
237. Walckiers (avenue). +/- 300 m.
Entre 1880 et 1890, la plupart des terrains situés entre la rue
des Deux Chaussées, la chaussée de Tervueren, la rue du
Rouge-Cloître et lactuelle drève du Rouge-Cloître
étaient devenus la propriété de la riche famille
Walckiers, de Bruxelles. Madame Walckiers dirigeait lune des plus
importantes sociétés immobilières de la capitale.
Elle fit tracer cette avenue à Auderghem et vendit par la suite
les terrains à bâtir. La rue fut ouverte à la circulation
en 1892.
En vendant ces lotissements, la société avait introduit
une primeur à Auderghem. Pour la première fois, les candidats-acheteurs
pouvaient acquérir leur lopin de terre à crédit.
La majorité dentre eux fit usage de cette faculté.
Cest pourquoi lavenue reçut le sobriquet, un rien dédaigneux,
d« avenue Poef». Poef vient de pof, à crédit.
Elle le porte encore malgré le fait que les autorités lui
donnèrent le nom de ses bâtisseurs : lavenue Walckiers.

Ici également se sont développés pendant tout un
temps les métiers de la blanchisserie, tant appréciés
bien au-delà des limites de la commune et jusquà la
capitale. En 1900, on y comptait pas moins de six petites blanchisseries
familiales tandis que onze repasseuses exerçaient leurs talents
dans lavenue.
Cette activité, qui a marqué de son sceau le développement
de la commune et qui seffaça avec les Golden Sixties, est
évoquée dans diverses rubriques précédentes.
Le temps vint où sinstallèrent dans cette avenue
deux citoyens hors du commun : Albert Collart et Léon Navez.
Albert Collart était un homme ayant consacré toute sa
vie à létude et à la connaissance dêtres
vivant sur notre terre. Il sest surtout intéressé
à lentomologie et était réputé, tant
en Belgique quà létranger, pour ses découvertes
de nouveaux insectes quil cataloguait: nombre dentre eux portent
son nom. Il était également un grand amateur dex-libris
et sa remarquable collection contenait plus de 75.000 pièces dont
beaucoup avaient été créées par des artistes
de renom. Il était âgé de près de 94 ans lorsquil
mourut, le 1er novembre 1993, dans sa maison, au n° 74 de lavenue
Walckiers.
Lartiste peintre bien connu Léon Navez habitait au n°
98. Il enseignait à Institut supérieur dArchitecture
et des Arts décoratifs. A propos de son uvre on peut lire
dans Le Nouveau Dictionnaire des Belges (1998) : « Le souci de la
perfection, la recherche de lharmonie des lignes, des couleurs et
la douceur des modèles donnent un cachet particulier à son
uvre où le dessin joue un rôle primordial ».
Il est mort à Auderghem, le 21 août 1967.
Deux maisons mais 3 portes avenue Walckiers? Celle du milieu formait
jadis l'entrée d'une certitude de passage.
Une scène de la fin des années 20 au coin de l'avenue Walckiers
et de la chaussée de Tervueren.
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238. Watermael (Chaussée de). Watermaalsesteenweg.
+/- 520 m.
Un vieux poteau indicateur disposé à la hauteur de lactuelle
rue des Pêcheries laisse à penser que le chemin formait jadis
une liaison importante entre les villages de Watermael et dAuderghem.
Effectivement, sur la carte de de Ferraris, il débouchait de Watermael
et rejoignait un autre chemin important à hauteur de la rue Roodenberg
( voir rubrique
Meuniers).
LAtlas des Communications Vicinales (1843) le mentionne sous le
n° 4, le Diepeweg. Anciennement, lactuelle rue des Pêcheries
en faisait donc aussi partie. Sa section traversant Auderghem était
longue denviron 1.300 m.
On ne sait au juste quand la chaussée reçut le nom quelle
porte aujourdhui ; il na pas été trouvé
de rapports à ce sujet. On peut supposer que cela sest passé
au moment où Auderghem est devenu autonome ou lorsque la ligne
de chemin de fer Bruxelles-Tervuren fut construite (vers 1881) car, depuis
ce moment, les villageois disposaient dune communication aisée
avec Watermael, grâce à un petit pont passant au-dessous
de la ligne de chemin de fer, à hauteur de lactuelle avenue
Dehoux.
