237. Walckiers (avenue). +/- 300 m.

Entre 1880 et 1890, la plupart des terrains situés entre la rue des Deux Chaussées, la chaussée de Tervueren, la rue du Rouge-Cloître et l’actuelle drève du Rouge-Cloître étaient devenus la propriété de la riche famille Walckiers, de Bruxelles. Madame Walckiers dirigeait l’une des plus importantes sociétés immobilières de la capitale. Elle fit tracer cette avenue à Auderghem et vendit par la suite les terrains à bâtir. La rue fut ouverte à la circulation en 1892.

En vendant ces lotissements, la société avait introduit une primeur à Auderghem. Pour la première fois, les candidats-acheteurs pouvaient acquérir leur lopin de terre à crédit. La majorité d’entre eux fit usage de cette faculté. C’est pourquoi l’avenue reçut le sobriquet, un rien dédaigneux, d’« avenue Poef». Poef vient de pof, à crédit. Elle le porte encore malgré le fait que les autorités lui donnèrent le nom de ses bâtisseurs : l’avenue Walckiers.

Ici également se sont développés pendant tout un temps les métiers de la blanchisserie, tant appréciés bien au-delà des limites de la commune et jusqu’à la capitale. En 1900, on y comptait pas moins de six petites blanchisseries familiales tandis que onze repasseuses exerçaient leurs talents dans l’avenue.

Cette activité, qui a marqué de son sceau le développement de la commune et qui s’effaça avec les Golden Sixties, est évoquée dans diverses rubriques précédentes.

Le temps vint où s’installèrent dans cette avenue deux citoyens hors du commun : Albert Collart et Léon Navez.

Albert Collart était un homme ayant consacré toute sa vie à l’étude et à la connaissance d’êtres vivant sur notre terre. Il s’est surtout intéressé à l’entomologie et était réputé, tant en Belgique qu’à l’étranger, pour ses découvertes de nouveaux insectes qu’il cataloguait: nombre d’entre eux portent son nom. Il était également un grand amateur d’ex-libris et sa remarquable collection contenait plus de 75.000 pièces dont beaucoup avaient été créées par des artistes de renom. Il était âgé de près de 94 ans lorsqu’il mourut, le 1er novembre 1993, dans sa maison, au n° 74 de l’avenue Walckiers.

L’artiste peintre bien connu Léon Navez habitait au n° 98. Il enseignait à Institut supérieur d’Architecture et des Arts décoratifs. A propos de son œuvre on peut lire dans Le Nouveau Dictionnaire des Belges (1998) : « Le souci de la perfection, la recherche de l’harmonie des lignes, des couleurs et la douceur des modèles donnent un cachet particulier à son œuvre où le dessin joue un rôle primordial ». Il est mort à Auderghem, le 21 août 1967.

Deux maisons mais 3 portes avenue Walckiers? Celle du milieu formait jadis l'entrée d'une certitude de passage.

Une scène de la fin des années 20 au coin de l'avenue Walckiers et de la chaussée de Tervueren.

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238. Watermael (Chaussée de). Watermaalsesteenweg. +/- 520 m.

Un vieux poteau indicateur disposé à la hauteur de l’actuelle rue des Pêcheries laisse à penser que le chemin formait jadis une liaison importante entre les villages de Watermael et d’Auderghem. Effectivement, sur la carte de de Ferraris, il débouchait de Watermael et rejoignait un autre chemin important à hauteur de la rue Roodenberg ( voir rubrique Meuniers).

L’Atlas des Communications Vicinales (1843) le mentionne sous le n° 4, le Diepeweg. Anciennement, l’actuelle rue des Pêcheries en faisait donc aussi partie. Sa section traversant Auderghem était longue d’environ 1.300 m.

On ne sait au juste quand la chaussée reçut le nom qu’elle porte aujourd’hui ; il n’a pas été trouvé de rapports à ce sujet. On peut supposer que cela s’est passé au moment où Auderghem est devenu autonome ou lorsque la ligne de chemin de fer Bruxelles-Tervuren fut construite (vers 1881) car, depuis ce moment, les villageois disposaient d’une communication aisée avec Watermael, grâce à un petit pont passant au-dessous de la ligne de chemin de fer, à hauteur de l’actuelle avenue Dehoux.

