ne sont plus utilisés pour désigner une gare (F) ou une station (NL). Les deux mots sont considérés à présent comme belgicismes, quoique toujours présents dans le dialecte bruxellois.

Lorsque, au milieu de 1901, le boulevard du Souverain fut mis en chantier (voir rubrique Souverain), la section comprise entre l’actuel rond-point du Souverain et la chaussée de Wavre entrait sur le tracé du boulevard susnommé.

L’avenue de la Station auderghemoise fut ramenée aux mesures qu’elle compte aujourd’hui. On y expropria et démolit aussi quelques immeubles. Les travaux durèrent jusqu’en 1910 et ce qui restait de l’avenue de la Station fut totalement coupé durant près de dix années du centre de la commune. En conséquence, elle ne put se développer en artère commerciale, d’autant plus que le transport de personnes était désormais facilité par une ligne de tramway directe vers Bruxelles, réduisant de la sorte le nombre de voyageurs prenant le train.

L’avenue changea de longueur mais aussi de nom, et même à trois reprises !

Pendant la Première Guerre mondiale, la Conférence des Bourgmestres de la région bruxelloise avait émis le souhait de voir supprimer les doubles dénominations de voies publiques dans l’agglomération. Mais, à cette époque, quelle commune n’avait pas sa station – pardon, sa gare - ? Et puisque Auderghem était l’une des dernières communes de la région à avoir ainsi nommé une voie publique, il ne lui restait plus qu’à changer son nom (décision n° 514 du 24 mars 1916).

On l’appela avenue du Chien Savant (Geleerde Hondlaan), tout simplement. Mais pourquoi ? A cette époque, la famille Tedesco habitait cette rue et le commerce de grains ainsi que la meunerie du père Tedesco débouchaient dans la rue du Railway. Il s’entendait si bien à dresser ses chiens de garde qu’ils enlevaient tous les prix aux tournois où ils étaient engagés. L’un de ces chiens, Jules du Moulin, était d’une adresse particulièrement remarquable. Le splendide animal avait acquis une célébrité mondiale, était malin comme pas un, faisait preuve d’un bon caractère et exécutait les ordres avec une grande célérité. Il fut même, à cinq reprises, sacré champion du monde, probablement le seul champion du monde qu’Auderghem ait connu…

Voici, pour information, l’extrait d’un article publié dans « L’Élevage », le périodique édité par le Kennel Club belge. L’avis parut dans le n° 8 du 1.8.1957, soit quarante ans après la mort de l’animal. C’est dire !

« … Les anciens se rappelleront sans doute du fameux championnat du monde pour chiens de police, organisé par le journal « L’Auto » où furent classés premier et second Portos, à M. Semal et Jules, à M. Tedesco. Par la suite, M. Tedesco obtint les titres de Champion du monde et de Belgique aux concours organisés à Paris au vélodrome Buffalo en 1911-1912 et 1914 et dans le grand Hall du cinquantenaire(…). Quand on parle de groenendaels passés et actuels, on ne peut passer sous silence ce chien qui a peut-être fait le plus pour susciter de l’enthousiasme pour la variété. Nous voulons dire Jules du Moulin, de M. Tedesco, d’Auderghem, cinq fois champion du monde et aussi bon chien pisteur que bon chien de concours en ring. Jules est mort en 1918. Nous avons, en ce moment en Belgique, une dizaine de chiens capables de battre Jules en concours de ring grâce à la perfection à laquelle nos amateurs sont arrivés dans la présentation et la mise au point de leurs chiens, mais nous n’en connaissons aucun qui aurait pu rivaliser avec lui pour l’allure, le goût du travail et cette gaieté de caractère qui émerveillait tous ceux qui l’ont vu à l’œuvre. »

Tout cela ne méritait-il pas une plaque émaillée ? C’est bien ce que pensaient les autorités communales de l’époque.

C’était sans compter sur les grognements de certains riverains pour lesquels il était humiliant, voire ridicule, d’habiter dans une avenue portant un tel nom. Ils résolurent d’envoyer une pétition au collège, insistant pour que cette dénomination fût changée. On leur donna satisfaction et l’appellation changea en avenue du Départ, le 16 juin 1916 / Vertreklaan (point n° 612 de l’ordre du jour de la réunion).

