
202.Valduc (rue). Hertogendal. +/-900 m.
Bien avant la construction de lactuelle chaussée de Wavre,
en 1730, un chemin tortueux sextirpait laborieusement vers louest
de la vallée de la Woluwe, à partir de lendroit où
un pont passait au-dessus du ruisseau (environs de lactuelle rue
J. Bassem). Il était utilisé par les bûcherons pour
se rendre de la forêt de Soignes à Ixelles. A hauteur de
lactuelle avenue H. de Brouckère, le chemin se tortillait
vers la plaine du Chant dOiseau où il se séparait
en deux parties : à droite, il menait à Etterbeek ; à
gauche, il prenait la direction de labbaye de la Cambre, à
Ixelles (via lactuelle rue des Trois-Ponts). On le reconnaît
aisément sur la carte de L. Van Werden (1659) ; le chemin constitue
donc un vestige de lancien
Houtweg, tout comme la rue des Trois-Ponts. Le tracé de lactuel
le rue Valduc est repris sur la carte de de Ferraris (1771) dressée
après la construction de la route de Bruxelles à Wavre.
LAtlas des Communications Vicinales (1843) décrit la rue
Valduc sous le nom Duivelskeulstraet et lui donne le n° 5 : elle mesurait
928 m de long et 3,30 m de large. Que signifie Duivelskeul ? Herbe du
Diable, une plante très vénéneuse mieux connue sous
le nom daconit. Le poison est fréquemment assimilé
au venin, avec le mal et tout ce qui est diabolique.
Le voyageur se rendant à la fin du XIXème siècle
de Bruxelles au prieuré de Valduchesse pouvait suivre une partie
de la Duivelkeulstraet devenu entre-temps Duiveldelle (delle, vallon)
à partir de lactuel square J.B. Degreef. On trouvera
une courte description du couvent fondé par la duchesse Aleyde
en 1262 à la rubrique Prieuré, (voir
rubrique Prieuré). La duchesse Aleyde était la
veuve de Henri III, duc de Brabant. Etait-ce la raison ayant inspiré
le collège échevinal de donner à cette rue le nom
de Valduc (séance du 5 juin 1874, décision n° 265)?
Dans lactuelle traduction en néerlandais ce nom est écrit
au pluriel : Hertogendal.
« Laver et blanchir le linge constitue la principale industrie
des habitants de notre commune », affirme le collège échevinal
dAuderghem dans un rapport annuel de 1896. Longtemps, et jusquaux
années 60, les métiers de la blanchisserie ont effectivement
constitué une activité familiale à Auderghem. Il
est frappant que, en 1930, la rue Valduc où sélevait
alors moitié moins de maisons quaujourdhui comptait
quelque onze laveurs (m / f) et quinze repasseuses. On trouvera plus de
détails sur les petites blanchisseries dAuderghem à
la rubrique Vignette, (voir
rubrique Vignette).

La procession à la rue Valduc, à hauteur de l'actuel 206
(alors Estaminet "In het Klein Voske").
A l'arrière-plan, on distingue une cheminée de la fabrique
de peinture Ligot, vers 1930.
René Coulbaut, Guillaume Demuylder et Isidore Geyskens, trois
victimes des deux guerres, ont habité dans cette rue. Leurs noms
ont été donnés à des rues de la commune afin
de perpétuer leur souvenir.

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203. Valduchesse (avenue). Hertoginnedallaan.
+/-150 m plus 260 m.
En 1796, lors de la fermeture définitive du prieuré de
Valduchesse sous le régime français il fut
procédé à la vente publique du couvent et ses dépendances
(voir rubrique
Prieuré). Comme pour les biens du Rouge-Cloître
(voir rubrique
Rouge-Cloître), divers acheteurs prirent possession de
parties du domaine.

La plupart des bâtiments du prieuré proprement dit furent
rasés. Seul fut épargné le quartier de la prieure,
encore visible à partir de la fin de la rue du Vieux Moulin. Il
fut construit, entre 1770 et 1781, en style Louis XVI, sous limpulsion
de lune des dernières prieures, Cécile de Neufforge.
Déjà au XIXème siècle, on qualifiait le
bâtiment comme « le château de Valduchesse ».
Il devint, en 1840, propriété de Eugène-Amour de
Cartier, bourgmestre de Watermael en 1842 Auderghem faisait alors
partie de Watermael (voir
rubrique Cordier). Le bien fut reçu en héritage
par Madame F. Puissant dAgimont, une fille de Cartier. Après
sa mort, le banquier A. Frank-Morel acheta le bâtiment. Enfin, en
1903, le château tomba dans lescarcelle de Charles Dietrich
qui racheta plus tard également la chapelle Sainte-Anne et tout
ce qui restait de lancien prieuré avec ses terrains. Il donna
au domaine de Valduchesse le visage quil montre encore de nos jours.
Au contraire de ce que fit Romain Govaert au Rouge-Cloître, Dietrich
va faire cesser toute activité à Valduchesse. En outre,
il réussit à mettre la main sur deux voies publiques et
à persuader les habitants den déménager au
plus vite car leur exode commença sans délai.

Le premier de ces chemins privatisés est celui qui sétend
entre lactuel boulevard du Souverain et létang de Valduchesse.
A son sujet, la revue du Touring Club de Belgique de septembre 1906 nous
apprend ce qui suit :
« Dun côté les belles frondaisons dun
bois de haute futaie lui font un encadrement merveilleux, se reflétant
dans les eaux claires de la vaste nappe où, çà et
là, sétalent paresseusement les nénuphars (il
existe toujours une avenue portant ce nom dans les parages immédiats)
; la tour de lancienne chapelle Sainte-Anne, couverte de lierre,
surgit au milieu dune masse opaque de verdure sombre. Lautre
côté de létang, festonné dun rideau
de roseaux, est bordé par lancienne route dAuderghem
à Woluwe-Saint-Pierre, si coquettement ombragée par une
quadruple allée dormes à lépaisse toison;
la Woluwe, profondément encaissée dans ses rives, coule
en chantonnant tout contre le chemin dont elle épouse les sinuosités.
Lendroit est tout particulièrement affectionné des
promeneurs qui viennent y pique-niquer à laise; beaucoup
de peintres sy sont inspirés et bien des amoureux de la belle
nature y ont puisé leurs plus fortes impressions.
Hélas! Bruxellois, hâtez-vous une fois encore, à
cette arrière-saison où lautomne donne à la
forêt des colorations si riches, de jeter un dernier coup dil
sur le poétique étang de Val-Duchesse! Une convention vient
en effet dêtre passée entre lEtat et le propriétaire
de létang et du bois sis sur lautre rive, en vertu
de laquelle ce dernier acquiert pour quelques billets de mille lassiette
de la route ancienne qui sera désormais englobée dans sa
propriété, ainsi que le cours de la rivière.

Cette partie du chemin menait à Woluwe-Saint-Pierre. La Woluwe
est à gauche.
Le chemin existe encore dans l'actuel domaine de Valduchesse.
... Ladministration communale dAuderghem a protesté
énergiquement auprès de lEtat contre cette convention
léonine qui va priver la commune dune de ses plus belles
attractions. Rien ny a fait.
... Nous osons espérer que lopinion publique, si elle ne
peut avoir pour effet dobliger le gouvernement à revenir
sur une convention signée, obtiendra tout au moins que, par un
accord additionnel, lEtat frappe de servitude de vue la partie cédée,
et sarrange en sorte que lacquéreur ne puisse jamais,
dans la parcelle emprise, faire des plantations susceptibles de masquer
la vue que, de la nouvelle avenue, on aura vers létang. »
La décision de vendre le chemin décrit plus haut fut votée
par le Parlement et approuvée par le roi le 19 mai 1906. Elle parut
au Moniteur n° 143 du 23.5.1906. Ce chemin coïncide avec la partie
du sentier portant le n° 38 dans lAtlas des Communications Vicinales
(voir rubrique
Idiers) et (voir
rubrique Steeno)). On peut en déduire que le plus court
tronçon de lactuelle avenue de Valduchesse en forme encore
un petit vestige.
Charles Dietrich acquit également en 1908 la chapelle Sainte-Anne
(voir
rubrique Sainte-Anne) ainsi que les champs attenants par où
passait le chemin de la Chapelle. Ce dernier commençait alors à
peu près à la fin de lactuelle rue du Vieux Moulin
et montait ainsi vers la chapelle. Une partie en subsiste à lintérieur
du domaine de Valduchesse. Dietrich sappropria les 17 immeubles
du chemin de la Chapelle. Ils abritaient quelque 2% de la population dAuderghem
et il fit en sorte que ces gens quittassent les lieux au plus vite. Nul
doute que tout cela se soit opéré dans la légalité
la plus stricte et il est même vraisemblable que la plupart dentre
eux aient été bien dédommagés.

Le chemin -privatisé- de la Chapelle. On peut voir à gauche
les toits des quelques maisons
qui allaient être abattues.
Lorsque le chemin de la Chapelle fut fermé définitivement,
la rancur de la population auderghemoise lui fut acquise pour longtemps.
La preuve? Cette chansonnette dans la revue « Bas les Masques »
(1913) dont le texte figure à la rubrique Sainte-Anne (voir
rubrique Sainte-Anne).
Dès lors, Dietrich délimita son domaine avec soin. En
1915, pendant la Première Guerre mondiale, il allait accorder
remord ? un grand appui financier à la commune pour lui
permettre de tracer les belles avenues entourant son domaine. Ce faisant,
on mettait de nombreux chômeurs au travail et on leur épargnait
de la sorte une éventuelle déportation par loccupant.
La seconde partie de lavenue de Valduchesse elle allait
de la rue du Vieux Moulin au carrefour Sainte-Anne (voir
rubrique Sainte-Anne) fut construite sur le tracé
de lancienne Puttestraet (actuellement Putdael) et considérablement
élargie. Lintention était de prolonger lavenue
jusquà sa première partie décrite ci-dessus,
entre les actuelles demeures privées et le domaine de Valduchesse.
Apparemment, lexécution de ce projet rencontra quelques difficultés
car lavenue de Valduchesse se heurte dun côté
à la rue du Vieux Moulin pour se prolonger plus loin (côté
avenue de Waha).
On peut en conclure quici la commune présente une particularité
unique de plus car, partout ailleurs, on aurait donné un nom différend
à chacune de ces rues.