A Watermael-Boitsfort également, elle portait le nom de chaussée de Watermael, pour rejoindre l’actuelle chaussée de Boitsfort.

La commune de Watermael-Boitsfort changea, en 1910, le nom du tronçon de la chaussée de Watermael qui faisait la limite avec Auderghem. Il s’en suivit que soudain, cette partie de la chaussée devint une rue ( voir rubrique Pêcheries). D’un côté, le sentier se trouvait être une rue ordinaire, de l’autre côté (sur Auderghem), il avait toujours la qualification de chaussée. Conséquence : lorsque l’on commença à y bâtir, des confusions apparurent dans la numérotation des maisons. On sait que la règle veut que les numéros pairs soient donnés aux maisons situées du côté gauche de la rue, en commençant le plus souvent à partir du lieu le plus rapproché du centre de la commune. De ce fait, un tronçon de la route a eu, à un moment donné, des numéros impairs des deux côtés.

Il fallait mettre un terme à cet imbroglio. C’est ce que décida, en mai 1942, le collège échevinal d’Auderghem en appelant cette partie de la chaussée également rue des Pêcheries. A ce propos, on aura pu lire à la rubrique Berlaimont comment l’échevin Berlaimont changea d’adresse, sans devoir déménager, en même temps que 17 autres ménages ( voir rubrique Pêcheries).

L’actuelle chaussée de Watermael commence aujourd’hui à la Chaussée de Wavre, à l’endroit où un four à chaux était encore actif fin XVIIIème / début XIXème siècle. En ce temps-là, plusieurs fours à chaux fumaient encore le long de la vallée de la Woluwe. La pierre calcaire y était transformée en chaux utilisée, entre autres, pour la fertilisation des terres. Il existe un magnifique dessin du four à chaux d’Auderghem, par Vitzthumb. Il est conservé au Cabinet des Estampes, à Bruxelles.

Le quartier reçut le nom de Kalkoven. Dans l’entre-deux-guerres, on pouvait compter entre la chaussée de Wavre et la rue de l’Application, soit sur une distance de 150 m, pas moins de quatre ou cinq cafés, deux boulangeries, un marchand de charbon, un verdurier, un vitrier, une confiserie et la bouteillerie avec quai de chargement de la brasserie Vanderlinden. Ces activités artisanales ont aujourd’hui disparu. Le quartier aide à présent la commune dans sa nouvelle vocation : ville-dortoir de la capitale.

Depuis 1881, le train à vapeur Bruxelles-Tervuren passa au-dessus de la chaussée de Watermael par un petit pont étroit, à peu près à l’endroit où elle finit aujourd’hui. Cinquante ans plus tard, la ligne nous réserva une primeur : elle fut la première en Belgique à être électrifiée. Les voyageurs purent encore l’emprunter jusqu’au 31 décembre 1958 et des trains de marchandises continuèrent d’y circuler jusqu’en 1970 environ. Entre-temps, la circulation automobile devait toujours passer sous le pont étroit, ce qui n’autorisait qu’une circulation alternative et amenait beaucoup de désagréments. En vue de régler ces problèmes, un deuxième passage fut aménagé à côté du pont existant à la fin des années 50.

Enfin, le petit pont disparut avec la construction de la E411. Il a été remplacé par un viaduc en béton. Par le carrefour qui y fut créé, se déversent quotidiennement des milliers de véhicules. Le vieux chemin s’est vu confirmer sa mission séculaire : il reste toujours aussi important.

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239. Wavre (chaussée de). Waversesteenweg. (Plus de 5 km sur Auderghem).

DE BRUXELLES À TERVUREN ET ENSUITE À WAVRE

Les origines de la chaussée de Wavre ont déjà été amplement passées en revue à la rubrique ch. de Tervueren. Rappelons qu’elle à vu le jour au XVIIIème siècle pour des raisons d’économie purement régionale. Les marchands de bois d’Ixelles – grands fournisseurs de la future capitale – se plaignaient déjà depuis longtemps du mauvais état de la voirie par laquelle devaient passer leurs lourds charrois. Et, le prix du bois n’était-il pas déterminé en grande partie par les difficultés éprouvées lors de son transport, de la forêt à la scierie ?