Après la Seconde Guerre mondiale, Auderghem a voulu rendre hommage à la mémoire de ses habitants ayant sacrifié leur vie pour la patrie.

La famille Tedesco comptait trois victimes en ses rangs : Yves Tedesco, Gilbert Tedesco et son épouse Elise Georges. L’avenue où les Tedesco avaient longtemps habité fut rebaptisée avenue Tedesco, le 5 novembre 1946, en souvenir de ces trois victimes de la guerre.

Gilbert Tedesco naquit à Saint-Léger (prov. De Luxembourg), le 6 juin 1908. Il était mécanicien et habitait pendant la Seconde Guerre mondiale avec son épouse Elise Georges à la place Genicot (aujourd’hui place Govaert), dans les alentours immédiats où les membres de sa famille, comme dit plus haut, avaient vécu. Il devint, en mai 1942, chef de la section auderghemoise des résistants du Front de l’Indépendance. Il mit son habitation à la disposition de fugitifs et y cacha des armes ainsi que du matériel de propagande. Il fut dénoncé en 1944, arrêté le 24 juin et mourut peu après au fort de Breendonk.

Son épouse, Elise Georges, était née à Esch-sur-Alzette (Grand-Duché de Luxembourg), le 28 août 1915. Elle et son mari devinrent membres du Front de l’Indépendance et répandirent des films de propagande et des imprimés clandestins. La Gestapo les arrêta. Elle fut envoyée en Allemagne où, victime des mauvais traitements subis dans les camps de concentration de Ravensbruck et de Sachsenhausen, elle mourut dans un faubourg à l’est de Berlin, le 14 juillet 1945, peu après la fin de la guerre. Son enterrement eut lieu dans un camp de regroupement de l’armée britannique en présence de déportés belges convalescents.

Yves Tedesco est le fils de Charles, dont il a été question à la rubrique Parc de Woluwe. Il était né à Auderghem le 17 avril 1920 et y habitait chez ses parents lorsque éclata la guerre. Il devint officier aviateur et mourut en Méditerranée, le 14 juin 1942.

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194. Tervueren (avenue de). Tervuurselaan +/- 850 m sur Auderghem.

C’est à Léopold II que nous sommes redevables de cette route longue de 10 km, dont seulement 850 m sont sur le territoire d’Auderghem. Les travaux d’aménagement y furent entrepris le 1er octobre 1895 et s’achevèrent en 1897. Elle constituait l’axe reliant les deux pôles de l’Exposition internationale de 1897 : le parc du Cinquantenaire à Bruxelles, d’une part, et le parc de Tervuren, d’autre part. Elle est encore toujours l’une des plus belles avenues de la Région de Bruxelles-Capitale.

Au grand dam d’Auderghem, la voie passait trop loin du centre de la commune et ne pouvait donc revêtir un grand intérêt économique quoique, à l’époque, une ligne de tramway – la première sur le sol de la commune – y fut inaugurée. Auderghem disposait également depuis 1730 d’une liaison directe avec Tervuren via la chaussée du même nom (voir rubrique ch. de Tervueren).

Par la suite cependant, la construction de cette avenue eut pour Auderghem des effets favorables. En acceptant qu’une partie de cette belle artère passe sur le territoire d’Auderghem, les autorités communales ont, par le suite, habilement joué la carte de l’aménagement du boulevard du Souverain (voir rubrique Souverain). Les mêmes arguments ont d’ailleurs été repris parmi ceux qu’avait développés le Gouvernement en faveur de l’avenue de Tervueren : en faire une grande route reliant ensemble diverses communes séparées les unes des autres.

Les travaux furent exécutés par l’entrepreneur Edmond Parmentier ((voir rubrique Devis) et (voir rubrique Souverain)), le même qui bâtit plus tard le boulevard du Souverain avec la différence que, pour l’avenue de Tervueren, tout se déroula conformément au cahier des charges et dans le respect du délai imparti.