A Watermael-Boitsfort également, elle portait le nom de chaussée
de Watermael, pour rejoindre lactuelle chaussée de Boitsfort.
La commune de Watermael-Boitsfort changea, en 1910, le nom du tronçon
de la chaussée de Watermael qui faisait la limite avec Auderghem.
Il sen suivit que soudain, cette partie de la chaussée devint
une rue (
voir rubrique Pêcheries). Dun côté,
le sentier se trouvait être une rue ordinaire, de lautre côté
(sur Auderghem), il avait toujours la qualification de chaussée.
Conséquence : lorsque lon commença à y bâtir,
des confusions apparurent dans la numérotation des maisons. On
sait que la règle veut que les numéros pairs soient donnés
aux maisons situées du côté gauche de la rue, en commençant
le plus souvent à partir du lieu le plus rapproché du centre
de la commune. De ce fait, un tronçon de la route a eu, à
un moment donné, des numéros impairs des deux côtés.
Il fallait mettre un terme à cet imbroglio. Cest ce que
décida, en mai 1942, le collège échevinal dAuderghem
en appelant cette partie de la chaussée également rue des
Pêcheries. A ce propos, on aura pu lire à la
rubrique Berlaimont comment léchevin Berlaimont
changea dadresse, sans devoir déménager, en même
temps que 17 autres ménages (
voir rubrique Pêcheries).
Lactuelle chaussée de Watermael commence aujourdhui
à la Chaussée de Wavre, à lendroit où
un four à chaux était encore actif fin XVIIIème /
début XIXème siècle. En ce temps-là, plusieurs
fours à chaux fumaient encore le long de la vallée de la
Woluwe. La pierre calcaire y était transformée en chaux
utilisée, entre autres, pour la fertilisation des terres. Il existe
un magnifique dessin du four à chaux dAuderghem, par Vitzthumb.
Il est conservé au Cabinet des Estampes, à Bruxelles.
Le quartier reçut le nom de Kalkoven. Dans lentre-deux-guerres,
on pouvait compter entre la chaussée de Wavre et la rue de lApplication,
soit sur une distance de 150 m, pas moins de quatre ou cinq cafés,
deux boulangeries, un marchand de charbon, un verdurier, un vitrier, une
confiserie et la bouteillerie avec quai de chargement de la brasserie
Vanderlinden. Ces activités artisanales ont aujourdhui disparu.
Le quartier aide à présent la commune dans sa nouvelle vocation
: ville-dortoir de la capitale.
Depuis 1881, le train à vapeur Bruxelles-Tervuren passa au-dessus
de la chaussée de Watermael par un petit pont étroit, à
peu près à lendroit où elle finit aujourdhui.
Cinquante ans plus tard, la ligne nous réserva une primeur : elle
fut la première en Belgique à être électrifiée.
Les voyageurs purent encore lemprunter jusquau 31 décembre
1958 et des trains de marchandises continuèrent dy circuler
jusquen 1970 environ. Entre-temps, la circulation automobile devait
toujours passer sous le pont étroit, ce qui nautorisait quune
circulation alternative et amenait beaucoup de désagréments.
En vue de régler ces problèmes, un deuxième passage
fut aménagé à côté du pont existant
à la fin des années 50.
Enfin, le petit pont disparut avec la construction de la E411. Il a
été remplacé par un viaduc en béton. Par le
carrefour qui y fut créé, se déversent quotidiennement
des milliers de véhicules. Le vieux chemin sest vu confirmer
sa mission séculaire : il reste toujours aussi important.
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239. Wavre (chaussée de). Waversesteenweg.
(Plus de 5 km sur Auderghem).
DE BRUXELLES À TERVUREN ET ENSUITE À WAVRE
Les origines de la chaussée de Wavre ont déjà été
amplement passées en revue à la
rubrique ch. de Tervueren. Rappelons quelle à
vu le jour au XVIIIème siècle pour des raisons déconomie
purement régionale. Les marchands de bois dIxelles
grands fournisseurs de la future capitale se plaignaient déjà
depuis longtemps du mauvais état de la voirie par laquelle devaient
passer leurs lourds charrois. Et, le prix du bois nétait-il
pas déterminé en grande partie par les difficultés
éprouvées lors de son transport, de la forêt à
la scierie ?