On songea d’abord à adapter les voies existantes et à les paver ( voir rubrique Trois-Ponts) et ( voir rubrique Valduc), mais finalement, le choix se porta sur la construction d’une nouvelle route à péage. L’adjudication eut lieu en 1726 en deux lots: le premier tronçon allait d’Etterbeek à Auderghem (à Dry Borre) ; le second partait de la chapelle het Zavelken, à Auderghem, et menait à Tervuren. Les deux tronçons furent achevés en 1730. Ils sont bien visibles sur la carte de de Ferraris.


Chapelle "Het Zavelken"

A cette époque, cette route « chaussée » (donc pavée) était la liaison la plus aisée entre la future capitale et Tervuren où, pour information, le gouverneur Charles de Lorraine avait son château. D’où le nom de chaussée de Tervueren, nom qu’elle porta également à Etterbeek. Le chemin habituel pour voyager en ce moment-là de Bruxelles à Wavre ou jusqu’à Namur, était la chaussée de Waterloo. Le tronçon de la route qui finissait à hauteur de Dry Borre sera prolongé quelques années plus tard jusqu‘à Jezus-Eik.

En 1768, il fut décidé de la prolonger jusqu’à Wavre. Elle fut encore prolongée une nouvelle fois jusqu’à Namur sous le régime hollandais.

Le 24 mars 1916, le collège décida ce qui suit : « En ce qui concerne la chaussée de Tervueren sur le territoire d’Etterbeek ; une entente est intervenue entre la commune d’Etterbeek et la nôtre aux fins de changer cette dénomination en chaussée de Wavre avec une numérotation unique à partir de la Porte de Namur sur Ixelles jusqu’à la limite d’Auderghem vers Overyssche.

Cette dernière modification et le changement de numérotation ne seront réalisés que le 1er janvier 1917 aux fins d’éviter des perturbations dans les affaires des négociants de cette artère. »

Tout au long de la chaussée, l’observateur attentif pourra encore toujours découvrir plusieurs maisons dont la façade affiche des numéros barrés.

HET ZAVELKEN ET DRY BORRE

La chapelle Het Zavelken se trouvait au coin des actuelles chaussées de Tervueren et de Wavre, là où un garage fait à présent le bonheur des automobilistes. La chapelle fut démolie entre 1821 et 1835. Par contre, à hauteur du n° 2241 de la chaussée de Wavre, le petit château sylvestre Dry Borre montre encore de beaux restes qui ont été remis en état. On situe sa construction au début du XIVème siècle et, elle est la plus ancienne habitation civile d’Auderghem. Ici séjourna fréquemment le duc de Brabant, Jean III, pendant les saisons de chasse.

Dès la fin du XVème siècle, la résidence a servi aux gruyers ou grands forestiers, mais, durant plus de trois siècles et jusqu’en 1786, elle servit également de prison pour les délinquants forestiers. Elle connut ensuite une période d’abandon ; la tour fut démolie en 1822 pour des raisons de sécurité mais aussi parce qu’elle était inutile et prenait beaucoup de place.

L’Etat belge devint propriétaire de Dry Borre en 1906. Des travailleurs forestiers ont pu y installer leur misérable demeure jusqu’en 1973. Finalement, en 1976, l’ancien petit château sylvestre fut restauré. Depuis lors, on y organise régulièrement des expositions.

LA BARRIÈRE ET LES BORNES KILOMÉTRIQUES

Pour amortir les coûts liés à la construction de la chaussée, on décida de mettre des barrières à péage en service. Le système à péage en place sur les autoroutes à l’étranger n’est donc pas neuf. A Auderghem, la barrière était placée à peu près entre la rue Idiers et le boulevard du Souverain ; une autre se trouvait à Etterbeek. Les gardiens en étaient nommés par un conseil. Les revenus servirent non seulement à couvrir les frais de construction mais, en même temps, à financer l’entretien de la route et à rémunérer ces gardiens. Une part en était également retenue par le Gouvernement.

Napoléon avait supprimé l’octroi en 1806 mais celui-ci reprit du service, dès 1814. A ce moment-là, la barrière était placée un peu plus loin, entre l’actuelle rue du Vieux Moulin et la Montagne de Sable ( voir rubrique Communale). Elle disparaîtra définitivement en 1867.

Sont-ils nombreux nos Auderghemois ayant examiné avec attention les bornes kilométriques, taillées avec tant de soin et plantées le long de la chaussée de Wavre ? Les bornes numéros 5, 6 et 7 peuvent encore être retrouvées aisément ; les autres disparurent lors de la construction de l’autoroute E411.