Une partie de l'actuelle avenue Valduchesse.
Au XXème siècle, deux importants événements
sont à retenir dans lhistoire de Valduchesse. Il y eut dabord,
le 8 septembre 1917, la séance solennelle de la fête de bienfaisance
organisée par lambassadeur dEspagne au bénéfice
des orphelins de guerre belges et français dans le domaine mis
à sa disposition par Charles Dietrich. En cette circonstance, le
domaine fut neutralisé durant toute une journée et ce petit
morceau dAuderghem paré de drapeaux espagnols. Pour en savoir
plus à ce sujet, consulter la rubrique Tahon, (voir
rubrique Tahon).
Lautre événement eut lieu entre le 26 juin 1956
et le 24 mars 1957. Sous la présidence de P.H. Spaak, des experts
européens venus de Belgique, de la République fédérale
allemande, de France, dItalie, du Luxembourg et des Pays-Bas se
réunirent au château de Valduchesse pour y rédiger
les textes fondateurs des traités de la C.E.E. et Euratom. Plus
tard, une plaque-souvenir commémorant cet événement
a été apposée dans la salle gothique du château.
Bien que le traité ait été signé plus tard
à Rome, on peut affirmer que le berceau de lUnion européenne
est ici, à Auderghem.
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204. Valkeners Alphonse (avenue). +/- 140 m.
Rien moins quune douzaine de voies publiques nouvelles furent
créées à Auderghem, en 1959. En moyenne, une par
mois, parmi lesquelles lavenue Alphonse Valkeners qui, en même
temps que deux autres rues du quartier Lebon furent tenues sur les fonds
baptismaux par le conseil communal, le 6 avril 1959.
Alphonse Valkeners naquit à Molenbeek, le 8 juillet 1895. Il
habitait dans lactuelle rue de la Stratégie lorsquéclata
la Première Guerre mondiale. Il fut incorporé comme soldat
au 1er régiment de Grenadiers et tué à lennemi
à Nieuport, le 9 mars 1918.
Auderghem devint ainsi la seule commune bruxelloise qui donnera systématiquement
le nom de ses victimes de guerre à ses voies publiques.
Un premier permis de bâtir fut délivré le 25 février
1960 aux propriétaires des maisons numéros 2 et 8.
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205. Van Antwerpen Henri (rue). +/- 60 m.
Bien que la cité-jardin de la société Les Habitations
à Bon Marché fut pour ainsi dire achevée à
la fin des années 60, cette association reçut encore loccasion
de sétendre considérablement en acquérant une
partie voisine des jardins de linstitut du Sacré Cur
(voir
rubrique Lambin) et (voir
rubrique Sacré-Coeur).
En septembre 1969, le bourgmestre Paul Delforge y posa la première
pierre dun nouveau complexe dhabitations. En y construisant
de petits appartements à loyers modérés, on avait
principalement en vue le logement de pensionnés, où les
seniors pourraient conserver leurs propres meubles. Au milieu de leurs
souvenirs personnels et entourés dun maximum de confort,
la chance leur était offerte dorganiser leur vie eux même.
Peu après, le 8 juin 1970, le conseil communal donna des noms aux
deux voies publiques qui y furent tracées : ce furent lavenue
Lambin et la rue Van Antwerpen.
Henri Van Antwerpen était né à Auderghem le 8 avril
1904. Il devint serrurier et épousa Rosalie Van Eylen avec qui
il habitait rue des Paysagistes, au n° 37, lorsquéclata
la Seconde Guerre mondiale. Henri fut déporté comme travailleur
obligatoire en Allemagne où il mourut le 22 mai 1944, à
Duisburg.
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206. Van Asbroeck Léopold (rue). +/-
40 m.
Dans le langage populaire, le nom de « Corée » a
été donné à un quartier qui sest développé
à Auderghem, lors de la guerre du même nom. Pour de plus
amples détails, se référer à la rubrique Christiaens,
(voir rubrique
Christiaens). Curieux ? Pas tellement puisque, au début
du XXème siècle, le nom du quartier voisin du Transvaal
avait connu un destin similaire (voir
rubrique Meunier).
La rue Van Asbroeck fut donc implantée dans la « Corée
» tandis que, par la même occasion, trois autres rues du quartier
reçurent leur dénomination par le conseil communal, le 24
mars 1950. Pour lheure, on en était déjà à
bâtir les immeubles portant les numéros 1, 2, 3 et 4.
Léopold Van Asbroeck fut un Auderghemois de pure souche puisquil
y était né le 19 juillet 1918. Il apprit le métier
de vitrier auprès de son père et épousa Elisabeth
Wellens. Le ménage eut un fils et habitait chaussée de Tervueren,
au n° 129, lorsquéclata la Seconde Guerre mondiale. Léopold
fut appelé sous les armes et incorporé au 1er régiment
de Lanciers. Il fut tué à lennemi à Watervliet
(Fl. orient.), le 20 mai 1940, dix jours après la déclaration
de la guerre. Le hasard a voulu que le nom du malheureux Van Asbroeck,
né pendant la Première et mort durant la Seconde Guerre
mondiale, soit aussi lié à une troisième guerre de
lhistoire mondiale au cours du siècle dernier puisque son
patronyme a été donné à une rue dans le quartier
de la « Corée ».
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207. Van de Leene Jules (avenue). +/- 130 m.
Au fil du temps, Auderghem a également donné des noms
dartistes peintres à une douzaine de voies publiques. Jules
Van de Leene fut lun dentre eux. Et, cela arriva même
de son vivant, treize ans avant sa mort.
Ce peintre estimé, dorigine flamande, était né
à Ixelles, le 10 mai 1887. Très jeune, il fut attiré
par le dessin. Avant même davoir terminé ses humanités,
le jeune homme avait déjà suivi des cours dans les académies
dIxelles et de Bruxelles.
Autoportait.
A partir de 1913, il se consacra entièrement à sa passion,
la peinture. Il sétablit un certain temps à Damme
mais aboutit finalement à Auderghem. Il y fit construire sa maison
rue du Bocq, n° 13.
Ses uvres furent achetées par des musées, tant en
Belgique quà létranger : Brugge, Bruxelles,
Ixelles, Le Caire, Kortrijk, Tokyo
Auderghem possède de lui
une aquarelle, « Le pont de Sospel » (Alpes Maritimes, France).
Il mourut à Auderghem, en 1962.
Le chemin auquel on donna son nom (conseil communal du 13 décembre
1949) est situé dans les alentours immédiats de la place
où vint travailler un autre peintre (voir
rubrique Clesse). On y avait déjà construit quelques
maisons avant même que la rue ait reçu son nom. Le n°
4 obtint le premier permis de bâtir, le 28 mars 1949.
Retour
208. Vanden Thoren Paul (avenue). +/- 780
m.
« Gros événement à Bruxelles, le 4.8.1909.
» Ainsi débute larticle de J. Gérard dans la
publication Belgique 1900. Plus loin, il écrit : « Ce jour-là,
des dizaines de milliers de Bruxellois se pressent dans les rues et sur
les boulevards pour assister à la première sortie du dirigeable
« Belgique ». Ayant quitté son hangar de Boitsfort-Auderghem
à 17h45, le long cigare évolue sans incidents dans le ciel
de la capitale à la vitesse de 30 km à lheure en moyenne.
»
La raison pour laquelle cet écho est reproduit ici est simple
: le hangar dont question avait été monté à
la limite de la forêt de Soignes, sur une zone encore non-bâtie
située à la limite dAuderghem et de Boitsfort.
Cet abri couvert destiné au premier ballon dirigeable belge était
situé sur le territoire dAuderghem, au début de lactuelle
avenue Vanden Thoren, près de lavenue Leemans (côté
Boitsfort). Les terrains sur lesquels il avait été construit
appartenaient alors à la famille Morel, de Boitsfort. Lemplacement
apparaît très clairement sur un plan de Kiessling, daté
+/- de 1910.
A cette époque, la conquête du ciel en était à
ses premiers balbutiements. Il nest donc pas surprenant quune
grande cérémonie ait eu lieu, le 14 novembre 1909, pour
ovationner ce premier vol aérien au-dessus de Bruxelles. La solennité
avait été mise sur pied conjointement par les communes dAuderghem
et de Watermael-Boitsfort. Nous renvoyons les lecteurs intéressés
à loeuvre de J.P. Huts: « Quand le Belgique
survolait Watermael-Boitsfort ».
A Boitsfort, lavenue du Dirigeable rappelle dailleurs le
fait que les initiatives privées les plus importantes pour permettre
la construction de ce ballon aérien sont venues de cette commune
et que son hangar nen était pas éloigné (en
vérité, sur le territoire dAuderghem).
Il nétait pas encore question de lactuelle avenue
Vanden Thoren. Elle ne fut créée que lorsque les terrains
furent entre les mains dune importante entreprise de construction
qui y bâtit le quartier du Parc des Princes, à partir de
1956 (voir
rubrique Leemans). En 1958, cinq rues furent aménagées
dans ce nouveau quartier. Le conseil communal leur donna, le 28 juillet,
les noms suivants : rues F. Delincé, F. Martin, L. Savoir, L. Vande
Woesteyne et aussi avenue Vanden Thoren.
A lavenue Vanden Thoren, le propriétaire de la maison n°
18 reçut le premier permis de bâtir, le 19 août 1959.
Paul-Clément Vanden Thoren naquit à Ixelles, le 9 septembre
1885. Il travaillait comme ajusteur et était toujours célibataire
lorsquil fut incorporé au 3ème régiment de
Ligne pour partir à la guerre, en 1914. Il habitait à lactuelle
chaussée de Wavre, au n° 377 de lépoque. Il perdit
la vie sur le champ de bataille de Zuidschote (Fl. Occ.), le 8 mai 1915.
Retour
209. Vanderborght Joseph (drève).
+/- 90 m.
En appelant cette drève du nom de Joseph Vanderborght, le 23
octobre 1953, le conseil communal a voulu rendre hommage à la carrière
de cet homme politique auderghemois.
A ce moment, on ouvrait une nouvelle voie publique dans la propriété
de Monsieur Accent, le père de Jean (voir
rubrique Accent). Le chemin daccès de cette belle
villa (qui porte actuellement le n° 13 dans cette rue) bâtie
en 1930 par larchitecte Art-Déco Lacoste a dailleurs
fourni le tracé de la drève actuelle. Ainsi avait été
ouverte la possibilité de lotir certaines parties de la propriété.
Joseph Norbert Vanderborght a vu le jour à Overijse, le 4 janvier
1869. Il sétablit à Auderghem, chaussée de
Watermael, n° 19, en qualité de négociant en bois. Aux
élections de 1911, il se présenta sur la liste catholique
mais ne fut pas élu directement. En 1915, il remplaça M.
Gauthier, conseiller communal du même parti, qui avait démissionné.
Il fut réélu conseiller communal aux élections suivantes
de 1921 et de 1926. Sa carrière politique prit soudain un tournant
en 1931, à la mort de Jacques Bassem à qui il succéda
dans la charge déchevin des Travaux publics. Il mena ce mandat
à bien jusquaux élections suivantes de 1932.
Bien que son parti avait enlevé 6 sièges autant
que lors des élections précédentes, une majorité
de rechange réunissant libéraux (6 sièges) et socialistes
(1 siège) allait simposer. Les catholiques retrouvèrent
lopposition et il redevint simple conseiller communal jusquà
fin 1938. Cette année-là, il ne recueillit pas assez de
voix de préférence pour être réélu.
Joseph Vanderborght mourut à Ixelles, le 23 mars 1953. Sept mois
plus tard, son nom fut donné à cette artère.
Retour
210. Vandercammen Jean-Baptiste (rue). +/-
150 m.
Entre les deux guerres déjà, des noms de victimes auderghemoises
de la Grande Guerre avaient été donnés à quelques
rues. Dès 1946, et bien que tous les soldats tués à
lennemi en 1914-1918 naient pas encore été reconnus
par une rue portant leur nom, cet hommage fut rendu à plusieurs
victimes de la Seconde Guerre mondiale. Il fut décidé, au
début des années 50, que lon rendrait honneur à
toutes les victimes des deux guerres en donnant désormais leur
nom aux voies publiques dans lordre de leur date de décès,
en prévoyant certaines exceptions. Bien que les noms de quelques
victimes napparaissent pas encore sur des plaques émaillées,
les autorités communales de lépoque ont suivi régulièrement
cette directive.
Lorsque, en 1956, on commença à bâtir le nouveau
quartier nommé Parc des Princes (voir
rubrique Leemans)à la limite de la forêt de Soignes,
le conseil communal du 5 octobre donna les noms suivants aux deux rues
qui venaient dy être tracées : J.F. Leemans et J.B.
Vandercammen.
Les premiers propriétaires qui reçurent un permis de bâtir
furent ceux des numéros 20 et 36, le 22.8.1956.