On songea dabord à adapter les voies existantes et à
les paver (
voir rubrique Trois-Ponts) et (
voir rubrique Valduc), mais finalement, le choix se porta sur
la construction dune nouvelle route à péage. Ladjudication
eut lieu en 1726 en deux lots: le premier tronçon allait dEtterbeek
à Auderghem (à Dry Borre) ; le second partait de la chapelle
het Zavelken, à Auderghem, et menait à Tervuren. Les deux
tronçons furent achevés en 1730. Ils sont bien visibles
sur la carte de de Ferraris.

Chapelle "Het Zavelken"
A cette époque, cette route « chaussée » (donc
pavée) était la liaison la plus aisée entre la future
capitale et Tervuren où, pour information, le gouverneur Charles
de Lorraine avait son château. Doù le nom de chaussée
de Tervueren, nom quelle porta également à Etterbeek.
Le chemin habituel pour voyager en ce moment-là de Bruxelles à
Wavre ou jusquà Namur, était la chaussée de
Waterloo. Le tronçon de la route qui finissait à hauteur
de Dry Borre sera prolongé quelques années plus tard jusquà
Jezus-Eik.
En 1768, il fut décidé de la prolonger jusquà
Wavre. Elle fut encore prolongée une nouvelle fois jusquà
Namur sous le régime hollandais.
Le 24 mars 1916, le collège décida ce qui suit : «
En ce qui concerne la chaussée de Tervueren sur le territoire dEtterbeek
; une entente est intervenue entre la commune dEtterbeek et la nôtre
aux fins de changer cette dénomination en chaussée de Wavre
avec une numérotation unique à partir de la Porte de Namur
sur Ixelles jusquà la limite dAuderghem vers Overyssche.
Cette dernière modification et le changement de numérotation
ne seront réalisés que le 1er janvier 1917 aux fins déviter
des perturbations dans les affaires des négociants de cette artère.
»

Tout au long de la chaussée, lobservateur attentif pourra
encore toujours découvrir plusieurs maisons dont la façade
affiche des numéros barrés.
HET ZAVELKEN ET DRY BORRE
La chapelle Het Zavelken se trouvait au coin des actuelles chaussées
de Tervueren et de Wavre, là où un garage fait à
présent le bonheur des automobilistes. La chapelle fut démolie
entre 1821 et 1835. Par contre, à hauteur du n° 2241 de la
chaussée de Wavre, le petit château sylvestre Dry Borre montre
encore de beaux restes qui ont été remis en état.
On situe sa construction au début du XIVème siècle
et, elle est la plus ancienne habitation civile dAuderghem. Ici
séjourna fréquemment le duc de Brabant, Jean III, pendant
les saisons de chasse.

Dès la fin du XVème siècle, la résidence
a servi aux gruyers ou grands forestiers, mais, durant plus de trois siècles
et jusquen 1786, elle servit également de prison pour les
délinquants forestiers. Elle connut ensuite une période
dabandon ; la tour fut démolie en 1822 pour des raisons de
sécurité mais aussi parce quelle était inutile
et prenait beaucoup de place.
LEtat belge devint propriétaire de Dry Borre en 1906. Des
travailleurs forestiers ont pu y installer leur misérable demeure
jusquen 1973. Finalement, en 1976, lancien petit château
sylvestre fut restauré. Depuis lors, on y organise régulièrement
des expositions.
LA BARRIÈRE ET LES BORNES KILOMÉTRIQUES
Pour amortir les coûts liés à la construction de
la chaussée, on décida de mettre des barrières à
péage en service. Le système à péage en place
sur les autoroutes à létranger nest donc pas
neuf. A Auderghem, la barrière était placée à
peu près entre la rue Idiers et le boulevard du Souverain ; une
autre se trouvait à Etterbeek. Les gardiens en étaient nommés
par un conseil. Les revenus servirent non seulement à couvrir les
frais de construction mais, en même temps, à financer lentretien
de la route et à rémunérer ces gardiens. Une part
en était également retenue par le Gouvernement.
Napoléon avait supprimé loctroi en 1806 mais celui-ci
reprit du service, dès 1814. A ce moment-là, la barrière
était placée un peu plus loin, entre lactuelle rue
du Vieux Moulin et la Montagne de Sable (
voir rubrique Communale). Elle disparaîtra définitivement
en 1867.
Sont-ils nombreux nos Auderghemois ayant examiné avec attention
les bornes kilométriques, taillées avec tant de soin et
plantées le long de la chaussée de Wavre ? Les bornes numéros
5, 6 et 7 peuvent encore être retrouvées aisément
; les autres disparurent lors de la construction de lautoroute E411.