Dans ces pierres sont gravées tant les directions vers Namur que vers Bruxelles et, elles fournissent l’indication des distances les séparant de la prochaine commune ainsi qu’entre les deux grandes villes. Tout y a été soigneusement gravé à la main dans la pierre bleue. Leur sommet arrondi est peint en rouge.

Ces bornes permettaient de déterminer avec précision, par ex., où le revêtement devait être réparé, car, ne l’oublions pas, la route traversait jadis une zone non urbanisée ainsi que la forêt de Soignes. A présent, la chaussée de Wavre est entièrement bâtie de maisons mitoyennes. Aujourd’hui, on se réfère aux numéros des maisons ou aux rues latérales; jadis, il fallait se fier à ces bornes kilométriques.

On se souviendra qu’Auderghem n’a procédé à la numérotation des maisons et n’a placé des plaques de rues qu’après son autonomie. Avant que le carrefour Léonard ait reçu son nom actuel, la police le désignait sous l’expression BK10 (borne kilométrique n° 10).

On ne sait pas au juste quand ces bornes ont été plantées, vraisemblablement après le percement de la route vers Namur (puisque cette ville est mentionnée sur chaque borne). Il est donc bien possible que le bornage ait été effectué sous le régime hollandais ou un peu plus tard, ce qui signifierait qu’il est plus ancien que la commune d’Auderghem elle-même.

CHASSE ROYALE, GLACIÈRE, KALKOVEN, LIGOT ET REMA...

Que la chaussée de Wavre soit la voie publique la plus longue d’Auderghem n’échappe à personne. En outre, elle s’est agrandie jusqu’à devenir l’une des plus longues voies, sinon la plus longue, de la région de Bruxelles-Capitale. Bien qu’il ait été dit à la rubrique Vieux Moulin que, depuis toujours, le cœur d’Auderghem a battu à la rue du Vieux Moulin, il faut rappeler par souci d’exhaustivité que la chaussée de Wavre a toujours été l’artère économique de la commune. Depuis sa naissance, la population s’est de plus en plus agglomérée le long de cette chaussée. De petites et de plus grandes entreprises y ont vu le jour – quelques unes d’entre elles ont déjà fait l’objet d’une rubrique précédente, e.a., les brasseries Chasse Royale, ( voir rubrique Chasse Royale), les glacières de Sommereyns ( voir rubrique Jacques) et le four à chaux ( voir rubrique Roodenberg) et ( voir rubrique Watermael).

En 1773 fut construit le bâtiment n° 1.312 qui existe toujours et évoque les estaminets régionaux adjoints d’une forge que l’on trouvait alors. Vers la fin du XVIIIème siècle s’est développée ici une entreprise qui fut rachetée plus tard par le baron Eugène-Amour de Cartier (1803-1869). L’homme fut pendant un certain temps bourgmestre de Watermael-Boitsfort et donc également, d’Auderghem dont elle faisait partie. C’est à lui que l’on doit l’utilisation du minium de fer dans la fabrication des peintures anti-corrosives.

En 1874, cette entreprise s’est appelée La Société Anonyme d’Auderghem ; elle fut reprise en 1903 par N. Ligot. La société est toujours administrée par les successeurs de ce dernier. Cette firme peut être considérée sans l’ombre d’un doute comme la plus ancienne d’Auderghem.

Il a déjà été dit à plusieurs reprises que les blanchisseuses d’Auderghem jouissaient d’une excellente réputation pour la qualité de leurs services, tant à Bruxelles que dans les communes environnantes. A ce sujet, le « Rapport annuel du Collège et des Sections réunies adressé au Conseil communal, année 1896 » explique ce qui suit : « L’industrie du lessivage du linge est la principale ressource des habitants de notre commune. Mais nous ne possédons pas d’égouts et l’écoulement des eaux de lessive à ciel ouvert constitue un danger pour la salubrité publique.

Nous avons mis cette difficile question à l’étude et nous espérons trouver bientôt les ressources nécessaires pour pouvoir construire des égouts, ce qui épargnerait aux blanchisseurs de linge de sérieuses difficultés, car, en hiver, il est défendu, d’après le règlement de police, de laisser couler des eaux dans les rues et sur les places publiques ».