Jan-Baptist Van der Cammen naquit à Watermael-Boitsfort le 1er
février 1886. Il devint maçon et épousa Thérèse
Crock. Ils habitaient chaussée de Wavre, au n° 1.670 de lépoque,
avec leur petit garçon lorsque Jan-Baptist fut appelé sous
les drapeaux. La seconde grossesse de son épouse était presque
à terme lorsquil dut rejoindre le 2ème régiment
de Chasseurs à pied le 26 août 1914 et fut tué durant
la bataille dEppegem. Quelques semaines plus tard naquit sa fillette
Clara.
Retour
211. van der Goes Hugo (avenue). +/- 400 m.
Quel peut être le rapport entre Auderghem et lun des plus
grands rénovateurs de la peinture au XVème siècle
?
Bien quil soit admis que Hugo van der Goes naquit à Gand
aux environs de 1440 lieu et date exacts sont inconnus il
est établi quil a passé les dernières années
de sa vie à Auderghem. Sa vie et son uvre ont fait lobjet
douvrages et dexpositions innombrables : il nest donc
pas nécessaire den dire davantage dans le cadre du présent
livre. Nous savons quil a accédé à la notoriété
à létranger vers 1470 et quil fut doyen de la
guilde des artistes gantois en 1474, 1475 et 1476. Peu après (vers
1478 ou un peu plus tôt) il devint frère convers au Rouge-
Cloître où déjà son demi-frère Nicolas
était moine.

La Mort de la Vierge, peinte par van der Goes lors de son séjour
à Rouge-Cloître.
Cest à cette période que Hugo van der Goes commença
à souffrir de troubles mentaux et de délire de la persécution,
des maux qui allèrent le poursuivre pour le restant de sa vie au
Rouge-Cloître.
Bien quil nait jamais signé une seule de ses uvres,
on a pu lui en attribuer, avec certitude, un certain nombre. Elles sont
répandues dans le monde entier ; la plus connue en est le «
triptyque Portinari», à Florence (Italie). Et, comme les
livres du Rouge-Cloître à Auderghem étaient rehaussés
dadmirables miniatures, certaines de ces enluminures lui ont également
été attribuées.
Il mourut au Rouge-Cloître en 1482, non loin de la rue qui allait
porter son nom cinq siècles plus tard. Lavenue a été
tracée aux environs de 1913, le long dun chemin champêtre
privé. Les premières maisons y furent construites demblée
sur la rue des Champs (Veldstraat).

n°47, avenue van der Goes en 1920.
Ce nom fut changé à partir du 1er janvier 1917 pour éviter
les doubles dénominations dans la région bruxelloise. Elle
devint la rue des Bons Vieillards (Goede Grijsaardstraat) du fait quune
maison de repos pour personnes âgées se trouvait dans les
environs immédiats ((voir
rubrique Aubépines) et (voir
rubrique Vannypen)) et ce, jusquau 22 mai 1931, quand
le collège échevinal décida den faire une avenue
(point n° 987 de lordre du jour), commémorant à
jamais lun des peintres flamands les plus célèbres,
décédé à Auderghem.
Retour
212. Vandergoten Antoine (rue). +/- 150 m.
Dans lAtlas des Communications Vicinales, (1843), le petit sentier
n° 43 court de lactuelle chaussée De Wavre jusquà
lactuelle avenue du Kouter. Il correspond au tracé de la
rue Vandergoten. Le chemin avait alors une largeur de 1,65 m ce
qui correspond encore par endroits aux mesures de la rue actuelle
et 478 m de long. Le sentier qui part de lautre côté
de lactuelle avenue de Brouckère vers lactuelle avenue
du Kouter en faisait donc partie.
Curieusement, une maison fut bâtie plus tard sur cette partie
du sentier n° 43 mais se trouve à présent domiciliée
avenue du Kouter.
Etant donné que le sentier navait pas encore reçu
de nom officiel et que, à partir du 25 septembre 1931, de nouveaux
permis de bâtir furent attribués (e.a. pour la maison n°
8), le collège échevinal décida de combler cette
lacune. Il choisit Vandergoten (réunion du 7 décembre 1932,
point de lordre du jour n° 264).
Antoine Vandergoten naquit à Boitsfort, le 18 octobre 1848. En
fait, on pourrait parfaitement écrire quil a vu le jour à
Auderghem, puisque Auderghem était encore unie à Watermael
et à Boitsfort et que toutes trois avaient une même administration
communale. Auderghem ne gagna son autonomie quen 1863.
Vandergoten habitait avenue Henri de Brouckère, n°57, lorsquil
fut élu conseiller communal en 1895. La commune comptait alors
quelque 3.600 âmes avec seulement 350 électeurs. Il fut chaque
fois réélu aux scrutins suivants et reçut, en 1908,
la charge déchevin des Travaux Publics, un mandat quil
ne cessa dexercer jusquau 24 juin 1921. Il décéda
quelques mois plus tard, le 24 mars 1922, à lâge de
73 ans. Antoine Vandergoten faisait partie dune famille qui allait
fonder plus tard lune des entreprises les plus réputées
de Bruxelles, spécialisées aujourdhui encore
dans les déménagements.
Retour
213. Vandersaenen Henri (rue). +/- 70 m.
En sa séance du 2 octobre 1959, le conseil communal a donné
ce nom à une voie fraîchement ouverte dans le quartier Melati
(voir rubrique
Melati). Du point de vue de lautomobiliste, on eût
pu la qualifier de rue sans issue mais elle est bien reliée au
boulevard des Invalides par le sentier Melati.
Le premier permis de bâtir a été délivré
le 27.1.1960 à la maison n° 14.
Le nom Vandersaenen a fait lobjet de quelque confusion lorsque
dans un guide touristique bruxellois des années 70, « A la
découverte de Bruxelles », on a pu lire que Henri Vandersaenen
et Felix Verbist auraient été les créateurs de la
pierre commémorative aux morts dAuderghem, dressée
boulevard du Souverain (voir
rubrique rond-point du Souverain). Ces deux noms apparaissent
effectivement sur lun des côtés de la base de la pierre
; ils complètent cependant une liste, hélas trop longue,
qui apparaît sur lautre côté. Cest donc
ainsi que se termine la longue énumération des victimes
des deux guerres mondiales. Ces deux dernières nont évidemment
rien à voir avec larchitecte ou le sculpteur du monument
commémoratif, ainsi quen avait conclu le guide.
Henri-Louis Vandersaenen était né à Auderghem,
le 9 mars 1920. Il choisit la profession de pâtissier et habitait
chaussée de Wavre, au n° 1492, lorsquil fut appelé
en qualité de caporal au 1er régiment de Carabiniers. Le
malheureux fut tué à lennemi le 14 mai 1940, à
Maaseik (Limbourg), à peine quatre jours après le déclenchement
de la Seconde Guerre mondiale.
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214. Vandevelde Franciscus (rue). +/- 310 m.
Immédiatement après la fin du chantier de la première
cité-jardin à Auderghem (voir
rubrique Van Elderen) et (voir
rubrique Vanlindt), on dessina les plans pour la construction
dun second quartier plus vaste. Les terrains nécessaires
furent achetés vers 1930 par la société Les Habitations
et Logements à Bon Marché (H.L.B.M.). Ils formaient un quadrilatère
entre les actuelles avenues D. Boon, R. Stevens, J. Van Horenbeeck et
le cimetière. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale
allait repousser la réalisation du projet jusquau début
des années 50.
Lorsque les travaux furent enfin entamés, le conseil communal
décida de donner aux trois premières rues du quartier les
noms de prisonniers politiques qui perdirent la vie en Allemagne durant
cette guerre terrible : V. Moreau, F. Vandevelde et G. Van Nerom (conseil
communal du 25 avril 1952). En agissant de la sorte, Auderghem poursuivait
sa politique dhommage à ses héros qui avait déjà
été sienne dans lentre-deux-guerres. En donnant pour
ainsi dire systématiquement leur nom aux voies publiques, Auderghem
est la seule commune de la Région de Bruxelles-Capitale qui ait
honoré ainsi presque tous ses martyrs.
Les premiers permis de bâtir pour les maisons portant des numéros
impairs de 19 à 41 y compris ont été délivrés
le 3.4.1952 aux H.L.B.M.
Franciscus Vandevelde était né à Berlare (Fl. Orient.),
le 23 octobre 1905. Avec son épouse, il vint habiter Auderghem,
rue J. Bassem, au n° 45. Il gagna son pain en travaillant comme receveur
de tram à la S.A. « Les Tramways Bruxellois », devenue
S.T.I.B. aujourdhui. Il était membre du parti communiste
pour le compte duquel il a distribué pendant la guerre des pamphlets
et des journaux clandestins. Franciscus Vandevelde fut pris par la Gestapo,
le 22 juillet 1941 et déporté en Allemagne où il
mourut le 13 février 1942, à Hamburg-Neuengamme.
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215. Vande Woesteyne Léon (rue).
+/- 170 m.
Dès 1956, la société ETRIMO (Société
dEtudes et de Réalisations Immobilières en Faveur
des Classes moyennes) avait commencé à construire le quartier
du Parc des Princes. Un responsable pour la vente des parcelles à
bâtir a raconté un jour que le nom du quartier avait été
inspiré par le château « La Solitude » tout proche.
Ce castel avait dailleurs été construit par la princesse
et duchesse dArenberg, descendante des réputés princes
de Croÿ dont les domaines immenses sétendaient en Belgique
et à létranger. Doù donc le nom de Parc
des Princes.
Dans le courant de 1958, rien moins que cinq nouvelles rues furent construites
dans ce quartier. Le conseil communal décida, en juin, de rendre
hommage aux victimes de la Grande Guerre en leur donnant les noms suivants
: F. Delincé, F. Martin, L. Savoir, P. Vanden Thoren et L. Vande
Woesteyne.
Le premier permis de bâtir dans la rue L. Vande Woesteyne fut
demandé par le propriétaire de la maison n° 16, le 6
août 1958.
Léon Vande Woesteyne naquit à Bruges, le 8 octobre 1888.
Il était donc âgé de 25 ans lorsquéclata
la Grande Guerre et il fut incorporé en qualité de soldat
au 2ème régiment de Carabiniers. Alors que lon commençait
à entrevoir la fin des hostilités, il fut admis à
lhôpital Cabourg, à Adinkerke, où il mourut
le 25 janvier 1918. Sa veuve a encore vécu un certain temps à
Auderghem.
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216. Vandromme (avenue). +/- 220 m.
A hauteur dun bâtiment élevé le long de la
route de Bruxelles à Wavre là où sera située
plus tard la villa Melati (voir
rubrique Melati) la carte dressée par de Ferraris
en 1771 indique clairement un sentier traversant les champs jusquà
lancien Houtweg (voir
rubrique Trois-Ponts).
LAtlas des Communications Vicinales (1843) lui donne le n°
47 sous la dénomination Sloordelleweg. Sa longueur était
de 1.150 m et sa largeur de 1,65 m. La première partie du chemin
atteignait bien une largeur de +/- 4 m jusquau bas de la colline,
là où, après un crochet il sorientait vers
Ixelles par le Houtweg. Cest sur cette partie plus étroite
qua été tracé le boulevard des Invalides. Rappelons
que sloor ou sloorzaad signifie Colza et que lactuelle allée
des Colzas sappelait alors Kleynsloordelleweg.
Sur la partie large du sentier, denviron 220 m, fut construite
lavenue que le collège échevinal nomma Léon
Vandromme (séance du 20 juin 1925) et les deux premières
maisons numéros 7 et 9 y furent bâties immédiatement.
Mais, le 22 décembre 1950, le conseil communal entérina
un changement : désormais, les plaques émaillées
ne mentionneront plus le prénom. Pourquoi ?
Léon Vandromme naquit à Boezinge (Flandre Occ.), le 4
février 1886. Il était traminot à la S.A. Les Tramways
Bruxellois et était marié. Le ménage habitait chaussée
de Wavre, n° 1.153 (la numérotation a changé depuis)
lorsque leur fils Lucien vint au monde en 1913. Lannée suivante,
le père Léon est mobilisé comme soldat au 1er régiment
de Grenadiers pour défendre la patrie lors de linvasion allemande.
Il fut tué à lennemi sur le champ de bataille de lYser,
à Pervijse, non loin de son village natal, entre le 21 et le 26
octobre 1914. Son avis de décès, dressé en 1923,
ne mentionne pas la date exacte.
Lorsquéclata la Seconde Guerre mondiale, son fils Lucien
avait 27 ans. Il fut appelé sous les drapeaux en qualité
de soldat au 2ème régiment de Grenadiers et avait à
peu près le même âge que son père décédé
en 1914 lorsquil fut tué lui-même à lennemi,
à Kanne (Limbourg), le 10 mai 1940, soit le jour de la déclaration
de guerre.
On a donc décidé de conserver le nom de famille pour honorer
et le père et le fils sur la même voie publique. A Auderghem,
cest aussi simple que cela.
Ce même jour de la déclaration de guerre, une bombe tomba
sur une maison de lavenue du Kouter (voir
rubrique Kouter) et Auderghem perdit ainsi un autre citoyen,
âgé de 18 ans celui-là.
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217. Van Elderen François-Elie (avenue).
+/- 240 m.
Après la Première Guerre mondiale, la Société
Nationale de Logements à Bon Marché encourageait la construction
de cités-jardin en Belgique. Cest ainsi que, dans notre pays,
dimportants projets ont pu être réalisés parmi
lesquels celui dAuderghem situé dans le triangle formé
par la chaussée de Wavre et les actuelles rue A. Meunier et avenue
des Frères Goemaere. Le 5 juillet 1920 déjà, le conseil
communal avait approuvé lachat des terrains qui appartenaient
alors aux héritiers de lancien bourgmestre Chaudron (voir
rubrique Chaudron).
Auderghem a été lune des premières communes
belges à mettre un tel projet à exécution. La cité-jardin
fut construite en 1921 daprès les plans des architectes Vanderslagmolen
et Verbist. Ils rompirent totalement avec la conception des rues et quartiers
en vigueur chez nous, au XIXème siècle, e.a., en limitant
le nombre de maisons accolées les unes aux autres et ils créèrent
des jardinets devant les demeures. Confort et hygiène furent également
des objectifs prioritaires. Le permis de bâtir pour plus de quatre-vingts
maisons jouxtant quatre nouvelles rues ainsi quune petite place
fut accordé à la société Les Habitations à
Bon Marché le 9.8.1921.
Le 4.12.1922, le collège échevinal décida de donner
les noms de victimes de la guerre à ces voies publiques. Celle
qui relie la chaussée de Wavre du côté ouest de la
petite place reçut le nom de François-Elie Van Elderen.
Lavenue était raccourcie de moitié ; lautre
moitié sappela alors avenue des Frères Goemaere (cétait
la partie qui reliait la petite place à lactuel square du
Sacré-Coeur). Le 19 décembre 1925, le collège décida
(point n° 4 de lordre du jour) de prolonger lavenue Van
Elderen jusquau square du Sacré-Coeur et, par la même
occasion, de renommer lavenue des Quatre Maries en avenue des Frères
Goemaere. Les motifs de ces changements peuvent être trouvés
à la
rubrique Goemaere.
François-Elie Van Elderen naquit à Schaerbeek, le 5 août
1899. Il vint habiter avec ses parents à Auderghem en 1913 à
lactuelle chaussée de Wavre, n° 431 (les numéros
ont changé deux fois entretemps). LAllemagne nous déclara
la guerre, la veille de son quinzième anniversaire. Sans hésiter,
François se mit à la disposition de la patrie et devint
soldat-volontaire, matricule 24.223, au 1er régiment dArtillerie.
Il est tué à lennemi sur le champ de bataille de Pypegale
(Fl. Occ.), le 15 janvier 1916.
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218. Vanhaelen Jean (avenue). +/- 160 m.
En rattachant son nom à une voie publique dAuderghem, le
bourgmestre Gustave Demey devait, en toute logique, faire de même
pour ses prédécesseurs qui navaient pas encore été
honorés de cette manière. Cest ainsi que, en juin
1925, quatre anciens bourgmestres eurent leur nom sur les plaques émaillées
: Merjay, Chaudron, Vanhaelen et Herrmann-Debroux. « Et ce en vue
de rappeler à la postérité les services rendus, à
notre commune, en qualité de Premiers Magistrats dAuderghem.
» Dixit une note du 25 juin 1925.
En ce qui concerne Jean Vanhaelen, la signification des services rendus
à notre commune en qualité de premier magistrat dAuderghem
est singulière.