L’avenue étend ses plus grands tronçons respectivement sur Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre et Tervuren. De temps à autres, le fait qu’une partie de l’avenue de Tervueren est située sur Auderghem surprend encore telle ou telle personne qui l’ignorait. Pour toutes les données relatives à cette artère large de 57 m (avec de chaque côté encore une zone non bâtie de 9,5 m), nous renvoyons le lecteur à l’ouvrage « Léopold II, urbaniste », de Liane Ranieri.

Il faut encore mentionner que la création de cette merveilleuse avenue de Tervueren a entraîné la séparation en deux parties de la chaussée de Tervueren, tracée au XVIIIème siècle, à hauteur de ce que l’on appelait à l’époque « Auderghem-Forêt », à l’endroit où, le 2 juin 1995, fut inaugurée «La Quadrature de l’Arbre» oeuvre composée d’un ensemble de bronzes, par Thérèse Chotteau.

Ce groupe de bronzes restitue bien la manière dont l’homme cherche à se rendre maître de la nature – représentée ici par un arbre – qui s’échappe sans cesse pour revenir en d’autres dimensions. On n’aurait pu trouver meilleur emplacement pour cette œuvre d’art à la limite de la forêt, entre ville et Soignes.

C’est l’une des sept œuvres d’art exposées sur les voies publiques d’Auderghem.

On trouvera sous la rubrique Daumerie (voir rubrique Daumerie) comment Jef Verbruggen a ouvert son restaurant « Aux Trois Couleurs » à l’avenue de Tervueren et en fit une affaire prospère. Le nom de ce restaurant – qui a déménagé entre-temps pour s’installer plus bas, à Woluwe-Saint-Pierre – a, par l’usage, désigné tout le quartier. Bien que le restaurant de Jef Verbruggen ait été démoli depuis belle lurette, le nom de sa maison de bouche a défié l’usure du temps. Il est toujours employé pour désigner le quartier et un chemin tracé non loin de là, dans la forêt, porte son nom.

Autre anecdote : Il n’y a guère, le départ d’une étape du Tour de France a été donné avenue de Tervueren, sur le territoire d’Auderghem. C’était un départ « différé » car le start officiel avait été donné à la caravane du Tour auparavant, à Bruxelles. Cela s’est passé vers 1988 ou 1989.

Pour terminer, méditons sur ces mystères : pourquoi le nom de cette avenue est-il Tervuurselaan et non Tervurenselaan en néerlandais, ainsi que Woluwe l’a appelée ? Et pourquoi la traduction française en « Tervueren » ?

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195. Tervueren (chaussée de). Tervuursesteenweg. +/- 1.300 m.

Jusqu’au XVIIème siècle, dans les Pays-Bas méridionaux, rares étaient les chemins reliant entre eux nos villes et villages. Les autorités compétentes de l’époque, désemparées par les nombreuses guerres semant le désarroi, ne purent accorder l’attention voulue à la mise en place d’un réseau routier décent.

En 1695, Bruxelles avait été écrasée pendant trois jours sous les bombes de l’armée de Louis XIV. Le traité d’Utrecht, en 1713, nous plaçait sous le régime autrichien.

L’industrie se développa, le commerce était florissant. Notre économie connut un nouvel essor. Cependant, celui qui devait se rendre d’un village à un autre devait encore toujours faire usage de vieux chemins et sentiers, souvent très boueux. On ressentait de plus en plus le besoin de pouvoir disposer d’une meilleure voirie. A Ixelles où ils étaient concentrés, les plus importants fournisseurs de bois de la future capitale, avaient, à diverses reprises, demandé le pavage du chemin menant à Auderghem car, pour amener chez eux le bois coupé de ce côté de la forêt de Soignes, il fallait passer par des pistes particulièrement détestables.

On procéda, en 1726, à l’adjudication en deux lots d’une route droite et large appelée à remplacer le vieux chemin tortueux peu carrossable qu’on appelait, à Auderghem, le « Houtweg » (voir rubrique Trois-Ponts), (voir rubrique Valduc), (voir rubrique Goemaere). Le premier lot – ou premier tronçon – partait d’Etterbeek jusqu’Auderghem (à DryBorre, (voir rubrique Wavre)) ; l’autre, de la chapelle Het Zavelken, à Auderghem jusqu’à Tervuren. Les deux entrepreneurs purent commencer tout de suite la construction de cette route « chaussée », très moderne pour l’époque. Les travaux furent terminés en 1730. Il s’agissait de la première voie publique pavée à Auderghem. On lui donna le nom, tant à Etterbeek qu’à Auderghem, de chaussée de Bruxelles à Tervuren.