Dans ces pierres sont gravées tant les directions vers Namur
que vers Bruxelles et, elles fournissent lindication des distances
les séparant de la prochaine commune ainsi quentre les deux
grandes villes. Tout y a été soigneusement gravé
à la main dans la pierre bleue. Leur sommet arrondi est peint en
rouge.
Ces bornes permettaient de déterminer avec précision,
par ex., où le revêtement devait être réparé,
car, ne loublions pas, la route traversait jadis une zone non urbanisée
ainsi que la forêt de Soignes. A présent, la chaussée
de Wavre est entièrement bâtie de maisons mitoyennes. Aujourdhui,
on se réfère aux numéros des maisons ou aux rues
latérales; jadis, il fallait se fier à ces bornes kilométriques.
On se souviendra quAuderghem na procédé à
la numérotation des maisons et na placé des plaques
de rues quaprès son autonomie. Avant que le carrefour Léonard
ait reçu son nom actuel, la police le désignait sous lexpression
BK10 (borne kilométrique n° 10).
On ne sait pas au juste quand ces bornes ont été plantées,
vraisemblablement après le percement de la route vers Namur (puisque
cette ville est mentionnée sur chaque borne). Il est donc bien
possible que le bornage ait été effectué sous le
régime hollandais ou un peu plus tard, ce qui signifierait quil
est plus ancien que la commune dAuderghem elle-même.
CHASSE ROYALE, GLACIÈRE, KALKOVEN, LIGOT ET REMA...
Que la chaussée de Wavre soit la voie publique la plus longue
dAuderghem néchappe à personne. En outre, elle
sest agrandie jusquà devenir lune des plus longues
voies, sinon la plus longue, de la région de Bruxelles-Capitale.
Bien quil ait été dit à la rubrique
Vieux Moulin que, depuis toujours, le cur dAuderghem
a battu à la rue du Vieux Moulin, il faut rappeler par souci dexhaustivité
que la chaussée de Wavre a toujours été lartère
économique de la commune. Depuis sa naissance, la population sest
de plus en plus agglomérée le long de cette chaussée.
De petites et de plus grandes entreprises y ont vu le jour quelques
unes dentre elles ont déjà fait lobjet dune
rubrique précédente, e.a., les brasseries Chasse Royale,
( voir
rubrique Chasse Royale), les glacières de Sommereyns
( voir rubrique
Jacques) et le four à chaux (
voir rubrique Roodenberg) et (
voir rubrique Watermael).
En 1773 fut construit le bâtiment n° 1.312 qui existe toujours
et évoque les estaminets régionaux adjoints dune forge
que lon trouvait alors. Vers la fin du XVIIIème siècle
sest développée ici une entreprise qui fut rachetée
plus tard par le baron Eugène-Amour de Cartier (1803-1869). Lhomme
fut pendant un certain temps bourgmestre de Watermael-Boitsfort et donc
également, dAuderghem dont elle faisait partie. Cest
à lui que lon doit lutilisation du minium de fer dans
la fabrication des peintures anti-corrosives.
En 1874, cette entreprise sest appelée La Société
Anonyme dAuderghem ; elle fut reprise en 1903 par N. Ligot. La société
est toujours administrée par les successeurs de ce dernier. Cette
firme peut être considérée sans lombre dun
doute comme la plus ancienne dAuderghem.
Il a déjà été dit à plusieurs reprises
que les blanchisseuses dAuderghem jouissaient dune excellente
réputation pour la qualité de leurs services, tant à
Bruxelles que dans les communes environnantes. A ce sujet, le «
Rapport annuel du Collège et des Sections réunies adressé
au Conseil communal, année 1896 » explique ce qui suit :
« Lindustrie du lessivage du linge est la principale ressource
des habitants de notre commune. Mais nous ne possédons pas dégouts
et lécoulement des eaux de lessive à ciel ouvert constitue
un danger pour la salubrité publique.
Nous avons mis cette difficile question à létude
et nous espérons trouver bientôt les ressources nécessaires
pour pouvoir construire des égouts, ce qui épargnerait aux
blanchisseurs de linge de sérieuses difficultés, car, en
hiver, il est défendu, daprès le règlement
de police, de laisser couler des eaux dans les rues et sur les places
publiques ».