Il fut élu une première fois au conseil communal, de 1878
à 1884, sur la liste libérale et il en fut de même
pour la période 1888-1903. Il a donc été conseiller
communal libéral durant quelque 20 années. On ne peut donc
douter de ses qualités de membre du conseil. Sur ce plan-là,
lhomme aura donc bien montré ses capacités sinon il
naurait pas bénéficié aussi longtemps des faveurs
du scrutin. En Belgique, en 1894, le parti catholique remporta les élections
législatives, le mouvement socialiste était en marche tandis
que les libéraux reculaient. Auderghem comptait alors environ 3.600
habitants dont +/- 350 électeurs (le droit de vote de lépoque
ne saurait être comparé à notre devoir électoral
daujourdhui). A Auderghem, aux élections communales
de 1895, il semble que le parti de Vanhaelen avait passé un accord
avec lassociation des travailleurs chrétiens et il est vraisemblable
que, grâce à cet accord, les 11 sièges du conseil
communal allèrent tous à la liste libérale.
A partir de ce moment, les choses vont se gâter pour Vanhaelen.
Voulait-il rester fidèle à certaines promesses faites aux
ouvriers chrétiens ? A-t-il cherché le soutien de cet opposant
politique qui, sur le plan national assurément, exerçait
une influence ? Qui peut encore sen souvenir ?
Le fait est que, lors de la mise en place du conseil communal du 27.1.1896,
les conseillers apprirent que Jean Vanhaelen avait été nommé
bourgmestre provisoire par la députation permanente du Brabant.
Cependant, au cours de la même réunion, les conseillers unanimes
décidèrent de présenter au roi la candidature du
sieur Genicot (voir
rubrique Génicot)à la nomination de bourgmestre.
Vanhaelen avait donc approuvé cette présentation. Lors de
la réunion suivante, on apprit que Jean Vanhaelen avait été
définitivement nommé bourgmestre pour une période
de huit ans. Il sen suivit un débat houleux pendant lequel
il déclara avoir été obligé daccepter
cette charge.
Le conseil communal lui adressa un blâme, par 10 voix et
une abstention. Jean Vanhaelen na, par la suite, jamais présidé
un conseil communal et les rapports du collège échevinal
ont, durant ces huit années, été signés par
le premier échevin, Paul Verheyleweghen (voir
rubrique Verheyleweghen). Aux élections suivantes, Jean
Vanhaelen se présenta sur la liste catholique et fut battu.
De là donc létonnement que suscite le texte : En
vue de rappeler à la postérité les services rendus,
à notre commune, en qualité de Premier Magistrat dAuderghem.
Jean Vanhaelen était né à Watermael-Boitsfort,
le 9 mars 1834 (à Auderghem, en fait, qui ne sest détachée
de Watermael-Boitsfort quen 1863). Il était négociant
en bois et habitait chaussée de Wavre, n° 1.604-1.606. Il mourut
à Auderghem, le 14 juin 1907.
Les premiers permis de bâtir furent octroyés dans cette
rue aux maisons numéros 8 et 10, le 5 avril 1924.
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219. Van Horenbeeck Jean (avenue). +/- 840
m
Cette importante artère est reprise aussi bien sur la carte de
Van Werden (1659) que sur celle de de Ferraris (1771). Elle reliait les
villages dAuderghem et de Watermael-Boitsfort et les deux cartes
la montrent encore entourée par le bois. Elle fut utilisée
pendant des siècles pour se rendre dun village à lautre
puisque la circulation par la vallée marécageuse de la Woluwe
était pratiquement impossible.
Le chemin était naturellement aussi utilisé par les bûcherons,
surtout après que la chaussée de Wavre fut percée
en 1730. LAtlas des Communications (1843) le décrit sous
le n° 8 comme « chaussée dAuderghem à Boitsfort
», ayant une longueur de 1.244 m. Lactuelle avenue des Frères
Goemaere (
voir rubrique Goemaere) en faisait donc également partie.
On peut affirmer quil sagissait dune route fort fréquentée
pour lépoque puisque, en 1835, la firme Van Malder, De Visscher-Vanhove
en deelgenoten (et associés) introduisit une demande pour pouvoir
procéder à son pavement dans le but de lexploiter
et dy percevoir un péage. Les travaux furent achevés
en 1844. La barrière où lon payait loctroi était
placée à hauteur de la drève de Pinnebeek, à
quelque 70 m de lactuel « Repos des Chasseurs » (direction
Auderghem). Malgré la suppression des routes à péage
de lEtat et des provinces, en 1867, cet octroi continuera dêtre
perçu (donc, toujours par une firme privée) jusquen
1873.