Par la suite (après 1736), la partie allant jusqu’à Dry Borre fut prolongée jusqu’à Jezus-Eik (Notre-Dame au-Bois), puis jusque Wavre. Cette partie – depuis la chapelle het Zavelken entre-temps déjà disparue - fut appelée chaussée de Bruxelles à Wavre. Sur la carte de de Ferraris (1771), la séparation entre les deux routes est nettement visible : à ce carrefour, la chapelle O.L.V. ten Zavel (Notre-Dame du Sablon) avait été élevée par les religieux du Rouge-Cloître, là où commence l’actuelle chaussée de Tervueren.

Charles de Lorraine (1712-1780) – un gouverneur fort aimé chez nous – qui se déplaçait régulièrement de Bruxelles à son château de Tervuren fit abondamment usage de cette nouvelle chaussée ainsi qu’en témoigne un avis publié dans le n° 8 du 9 mai 1749 de la Gazette de Bruxelles :

« S.A.R. le Duc de Lorraine et de Bar, notre Gouverneur Général, alla mardi dernier, 6 may, se promener au château Royal de Tervueren. Elle trouva sur son passage à Auderghem les Paysans rangés sous lesArmes, dont une partie était à Cheval, proprement habillés; ils avaient fait dresser au milieu de ce village un arc de triomphe; arrivée à Tervueren, les habitants y étaient aussi sous les armes pour recevoir S.A.R.; Ils ont donné en cette occasion des témoignages de leur joie, et ressenti les premiers fruits de la paix, qui rend à tous les Pays-Bas un prince si chéri. »

Durant des années, il a existé dans les environs décrits plus haut une auberge « Den Prins » puis, plus tard « Au Prince Charles » qui rappelle ces faits (voir rubrique Communale).

Non loin de là, à peu près à hauteur de l’actuelle rue Idiers, a existé une barrière dont le gardien percevait l’argent du péage servant, entre autres, à l’entretien de la chaussée.

CHÂTEAU MADOUX

Grâce à la construction de cette « chaussée », Auderghem – qui n’était qu’un petit hameau de Watermael-Boitsfort – a pu petit à petit se développer sur le plan économique. Une route si importante ne pouvait manquer d’attirer toutes sortes de métiers et débits de boissons et devint pour la haute bourgeoisie une voie de communication idéale entre leur maison de campagne, sise à Auderghem ou dans ses environs, et Bruxelles.

Sous le régime hollandais (1815-1830), le seigneur Israël Lob Reiss construisit le long de la chaussée de Tervueren un château qui fut cédé plus tard au banquier Van Humbeek, de Bruxelles, puis, en 1878, vendu à Alfred-Casimir Madoux. On trouvera plus de renseignements sur la famille Madoux aux rubriques suivantes (Aubépines), (Bouvier), (Brassine), (Chasse Royale), et (Madoux). Le château qui fut construit entre les actuelles avenues Sainte-Anne et Tahon, apparaît sur plusieurs cartes postales anciennes et portait aussi bien le nom de « Château Madoux » que celui de « Château des Orchidées ». Le bâtiment abritera aussi durant quelques temps l’école technique supérieure ECAM, de 1925 à 1933 (voir rubrique Sainte-Anne). Il fut finalement démoli vers 1948.

Dans le hameau d’Auderghem, la croissance de la population le long de la chaussée qui, à partir de Bruxelles menait à Tervuren ou à Wavre, avait rendu petit à petit la chapelle Sainte-Anne trop exiguë (voir rubrique Sainte-Anne). En 1843, on bâtit en style néoclassique l’église Sainte-Anne, sur ladite chaussée, au lieu-dit Schietheyde. Elle a été pendant plus de soixante ans la seule église d’Auderghem.