Tout au long de la chaussée de Wavre s’étaient également installées des dizaines de petites blanchisseries familiales ; en 1900, on y dénombrait pas moins de 47 laveuses-blanchisseuses et 63 repasseuses. Auderghem comptait alors 4.600 âmes.

A partir des années 30, M. Minet allait agrandir sa petite entreprise familiale et la transformer en blanchisserie aux allures industrielles, surtout après la Seconde Guerre mondiale. Elle était située chaussée de Wavre, n° 1.785, là où aujourd’hui se dresse la façade nord du complexe entourant la place Communale. Il lui donna le nom de REMA ; elle allait fournir du travail à plusieurs dizaines d’ouvriers. L’entreprise exerça son activité jusqu’aux Golden Sixties lorsque, assez paradoxalement, Auderghem vit la fin d’une activité de blanchissage presque centenaire.

BERGOJE

En examinant la carte de de Ferraris (1771), on observe à hauteur de la séparation avec l’actuelle chaussée de Tervueren, un noyau d’urbanisation qui s’y est créé à cette époque. Des ruelles étroites – sans nom – se hissent à partir des deux chaussées vers le faîte de la colline où se trouvent des maisonnettes que ouvriers, petits cultivateurs, forestiers où artisans y construisirent. Plusieurs de ces ruelles existent encore avec leurs maisonnettes regroupées par 5 ou par 10, bien disposées l’une à côté de l’autre. Il est vrai qu’avec le temps, la plupart d’entre-elles furent adaptées ou en parties même transformées, ce qui n’empêche nullement d’y retrouver la même atmosphère que celle décrite à la rubrique n° 157 (rue de la Pente). Elles portent un témoignage du milieu de vie des villageois aux XVIIIème et XIXème siècles. Ces maisons sont bâties sur une colline appelée d’abord Loozenberg et, plus tard, Bergoje (de berg, colline et oje, oeize, huizen, maisons) ( voir rubrique Bergoje).

TRAM ET MÉTRO

Le 9 juillet 1901 eut lieu l’inauguration officielle de la ligne de tram joignant le parc de Bruxelles à la maison communale d’Auderghem ( voir rubrique Verboven). En fait, le premier tram avait déjà emprunté la chaussée depuis le 23 mai. Ainsi Auderghem pouvait s’enorgueillir d’une seconde ligne de tram circulant sur son territoire ( voir rubrique av de Tervueren).

La première ligne s’arrêtait trop loin du centre de la commune, mais cette nouvelle ligne – qui reçut plus tard le n° 25 – allait donner une nouvelle impulsion à la croissance de la commune. Auderghem comptait alors +/- 5.000 habitants et, dix ans plus tard, 7.800.

Cependant, dans la commune, l’aménagement de cette ligne n’a pas rencontré que de l’enthousiasme.

Au conseil communal, s’était formé un noyau d’opposants à la venue du tram. Tous ces opposants faisaient partie du personnel des brasseries de la Chasse Royale, installées le long de la chaussée de Wavre. Ils étaient influencés par leur direction qui avait rejeté le projet avec force en s’appuyant sur l’argument : « que leurs équipages prendraient peur au passage de ces machines infernales et que leurs chevaux risquaient de se casser pattes et jambes en glissades sur les rails en encombrant le milieu de la chaussée ».

Enfin, la demande de permis d’aménagement présentée par Les Tramways Bruxellois fut approuvée à la majorité d’une seule voix.

Donc, c’est pendant trois quarts de siècles que le tram 25 a assuré la liaison avec la capitale. Il fut remplacé, le 20 septembre 1976, par le métro desservi ici par une station située précisément à la hauteur des anciennes brasseries de la Chasse Royale. On peut admirer dans cette station (Hankar) la très expressive fresque de l’artiste Roger Somville. Il a su, avec beaucoup de réalisme, y représenter le rythme échevelé de notre temps. Le voyageur du métro jugera lui-même si ce rythme correspond à celui de la chaussée de Wavre actuelle.

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240. Willame Robert (rue). +/- 340 m.

Inutile de consulter les rapports afin de déterminer le moment où cette rue fut ouverte, elle figure bien, en qualité de voie publique encore à aménager sur un plan approuvé par le conseil communal du 26 décembre 1908. Sur ce plan figure aussi un nom : rue du Docteur.