Les maisonettes vers 1950.
A hauteur de lactuelle avenue Stevens, on pouvait voir huit petites
maisonnettes qui, selon lAtlas des Communications, appartenaient
toutes à De Visscher-Vanhove.
Plus tard, aux alentours, on a aussi exploité un café
portant le nom « A lHorloge ». A ce propos courait une
petite anecdote. Dans la salle de lestaminet pendait un tableau
où figurait une horloge marquant midi moins cinq. On pouvait lire
au-dessous : « Ici on boit gratuitement à midi. » Une
véritable horloge ny aura sans aucun doute jamais indiqué
midi. Tant les maisonnettes que lestaminet ont depuis longtemps
fait place aux immeubles à appartements de la société
Les Habitations à Bon Marché.
Porte d'entrée de la Maison Lacoste.
Lune des habitations les plus remarquables de lavenue Van
Horenbeeck est sans conteste celle quy a construite en 1926 larchitecte
Henri-Auguste Lacoste en style Art Deco. La maison existe toujours. Elle
dispose dune très belle porte dentrée décorée
dune sauterelle en fer forgé dans laquelle figurent ses initiales
ainsi que celles du nom de son épouse. Lacoste vécut dans
cette maison qui porte le n° 147 de 1927 à sa
mort.

Bien que le quartier ne fut pas encore très peuplé, le
conseil communal décida, le 3 mars 1934, dy établir
un troisième complexe scolaire le long de lavenue Van Horenbeeck.
Cette décision nétait pas sans rapport avec le projet
de construction dune seconde cité-jardin à proximité
immédiate (
voir rubrique Moreau). Lécole fut inaugurée
solennellement le dimanche 5 octobre 1936 par le bourgmestre Lebon. André
Duchêne en devint le premier directeur (
voir rubrique Duchêne).
La route « chaussée » de Boitsfort (aussi nommée
Houtweg dans le langage populaire vu les transports de bois qui lempruntaient)
reçut depuis le 1er janvier 1917 un autre nom par suite de la décision
de la Conférence des Bourgmestres de lAgglomération
bruxelloise qui tendait à supprimer les doubles dénominations
des noms de rues. Le collège échevinal décida dappeler
le chemin avenue des Quatre Maries (Vier Mariekeslaan, voir rubrique Goemaere).
Après la Grande Guerre, on décida de supprimer cette appellation
pourtant haute en couleurs et de donner à la section menant de
la rue A. Meunier à Boitsfort, le nom dune victime de la
guerre, Jean Van Horenbeeck (collège échevinal du 1er août
1925, point n° 887 de lordre du jour).
Jean-Baptiste Van Horenbeeck naquit à Auderghem, le 27 mai 1887.
Musicien et célibataire, il habitait à lactuelle chaussée
de Tervueren au n° 57 lorsque la guerre éclata. Il fut incorporé
dans larmée en qualité de soldat au 9ème régiment
de Ligne. Jean Van Horenbeeck mourut le 14 mai 1917 à Cauvalat-Avez
Le Vigan (France) où il fut enterré. Sa dépouille
na cependant pas été ramenée au cimetière
communal aménagé par Auderghem au début des années
20, le long de lavenue qui porte son nom.

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220. Van Lindt Antoine (square).
Auderghem a été lune des premières communes
de Belgique à construire une cité-jardin lorsque, peu après
la Grande Guerre, la Société Nationale des Habitations à
bon Marché encourageait ce type durbanisation. Déjà
en 1921, on débuta les travaux, sur base des plans établis
par les architectes Vanderslagmolen et Verbist.
Ce qui aujourdhui nous paraît comme allant de soi était,
en ce temps-là, réellement innovant. Que lon songe
seulement aux égouts mis en place simultanément (il ny
a pas si longtemps que toutes les rues de la commune y sont raccordées)
ou au W.C. (t heuske) qui jusqualors était, la plupart
du temps, disposé hors de lhabitation. En plus, on y avait
ouvert une plaine de jeu au milieu dun square. Nul ne sétonnera
que celui-ci soit devenu le cur de la cité-jardin.
Les Habitations à Bon Marché ont entamé la construction
des maisons autour du square le 9 août 1921.

Le collège échevinal décida, le 4 décembre
1922 (point n° 1.433 de lordre du jour) de donner des noms de
victimes de la guerre aux quatre rues et à la place de la nouvelle
cité-jardin : Frères Goemaere, H.F. Moreels, F. Van Elderen,
H. Ver Eycken et A. Van Lindt.

Antoine Van Lindt était né à Auderghem, le 4 janvier
1891. Il devint maçon, était célibataire et habitait
chez ses parents, rue du Transvaal, au n° 5 (à présent,
rue A. Meunier) au moment de partir pour la guerre en qualité de
caporal au 20ème régiment de Ligne. Ses parents ne le revirent
jamais. Il mourut le 25 février 1918, à Leysele (Fl. Occ.).
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221. Van Nerom Guillaume (avenue).+/- 300 m.
Après la construction dune première cité-jardin
entre la chaussée de Wavre et lavenue des frères
Goemaere (
voir rubrique Van Lindt), Auderghem mit à létude,
dès 1930, un nouveau projet visant à en construire une autre.
Les terrains nécessaires furent achetés aussitôt après
dans la zone choisie formant une sorte de quadrilatère entre les
actuelles avenues du Grand Forestier, Stevens, Van Horenbeeck et le cimetière.
Toutefois, la crise économique des années 30 et lapproche
dun second conflit mondial obligèrent den postposer
lexécution aux années 50.
Laménagement des trois premières voies publiques
du quartier commença en 1952 et le conseil communal, lors de sa
réunion du 25 avril, décida de leur donner des noms dAuderghemois
tombés au champ dhonneur pendant la guerre 40-45 : Victor
Moreau, Franciscus Vandevelde et Guillaume Van Nerom. La société
Les Habitations à Bon Marché reçut ce même
mois le permis dy construire des maisons.
Guillaume Van Nerom était né à Bruxelles, le 21
juin 1883. Avec son épouse, il habitait avenue du Kouter, au n°
363. Il était traminot et entra dès janvier 1941 dans la
résistance pour laquelle il distribua les feuilles clandestines
telle que Clarté, La Libre Belgique, Peter Pan, Le Tram. Il chercha
également à collecter le plus possible dinformations
dordre militaire mais il fut pris en juin 1941 et déporté
en Allemagne où il mourut, en avril 1945, à Regensburg.
Dans la mémoire de bien des Auderghemois, le 23 juin 1944 a compté
sans doute comme lun des jours les plus bouleversants de cette guerre.
Deux mois avant la libération de la commune, un bombardier américain
fut abattu par la DCA allemande postée au Berensheide, à
Watermael-Boitsfort. La fin était proche pour la plus grande partie
de léquipage dont deux hommes purent se sauver en sautant
en parachute, les autres sécrasèrent dans les environs
avec les restes de leur appareil qui avait explosé.

La population rend hommage à l'aviateur abattu.
Une partie de la carlingue, principalement la queue, tomba au beau milieu
du boulevard du Souverain, à hauteur de lactuelle AXA/Royale
Belge, tandis que des débris tombèrent un peu partout. On
retrouva le corps dun des aviateurs, qui navait pu sauter
à temps, à proximité de lactuelle avenue Van
Nerom. La population sen vint fleurir ce lieu au grand déplaisir
de loccupant.
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222. Van Nieuwenhuyse Edmond (avenue).
+/- 480 m.
En 1986, fut créée une nouvelle voie publique le long
de lE411, entre la chaussée de Watermael et lavenue
Demey. Une liaison avec lautoroute y avait été prévue
avec une sortie pour la circulation venant de la capitale. Le 5 mai 1986,
le conseil communal approuva la proposition du collège échevinal
de donner à cette avenue le nom dun habitant dAuderghem
mort durant la Seconde Guerre mondiale.
La société Eurobalken obtint dès le 27 novembre
1987 le permis de bâtir pour les bâtiments numéros
2, 4, 5 et 6.

Edmond Van Nieuwenhuyse naquit à Sint-Gillis-Waas (Flandre Orient.)
le 20 décembre 1894. Cet ancien combattant de la Première
Guerre mondiale fit construire sa maison à lavenue des Citrinelles,
au n° 61 (voir Citrinelles). Cest donc là quhabitait
cet inspecteur du Ministère des Transports, P.T.T. et I.N.R., avec
sa femme et ses deux enfants, un garçon et une fille. Il avait
46 ans lorsquéclata la Deuxième Guerre mondiale. Van
Nieuwenhuyse était une personnalité de premier plan au sein
du mouvement syndical chrétien. Il présidait également
le groupement international des syndicats chrétiens des P.T.T.
(Poste, Télégraphe, Téléphone).
Durant loccupation, il offrit son assistance aux associations
patriotiques. Cest ainsi quil rassembla des renseignements,
e.a., pour l« Armée secrète », un mouvement
dans la résistance. Les soupçons de lautorité
allemande se portèrent sur lui et il fut pris et condamné
à des peines de prison. Durant lété 1944, Edmond
Van Nieuwenhuyse fut capturé à nouveau par la Gestapo et
subit la torture. Edmond Van Nieuwenhuyse mourut le 13 juillet 1944, à
Braine LAlleud (Brabant wallon). Deux mois plus tard, Auderghem
était libérée
Il fut reconnu à titre
posthume prisonnier politique, membre de la résistance armée,
décédé par suite de mauvais traitements.
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223. Vannypen Jean-Baptiste (rue). +-/ 230 m
+ une ruelle de 40 m.
Au début du XIXème siècle, un sentier étroit
reliait la chaussée de Wavre au chemin du Blankedelle (aujourdhui
avenue Schaller, (
voir rubrique Schaller)). Il figure dans lAtlas des Communications
(1843) avec le n° 72. Une petite partie en est devenue lactuelle
rue Vannypen.
La rue elle-même sest développée lorsque Maria
de Gomrée de Morialmé, veuve de Alfred-Casimir Madoux et
Mère de Charles Madoux (sixième bourgmestre dAuderghem,
( voir rubrique
Madoux)), céda des terrains à la commune afin
que lon y construise un home pour personnes âgées.
Le sentier n° 72 courait le long de la clôture de ce bâtiment
qui reçut le nom de chemin de lHospice jusquau 11 juillet
1930. A cette date, le collège échevinal décida de
donner à la rue le nom de Jean-Baptiste Vannypen (rapport n°
123).