Sur le territoire d’Auderghem, la chaussée de Tervueren s’étendait sur plus de 4 km mais elle fut amputée d’une partie de sa longueur lors de la création de l’avenue de Tervueren, en 1897 (voir rubrique av. de Tervueren). Ceci ne suffit pas à sceller le sort définitif de ce qui fut la plus longue voie de la commune puisque, depuis le 1er janvier 1917, une décision du collège échevinal allait encore la raccourcir. La population apprit le 24 mars 1916 ce qui suit : « En ce qui concerne la partie de la chaussée de Tervueren située sur le territoire d’Etterbeek, un accord a été conclu entre la commune d’Etterbeek et la nôtre en vue de changer sa dénomination en chaussée de Wavre, avec numérotation unique partant de la Porte de Namur, à Ixelles, jusqu’à la limite d’Auderghem, vers Overijssche. Ce changement et la nouvelle numérotation seront d’application seulement dès le 1er janvier 1917, afin de ne pas créer de confusion dans les affaires des commerçants de cette rue. »

Dès ce jour, la chaussée de Tervueren ne mesura plus qu’environ 1.300 m, ce qui est encore sa longueur aujourd’hui.

Quant à la numérotation des maisons, un rapport portant le n° 182 du 9 octobre 1936 a été trouvé dans les archives communales. Il a trait aux habitations dans la ruelle qui débouche sur l’actuelle chaussée de Tervueren, au n° 17, non loin de l’église : « Revenant sur sa décision du 1-10-1931, estime qu’il n’y a pas lieu de procéder à la pose d’une plaque indicatrice au lieu dit « Schietheide » les immeubles édifiés en cet endroit de la commune faisant suite au numérotage de police de la chaussée de Tervueren. »

La ruelle, et c’est regrettable, ne reçut donc pas le nom local de Schietheyde.

C’est pourquoi les numéros impairs des immeubles de la chaussée de Tervueren passent brusquement du 17 au 57. Même si deux plaques ont été apposées sur les murs dans la ruelle, il n’est pas évident d’en conclure que cette étroite petite rue fait aussi partie de la chaussée de Tervueren.

Que celui qui, ailleurs qu’à Auderghem, trouvera une « chaussée », large à peine d’un mètre et demi et inaccessible aux véhicules, lève le doigt.

Concluons en émettant la même remarque que pour l’avenue de Tervueren: pourquoi utiliser Tervuursesteenweg ? La route conduit tout de même à Tervuren et non à Tervuur !

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196. Timmermans Gustave (rue). +/- 70 m.

La guerre de Corée battait son plein lorsque les premiers propriétaires vinrent habiter dans cette rue. Les travaux de voirie n’y étaient pas terminés et, comme il avait abondamment plu pendant cette période, les riverains en avaient été réduits à patauger durant des mois dans la boue tout comme nos vaillants volontaires en Extrême-Orient. Le quartier, construit en 1950 par la S.A. Baticoop et comprenant les quatre rues Christiaens, Simons, Timmermans et Van Asbroeck, reçut aussitôt le nom de « Corée ».

Les premiers permis de bâtir furent concédés aux immeubles numéros 1, 2, 3, 4, 5, 6, 9, et 11, le 27 décembre 1949.

Gustave-Hubert-Henri Timmermans était né à Auderghem le 8 juillet 1912. Il habitait rue de la Chasse Royale, au n° 3. Il servait dans l’armée en qualité de pilote lorsqu’éclata la guerre, le 10 mai 1940. Le lendemain, il fut tué à l’ennemi à ‘s Herenelderen, près de Tongeren (Limbourg). La rue reçut son nom sur décision du conseil communal du 24 mars 1950.

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197. Traquets (avenue des). Zwartkeeltjeslaan. +/- 800 m (dont +/- 470 m partagés avec Woluwe).

Apparemment, l’initiative de créer cette voie publique a été prise à Woluwe-Saint-Pierre puisque le rapport n° 124 du collège échevinal daté du 11 juillet 1930 constate que : « D’accord avec la commune de Woluwe-Saint-Pierre décide de dénommer « avenue des Traquets » l’artère établie au quartier du Vogelzang et se prolongeant de Woluwe-Saint- Pierre sur Auderghem. »

La société « Les Villas du Vogelzang » était alors, en effet, pleinement occupée à la construction du quartier du Chant d’Oiseau, à Woluwe.