Tout au long de la chaussée de Wavre sétaient également
installées des dizaines de petites blanchisseries familiales ;
en 1900, on y dénombrait pas moins de 47 laveuses-blanchisseuses
et 63 repasseuses. Auderghem comptait alors 4.600 âmes.

A partir des années 30, M. Minet allait agrandir sa petite entreprise
familiale et la transformer en blanchisserie aux allures industrielles,
surtout après la Seconde Guerre mondiale. Elle était située
chaussée de Wavre, n° 1.785, là où aujourdhui
se dresse la façade nord du complexe entourant la place Communale.
Il lui donna le nom de REMA ; elle allait fournir du travail à
plusieurs dizaines douvriers. Lentreprise exerça son
activité jusquaux Golden Sixties lorsque, assez paradoxalement,
Auderghem vit la fin dune activité de blanchissage presque
centenaire.
BERGOJE

En examinant la carte de de Ferraris (1771), on observe à hauteur
de la séparation avec lactuelle chaussée de Tervueren,
un noyau durbanisation qui sy est créé à
cette époque. Des ruelles étroites sans nom
se hissent à partir des deux chaussées vers le faîte
de la colline où se trouvent des maisonnettes que ouvriers, petits
cultivateurs, forestiers où artisans y construisirent. Plusieurs
de ces ruelles existent encore avec leurs maisonnettes regroupées
par 5 ou par 10, bien disposées lune à côté
de lautre. Il est vrai quavec le temps, la plupart dentre-elles
furent adaptées ou en parties même transformées, ce
qui nempêche nullement dy retrouver la même atmosphère
que celle décrite à la rubrique n° 157 (rue de la Pente).
Elles portent un témoignage du milieu de vie des villageois aux
XVIIIème et XIXème siècles. Ces maisons sont bâties
sur une colline appelée dabord Loozenberg et, plus tard,
Bergoje (de berg, colline et oje, oeize, huizen, maisons) (
voir rubrique Bergoje).
TRAM ET MÉTRO
Le 9 juillet 1901 eut lieu linauguration officielle de la ligne
de tram joignant le parc de Bruxelles à la maison communale dAuderghem
( voir rubrique
Verboven). En fait, le premier tram avait déjà
emprunté la chaussée depuis le 23 mai. Ainsi Auderghem pouvait
senorgueillir dune seconde ligne de tram circulant sur son
territoire (
voir rubrique av de Tervueren).
La première ligne sarrêtait trop loin du centre de
la commune, mais cette nouvelle ligne qui reçut plus tard
le n° 25 allait donner une nouvelle impulsion à la croissance
de la commune. Auderghem comptait alors +/- 5.000 habitants et, dix ans
plus tard, 7.800.
Cependant, dans la commune, laménagement de cette ligne
na pas rencontré que de lenthousiasme.
Au conseil communal, sétait formé un noyau dopposants
à la venue du tram. Tous ces opposants faisaient partie du personnel
des brasseries de la Chasse Royale, installées le long de la chaussée
de Wavre. Ils étaient influencés par leur direction qui
avait rejeté le projet avec force en sappuyant sur largument
: « que leurs équipages prendraient peur au passage de ces
machines infernales et que leurs chevaux risquaient de se casser pattes
et jambes en glissades sur les rails en encombrant le milieu de la chaussée
».
Enfin, la demande de permis daménagement présentée
par Les Tramways Bruxellois fut approuvée à la majorité
dune seule voix.
Donc, cest pendant trois quarts de siècles que le tram
25 a assuré la liaison avec la capitale. Il fut remplacé,
le 20 septembre 1976, par le métro desservi ici par une station
située précisément à la hauteur des anciennes
brasseries de la Chasse Royale. On peut admirer dans cette station (Hankar)
la très expressive fresque de lartiste Roger Somville. Il
a su, avec beaucoup de réalisme, y représenter le rythme
échevelé de notre temps. Le voyageur du métro jugera
lui-même si ce rythme correspond à celui de la chaussée
de Wavre actuelle.

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240. Willame Robert (rue). +/- 340 m.
Inutile de consulter les rapports afin de déterminer le moment
où cette rue fut ouverte, elle figure bien, en qualité de
voie publique encore à aménager sur un plan approuvé
par le conseil communal du 26 décembre 1908. Sur ce plan figure
aussi un nom : rue du Docteur.