Les terrains concédés se situaient entre le sentier n°72,
la rue du Transvaal (à présent, rue A. Meunier), la chaussée
de Wavre et lactuelle avenue Hugo van der Goes. La pose de la première
pierre du bâtiment qui allait finalement devenir lactuel home
Reine Fabiola date de 1912. A cette époque, lentrée
se trouvait du côté de la chaussée de Wavre mais,
en 1958, une partie de la propriété fut lotie pour y bâtir
un nouveau quartier avec les rues Bouvier, Deraedt, Huygens et les sentiers
des Aubépines et des Lilas.
La Première Guerre mondiale ne permit pas au bâtiment de
servir dhospice pour vieillards et, après la guerre, dans
tout le pays existait une nécessité urgente de soigner les
enfants malades. La Ligue Nationale Belge contre la Tuberculose adapta
le bâtiment et lacquit par la suite, en 1923. Des enfants
atteints par le bacille de Koch y furent soignés pendant plus de
trente ans. Linstitution reçut le nom du plus jeune fils
de nos souverains et devint donc Sanatorium Prince Charles. Madame Marguerite
Brassine, épouse de Charles Madoux, allait le diriger pendant toutes
ces années. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle y hébergea
des enfants juifs pour les sauver des griffes de la Gestapo.
Le sanatorium déménagea en 1956 pour simplanter
à Limal. Les bâtiments restés vides servirent à
accueillir des Hongrois réfugiés après linsurrection
contre le régime en place à lépoque, à
Budapest.
Finalement le bâtiment fut racheté par la C.P.A.S. pour
en faire, huit ans plus tard, la maison de repos Home Reine Fabiola. De
la sorte, on a pu in fine rencontrer les intentions originelles de Madame
de Gomrée. On peut pourtant regretter que cette bienfaitrice nait
laissé aucune trace, tant dans le nom de linstitution que
dans celui dune voie publique des environs. Aucune ? Mais si ! Il
y a bien une pierre commémorative enfouie quelque part dans le
jardin, entre les plantes

Jean-Baptiste Vannypen naquit à Auderghem, le 29 janvier 1895.
Il devint maçon, était marié et demeurait rue du
Moulin à Papier lorsquil fut appelé, en qualité
de soldat, au 2ème régiment de Carabiniers et partit au
front. Il trouva la mort le 1er octobre 1918 à Oost-Nieuwkerke
(Flandre Occ.).
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224. Vanpé Théo (avenue). +/- 280
m.
Cette appellation fut donnée par le collège échevinal
en juin 1925.
Lavenue faisait partie dun très vieux chemin apparaissant
sur les cartes de Van Werden (1659) et de de Ferraris (1771), qui menait
du t Hof te Schoonenberch (
voir rubrique Houlette) vers un moulin à eau sur le
ruisseau de la Woluwe (
voir rubrique Lemaire). Cette section du chemin porta aussi
les noms suivants :rue du Moulin à Papier (mentionné dans
lAtlas des Communications (1843) sous le n° 24 ; rue des Brebis
(décision du Collège échevinal en date du 7.1.1911)
; rue de la Houlette, à partir du 1er janvier 1917.
Il est remarquable que pas moins de quatre personnes ayant habité
avenue Vanpé aient donné leur nom à une voie publique
dAuderghem. Il sagit de Georges Golinvaux (demeure n°
77), Adolphe Keller (n° 19), Louis Van Simaey (n° 50) et Guy-Jean
Verachtert (n° 70).
Théo Vanpé, victime de la Première Guerre mondiale,
habitait en célibataire à lavenue de la Chasse Royale,
au n° 27. Il naquit à Etterbeek le 17 mars 1899. Il mourut
le 25 décembre 1917 à bord du bateau S.S. Espagne, torpillé
en haute mer.
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225. Van Simaey Louis (square).
Au début des années 60, la société Les Habitations
et Logements à Bon Marché a construit quatre maisons entre
lavenue du Grand Forestier et un chemin privé qui offre un
accès à des garages. Les maisons furent enregistrées
à lavenue du Grand Forestier sous les numéros 29,
29a, 30 et 30a.
Mais les habitants de ces immeubles se plaignirent des difficultés
quéprouvaient leurs fournisseurs ou les services publics
pour trouver leur domicile. Pour obvier à cette difficulté
et vu quune petite place avait été prévue devant
les maisons, le conseil communal décida, le 2 décembre 1966,
de donner un nom à cette petite place qui fut dédiée
à une victime de la Seconde Guerre mondiale, Louis Van Simaey.
La numérotation des maisons subit également une modification
puisquelles portent désormais les numéros 4, 3, 2
et 1.
Louis Van Simaey était né à Ecaussines dEnghien
(Hainaut), le 25 juin 1914. Lorsque la guerre éclata en 1940, il
habitait avenue Vanpé, au n° 50. Au moment de sa capture par
les Allemands, il était sergent au 3ème régiment
de Carabiniers Cyclistes. Expédié en Allemagne, Van Simaey
mourut à Hamburg, le 15 janvier 1944.
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226. Verachtert Guy-Jean (rue). +/- 90 m.
Au grand soulagement des habitants du « Parc des Princes »,
un quartier situé à la lisière de la forêt
de Soignes, les autorités firent définitivement opposition
en 1962 à un projet de construction de hauts immeubles à
appartements dans cet ensemble résidentiel. Ainsi, il fut possible
de créer trois rues de plus à Auderghem et le conseil communal
approuva le 30 avril la décision du collège échevinal
de leur donner le nom de victimes de la Seconde Guerre mondiale : Hubert-Jean
Coenen, Maurice Poedts et Guy-Jean Verachtert.
Le 6 juin 1962, le premier permis de bâtir fut accordé
pour la villa n° 5 de la rue Verachtert.
Guy-Jean Verachtert vit le jour à Mechelen (province dAnvers),
le 4 juin 1919. Il avait donc 21 ans lorsquéclata la Seconde
Guerre mondiale et fut appelé sous les drapeaux. Cétait
un voisin de Louis Van Simaey car il habitait également avenue
Vanpé, n° 70. Le sort de son voisin devint aussi le sien :
il fut capturé et emmené en Allemagne. Il mourut à
Gumbinnen, le 25 avril 1941.
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227. Verboven François- Bernard (avenue).
+/- 90 m.
Avec François Verboven, le collège échevinal a
voulu commémorer le souvenir dun maître décole.
Il fut nommé enseignant principal de lunique école
communale pour garçons dAuderghem qui, en 1885 comptait 2.750
habitants. Le bâtiment comptait en tout et pour tout trois locaux
qui devaient abriter 200 écoliers ! Ce même bâtiment
qui accueillait alors tant les garçons que les filles
tenait également lieu de maison communale. Il était situé
en façade sur la chaussée de Wavre, entre les actuels boulevard
du Souverain et la rue Idiers. Il fut démoli vers 1970.

Ancienne maison communale d'Auderghem construite après l'accès
à l'autonomie de la commune.
A noter que l'entrée principale dessert la maison communale, les
entrées latérales étant réservées
l'une à l'école des garçons, l'autre à l'école
des filles.
Apparemment, toutes ces conditions de travail ne paraissaient pas troubler
notre maître décole. De plus, une décision du
conseil communal datée du 4.10.1886 décida de la manière
dont lenseignement allait devoir être donné dans lécole
primaire communale: au degré le moins élevé des classes,
la langue véhiculaire sera le néerlandais ; dans le degré
suivant, chaque instituteur sera obligé de faire usage des deux
langues nationales de manière équivalente ; dans le troisième
degré, la langue française sera utilisée de manière
principale.
Cette réglementation demeura en vigueur jusquen 1914.
Il semble bien que Verboven ait su mener sa barque de main de maître.
Il accepta même durant quelques mois, en 1909, dexercer les
fonctions de secrétaire communal. Sans doute la-t-on montré
en exemple à sa profession et a-t-il suscité beaucoup de
respect à lépoque car en 1928 15 ans après
sa mort sa mémoire a été célébrée
par le collège échevinal qui décida, le 13 juillet,
de donner désormais son nom à lune des trois rues
du quartier Pré des Agneaux que la Société Immobilière,
Financière et dEntreprises Industrielles venait douvrir.
Maître Verboven était originaire de Stabroek (province
dAnvers) ; il y est né le 20 août 1854. Il habitait
chaussée de Wavre, au n° 638 (les numéros ont changé
depuis à plusieurs reprises). Il décéda à
Auderghem, le 5 novembre 1913. Apparemment, il na donc pas connu
les meilleures conditions de travail offertes par lécole
moderne qui fut inaugurée cette année-là (voir rubrique
Willame, n° 240).
A lavenue Verboven, la première autorisation de bâtir
a été accordée le 29.12.1928 pour la maison n°
20.
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228. Vercauteren Louis (avenue). +/- 400m.
Après le décès de la propriétaire du château
Waucquez (
voir rubrique Vieux Moulin), les héritiers furent confrontés
aux frais élevés induits par lentretien de tels domaines
mais aussi aux droits de succession fort lourds. Pressés par la
nécessité, ils décidèrent de lotir une partie
du magnifique parc qui sétendait entre la rue du Villageois,
la drève des Deux Moutiers et la chaussée de Tervueren.
Cest ainsi quont été tracées ici, en
octobre 1959, deux nouvelles voies publiques à caractère
résidentiel de haut niveau : lavenue Roger Hainaut et lavenue
Louis Vercauteren.
A ce propos, lancien bourgmestre Paul Delforge a écrit
ce qui suit dans son « Journal dun bourgmestre» :
« Le service de lurbanisme détermina le gabarit des
immeubles que lon construirait avenue Hainaut et avenue Vercauteren.
Le grand public imagine difficilement quune grande partie de la
politique communale est déterminée par les règles
durbanisme que le conseil communal édicte. Pourtant chacun
peut facilement comprendre que lorsquon décide dériger
des maisons ouvrières ou des villas, on attire deux sortes délecteurs
et deux sortes de contribuables fort différents. Lorsquon
laisse pourrir un quartier, on a de grandes chances dattirer
une population immigrée qui ne vote pas et qui ne bouleverse donc
pas les représentations électorales. Voici deux exemples
simples qui font aisément saisir limportance de lurbanisme.
»
Le 20 janvier 1960, la première autorisation de bâtir était
donnée pour la villa n° 18.
Louis-Joseph Vercauteren naquit le 10 janvier 1899 à Sint-Niklaas
(Fl. Orient.). Il apprit son métier dans la forge de son père
Emile, située à la chaussée de Wavre, au n° 1.003-1.005,
dont il est question à la rubrique Jacques, n° 102. Il y habitait
avec sa famille lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale. Il fut
appelé sous les drapeaux et mourut le 24 mai 1940 à Gravelines,
en France.
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229. Ver Eycken Henri (rue). +/- 100 m.
Lune des toutes premières cités-jardins bâties
en Belgique mais aussi sans doute la plus petite fut inaugurée
à Auderghem en 1922. Le quartier compte 89 immeubles du type «
cottage » disposés avec art sur une surface de quelque 4
hectares, avec pour chacun un jardinet, devant et derrière, denviron
2 ares.
Cette réalisation nécessita laménagement
de quatre rues menant à une petite place nommée square Van
Lindt ( voir
rubrique Van Lindt).
Lavenue Van Elderen (
voir rubrique Van Elderen) qui commence à la chaussée
de Wavre. Plus tard, cette avenue a été prolongée
en direction du square du Sacré-Coeur lorsquil fut décidé
de changer le nom de lavenue des Quatre Maries ;
Lavenue des Frères Goemaere qui reliait primitivement le
square Van Lindt à lavenue des Quatre Maries (actuelle avenue
des Frères Goemaere) ; ce nest que plus tard que lavenue
Van Elderen atteignit sa longueur présente (
voir rubrique Goemaere).
La rue Moreels (
voir rubrique Moreels) qui commence à la rue A. Meunier
(alors rue de lHomme de Bien).
Et, enfin, la rue Ver Eycken qui commence également chaussée
de Wavre.
Les quatre rues et le square reçurent leur nom le 4 décembre
1922. Cest seulement le 8 janvier 1927 quun permis de bâtir
fut demandé pour la maison n°6 de la rue Ver Eycken.