En janvier de cette même année, le conseil communal avait déjà pris la décision de construire un complexe scolaire dans les alentours. Il fallait donc aménager les rues qui devaient y mener. C’est ainsi que naquirent, avec la prestigieuse école, trois voies nouvelles : la rue de l’Application ( voir rubrique Application), la rue des Ecoliers ( voir rubrique Ecoliers) et la rue Willame ( voir aussi rubrique Docteur).


La rue du Docteur avant la seconde guerre mondiale, devenue aujourd'hui la rue Willame.

Le projet fut mis au concours afin de permettre aux architectes de présenter leurs plans et, en mai 1908, les membres du jury distinguèrent ceux d’Henri Jacobs. Ce dernier avait construit sa réputation sur des réalisations de bâtiments publics et, en particulier, d’écoles. Il faudra pourtant attendre 1910 avant de voir les débuts du chantier. Finalement, le complexe scolaire fut inauguré le 28 décembre 1913.

Le complexe scolaire s’apparente aux œuvres ultérieures en style Art Nouveau de H. Jacobs. Le préau surtout est remarquable pour sa cour de récréation intérieure, ses sgraffites décoratifs et leur signification symbolique.

Après la Seconde Guerre mondiale, le collège échevinal s’attacha à rendre hommage au souvenir des victimes de la guerre en donnant leur nom à des voies publiques. Il décida, le 11 novembre 1946, de changer le nom de cette rue en celui de Robert Willame.

Robert Willame naquit à Forges (Hainaut), le 9 mai 1901. Il était employé, habitait avec son épouse avenue des Passereaux, au n° 31 lorsque éclata la guerre. Il rejoignit assez vite la résistance comme agent de renseignement. Il fut arrêté le 14 octobre 1942. Déporté aux Pays-Bas et ensuite en Allemagne, il mourut, Alberstadt, en janvier 1945.

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241. Willem Alexis (rue). +/- 120 m.

Avoir donné à cette rue, il y a près d’un demi-siècle, le nom d’un échevin en charge il y a plus d’un siècle (en 1887) demeure un mystère car, en 1955, on commençait la construction du quartier du Parc des Princes ( voir rubrique Leemans) dont toutes les rues reçurent le nom d’une victime de guerre.

L’avenue fut tracée en même temps que l’avenue des Héros et baptisée le 8 juin 1955 (point n° 8 de l’ordre du jour du conseil communal).

Le premier permis de construire fut accordé le 7 novembre 1956 au propriétaire de la maison n° 18.

Alexis Willem naquit le 29 juillet 1839. Il était inscrit comme cultivateur à la ferme du Rouge-Cloître lorsqu’il fut appelé à exercer la charge d’échevin de 1887 à 1895. A ce moment-là, Auderghem comptait à peine 2.900 habitants dont seulement 261 électeurs.

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242. Willerieken (drève de). Willerieksedreef. +/- 900 m en partie sur Auderghem.

A Auderghem, la dénomination néerlandaise figurant sur les plaques indicatrices de cette drève (Wiellerieksedreef) ne fera certes pas que des heureux. Il en va peut-être de même pour la version française. Sachant qu’à l’aide des Welriekende, Welriekene, Willerieken ou Bonne Odeur, les experts linguistiques et les historiens locaux nous mènent sans aucun doute à une vieille chapelle issue de la nuit des temps, pourquoi dès lors ne pas choisir le terme uniforme Willerieken ? Les siècles ont d’ailleurs changé plusieurs fois l’orthographe de ce nom. De plus, le nom français suggéré sur les plaques indicatrices – l’une des anciennes dénominations flamandes – présenterait l’avantage supplémentaire que les non-néerlandophones de la région nous en seraient probablement reconnaissants.

La drève de Bonne Odeur figure sur la carte de de Ferraris (1771) en tant que chemin menant par la forêt de Jezus-Eik à la place où se trouve la chapelle Willerieken, pour conduire ensuite le promeneur jusqu’à Boitsfort.

Avec son autonomie en 1863, Auderghem se vit attribuer une partie de la forêt d’un côté de la route. Depuis lors, une douzaine de maisons furent construites sur son territoire mais éloignées de 1,5 km de ladite chapelle vers laquelle, selon la légende, se rendaient les demoiselles à marier. Qui a encore dit : « ça, c’est pas mon trottoir » ? N’en faisons pas le nôtre.

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