Pourtant, le tracé définitif de la partie supérieure de l’avenue n’était toujours pas fixé par l’autorité en 1939, c’est du moins ce que l’on peut conclure d’un échange de correspondance avec la Société Immobilière Bernheim qui voulait y installer les égouts (rapport n° 460, 19 janvier 1939).

Sur le territoire d’Auderghem, le premier permis de bâtir fut délivré le 24.7.1931 pour la maison n°101, située dans la partie basse de l’avenue. Que les rues du voisinage aient reçu des noms d’oiseaux ne doit pas surprendre puisque, depuis des temps immémoriaux, les environs étaient désignés par Den vogelen sanc ((voir rubrique Argus) ou (voir rubrique Chant d'Oiseau)). Il existe actuellement à Auderghem quinze voies publiques portant un nom d’oiseau. Le « traquet » est un genre de moineau.

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198. Trèfle (clos du). Klavergaarde. +/- 80 m.

Dans son livre « Journal d’un Bourgmestre », Paul Delforge (voir rubrique Delforge)écrit à propos de cette voie publique : « .... Au cours d’une de mes premières séances du collège (ceci se passait en 1956; il était alors échevin), les deux cas se présentèrent : débouchant dans l’avenue du Kouter se créait une nouvelle petite voirie sur un emplacement connu à Auderghem comme le clos au Trèfle. Cette terminologie ancienne fut maintenue dans l’appellation de la rue. ... »

L’Atlas des Communications Vicinales (1843) mentionne effectivement sous le n° 42 un Sentier du chemin dit Duyvelskeulstraat (à présent rue Valduc - Hertogendal) vers Woluwe St. Pierre. Dénomination particulière : Claverweg.

Bien que ce chemin, jadis long de 400 m, ne coïncide pas avec le tracé de l’actuel clos du Trèfle, il n’en figure pas moins dans ses alentours immédiats. Le sentier n° 42 dont question fut supprimé en juillet 1939 à la demande du collège échevinal (rapport n° 1.158).

La maison n° 5 reçut le premier permis de bâtir.

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199. Triomphe (boulevard du). Triomflaan. +/- 1450 m partagés avec Ixelles

Avec l’aménagement d’un nouveau champ d’exercices militaires (voir rubrique Jacques)– l’ancien terrain d’exercices était situé à l’actuel parc du Cinquantenaire – fut créée une route entourant cette surface (devenue depuis le campus de l’U.L.B.-V.U.B.). Le boulevard reçut le nom de boulevard de la Plaine (Pleinbolwerk).

Une partie des champs formant la « plaine » relevait encore d’Auderghem. Afin que tous les terrains à usage militaire soient placés sous un même règlement de police, les communes d’Ixelles et d’Auderghem s’entendirent pour procéder à l’échange de terrains. Ceci eut lieu en 1890. Depuis cette date, tout un côté du boulevard de la Plaine – environ 1.450 m – relèvera d’Auderghem pour former ainsi la limite entre les deux communes.

On peut comprendre que le boulevard n’avait pas l’aspect d’aujourd’hui. Il était beaucoup plus étroit mais, surtout, non pavé, ce qui causait l’ire des riverains. On en veut pour témoin ce couplet qui fut chanté pendant la revue « Bas les Masques », le 5 octobre 1913, dans la salle Luppens, à Auderghem.

« Lorsqu’au Boulevard de la Plaine,
Jadis venaient les Libéraux :
Ils nous promettaient des travaux
- De promesses la bouche pleine -
Et malgré les contributions,
Lorsqu’approchaient les élections :
C’était pour eux que nous votions!
Ils triomphaient toute la clique,
Puis oubliaient le boulevard,
Nous recevions un peu plus tard
La visite des Catholiques.
“Si vous voulez de bons pavés,
Elisez-nous vos conseillers,
Et bêtes, nous avons voté!
Nous nous enlisons dans la boue,
On veut nous tirer d’embarras :
On offre des cailloux en tas.
Tout le boulevard fait la moue,
Et nous les avons refusés
Disant : “Vous pouvez les garder :
Nous exigeons de beaux pavés. »


La plaine des Manoeuvres avec, à l'arrière-plan, les maisons du boulevard du Triomphe.