Hendrik Ver Eycken est un enfant dAuderghem. Il y est né
le 7 juillet 1893 et devint plafonneur. Il habitait toujours chez ses
parents, rue de lHomme de Bien, au n° 16, non loin de la rue
portant actuellement son nom. Il fut incorporé au 4ème régiment
de Chasseurs à pied au commencement de la Première Guerre
mondiale. Il devint sous-officier pour sa conduite exemplaire et reçut
plusieurs décorations. Il fut tué à lennemi
lors dune attaque menée pour enlever le plateau de Staden
(Flandre Occ.), le 29 septembre 1918. Larmistice fut signé
le 11 novembre 1918.
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230. Verger (rue du). Boomgaardstraat. +/- 100
m.
Cette rue est mentionnée dans lAtlas des Communications
Vicinales (1843) comme sentier n° 41 et porte le nom de Middenweg.
Il est plus que probable que ce petit sentier soit né bien auparavant
afin, par exemple, de pouvoir quitter à mi-chemin la très
ancienne rue du Vieux Moulin pour emprunter un itinéraire plus
direct vers le Rouge-Cloître ou Tervuren. Toujours selon lAtlas
de 1843, ce chemin étroit, large de 1,65 m et long de 103 m était
bordé de plusieurs maisons.

On ne sait quand le nom actuel de cette rue lui a été
donné. On suppose que cest vers la fin du XIXème siècle,
vers 1870, au moment où les maisons ont été numérotées
et que les voies publiques ont été désignées
par des plaques nominales.
Deux victimes des guerres ont habité dans cette ruelle escarpée
: Guillaume Keyen (
voir rubrique Keyen), mort durant la Grande Guerre, et François
Bekaert ( voir
rubrique Bekaert), tombé au cours de la Seconde Guerre
mondiale. Deux rues dAuderghem commémorent leur nom.
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231. Verheyleweghen Paul (avenue). +/-
110 m.
Le collège échevinal a baptisé cette rue vingt-trois
ans après linauguration du boulevard du Souverain (séance
du 10.2.1933, point n° 509 de lordre du jour). Au XIXème
siècle, on pouvait y trouver des prairies bordées par deux
petits affluents de la Woluwe. La rue Verheyleweghen a été
tracée dans cette prairie pour relier de la sorte le boulevard
du Souverain à la rue Jacques Bassem (
voir rubrique Bassem)
Le 6 avril 1933, le propriétaire de la maison n° 3 reçut
une réponse favorable à sa demande de permis de bâtir.

Pierre Paul Verheyleweghen naquit le 8 novembre 1858. Bien que le registre
de la population indique Watermael-Boitsfort comme lieu de naissance,
il nen est pas moins un pur produit auderghemois puisque lon
sait quAuderghem devint autonome en 1863.
Il sortit premier échevin des élections communales de
1895, fonction quil va conserver du 1.1.1896 jusquà
1907. Durant cette période, il a présidé toutes les
séances du collège échevinal vu que le bourgmestre
désigné Vanhaelen navait plus la confiance de la majorité
( voir rubrique
Vanhaelen). Il démissionna le 3 mai 1907 du conseil
communal et donc également de son mandat déchevin
afin de pouvoir être nommé (le premier) commissaire
de police de la commune.
Il exerça cette fonction jusquen 1926, année de
sa démission (il était alors âgé de 68 ans).
Comme il avait la politique communale dans le sang, il fut élu
à nouveau conseiller communal le 1.1.1927. Il mourut pendant son
mandat, le 12 juin 1930.
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232. Verstraeten Liévin (rue). +/-
60 m.
Aussi étrange que cela puisse paraître, cette petite rue
sans issue est un tronçon dune des plus vieilles routes dAuderghem.
Avant laménagement de la plaine des Manoeuvres et la construction
de la ligne de chemin de fer jouxtée aujourdhui par
celle du métro , le Houtweg passait par cette rue (
voir rubrique Triomphe).
Rappelons que ce chemin servait aux marchands de bois dIxelles
- grands fournisseurs de Bruxelles au XVIIIème siècle -
pour le transport du bois coupé de ce côté-ci de la
forêt de Soignes vers leurs ateliers. Cette voie importante traversait
en oblique lactuel campus universitaire pour continuer par lactuelle
avenue Fraiteur, à Ixelles. Sur un plan actuel on peut voir clairement
comment le Houtweg (rue des Trois-Ponts depuis 1913) a été
détourné de lautre côté du chemin de
fer vers lactuelle station de métro Delta.
En sa séance du 10 février 1933, le collège échevinal
décida que ce tronçon restant porterait désormais
le nom de Liévin Verstraeten (point n° 509 de lordre
du jour).
Né le 24 janvier 1848 à Velthem-Beisem (Brabant flamand),
Joannes Livinus Verstraeten vint sinstaller à lâge
de 25 ans comme harnacheur à Auderghem, à la chaussée
de Wavre et se maria trois ans plus tard. Aux élections de 1895,
il fut élu conseiller communal libéral et nommé échevin
de lEtat civil en date du 1.1.1896. Il exercera ce mandat jusquau
31.12.1899. Après un court séjour à Louvain, 1902,
il revint habiter définitivement à Auderghem, rue de la
Vignette. Il y décéda le 10 avril 1937.
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233. Vieux Moulin (rue du). Oude Molenstraat.
+/- 460 m.
Né sur la rive droite de la Woluwe, ce chemin menait du couvent
de Valduchesse à lancienne route de Bruxelles (
voir rubrique av. de Tervueren) et (
voir rubrique Wavre). Il est certainement lun des plus
anciens dAuderghem.

La rue du Vieux Moulin constitue le premier tronçon dun
chemin décrit sous le n° 7 dans lAtlas des Communications
(1843) et portant jadis le nom Puttestraet. On le reconnaît, tant
sur la carte de Van Werden (1659) que sur celle de de Ferraris (1771),
et passait par lavenue Valduchesse, le rond-point Sainte-Anne, la
drève de Putdael actuels et, plus loin, arrivait à Woluwe-Saint-Pierre.
LE MOULIN À EAU
A la fin du XIIIème siècle, près de lactuelle
chaussée de Wavre, un moulin à eau fut construit pour le
prieuré de Valduchesse (voir rubriques n° 164 et 203). Le nom
actuel de la rue rappelle cet ancien moulin. Durant cinq cents ans, le
couvent la exploité en le louant aux meuniers qui venaient
y moudre le grain des fermiers des alentours. Le couvent en resta propriétaire
jusquen 1797, lorsque les biens des Dames Blanches ainsi
nommaient-on les surs conventuelles à cause de leur habit
furent mis en vente publique par les Domaines Nationaux de la République
française et le moulin connut, par la suite, plusieurs propriétaires.
Lors de cette vente publique, sept ex-surs du couvent achetèrent
diverses parties du prieuré, dont le moulin.
En 1803, le rentier Jean-Pierre Colin racheta à chacune des ex-surs
le septième des parts du bien quelles détenaient.
Il les paya en leur versant une rente à vie.
A sa mort, le moulin est à nouveau vendu. Il tombe, de 1841 à
1881, entre les mains de Pierre-Antoine Van Hove, meunier à Woluwe-Saint-Lambert.
Jean-Baptiste Michiels fut propriétaire du moulin de 1881 à
1910.
Jean-Baptiste Louis Crollen, un entrepreneur de Boitsfort, lui fait suite.
On moudra du grain au moulin jusquen 1918. Depuis lors, il est définitivement
hors service.
Joseph et Gustave Demey ce dernier était alors bourgmestre
dAuderghem en deviennent les nouveaux propriétaires
de 1924 à 1939.
Henri Bassem, un plombier bien connu à Auderghem, acquit le moulin.
Il essaya den utiliser la force motrice pour produire de lélectricité
mais lirrégularité du débit fit échec
à cette tentative.
Après 1945, les bâtiments changèrent encore quelquefois
de mains pour devenir enfin la propriété du boucher Luppens.

Ce qui en restait fut démoli aux environs de 1967 pour faire
place à des immeubles à appartements. Tout au long des siècles,
à proximité du prieuré et du vieux moulin, le long
du chemin sétait formée une communauté de villageois
travaillant dur. Ce fut le chemin villageois le plus important eu égard
à la concentration des maisonnettes le long du ruisseau de la Woluwe
avec, en bout de rue, dune part, le couvent et la chapelle et, dautre
part, évidemment le moulin à eau et le point de départ
des routes vers Bruxelles, Tervuren, Jesus-Eik (Notre-Dame-au-Bois) et
Boitsfort. Cest là que durant des siècles a battu
le cur dAuderghem. Lorsque la commune devint autonome, en
1863, la rue comptait sans les rues latérales environ
490 habitants (30% de la population totale !) et 78 immeubles.
 
Le groupe "De Boerkes", anno 1949. Sur la photo de droite, la
rue du Vieux Moulin est à l'arrière-plan.
Peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, le vieux moulin
inspira le nom dun groupe folklorique très populaire «
Les Meuniers dAuderghem », aussi appelé dans le parler
du peuple « De Boerkens van Oudergem ». La plupart des familles
de la rue en faisaient partie. Ce groupement avait son local au n°
90 de la rue, au café Chez Penne. Hélas, le groupe fut dissous
en 1956, victime de la vie citadine moderne.
CHÂTEAU SAINTE-ANNE
Lune de ces résidences fut érigée à
un jet de pierre du prieuré, le long du chemin menant au moulin,
à hauteur de lavenue de Waha. Le banquier Baudier en était
le propriétaire vers 1810. Le château fut vendu vers 1843
à Henri de Brouckère, appelé plus tard à devenir
notre premier bourgmestre (
voir rubrique de Brouckère).
Le Château que Waucquez fit démolir et remplacer en 1910.
Il est vraisemblable que le nom château Sainte-Anne ait été
donné vers cette époque, puisque, en 1860, de Brouckère
devint propriétaire de la chapelle Sainte-Anne toute proche (il
lèguera en 1885 la chapelle à un membre de sa famille).
Après sa mort, la propriété échut en 1897
à Madame Dujardin-Dansaert jusquà environ 1902.
Cest alors que Charles Waucquez la reprit. Waucquez était
un brillant négociant en textiles; il épousa Mlle Idiers,
fille de léchevin E. Idiers (
voir rubrique Idiers). Il possédait également
le bâtiment qui abrite aujourdhui le Centre belge de la Bande
dessinée, rue des Sables, à Bruxelles.
Le château Sainte-Anne était, de part et dautre de
la façade, flanqué de deux ailes carrées recouvertes
de toits en pointe. Cette année-là, Waucquez le fit raser
entièrement et fit construire à la place un nouveau château,
de style classique, sur base de plans dessinés par larchitecte
L. Sauvage. Il fit disposer néanmoins le nouveau bâtiment
une dizaine de mètres plus au nord, afin que lentrée
coïncidât avec la prolongation de lavenue de Waha. Les
plans mentionnèrent seulement « Château de Mr Waucquez
», un nom qui demeura dailleurs en usage dans la population.
Sa propriété sétendait entre la chaussée
de Tervueren, lavenue de Valduchesse, la drève des Deux Moutiers
et la rue du Villageois. Une grande partie en fut lotie après sa
mort, ce qui a donné naissance aux avenues L. Vercauteren et R.
Hainaut. La partie qui subsiste aujourdhui est devenue propriété
de lEtat, en 1959. Par la même occasion, lancien nom
de château Sainte-Anne fut remis en honneur.