En janvier de cette même année, le conseil communal avait
déjà pris la décision de construire un complexe scolaire
dans les alentours. Il fallait donc aménager les rues qui devaient
y mener. Cest ainsi que naquirent, avec la prestigieuse école,
trois voies nouvelles : la rue de lApplication (
voir rubrique Application), la rue des Ecoliers (
voir rubrique Ecoliers) et la rue Willame (
voir aussi rubrique Docteur).

La rue du Docteur avant la seconde guerre mondiale, devenue aujourd'hui
la rue Willame.
Le projet fut mis au concours afin de permettre aux architectes de présenter
leurs plans et, en mai 1908, les membres du jury distinguèrent
ceux dHenri Jacobs. Ce dernier avait construit sa réputation
sur des réalisations de bâtiments publics et, en particulier,
décoles. Il faudra pourtant attendre 1910 avant de voir les
débuts du chantier. Finalement, le complexe scolaire fut inauguré
le 28 décembre 1913.
Le complexe scolaire sapparente aux uvres ultérieures
en style Art Nouveau de H. Jacobs. Le préau surtout est remarquable
pour sa cour de récréation intérieure, ses sgraffites
décoratifs et leur signification symbolique.
Après la Seconde Guerre mondiale, le collège échevinal
sattacha à rendre hommage au souvenir des victimes de la
guerre en donnant leur nom à des voies publiques. Il décida,
le 11 novembre 1946, de changer le nom de cette rue en celui de Robert
Willame.
Robert Willame naquit à Forges (Hainaut), le 9 mai 1901. Il était
employé, habitait avec son épouse avenue des Passereaux,
au n° 31 lorsque éclata la guerre. Il rejoignit assez vite
la résistance comme agent de renseignement. Il fut arrêté
le 14 octobre 1942. Déporté aux Pays-Bas et ensuite en Allemagne,
il mourut, Alberstadt, en janvier 1945.
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241. Willem Alexis (rue). +/- 120 m.
Avoir donné à cette rue, il y a près dun
demi-siècle, le nom dun échevin en charge il y a plus
dun siècle (en 1887) demeure un mystère car, en 1955,
on commençait la construction du quartier du Parc des Princes (
voir rubrique Leemans) dont toutes les rues reçurent
le nom dune victime de guerre.
Lavenue fut tracée en même temps que lavenue
des Héros et baptisée le 8 juin 1955 (point n° 8 de
lordre du jour du conseil communal).
Le premier permis de construire fut accordé le 7 novembre 1956
au propriétaire de la maison n° 18.
Alexis Willem naquit le 29 juillet 1839. Il était inscrit comme
cultivateur à la ferme du Rouge-Cloître lorsquil fut
appelé à exercer la charge déchevin de 1887
à 1895. A ce moment-là, Auderghem comptait à peine
2.900 habitants dont seulement 261 électeurs.
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242. Willerieken (drève de). Willerieksedreef.
+/- 900 m en partie sur Auderghem.
A Auderghem, la dénomination néerlandaise figurant sur
les plaques indicatrices de cette drève (Wiellerieksedreef) ne
fera certes pas que des heureux. Il en va peut-être de même
pour la version française. Sachant quà laide
des Welriekende, Welriekene, Willerieken ou Bonne Odeur, les experts linguistiques
et les historiens locaux nous mènent sans aucun doute à
une vieille chapelle issue de la nuit des temps, pourquoi dès lors
ne pas choisir le terme uniforme Willerieken ? Les siècles ont
dailleurs changé plusieurs fois lorthographe de ce
nom. De plus, le nom français suggéré sur les plaques
indicatrices lune des anciennes dénominations flamandes
présenterait lavantage supplémentaire que les
non-néerlandophones de la région nous en seraient probablement
reconnaissants.
La drève de Bonne Odeur figure sur la carte de de Ferraris (1771)
en tant que chemin menant par la forêt de Jezus-Eik à la
place où se trouve la chapelle Willerieken, pour conduire ensuite
le promeneur jusquà Boitsfort.
Avec son autonomie en 1863, Auderghem se vit attribuer une partie de
la forêt dun côté de la route. Depuis lors, une
douzaine de maisons furent construites sur son territoire mais éloignées
de 1,5 km de ladite chapelle vers laquelle, selon la légende, se
rendaient les demoiselles à marier. Qui a encore dit : «
ça, cest pas mon trottoir » ? Nen faisons pas
le nôtre.

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