Auderghem comptait alors quelque 8.000 habitants dont la grande majorité établis le long de la chaussée de Wavre et, naturellement, au centre de la commune. Les libéraux détenaient effectivement la majorité et, avec 4 sièges contre 7, les catholiques formaient l’opposition.

Ce n’est que bien plus tard que le chemin fut pavé et il ne reçut sa physionomie actuelle que bien plus tard encore, à partir de 1974.


Partie du boulevard du Triomphe située entre le boulevard Général Jacques
et l'avenue H. Schoofs, avant la seconde guerre mondiale.

En 1916, la Conférence des Bourgmestres de la région bruxelloise avait émis le vœu de voir supprimer les doubles dénominations de voies publiques. Auderghem rebaptisa 27 rues, parmi lesquelles, ce boulevard. Depuis le 1er janvier 1917, il se nomme désormais boulevard du Triomphe – Zegelaan. Le tronçon dont les deux trottoirs relèvent d’Ixelles a conservé son nom d’origine.

Il est remarquable que le choix d’un nom aussi triomphant ait été fait durant la Première Guerre mondiale, en pleine occupation ennemie. Nul doute que les autorités auderghemoises étaient déjà convaincues que la victoire n’allait plus tarder.

On ignore quand le mot néerlandais Zege a été transformé en Triomf.

Rien moins que trois victimes de la guerre 14-18 habitaient sur cette artère lorsque éclata cet abominable conflit : Maurice Charlent, Jules Cockx et Eugène Denis. Des noms de rues auderghemoises perpétuent le souvenir de leur sacrifice.

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200. Trois-Fontaines (clos). Drie Fonteinengaarde.

A la rubrique Sacré-Cœur (voir rubrique Sacré-Coeur), on peut lire que les deux dernières sœurs Agnès et Aloïs ont quitté définitivement l’Institut du Sacré-Coeur en novembre 1994. L’église et la salle des fêtes furent démolies en 1998. Une nouvelle voie publique a été tracée sur la surface devenue disponible en vue d’y construire de modernes immeubles à appartements résidentiels.

Le 11 mai 2001, sur avis du collège échevinal, le conseil communal décida à l’unanimité d’appeler désormais ce chemin clos Trois-Fontaines. Nul n’a jamais entendu parler de trois fontaines dans les environs. Le collège de l’époque s’est-il inspiré du petit château Dry Borre situé bien plus loin (voir rubrique Wavre) ? Dieu seul le sait.

Dommage que l’on n’ait pas saisi cette occasion pour commémorer une victime de guerre dont le nom n’a pas encore été attribué à une voie publique. Ou un nom ayant existé jadis dans le voisinage, par exemple les Vier Mariekes (voir rubrique Goemaere) ou Transvaal (voir rubrique Meunier). Pourquoi pas ?

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201. Trois Ponts (rue des). Driebruggenstraat. +/-440 m.

Houtweg est le nom que l’on donnait jadis à une partie de cette rue. Le chemin est bien visible sur la carte de de Ferraris (1771). On le voit au sud du bois de Mesdael s’étendant sur une surface défrichée en direction de l’abbaye de la Cambre, à Ixelles ; il apparaît aussi sur la carte de L. Van Werden (1659).

A cette époque, Auderghem n’était rien de plus qu’un petit village dont les rares habitants vivaient à l’ombre des deux couvents – Valduchesse et Rouge-Cloître – où ils offraient leurs services et pouvaient trouver refuge en temps de troubles.