En 1961, à linitiative de quelques personnalités
belges et de membres de la Communauté européenne, fut fondée
« La maison Européenne de Valduchesse » dont le club,
à présent hébergé dans le château sous
le nom de « Club international Château Sainte-Anne »,
constitue lémanation directe. Le Club a pour objectif de
promouvoir les échanges culturels et sociaux entre les membres
des Etats membres de la Communauté, de lOTAN, des fonctionnaires
du corps diplomatique, en organisant diverses activités.
Là où sélevait le moulin, le chemin n°
7 fut aussi nommé rue du Moulin et comment pourrait-il en
être autrement ? Lappellation fut dailleurs confirmée
par le collège échevinal, le 13 août 1882 (point n°
342 de lordre du jour). Le collège changea ce nom le 1er
janvier 1917 (ordre du jour n° 514, du 24.3.1916), par suite dune
décision de la Conférence des Bourgmestres de lAgglomération
bruxelloise visant à éviter les doubles dénominations
de rues dans la région (il en a déjà été
maintes fois question dans cet ouvrage). Dès lors, elle sest
appelée rue du Vieux Moulin-Oude Molenstraat.
Curieusement, le collège voulut à nouveau changer le nom
de la rue, le 17.8.1934, en la baptisant Henri Strauven, dans le but déviter
les confusions avec une autre rue dAuderghem, la rue du Moulin à
Papier-Papiermolenstraat. Les édiles navaient pas tenu compte
de lavis des riverains fort attachés aux valeurs de lhistoire
locale de leur environnement. Ces derniers réagirent promptement
et exigèrent du conseil communal de ne pas toucher au nom de leur
rue, ce qui leur fut accordé.
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234. Vignette (rue de la). Kleine Wijngaardstraat.
+/- 490 m. et 130 m.
Le nom de cette rue a été évoqué, à
plusieurs reprises déjà, dans la presse locale. Il est admis
généralement quune vigne existait jadis dans ces parages
mais certains font observer que le nom néerlandais ne correspond
pas au mot français vignette qui signifie simplement une image,
une illustration dalbum ou un timbre-poste !

LAtlas des Communications de 1843 est clair à ce sujet,
quand bien même il nexistait pas de plaques indicatrices de
rues telles que nous les connaissons aujourdhui. Ce nest que
plus tard, en 1866, que le collège a approuvé une liste
de noms des rues existantes (point de lordre du jour n° 123
du 7.10.1866). Dans cet Atlas des Communications, les rues sont numérotées
et décrites avec leur nom en usage parmi la population, par exemple,
Houtweg, (
voir rubrique Trois-Ponts)), Duyvelkeulstraet (
voir rubrique Valduc) Papedelleweg (
voir rubrique Paepedelle)
Cest de la sorte que
lactuelle rue de la Vignette sy trouve répertoriée
comme très simple petit sentier sous le n° 32. Elle commençait
à lactuelle chaussée de Wavre puisque le boulevard
du Souverain nexistait pas encore et sarrêtait
au chemin n° 4 (à présent chaussée de Watermael).
Ce sentier fut décrit à lépoque comme Weygaertsweg
et, plus tard, nommé officiellement Wijngaardstraatrue de la Vigne.
Encore plus tard, le collège changea cette appellation (rapport
n° 514 du 24.3.1916) en rue de la Vignette-Kleine Wijngaardstraat
suite aux décisions de la Conférence des Bourgmestres de
lAgglomération bruxelloise supprimant les doubles dénominations
des noms de rues dans la région. Il existe toujours, par exemple,
une rue de la Vigne à Anderlecht.
Affirmer que « Vignette » signifierait « timbre-poste
», tout au moins pour ce nom de rue à Auderghem, est erroné.
On peut donc supposer quune ou plusieurs vigne(s) ai(en)t été
cultivée(s) ici bien quaucun ouvrage de référence
ne fasse mention de lexistence dune telle activité
en ce lieu à Auderghem (mais bien, par ex., près du Rouge-Cloître).
Même la carte de de Ferraris (1771) qui reprend, soigneusement et
en couleurs, les champs, étangs, bois et vignes nindique
en rien que le raisin ait été cultivé là.
Au contraire, de Ferraris y montre un domaine boisé couvert de
broussailles et darbres de basse tige.
Un demi-siècle plus tard, dans son Plan cadastral de 1836, Vandermaelen
désigne le chemin comme étant le « chemin de lEglise
». Ceci ne doit pas nous étonner puisque les Auderghemois
relevaient encore toujours de la paroisse de Watermael pour les enterrements
et autres services solennels. Le sentier commençait dans la cuvette
dAuderghem et menait les fidèles à Watermael.
Encore dix ans plus tard, lAtlas des Communications Vicinales
(1843) renseignait un bloc de trois maisons, à hauteur du sentier
qui menait au four à chaux dAuderghem. Ce sentier correspond
à lactuelle rue des Ecoliers. A cette époque, celui
qui, venant de Bruxelles par lactuelle chaussée de Wavre
pouvait, à hauteur du four à chaux, emprunter un chemin
plus court pour se rendre à ces trois maisons. Ce chemin, lAtlas
le dénomme le Weygaertsblokweg (
voir rubrique Ecoliers). Pour la première fois apparaît
lun des mots Weygaert, Wijgaert et Wijngaert. Voulait-on parler
du propriétaire du « bloc » des trois maisons ou de
ses habitants ? Ne perdons pas de vue que les maisons dalors ne
portaient pas de numéro.
Le Weygaertsblok en 1968.
Aujourdhui encore, lendroit est désigné par
les anciens de la commune, dans leur dialecte, comme Waagesblok (waa,
wei, prairie ; gaert est supposé se prononcer ges).
La rue aurait-telle donc emprunté son nom, non pas à un
jardin où étaient cultivés des raisins, mais bien
à celui dune personne ?
Quoiquil en soit, le bloc de maisons a disparu en 1968 et, depuis
cet endroit, un petit sentier nous conduisit longtemps à un autre
four, situé plus bas, celui du Pizza Hut.
Au fil du temps, la rue subit deux amputations : une première
fois lors de la construction du boulevard du Souverain et, par la suite,
depuis 1972, lorsque lon construisit les accès à lautoroute
E411 qui ont littéralement coupé la rue de la Vignette en
deux tronçons, ce qui rend impossible au camion dun fournisseur
de se rendre dune partie de la rue à lautre sans, pour
le moins, devoir effectuer un détour dun km et demi.
Avant cela, la rue de la Vignette était réputée
durant plusieurs décennies pour ses dizaines de petites blanchisseries
familiales où lon travaillait dur pour gagner son pain, depuis
laube jusque tard le soir ; ici, on sétait fait une
religion de laver le linge sale en famille.
A Auderghem, les métiers de la blanchisserie ont constitué
vers la fin du XIXème siècle, lactivité professionnelle
la plus importante. Nos laveuses ont longuement été fort
appréciées pour leurs services par la bourgeoisie, tant
à Bruxelles que dans ses environs. Non point que, dans ces localités,
il ne se soit pas trouvé de bonnes petites blanchisseries mais,
nulle part ailleurs quà Auderghem, on a dressé un
rapport où il est écrit que : « le lavage et blanchissage
du linge est la principale activité des habitants de notre commune
» (extrait dun rapport annuel du collège au conseil
communal, anno 1896).

Bien que, à Auderghem, les blanchisseuses et les repasseuses
habitaient un peu partout, leur plus grande concentration sétait
opérée rue de la Vignette. En 1931, la rue comptait toujours
pas moins de 22 petites entreprises familiales avec laveuses, blanchisseurs
et repasseuses. On remarque non sans étonnement que, de cette industrie
qui a accompagné le développement de la commune, il nest
demeuré aucune trace, pas même un nom de rue

Quelque part dans la rue de la Vignette. On est prêt à livrer
le linge propre.
Retour
235. Villageois (rue du). Dorpelingenstraat.
+/- 390 m.
Le chemin dessiné sous le n° 31 dans lAtlas des Communications
Vicinales (1843) na pas subi depuis lors de modifications importantes
sauf lamputation de la montagne de Sable (
voir rubrique Montagne de Sable), qui en faisait également
partie. On le nommait Heydestraet ou rue de la Bruyère. Elle comptait
six maisons.
En 1908, la rue de la Bruyère connut un brusque accroissement
de sa population. Le richissime Charles Dietrich propriétaire
de Valduchesse acheta à ce moment la chapelle Sainte-Anne
avec le chemin de la Chapelle qui y menait alors (
voir rubrique carrefour Sainte-Anne).
Sur cette voie ancestrale toute proche, habitaient alors une centaine
de villageois, dont la moitié déménagea vers cette
rue. De là, sans doute, le nom quon lui a donné suite
à une décision de la Conférence des Bourgmestres
de lagglomération bruxelloise pour éviter les doubles
dénominations de voies publiques dans la région. Le collège
décida de changer le nom de cette artère en rue du Villageois,
à partir du 1er janvier 1917. La rue de la Bruyère, à
Schaerbeek, elle, existe toujours. Dans cette hypothèse, on peut
se demander si le pluriel du nom flamand (dorpelingen) nest pas
préférable au singulier français (rue du Villageois).
Dans cette rue, vers 1968, des terrains ont été acquis
pour la construction dun complexe sportif indoor. Il reçut
le nom dun politicien communal, léchevin F. Willegems

Cortège funêbre dans la rue du Villageois en 1961. On peut
voir le remouleurattendant patiemment que le cortège soit passé.
Retour
236. Volontaires (avenue des). Vrijwilligerslaan.
+/- 400 m en partie sur Auderghem.
Cette dénomination fut donnée à un chemin qui apparaît
déjà dans le bois de Mesdael, sur la carte de de Ferraris
(1771). Il porte le n° 23 dans lAtlas des Communications Vicinales
(1843). Il y est décrit comme Terkammerendreef (drève de
la Cambre).
Lactuelle rue H. Schoofs (
voir rubrique Schoofs) alors sur le territoire dIxelles
en faisait également partie. Le chemin allait en direction
de labbaye de la Cambre.
En ce temps-là, cétait une route fort fréquentée,
principalement par les marchands de bois et autres transports lourds venant
de Woluwe. Sur ce chemin une barrière était encore en service
au XIXème siècle, dont le péage servait à
exécuter des travaux dentretien. Depuis il fut désigné
sous le nom de Bareellaan, avenue de la Barrière.
Le nom fut modifié au 1.1.1917 suite à la Conférence
des Bourgmestres de lagglomération bruxelloise qui fit changer
les doubles dénominations de noms de voies publiques. A dater de
ce jour, on se promène sur lavenue des Volontaires.
Lavenue y fait également la limite avec Etterbeek où,
aux environs, plusieurs casernes ont été construites. Le
long de lavenue et de la chaussée de Wavre se trouvait larsenal,
aujourdhui transformé en complexe commercial. Plusieurs militaires
de carrière, parmi lesquels évidemment aussi des officiers
supérieurs vinrent sy installer. Lun dentre eux,
le colonel honoraire E. Bouvier, habitait cette avenue au n° 59. Après
sa carrière sous les armes, il entra dans la politique communale.
On peut lire à son sujet un bref résumé à
la rubrique
Bouvier.
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