Ce chemin avait une grande importance. On l’empruntait jadis pour se rendre à Ixelles. Il faisait surtout l’affaire des bûcherons qui y traînaient leurs cargaisons de bois vers leurs ateliers. N’oublions pas que les plus grands négociants en bois de la future capitale étaient établis à Ixelles. Aujourd’hui, il faut quelque imagination pour comprendre l’importance du bois dans la vie quotidienne d’alors : on n’en faisait pas seulement usage comme combustible à la cuisine et, en hiver, il constituait l’unique source d’énergie disponible. De même, le mobilier et tout le secteur de la construction étaient principalement tributaires du bois.

Combien de tonnes de bois n’ont-elles pas été charriées par cette route lorsqu’il a fallu reconstruire Bruxelles ? En 1695, la ville fut entièrement détruite par le maréchal de Villeroy. De combien de fûts sciés les transporteurs n’ont-ils pas dû faire usage pour rendre le chemin carrossable dans ses parties les plus marécageuses ? C’est d’alors sans doute qu’est né son nom Houtweg (hout, bois ; weg, chemin)..

Les négociants en bois d’Ixelles insistèrent auprès de l’autorité afin d’obtenir le pavage du chemin d’Auderghem (début du XVIIIème siècle). C’est ainsi qu’est née la route de Bruxelles à Tervuren (voir rubrique ch. de Tervueren) et que l’animation le long du Houtweg allait graduellement se réduire.

Dans l’Atlas des Communications Vicinales (1843), le Houtweg porte le n° 1. Il mesurait alors 1.446 m de long et sa largeur atteignait 6,60 m, ce qui en faisait l’un des chemins les plus larges d’Auderghem.

Trois sections en existent toujours : soit, une partie de la Rue des Trois-Ponts, la rue L. Verstraeten de l’autre côté du chemin de fer, et l’avenue A. Fraiteur, à Ixelles.

Le Houtweg courait donc tout droit, sans interruption, de l’actuel square J.B. Degreef jusqu’à l’actuel cimetière d’Ixelles, au-dessus du chemin de fer encore inexistant et à travers l’actuel campus de l’U.L.B.-V.U.B. En ce lieu, il formait la limite avec Ixelles.

Le chemin fut séparé une première fois en deux tronçons lorsque, en 1875, un nouveau terrain d’exercices pour les militaires fut aménagé sur la surface devenue aujourd’hui le campus universitaire. Ceci eut pour effet de modifier la limite entre Auderghem et Ixelles (voir rubriques Jacques, n° 102 et Triomphe, n° 199). La partie du vieil Houtweg demeurée sur le territoire d’Auderghem fut réduite à environ 370 m. Elle se limitait alors aux actuelles rue des Trois-Ponts et L. Verstraeten.

Enfin, le chemin fut amputé une seconde fois, lors de la construction de la ligne de chemin de fer Halle- Schaerbeek, en 1907. C’est ainsi qu’est née la courte rue du côté du boulevard du Triomphe et qui ne se nommera L. Verstraeten que beaucoup plus tard.

L’autre section du Houtweg (actuelle rue des Trois-Ponts) fut redressée jusqu’au pont du chemin de fer. Ce dernier était fort large en cet endroit et l’on y jeta un pont de pierre à trois arches (Albert Mebis. Auderghem – Documentation, mai 1976). C’est pourquoi, le 9 mai 1913 (rapport n° 778), le collège échevinal a donné au vieil Houtweg redessiné le nom de Rue des Trois-Ponts. Le pont aux trois arches fut entièrement reconstruit dès 1972 lorsque commencèrent les travaux de la station de métro Delta et des hangars de la STIB.

Au début de la rue des Trois-Ponts, à l’actuel square J.B. Degreef, le citoyen a pu, pendant des années, faire halte dans un estaminet appelé « Au Chasseur Vert » (à ne pas confondre avec son homonyme de Woluwe-Saint-Pierre). Ce débit de boissons a poursuivi son existence sous le nom « A l’ancien Chasseur Vert » jusqu’en 1964, année où un permis de bâtir avait été délivré à une banque pour y ouvrir une agence (aujourd’hui aussi déménagée de l’autre côté de la chaussée de Wavre).

Deux victimes de la Seconde Guerre mondiale ont habité dans la rue des Trois-Ponts au début du conflit : Jean Ekelmans au n° 41 et Léopold Lambin au n°120. Tous deux ont une rue à leur nom.

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